Sic transit gloria mundi

locution latine

Sic transit gloria mundi est une locution latine qui signifie : « Ainsi passe la gloire du monde »[1].

Finis Gloriae Mundi (« la fin de la gloire du monde ») par Juan de Valdés Leal (entre 1670 et 1672).
Panneau central de Sic Transit… par Adolf Hirémy-Hirschl.

Par son rappel des conditions éphémères de l'existence terrestre et son thème proche de celui des vanités, cette expression est à rapprocher de plusieurs autres locutions latines : Memento mori (« Garde à l'esprit que tu es mortel »), formule datant de la Rome antique ; Vanitas vanitatum et omnia vanitas (« Vanité des vanités et tout est vanité »), tirée du Livre de l'Ecclésiaste ; In ictu oculi (« En un clin d’œil ») tirée de la Première épître aux Corinthiens.

Lors de la cérémonie d'intronisation d'un nouveau pape, il était de coutume depuis le XIIIe siècle[2] qu'un moine se présentât par trois fois devant lui pour brûler à ses pieds une mèche d'étoupe et lui annoncer « Sancte Pater, sic transit gloria mundi » : « Saint Père, ainsi passe la gloire du monde ».

Historique

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Les premières traces de ce rituel au Vatican remontent au XIIIe siècle dans les écrits du dominicain Étienne de Bourbon. Le prêtre et chroniqueur Adam d'Usk l'évoque aussi dans son Chronicon à l'occasion du couronnement d'Innocent VII en 1404, à Pise[3]. On en trouve une version légèrement différente dans L'Imitation de Jésus-Christ de Thomas a Kempis (écrit à la fin du XIVe siècle) : O quam cito transit gloria mundi (« Oh comme la gloire du monde passe rapidement »)[3].

Le rituel a pris fin en 1978 avec le pape Jean-Paul Ier, qui a aussi renoncé à la tiare et au couronnement[1].

Ce rite rappelle au souverain pontife qu'il n'est qu'un homme, devant éviter toute forme d'orgueil ou vanité. Il s'inspire de l'Empire byzantin où, lors de l'intronisation d'un nouvel empereur, des serviteurs lui apportaient des os humains et des cendres. On peut aussi le rapprocher de l’ancienne tradition romaine où, pendant le triomphe d'un général victorieux, un esclave se tenait à ses côtés pour lui murmurer « Hominem te esse » (« Toi aussi tu es (seulement) un être humain ») ou « Memento mori » (« Rappelle-toi que tu mourras »).

Dans la littérature

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  • Dans Métaphysique des tubes, le narrateur détourne la formule par « Sic transit tubi gloria » (ainsi passe la gloire du tube) après sa « seconde naissance ».
  • Dans Astérix chez Rahàzade, planche 12 B, le pirate prononce « Sic transit gloria mundi » lorsque son navire coule.

Notes et références

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  1. 1 2 « Sic transit gloria mundi : signification et origine de l'expression » Accès libre, sur L'Internaute (consulté le ).
  2. ↑ La première mention de ce rite apparaît vers le milieu du XIIIe siècle, dans une description du dominicain Étienne de Bourbon, cf. (it) Agostino Paravicini Bagliani, Le chiavi e la tiara. Immagini e simboli del papato medievale, Roma, Viella, (ISBN 978-88-8334-174-8), p. 106.
  3. 1 2 (en) « Sic transit gloria mundi », sur Oxford Reference (DOI 10.1093/oi/authority.20110803100504553, consulté le ).

Voir aussi

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Articles connexes

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