Sigisbert Étienne Coster
Sigisbert Étienne Coster, né en à Nancy et mort le dans la même ville, est un ecclésiastique français, député du clergé aux États généraux de 1789.
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Il siège jusqu'à la fin de la session de l'Assemblée nationale constituante le . Proscrit pour avoir servi les Prussiens, il émigre et en revient en France qu'après le Concordat de 1801. Il est ensuite vicaire général du diocèse de Nancy.
Biographie
modifierFamille
modifierEcclésiastique
modifierIl est docteur en théologie, grade obtenu à Strasbourg, et licencié en droit[4],[2]. Il entre dans les ordres en 1758 et devient curé de Remiremont en 1761[1]. Il occupe pendant une vingtaine d'années cette cure[5] avant de devenir devient chanoine et grand-vicaire du diocèse de Verdun[6],[1],[7],[2],[5]. En 1787, il préside les assemblées du district de Verdun[1],[7]. Il est archidiacre d'Argonne et prévôt de l'abbatiale de Montfaucon[8].
Il prononce l'oraison funèbre du duc de Lorraine et ancien roi de Pologne Stanislas Leszczynski à Nancy en 1766[4] et celle de sa fille la reine de France Marie Leszczynska devant la cour à Versailles en 1768[1],[4]. Il fait partie des spécialistes français les plus réputés de l'oraison funèbre[9].
Député
modifierLe [1],[3], il est élu député du clergé du bailliage de Verdun aux États généraux[6],[8],[7],[3]. Il est le seul député du clergé de ce bailliage[7]. Son journal est une des sources utilisées par les historiens pour comprendre l'enchaînement des événements aux Etats généraux puis à l'Assemblée nationale constituante en mai-[10].
À l'Assemblée nationale constituante, il distribue un texte écrit par son évêque, Henri-Louis-René des Nos, contre l'abolition des privilèges et de la dîme, sans susciter de réaction[11]. Il est élu secrétaire en [12], Sigisbert Étienne Coster siège à droite et collabore au journal L'Ami du roi dirigé par Thomas-Marie Royou[8]. Il peut être classé dans le groupe des aristocrates[13]. Il vote contre les assignats, le rattachement d'Avignon à la France, la constitution civile du clergé et le serment[14].
Émigration et retour
modifierAprès la fin de la session de l'Assemblée nationale constituante le [3], il est à Verdun quand les Prussiens prennent la ville en 1792. Ils le nomment administrateur provisoire. Au retour des Français, il s'enfuit et se réfugie auprès de l'abbé Maury, évêque de Montefiascone, qui le nomme professeur de théologie[8].
Il revient en France après le Concordat de 1801 et devient chanoine et vicaire général du diocèse de Nancy, directeur de l'hospice des orphelins et aumônier de l'hôpital militaire, où il lutte contre l'épidémie de typhus en 1813-1814. Il est ensuite doyen du chapitre de Nancy[8]. Il est membre résidant de l'Académie de Stanislas de Nancy de 1802 à sa mort[2].
Œuvres
modifier- Oraison funèbre de Stanislas Ier roi de Pologne[8].
- « Récit des séances du clergé », dans Albert Houtin (publication), Les séances des députés du clergé aux États généraux de 1789 : Journaux du curé Thibault et du chanoine Coster, Paris, Société de l'histoire de la Révolution française, , 184 p. (lire en ligne), p. 81-143[9].
Notes et références
modifier- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 Robert, Bourloton et Cougny 1890, p. 195.
- 1 2 3 4 5 6 7 8 Jean-Claude Bonnefont, « Coster Sigisbert »
, sur Académie Stanislas. - 1 2 3 4 5 6 « Sigisbert Étienne Coster », sur Sycomore, base de données des députés de l'Assemblée nationale.
- 1 2 3 4 Bourdin 2003, p. 49.
- 1 2 Bourdin 2003, p. 48.
- 1 2 Liste, par ordre alphabétique de bailliages et sénéchaussées, de MM. les députés à l'Assemblée nationale. 1789, Paris, Baudouin, imprimeur de l'Assemblée nationale, , 79 p. (lire en ligne), p. 76.
- 1 2 3 4 Armand Brette, Les Constituants : Liste des députés et des suppléants élus à l'Assemblée constituante de 1789, précédée d'un avertissement, Paris, Charavay, coll. « Publications de la Société de l'histoire de la Révolution française », , XXXVII-310 p. (lire en ligne), p. 153.
- 1 2 3 4 5 6 Robert, Bourloton et Cougny 1890, p. 196.
- 1 2 Timothy Tackett (trad. de l'anglais par Alain Spiess), Par la volonté du peuple : Comment les députés de 1789 sont devenus révolutionnaires, Paris, Albin Michel, coll. « L'évolution de l'humanité », , 360 p. (ISBN 978-2-226-09427-8), p. 61, 337.
- ↑ Alexandre Maral, Les derniers jours de Versailles, Paris, Perrin, (ISBN 978-2-262-10133-6, DOI 10.3917/perri.maral.2022.01, lire en ligne
), p. 11. - ↑ Éric Hartmann, La Révolution française en Alsace et en Lorraine, Paris, Perrin, , 584 p. (ISBN 978-2-262-00755-3, DOI 10.3917/perri.hartm.1990.01, lire en ligne
), p. 136. - ↑ « Résultat du scrutin pour la nomination d'un nouveau président et de nouveaux secrétaires, lors de la séance du 17 juillet 1790 », Archives parlementaires de la Révolution Française, vol. 17, no 1, , p. 176–176 (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ Jacques de Saint Victor, La Chute des aristocrates. 1787-1792 : naissance de la droite, Paris, Perrin, (ISBN 978-2-262-00667-9, DOI 10.3917/perri.desai.1992.01, lire en ligne
), p. 309. - ↑ Bourdin 2003, p. 55.
Voir aussi
modifierBibliographie
modifierNotices biographiques
modifier- Georges Blume, Quelques notes sur le chanoine Sigisbert-Étienne Coster, député de Verdun à l'Assemblée nationale en 1789, Verdun, René Marchal, , 18 p.
- Michel Caffier, Dictionnaire des littératures de Lorraine, vol. 1, Metz, Éditions Serpenoise, (ISBN 9782876925694), p. 265.
- André Gaillemin, Dictionnaire biographique des prêtres, religieux et religieuses nés en Meuse et des prêtres, religieux et religieuses en Meuse pendant la Révolution et au Concordat (1789-1803), vol. 1, Bar-le-Duc, Société des Lettres, Sciences et Arts de Bar-le-Duc, , 554 p., p. 84.
- « Coster (Sigisbert-Étienne) », dans Adolphe Robert, Edgar Bourloton et Gaston Cougny (dir.), Dictionnaire des parlementaires français : comprenant tous les membres des assemblées françaises et tous les ministres français depuis le jusqu'au , t. II : Cay-Fes, Paris, Bourloton, (lire en ligne), p. 195-196.
Contexte
modifier- Philippe Bourdin, « Collégiales et chapitres cathédraux au crible de l'opinion et de la Révolution », Annales historiques de la Révolution française, no 331, , p. 29–54 (ISSN 0003-4436, DOI 10.4000/ahrf.804, lire en ligne, consulté le ).
Articles connexes
modifierLiens externes
modifier- Ressource relative à la vie publique :
- Ressource relative à la recherche :