Shepespouptah
Shepespouptah est un prince égyptien de la Ve dynastie, probable fils d'Ounas[1].
| Shepespouptah | |
| Transcription | Šps-p(w)-Ptḥ |
|---|---|
| Période | Ancien Empire |
| Dynastie | Ve dynastie |
| Famille | |
| Père | Ounas (?) |
| Conjoint | Sechséchet Ire (?) |
| Enfant(s) | Téti (?) |
| Sépulture | |
| Type | mastaba |
| Emplacement | Saqqarah |
| modifier |
|
Attestations
modifierShepespouptah est peut-être attesté par deux documents, mais l'identification des deux personnages n'est pas acceptée par tous les chercheurs[2] :
- un sarcophage trouvé dans le temple bas du complexe funéraire d'Ounas porte le nom du prince Ptah-Shepses ou Shepsesptah (Ptḥ-špss) ; la ceinture en or retrouvée dans le sarcophage était décorée d'un personnage assis portant l'uræus royal et protégé d'un faucon[1],[3],
- deux domaines funéraires mentionnés dans la tombe du vizir Mehou, époux de la fille royale Néfertkaous Ikou (elle-même probable fille d'Ounas), sont au nom d'un iry-pat Shepespouptah (Šps-p(w)-Ptḥ) ; le nom de ces deux domaines, « La fraîcheur de l'iry-pat Shepespouptah » et « Le verger d'arbres ised de Shepespouptah »[4], rappellent ceux du roi Ounas lui-même[1],[3].
Généalogie
modifierLe fils d'Ounas
modifierPtah-Shepses est qualifié de « fils royal », ce qui fait de lui le fils d'un roi ; d'ailleurs, la figuration très royale du personnage sur la ceinture pourrait faire penser qu'il s'agissait d'un prince héritier. Le lieu de découverte de son sarcophage, dans le temple bas du complexe funéraire d'Ounas, fait pencher en faveur de ce roi[1],[3],[5].
La dame Sechséchet
modifierPour Jean Yoyotte et Jean Vercoutter, Shepespouptah était le fils d'Ounas et devait être l'époux de Sechséchet Ire et le père Téti, Jean Yoyotte faisant même de Sechséchet Ire la fille d'Ounas et donc la demi-sœur de Shepespouptah, malgré l'absence de titre de fille royale[1].
Une hypothèse, proposée par Hartwig Altenmüller, faisait de la dame Sechséchet Ire (mère du successeur d'Ounas, Téti), l'épouse de Shepespouptah. En effet, elle est également mentionné dans les noms de domaines de la tombe de Mehou ; les deux noms de domaines de Shepespouptah se basent sur deux de ceux d'Ounas, tandis que ceux de Sechséchet se basent sur ceux de Téti. Altenmüller ne faisait pas de Shepespouptah le fils d'Ounas, mais faisait de lui l'époux de Sechséchet[1],[6].
Selon Juan Carlos Moreno-Garcia, le prince Ptah-Shepses et l'iry-pat Shepespouptah seraient deux personnages différents[2]. Cependant, le Shepespouptah mentionné dans les domaines funéraires serait lié par des liens familiaux à Sechséchet Ire ainsi qu'à Mehou et le Shepespouptah, époux de la princesse Sechséchet surnommée Shechti, fille de Téti (ce dernier aurait laissé une dédicace sur le linteau de la tombe de Mehou indiquant que c'est lui qui avait fait ce monument pour Mehou)[7].
Naguib Kanawati propose quant à lui que Sechséchet aurait épousé le prince Shepespouptah, identique au fils royal Ptah-Shepses, qu'il considère comme le frère, et non le fils, d'Ounas[8]. Thierry Stasser souligne cependant que le fils royal Ptah-Shepses semble avoir été un fils héritier ; il semblerait donc étrange que Sechséchet ait épousé un fils héritier, aîné d'Ounas, mais qui aurait été réenterré dans le cimetière de ce dernier[8].
Pour Yannis Gourdon, Ptah-Shepses et Shepespouptah ne peuvent être identiques, car Shepespouptah ne porte aucun titre royal, et ces deux sont deux formations onomastiques bien distinctes qui n'alternent jamais pour un même individu[5]. Cependant, rien ne vient contredire une union entre Shepespouptah et Sechséchet, ce qui ferait de ce Shepespouptah le père de Téti[9].
Sépulture
modifierUn sarcophage au nom d'un prince nommé a été découvert dans le temple bas du complexe funéraire d'Ounas, que Baud décrit ainsi :
« L'objet le plus remarquable découvert dans ce sarcophage est une ceinture en or (JE 87078), dont la plaque de boucle est décotée et inscrite. Le décor symétrique représente le personnage assis, coiffé de l'uraeus et protégé par un faucon aux ailes déployées. Le motif est donc royal (Drioton, op. cit., p. 90), et doit être mis en relation avec le statut élevé du personnage et le lieu de découverte du sarcophage. [...] Le sarcophage lui-même est remarquable, qui a été rapproché de modèles royaux de la fin de la IVe dynastie (Dodson, art. cit.). Le personnage est donc très certainement le prince héritier d'Ounas.[1] »
Notes et références
modifier- 1 2 3 4 5 6 7 Baud 2005, p. 580-582.
- 1 2 Stasser 2013, p. 20, note 49.
- 1 2 3 Stasser 2013, p. 20-21.
- ↑ Stasser 2013, p. 20, note 47.
- 1 2 Gourdon 2016, p. 47.
- ↑ Stasser 2013, p. 20.
- ↑ Stasser 2013, p. 21-22.
- 1 2 Stasser 2013, p. 22-24.
- ↑ Gourdon 2016, p. 48-49.
Bibliographie
modifier- Michel Baud, Famille Royale et pouvoir sous l'Ancien Empire égyptien, t. 2, Le Caire, Institut français d'archéologie orientale, coll. « Bibliothèque d'étude 126/2 », , 2e éd. (1re éd. 1999) (ISBN 978-2-7247-0250-7, lire en ligne [archive du ]) ;
- Thierry Stasser, La mère royale Seshseshet et les débuts de la VIe dynastie, Bruxelles, Editions Safran, , 112 p. (ISBN 978-2874570544) ;
- Yannis Gourdon, Pépy Ier et la VIe dynastie, Paris, Pygmalion, , 429 p. (ISBN 978-2-7564-0558-2 et 2-7564-0558-2).