Servitude humaine
Servitude humaine (Of Human Bondage) est un roman de l'écrivain britannique William Somerset Maugham publié en 1915.
| Servitude humaine | |
| Auteur | William Somerset Maugham |
|---|---|
| Pays | |
| Genre | Roman |
| Version originale | |
| Langue | Anglais britannique |
| Titre | Of Human Bondage |
| Éditeur | George H. Doran Company (en) |
| Date de parution | 1915 |
| Version française | |
| Traducteur | E.R. Blanchet |
| Éditeur | Les Éditions de Paris |
| Lieu de parution | Paris |
| Date de parution | 1937 |
| Nombre de pages | 648 |
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Après avoir dans un premier temps envisagé d'intituler son œuvre Beauty from Ashes[1], d'après une citation du Livre d'Isaïe (61.3), l'auteur opte finalement pour celui d'un des postulats du philosophe Baruch Spinoza sur l'esclavage humain formulé dans le quatrième livre de l'Éthique publié en 1677, « De servitute humana seu de affectuum viribus »[2].
Résumé
modifierÀ l'âge de 9 ans, Philip Carey perd sa mère. Quelques mois après, son père meurt. William et Louisa Carey, ses oncle et tante, le prennent en charge et il est élevé dans le presbytère, où il s'évade grâce à la lecture. Bon élève, mais de nature sensible et instable, Philip refuse d'entrer à l'université d'Oxford et insiste pour séjourner en Allemagne. Après une tentative infructueuse, il rentre un temps en Angleterre, puis gagne Paris. Là, il se fait beaucoup de nouveaux amis, dont Fanny Price, une pauvre et talentueuse étudiante en beaux-arts qui tombe amoureuse de lui. Quand Philip la repousse, elle se suicide. Philip rentre en Angleterre.
Alors qu'il étudie la médecine, il se lie avec Mildred, une simple serveuse dans un salon de thé. Il tombe amoureux de cette fille qui refuse de l'épouser, car elle aime un autre homme, déjà marié et père, qui lui fera un enfant avant de l'abandonner. Quand Philip l'apprend, il lui offre son aide. Il rompt sa relation avec Norah Nesbit, une romancière à succès, croyant que Mildred s'attachera à lui. Mais après la naissance du bébé, elle lui préfère son ami Harry Griffiths avec qui elle s'enfuit. Un an plus tard, elle est de nouveau seule et sans ressources. Philip, préoccupé du sort de l'enfant, accepte de lui porter secours, mais refuse l'amour charnel qu'elle lui offre. Ce refus rend Mildred vindicative et colérique. Philip choisit de ne plus vivre avec elle et leurs liens se distendent. Mildred, femme belle mais amorale, se livre à la prostitution. Elle contracte la syphilis. Philip, de son côté, connaît des revers professionnels, mais la mort de son oncle William lui permet de toucher un héritage et de terminer ses études en médecine. Thorpe Athelny, un ami de la famille qui vit en Espagne, l'invite à venir le visiter à Tolède. Les deux hommes s'entendent à merveille. Quand Thorpe séjourne pendant l'été en Angleterre, il invite Philip dans la grande maison familiale du Kent. Philip rencontre là Sally Athelny qu'il épousera.
Critique littéraire
modifierDans son analyse du roman, Robert Kemp souligne la qualité de l'œuvre en ces termes : « Roman minutieux, d'une lenteur puissante ; roman blanchâtre, — tout baigné du lait de la tendresse humaine ; à la fois miséricordieux et méprisant. Roman anticonformiste ; sans éclats oratoires. Témoignage précieux sur la jeunesse « moyenne », en Angleterre, de 1885 à 1905. Œuvre de patience, de vérité, de réflexion, qui doit être lue sans hâte. On n'en est pas secoué. Mais pénétré. Finalement, sans y avoir éprouvé de joies saisissantes, on ne l'oubliera jamais plus. »[3]
Honneurs
modifier- Il figure à la 66e place dans la liste des cent meilleurs romans de langue anglaise du XXe siècle établie par la Modern Library en 1998[4].
Adaptations cinématographiques
modifierLe roman a été adapté au cinéma à plusieurs reprises :
- 1934 : L'Emprise (Of Human Bondage), film américain de John Cromwell, avec Leslie Howard et Bette Davis ;
- 1946 : L'Emprise (Of Human Bondage), film américain d'Edmund Goulding, avec Paul Henreid et Eleanor Parker ;
- 1964 : L'Ange pervers (Of Human Bondage), film britannique de Ken Hughes, avec Laurence Harvey et Kim Novak.
Voir aussi
modifierDans le roman de science-fiction Dr Bloodmoney, écrit par Philip K. Dick en 1965, Mr. Dangerfield est retenu dans son satellite et contraint de tourner sans fin autour de la terre. Pour passer le temps et distraire les Terriens après l'apocalypse nucléaire, Il lit des extraits de Servitude humaine.
Notes et références
modifier- ↑ Litt. « La beauté née des cendres ».
- ↑ « Of Human Bondage, or the Strength of the Emotions » dans sa traduction anglaise, « De la servitude humaine ou de la force des passions » dans sa traduction française.
- ↑ Robert Kemp, « Les Livres », La Liberté,
- ↑ (en) The Modern Library : 100 Best Novels