Sheela Patel

urbaniste et militante indienne

Sheela Patel, née dans les années 1950, est une urbaniste, chercheuse, militante et entrepreneure sociale indienne qui travaille sur les questions de la pauvreté et des bidonvilles. Elle est listée dans le 50 over 50 Global (en français : « 50 personnalités internationales notables de plus de 50 ans ») du magazine d'affaires Forbes en 2025[1].

Sheela Patel
En .
Biographie
Naissance
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Padma Shri en travail social
UN-Habitat Scroll of Honour Award (en)Voir et modifier les données sur Wikidata

Carrière

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Sheela Patel obtient un master d'assistance sociale à l'Institut Tata de sciences sociales en 1974[2],[3] et commence sa carrière en travaillant dans la maison de quartier de Nagpada[2] située au cœur de Bombay[4].

En 1984, elle fonde le SPARC (Society for Promotion of Area Resource Centres, en français : Société pour la Promotion de Centres de Ressources)[1],[3], une organisation non gouvernementale (ONG) qui se concentre sur la pauvreté en ville. En 1999, elle devient secrétaire du SPARC Samudaya Nirman Sahayak (SSNS ou Nirman)[3],[5], une branche du SPARC qui soutient l'autoconstruction de logements dans les bidonvilles. En 2004, Patel affirme travailler au nom du SPARC en tandem avec différents élus pour permettre la relocalisation de 23.000 foyers mal-logés sur 5 ans[6]. Depuis sa création, le SPARC a permis la construction de 11 projets d'immeubles à destination des plus pauvres[1],[7]. Le SPARC appartient à la Fédération Nationale des Habitants de Bidonvilles (National Slum Dwellers Federation) qui s'étend sur 70 villes indiennes[8].

Photographie prise depuis un immeuble de la skyline de Bombay, visible à l'arrière-plan. À l'avant-plan s'étend un bidonville dont on ne voit que les toits en taule crénelée car les habitations sont toutes collées les unes aux autres.
Bidonville de Bombay vu depuis le Centre Nehru en juin 2005

En 1998, elle cofonde, avec Prema Gopalan (en), l'ONG Swayam Shikshan Prayog[3],[9], qui aide les ouvrières agricoles de régions rurales et leur permet de vivre de leur production selon des principes d'agriculture durable[10]. Elle participe à l'organisation de l'Asian Coalition of Housing Rights, et l'Asian Women and Shelter Network[3].

Sheela Patel est membre de Slum/Shack Dwellers International (SDI)[3] , « un réseau présent dans 33 pays, comprenant des organismes qui agissent sur la pauvreté en ville et dont les bénéficiaires participent à la prise de décision »[10].

Elle est membre de la Global Commission on Adaptation, une commission mise en place par l'Organisation des Nations Unies (ONU)[10],[11]. En 2022, elle lance la campagne « Un toit au dessus de nos têtes » (Roof Over Our Heads) à la Conférence de l'ONU sur le changement climatique[1],[7].

Principes directeurs

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Soutien des mouvements grassroots

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Les activités de Sheela Patel sont diverses mais semblent guidées par quelques principes fondamentaux.

Jessica Arriens traite de l'intérêt de Patel pour les solutions trouvées par les communautés qu'elle aide dans un article intitulé « Les communautés locales ne sont pas seulement des victimes du climat, elles s'y adaptent et montrent le chemin à prendre »[10]. Le travail de Patel pour Swayam Shikshan Prayog et SDI, ainsi que ses discours, sont qualifiés par le terme grassroots : une notion militante qui revendique le travail effectué par les individus eux-mêmes pour améliorer leurs conditions de vie. Dans cette perspective, la place des ONG comme celles de Patel est de soutenir les initiatives déjà en place, par opposition aux organisations humanitaires verticales plus traditionnelles où des dirigeants imposent à des bénéficiaires des « solutions » aux problèmes qu'ils imaginent[8].

L'ONG comme médiateur

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Patel applique des principes de démocratie participative, ce qui fait la particularité des ONG qu'elle fonde[8]. Son travail est remarqué comme une façon « inclusive » de construire la ville[7].

Elle voit le rôle des ONG comme celui d'un médiateur entre les élus et la population pauvre. Dans un article écrit pour synthétiser la méthodologie utilisée par SDI, Patel écrit :

Pour SDI, un objectif fondamental du travail est de produire des connaissances collectives avec les habitants des bidonvilles sur l'organisation de l'habitat informel de façon à pouvoir discuter avec le gouvernement. L'enjeu majeur est de montrer aux gouvernements la légitimité des informations collectées par les communautés elles-mêmes, et la possibilité de les utiliser pour prendre des décisions d'urbanisme. Souvent, les décideurs pensent que seuls des professionnels peuvent mener à bien ce genre de tâche[12].

L'intersection entre pauvreté et genre

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Comme le témoignent les projets choisis par Patel, la question de la place spécifique des femmes dans celle, plus large, de la pauvreté est un sujet important dans son parcours. Elle explicite son intention de soutenir les femmes pauvres ainsi :

Les femmes grassroots qui font tourner ces initiatives sont-elles victimes de la crise ? Sont-elles menacées par la discrimination et l'exclusion ? C'est certain. Mais nous sommes une organisation qui soutient les femmes grassroots, nous choisissons de voir leur capacité de diriger un groupe comme le fondement de leur pouvoir collectif. [...] Quand les élus sont à l'écoute, la coopération grassroots-gouvernement peut développer massivement l'action collaborative. Ainsi, les ressources grassroots et gouvernementales sont rassemblées pour améliorer concrètement la vie des pauvres, ce qui change radicalement la façon dont les femmes sont vues[13].

Récompenses

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Elle est récompensée, en son titre de fondatrice du SPARC, par un Scroll of Honour décerné par l'ONU en 2000[14].

En 2009, elle reçoit le David Rockefeller Bridging Leadership Award[3],[15].

En 2011, un Padma Shri lui est attribué au titre de son activité engagée pour l'aide sociale[2],[3],[16]. Il s'agit d'une récompense nationale décernée par le gouvernement, la quatrième en termes d'importance parmi les récompenses honorifiques décernés à des civils en Inde.

Elle est nommée à la 37e place dans le 50 over 50 Global de Forbes en 2025[1].

Références

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  1. 1 2 3 4 5 (en) Maggie McGrath, « 50 Over 50 Global: 2025 », Forbes, (lire en ligne)
  2. 1 2 3 (en) « Sheela Patel », sur PRIA (consulté le )
  3. 1 2 3 4 5 6 7 8 (en) « Sheela Patel », sur Holcim Foundation,
  4. (en) Nicolai Nayak, « The lost legacy of Nagpada basketball – Mumbai’s very own NBA », Scroll, (lire en ligne, consulté le )
  5. « Site officiel de SSNS » (consulté le )
  6. (en) « Empowering Slum Dwellers. Bombay's Pavement Dwellers Live in Extreme Poverty - But With Hope », Development Gateway, (lire en ligne)
  7. 1 2 3 (en) « Meet Urmila Asher, 80, Sheela Patel, 73, and Kiran Mazumdar-Shaw, 71 – 3 women on Forbes 50 over 50 global list | Careers, educational backgrounds, and more », ET Now News, (lire en ligne)
  8. 1 2 3 Lou del Bello, « Climate Change Can be Seen Everywhere in Slums », Urbanet, (lire en ligne)
  9. (en) Shoumojit Banerjee, « Noted Pune-based social entrepreneur Prema Gopalan passes away », The Hindu, (lire en ligne)
  10. 1 2 3 4 (en) Jessica Arriens, « Local Communities Aren’t Just Climate Victims. They’re Climate Adaptation Leaders », World Resources Institute, (lire en ligne)
  11. (en) « The Global Commission on Adaptation - Commissioners » (consulté le )
  12. (en) Sheela Patel, Carrie Baptist et Celine D'Cruz, « Knowledge is power. Informal communities assert their right to the city through SDI and community-led enumerations », Environment and Urbanization, vol. 24, no 1, (DOI 10.1177/0956247812438366, lire en ligne)
  13. (en) Sheela Patel et Suranjana Gupta, « New narratives for a 'new normal' », International Institute for Environment and Development, (lire en ligne)
  14. « UN-Habitat Scroll of Honour Award », sur UN Habitat
  15. (en) « University for a Night 2009 », sur Synergos (consulté le )
  16. (en) « Previous Awardees », sur Padma Awards