Puits à balancier

appareil à bascule servant à puiser l'eau
(Redirigé depuis Shadouf)

Le puits à balancier, ou puits cigogne, ou encore chadouf (ou shadouf), est un appareil à bascule servant à puiser l'eau d'un puits, d'un point d'eau ou d'un cours d'eau. Il est notamment employé en zone d'agriculture irriguée.

Chadouf
« Vue et détails de deux machines à arroser, appellées châdouf et mentâl », 1809.

Le chadouf apparaît en Mésopotamie dès le IIIe millénaire avant notre ère[1]. Il est ensuite employé en Égypte à partir du Nouvel Empire, vers 1500 av. J.-C.[2],[3], après un changement climatique à la fin de l'Ancien Empire. Les crues baissant et les pluies se raréfiant, les Égyptiens ont été contraints de mettre au point un système d'irrigation afin de permettre un arrosage suffisant des champs.

En Égypte, la puisette utilisée pour recueillir l'eau s'appelle le delou.

La Description de l'Égypte à la suite de l'expédition napoléonienne présente plusieurs machines pour élever l'eau, mues par la force humaine ou animale[4]. Leur simplicité et leur ingéniosité frappent Nicolas-Jacques Conté qui retient le principe du balancier et celui de l'ouverture latérale pour présenter une machine hydraulique à l'Académie des sciences en 1802[5].

Un puits à balancier dans village de Tarasivka en Ukraine en 2014.
Un puits à balancier du Musée d’architecture populaire et d’ethnographie de Pyrohiv en Ukraine en 2014.
Un puits à balancier dans le village de Zalipie, Pologne.

Les puits à balancier sont encore utilisés dans de nombreuses régions d'Afrique et d'Asie et sont très répandu dans les zones rurales de l'Inde et du Pakistan, telles que la région de Bhojpuri de la plaine du Gange. En Europe, ils restent courants en Allemagne et dans la grande plaine de Hongrie, où ils sont considérés comme un symbole de la région. Ils sont également largement répandus dans toute l'Europe de l'Est, dans des pays comme l'Ukraine, la Biélorussie et les pays baltes.[réf. nécessaire]

Fonctionnement

modifier

Un puits équipé d’un système de contrepoids permet de réduire l’effort nécessaire pour remonter l’eau. Le contrepoids peut être placé à l’extrémité d’une longue perche (la masse de la perche elle-même assurant souvent tout ou partie de cette fonction) faisant office de balancier ou être relié au seau par un câble et une poulie. Le contrepoids réduit fortement l’effort nécessaire pour remonter le seau rempli, mais il doit en contrepartie être soulevé lorsque l’on descend le seau vide dans le puits. Le système ne diminue donc pas, en théorie, l’énergie totale à fournir : il répartit surtout l’effort de manière plus favorable. La descente du seau, lorsqu’il est léger, demande un effort supplémentaire pour lever le contrepoids, tandis que la remontée du seau chargé, qui constitue la phase la plus pénible, est fortement assistée par celui-ci. Le contrepoids permet ainsi d’éviter les efforts maximaux importants, de rendre le mouvement plus régulier et de réduire la fatigue, ce qui facilite particulièrement un puisage fréquent ou de volumes d’eau importants.

En héraldique

modifier

Élément représentant un puits à balancier en héraldique :

Notes et références

modifier
  1. J. Kœnig, « Tradition iahviste et influence babylonienne à l'aurore du judaïsme », Revue de l'histoire des religions, vol. 173, no 2, , p. 150 (lire en ligne)
  2. Braudel 1998, p. 76.
  3. Wolfgand Schenkel, « Les systèmes d'irrigation dans l'Égypte ancienne et leur genèse », Archéo-Nil, no 4, , p. 27-35 (lire en ligne)
  4. Ch. Audebeah Bey, « Appareils rustiques pour l'arrosage des terres de l'Egypte », Bulletin de l'institut d'Egypte, , p. 6,7 (lire en ligne)
  5. Patrice Bret, La Méditerranée médiatrice des techniques : regards et transferts croisés durant l'expédition d'Égypte (1798-1801), CAK-CRHST - Centre Alexandre Koyré - Centre de Recherche en Histoire des Sciences et des Techniques, (lire en ligne).

Bibliographie

modifier

Voir aussi

modifier

Articles connexes

modifier

Lien externe

modifier

Sur les autres projets Wikimedia :