Shimon Avidan

militaire et criminel de guerre israélien

Shimon Avidan ( שמעון אבידן), né le 7 février 1911 en Allemagne sous le nom de Siegbert Koch et mort le 11 septembre 1994, est un militaire israélien, officier du Palmach et des forces de défense israéliennes (FDI). Il a commandé la brigade Givati pendant la guerre de Palestine de 1948.

Shimon Avidan
Shimon Avidan (date inconnue).
Biographie
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Grade militaire
Sgan alouf (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Conflits

Entre-deux guerres mondiales

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Né en Allemagne, Siegbert Koch rejoint le parti communiste d'Allemagne (KPD) puis émigre en Palestine mandataire en 1934, où il vit au kibboutz Ayelet-Hashahar puis à celui de Ein HaShofet[1]. Il s’engage dans les Brigades internationales pendant la guerre d'Espagne. Il sert aussi comme officier dans les Special Night Squads créés par le Britannique Orde Wingate pendant la grande révolte arabe (1936-1939) en Palestine[2], unité qui commet de nombreuses actes de pillage et de violence[3].

Avidan en 1940.

Seconde Guerre mondiale

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Avidan est aussi connu pour ses activités dans le Palmach au cours de la Seconde Guerre mondiale.

En juin 1942, Yitzak Sadeh le charge de constituer un peloton allemand au sein du Palmach en moins d’un mois. Cette unité doit être chargée des opérations de guérilla contre les puissances de l’Axe. Les 22 premières recrues proviennent essentiellement des rangs du Palmach et de mouvements de jeunesse sionistes, avec un âge moyen de 25 ans. Leur effectif monte à 48 à l’automne 1942, avec pour base secrète une grotte de Mishmar Ha'emek, mais ils sont pauvrement dotés. Après la bataille d'El-Alamein, l’utilité d’une telle unité disparaît aux yeux des Britanniques et ses armes lui sont retirées sans qu’ils aient combattu[4]. En novembre 1944, il commande certains des hommes du peloton allemand[4] lors de la « Saison de chasse » (en) contre les milices d’extrême-droite, Irgoun et Lehi[5].

Le Peloton allemand est ensuite intégré au sein de la brigade juive et envoyé en Europe. Au sein de la Brigade, se crée un groupe de vengeurs, le Nakam, qui assassine des criminels nazis. Avidan y est accepté. Il y joue un rôle essentiel d’organisation et accroit fortement l’efficacité des actions[4].

En Palestine puis Israël

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Pendant la guerre de 1948, il est le commandant opérationnel des opérations Nachshon, Barak, Pleshet et An-Far. Son unité combat aussi lors de la bataille de Nitzanim et les opérations Mort aux envahisseurs et Yoav.

Il joue un rôle dans le nettoyage ethnique des Palestiniens. Benny Morris écrit à son propos qu’il ne voulait « que des villages vides »[6]. Un de ses subordonnés affirme « qu‘il a nettoyé des dizaines de villes et de villages »[7]. Sous son commandement, la brigade Guivati commet plusieurs massacres : le massacre d'Abou Shousha (environ 70 morts les 13-14 mai)[8],[9],[10] et, le , ses hommes tuent 10 hommes, deux enfants et une femme lors d’un raid à Zikrin en tirant au hasard[11] ainsi qu’à Bayt Daras, Burayr (13 mai) et Tell es-Safi le 7 juillet où il ordonne de « détruire, tuer et expulser [lehashmid, leharog, u´legaresh] les réfugiés campant dans la région »[12].

Il démissionne de l’armée car, selon Chaim Herzog (qui a également participé au Nakam), « Sa philosophie d’extrême-gauche s’était montrée inconciliable avec les politiques de David Ben Gourion »[13]. En 1975, il est nommé contrôleur interne au ministère de la Défense par Shimon Peres[1].

Il meurt en 1994.

  1. 1 2 (he) Avraham Ayalon, « Givati », dans IDF in Its Corps: Army and Security Encyclopedia, vol. 11, Revivim Publishing, , p. 148
  2. Chaim Herzog (1982), The Arab-Israeli Wars. (ISBN 0-85368-367-0). Page 69. 'A slight, fair-haired, determined man, with a toothbrush like mustache, He was a natural leader.'
  3. Matthew Hughes, « Terror in Galilee: British-Jewish Collaboration and the Special Night Squads in Palestine during the Arab Revolt, 1938–39 », Journal of Imperial & Commonwealth History, novembre 2015, volume 43, no 4.
  4. 1 2 3 Dirk C. Wendtorf, « The German Platoon of the Palmach: the first German-Jewish fighting unit in the Second World War and the unsung story of heroism », Journal of Modern Jewish Studies, février 2021, volume 20, no 1 en ligne.
  5. Eric Silver, Begin, A Biography. 1984, (ISBN 0-297-78399-8). Page 51.
  6. « al-Qubayba — القُبَيْبَة  », Interactive Encyclopedia of the Palestine Question, consulté le 4 juin 2026.
  7. Ilan Pappé, Le Nettoyage ethnique de la Palestine, Paris : La Fabrique éditions, 2024. (ISBN 978-2-35872-280-3), p. 32.
  8. (en) Benny Morris, The Birth of the Palestinian Refugee Problem Revisited, Cambridge University Press, (ISBN 978-0-521-00967-6, lire en ligne)
  9. (en) « Abu Shusha Massacre » [archive] Accès limité
  10. (en) Mazen Maarouf, Tasnim Abutabikh, Emad El-Din Aysha et Selma Dabbagh, Palestine +100: Stories from a century after the Nakba, Comma Press, (ISBN 978-1-912697-20-5, lire en ligne)
  11. Benny Morris, The Birth of the Palestinian Refugee Problem Revisited, Cambridge University Press, 2004, p. 436 (ISBN 978-0-521-00967-6), p. 447, note #213, p. 461.
  12. Benny Morris, 2004 ; voir aussi p. 456, note 127 : selon Benny Morris, Avraham Ayalon, dans The Givati Brigade Opposite the Egyptian Invader, 1963, p. 227-28, « donne une version expurgée de l'ordre – que j'ai (malheureusement) utilisée dans l'édition originale de The Birth », la version « expurgée » (laundered) ne contenant pas les mots : « détruire, tuer ».
  13. Herzog (1982), p. 70.

Bibliographie

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  • Michal Arbell, « Abba Kovner: The Ritual Function of His Battle Missives », Jewish Social Studies, printemps/été 2012, Vol. 18 no 3, p. 99-119 à propos des atrocités et des pillages commis par la brigade Guivati