Signe de piste (collection)
Signe de piste est une collection française de romans pour la jeunesse créée en 1937 par les éditions Alsatia. Elle connaît alors un large succès. Elle est reprise par d'autres maisons à partir des années 1970. Éditée jusqu'en 2025, elle est une des plus anciennes collections françaises de romans pour la jeunesse.
Le scoutisme, la camaraderie, l'aventure, la débrouillardise et le courage forment, au moins jusqu'aux années 1970, le substrat essentiel des thématiques abordées. On y trouve aussi des histoires de Résistance et d'espionnage, d'amitié au delà des conflits armés (franco-allemande durant les deux grandes guerres), des enquêtes policières menées par des jeunes, des récits historiques, et toutes sortes de personnages typiques de la collection : des scouts, des jeunes de banlieue, des orphelins, des gitans, des chouans, des alpinistes, des explorateurs, des guerriers dans la savane, etc.
Historique
modifierLa collection est créée en 1937, par Jacques Michel (pseudonyme de Maurice de Lansaye, commissaire Scout de France et directeur de la collection « Feu de camp » aux éditions J. de Gigord de 1930 à 1936) et par Madeleine Gilleron. À l'origine, elle rassemble principalement des romans scouts. Les premiers volumes parus sont : Sous le Signe de la tortue de Georges Cerbelaud-Salagnac, Le Bracelet de vermeil, premier volume de la saga du Prince Éric de Serge Dalens et Le Tigre et sa panthère de Guy de Larigaudie. La Bande des Ayacks de Jean-Louis Foncine y est publié en 1938.
Dès le début, l'illustrateur Pierre Joubert accompagne la création[1] et en désigne notamment le logo. Il a dessiné environ 50 % des couvertures de la collection. Par le volume et la renommée, Michel Gourlier est le second « grand illustrateur » de cette collection. Mais il faut citer également Igor et Cyril Arnstam, Robert Gaulier ou René Follet.
Sous l'Occupation, c'est autant l'esprit de la Résistance et de l'héroïsme dans la clandestinité, que celui du régime de Vichy qui imprègnent tour à tour la collection. Bien que certains critiques actuels veulent croire rétrospectivement que la collection empruntait des chemins éditoriaux douteux, en l'assimilant à l'extrême droite, elle fait au contraire preuve d'une étonnante versatilité, en ouvrant le spectre de ses thématiques à toutes sortes de tendances : défense des jeunes ouvriers de quartiers populaires, amitiés entre colons et colonisés, solidarité au-delà des classes sociales, ce qui la rend exemplaire et étonnamment moderne pour son époque.
Une première collection « sœur » à destination des adolescentes, dénommée collection « Joyeuse », est créée en 1946, dirigée par Jean-Louis Foncine. La collection fait paraître onze titres avant de disparaître en 1953 sur un constat d'échec, les filles préférant la collection « Signe de Piste ». Deux des titres sont repris par la suite dans la collection « Signe de Piste ».
La collection est dirigée à partir de 1954 par Jean-Louis Foncine et Serge Dalens. En 1957, sont créées les collections "Prince Éric" à destination des plus jeunes et "Rubans noirs"[2] pour les ainés.
Cette littérature de jeunesse connait un très grand succès dans les années 1950 à 1970 dans le cadre des éditions Alsatia. Les ventes atteignent 370 000 exemplaires en 1957[3]. Les tirages du « Prince Éric », de Serge Dalens dépassent, sur le long terme, les deux millions cinq cent mille exemplaires[3].
En 1971, François Chagneau[4] en devient le patron avec comme directeur littéraire Alain Gout, la collection étant rebaptisée « Safari-Signe de Piste ».
Après le succès du Safari-Signe de Piste (1971-1974), l'engouement n'est plus le même auprès du grand public et la collection souffre du manque de moyens de ses repreneurs successifs. La collection cherche à se relancer via un petit éditeur, EPI, en créant le « Nouveau Signe de Piste ». Malgré un succès auprès des jeunes lecteurs, c'est un relatif échec commercial dû à la volonté des dirigeants d'Hachette qui, quoique chargés d'assurer la diffusion en librairies des romans du Nouveau Signe de Piste, privilégient leurs propres collections. En clair, Hachette n'a pas compris l'esprit du Signe de Piste, marqué par son indépendance et son non-conformisme.
En 1979, la collection passe chez Desclée de Brouwer (DDB). En 1983 elle est reprise par Bégédis diffusion qui lui redonne du succès via sa maison d'édition de l'Epi[5], puis par les éditions Universitaires qui appartiennent au groupe. En 1987, la collection passera au groupe Media Participation[6] en reprenant le nom "Signe de Piste" d'abord via sa maison d'édition Proost en 1991, puis sa maison d'édition Fleurus[7].
En 2003, la collection passe aux éditions Carnot, qui ne publie aucune nouveauté[7]. En 2007, la collection est reprise par les éditions Delahaye[8][source insuffisante] et de nouveau éditée sous l'appellation "Signe de Piste" (à laquelle renvoie l'abréviation "S2P"). Ce dernier éditeur est liquidé judiciairement en , laissant la place aux éditions Elgédé qui publient depuis quinze volumes jusqu'en [9]. C'est dire que la collection continue de plaire au jeune public. Aux classiques qu'ont lu leurs parents et grands-parents, s'ajoutent quantités de nouveaux titres destinés également à des tranches d'âges plus jeunes.
En 1977, Alain Poher, Président du Sénat, remet à la collection « Signe de piste », représentée par ses directeurs Serge Dalens et Jean-Louis Foncine, la Minerve d'Or de la Société d'encouragement au bien[réf. souhaitée].
Positionnement et thématique
modifierLa collection présente une thématique tournant autour de l'amitié, de la virilité et de la remise en question de l'ordre établi : plusieurs personnages sont des francs-tireurs, rebelles aux conventions, ce qui se traduit par des bandes de jeunes qui agissent indépendamment des adultes et se rebellent parfois contre l'autorité [10]. Au début de la collection, le roman scout y tient une part importante, mais la collection prend aussi en compte les « préoccupations des adolescents au delà du scoutisme »[11]. Au fil des ans les nouvelles publications s'éloignent de la thématique scoute et la science fiction y fait son apparition[7],[10]. Elle continue d'exister en rééditant ses succès et des romans plus modernes[11].
La thématique objet de polémiques
modifierDans les années 1960, Signe de piste se retrouve au cœur d'une polémique. La collection est critiquée par certains milieux qui l'accusent de promouvoir des valeurs traditionnelles, faisant la part belle au sens de l'honneur, au courage, au don de soi jusqu'au sacrifice. Ces critiques la réduisent caricaturalement à ce qu'elle n'est pas nécessairement, et ce, sans nuances, alors qu'elle exalte encore, chez les jeunes, des idéaux qui se traduisent par l'aventure vécue en toute autonomie, loin du monde adulte, jugé corrompu, inerte, fade et terne [12]. Au début des années 1970, la collection désormais bien connue, suscite encore, par ses illustrations modernisées, un engouement réitéré[10].
Des tentatives régulières de démolition de cette collection ont toutefois lieu périodiquement par des mouvements d'extrême gauche, sous prétexte qu'elle exalterait des vertus civiques, voire chrétiennes qui rappelleraient l'héroïsme chevaleresque [13]. Marie-José Chombart de Lauwe indique que, si le fondateur de la collection, Serge Dalens, devient ultérieurement membre du comité central du Front national, la collection Signe de Piste « a été longtemps considérée, à tort, comme une collection scoute »[13]. D'un côté comme de l'autre, ces préjugés sont réducteurs : la collection fait appel à toutes sortes d'auteurs, qui mêlent leur vécu (carrière des armes, tribunaux, justice) à l'imaginaire juvénile.
Si certains romans publiés avant la Seconde Guerre mondiale font parfois preuve, selon Philippe Laneyrie, « d'un anti-communisme militant, ce qui n'est pas surprenant, mais aussi d'une admiration non déguisée pour l'Allemagne et les Allemands, admiration non démentie au fil des années et jusque pendant la Seconde Guerre mondiale, voire après »[14], ce préjugé est en réalité inexact, puisque plusieurs romans dénoncent exactement le contraire, soit la monté du nazisme en Allemagne, et font la part belle aux milieux modestes et même au communisme, comme dans "L'Équipe des quatre nations", de Jean d'Izieu. Alors qu'elle est parfois attaquée par des lecteurs de gauche et présentée dans Combat du comme « dangereuse pour les enfants parce qu'elle ne s'affirme pas pour ce qu'elle est en réalité : une littérature d'extrême droite, et qu'elle noie son idéologie sous de pseudo-bons sentiments, pensant, à travers cet amalgame, faire passer naturellement tous les éléments que nous avons brièvement analysés ici : passéisme, élitisme, culte du chef, critique de la démocratie, racisme et xénophobie, bonne conscience de la civilisation de l'Occident, anti-féminisme, etc. »[15],[3], on trouve aussi dans ses rangs des auteurs opposés à cette vision. Le , dans le même journal, l'écrivain Gabriel Matzneff écrit une tribune libre contre cet article. Fustigeant le ton sectaire, voire stalinien, des auteurs de l'article, il répond à tous les griefs que ceux-ci ont exprimés[16].
Pascal Ory déclare pour sa part que le corpus de la collection témoigne « d'un projet politique foncièrement "réactionnaire" », valorisant le passéisme et la nostalgie. C'est bien évidemment un biais partial qui ne rend pas justice à la véritable nature des romans Signe de Piste. Il identifie ainsi une idéologie de la collection qui serait toute féodaliste. Ainsi, « malgré son nimbe religieux, sa principale préoccupation est d'ordre social ; elle tient dans la relation hiérarchique, de suzerain à vassal, qui structure son imaginaire, dans la méfiance atavique qui l'anime à l'égard de la démocratie »[17]. Ce jugement traduit surtout une méconnaissance profonde de la diversité et de la richesse de cette collection, qui puise ses thématiques auprès d'un large public qui évolue en âge et en expérience, tout comme ses personnages. Car si l'on en croit les jeunes lecteurs, l'imaginaire fertile de leurs héros les enthousiasme parce qu'il propose un idéal désintéressé et généreux, bien loin des préjugés dont on l'affuble à tort. Il n'est que de voir comment les personnage bouleversants des "Voleurs" et du "Juge avait un fils" (Serge Dalens) ou encore de "La Blanche" (une histoire de cocaïne) nous plongent dans l'univers de la délinquance juvénile, sauvée par la solidarité de camarades désintéressés et de magistrats magnanimes.
Christian Guérin indique à tort pour cette période que les romans de la collection, « centrés sur l'homme occidental, [...] exaltent l'œuvre coloniale et scientifique de l'Europe lorsqu'ils n'illustrent pas les vertus d'une société d'ordre, patriarcale et hiérarchisée, où la vertu, le travail (et la piété souvent) sont justement récompensés tandis que les velléités contestataires sont vilipendées »[18]. Le scoutisme et le catholicisme y formeraient le substrat essentiel des thématiques abordées[19]. Ces critiques semblent infondées puisqu'au contraire, plusieurs romans prennent le parti des peuples colonisés, des guerres d'indépendance, de l'affranchissement des conventions et de l'indépendance à l'égard du monde adulte, tandis que le catholicisme, rarement et sobrement explicite, ne concerne que certains romans scouts ou chevaleresques, mais certainement pas l'ensemble de la collection.
Le héros type, très majoritairement un jeune garçon, à la beauté adolescente négligée, est parfois un prince, parfois un roturier, mais toujours un garçon valeureux : « c'est bien là l'une des caractéristiques principales des romans de la collection ». L'aventure y est parfois aristocratique, parfois populaire, portée par de grandes âmes, qu'elles soient riches ou pauvres. Le thème de la substitution des rôles (prince ou vagabond) est d'ailleurs typique de cette collection. »[n 1],[19]. Il incarne une jeunesse positive, par opposition au monde adulte forcément dévoyé, celui de la ville, et d'une « république ploutocratique, parlementaire et cosmopolite »[20].
La collection doit ainsi une part importante de son succès au fait qu'elle propose, à travers ses récits initiatiques propres à enthousiasmer de jeunes adolescents, un univers dépaysant, situé dans des décors réels (montagnes, déserts, forêts) ou des pays imaginaires, où la nature appelle au dépassement de soi et à la joie. En proposant une morale de l'effort collectif, du partage et de l'amitié au-delà des frontières et des préjugés de classe, c'est une immense opération de réconciliation qu'elle opère au sortir de la guerre [21].
Les illustrations de Pierre Joubert et de Michel Gourlier, d'abord stylisées puis peu à peu épurées et modernisées, proposent un idéal aux jeunes garçons invités à s'identifier au héros : « l'illustration exalte [...] glorieusement le corps masculin adolescent » [n 2],[22]. La place des filles dans l'illustration est restreinte, mais tout aussi idéalisée, quoique plus rare (cf. La forêt qui n'en finit pas).
Auteurs et illustrateurs
modifierLes principaux auteurs de Signe de piste sont : Serge Dalens, Jean-Louis Foncine, Georges Ferney, Pierre Labat, Bruno Saint-Hill dont les livres ont été réédités par les éditions Fleurus, puis par les éditions : Alain Gout, Delahaye, Elor, du Triomphe, de la Licorne, Téqui et Elgédé.
Des journalistes comme Bertrand Poirot-Delpech (Portés disparus, sous le pseudonyme de Bertrand Mézière[23]), des artistes comme Philippe Avron (Le Coup d'envoi[24], Patrouille ardente) ou des universitaires comme Jean-François Bazin (La Bible de Chambertin, L'Abbaye des effrayes[25]), également engagé en politique, ou encore Jean Favier (Les Mouchards, La Fuite du commandeur sous le pseudonyme de Michel Sicard [26]), y publièrent leurs premiers romans.
- Pierre Aber (Pierre-André Bernard)
- Jean-Claude Alain
- Robert Alexandre
- Mohamed Amin (collectif)
- Axel André (Robert Alexandre)
- Claude Appell
- Marcel Artigues
- Alain Arvel
- Gilles Avril
- Philippe Avron
- Paul Azy
- Philippe de Baer (Bruno Saint-Hill)
- Jean Maurice Barbé
- Raymond Baux
- Jean-François Bazin
- Anne-Eric Beauchamps
- Jean-Paul Benoît
- Guy Bergère
- Paul Berna
- Pierre-André Bernard
- Jean-Claude Berrier
- Claude Andrée Bert
- Carl R. Bertsch
- Michel Bloesch
- Geoffrey Bond
- Ève de Bonneville
- Josy de Bouclans
- Rémi Boudoul
- Henri Bourgenay
- Louis-Charles Bouts
- Michel Bouts
- Alain Brébant
- Antoine de Briclau
- Jean des Brosses
- Mike Bruant
- François Brune
- Kurt Burgbacher
- Marion Cahour
- Georges Calissanne (= Georges Ferney)
- Huguette Carrière
- Lorraine Cassagnou
- Georges Cerbelaud-Salagnac
- A.G. de Chamberlhac (= Antoine Giraudet)
- Robert Chantoiseau
- Philippe-Guy Charrière
- Denis Clark
- Jean Claudio
- Jim Cobbler (= X.B. Leprince)
- Simone Commandeur
- Arnauld de Corbie
- Frank Crips
- Jean Cueilleron
- Jacques da Cunha
- Eberhard Cyran
- Cyrille
- Dachs
- Serge Dalens
- Jean-Marie Dancourt
- Hawthorne Daniel
- Joëlle Danterne
- Monique Déchaud-Pérouze
- Pierre Delsuc
- Jean Henri Denz
- Jean Destieu
- Jean Marie Dooz (= Jean-Claude Alain)
- François Doris
- Jean-Louis Dubreuil
- Jacqueline Dumesnil
- Alan Dwight
- Wolfgang Ecke
- Jean Erland (= Jean-Claude Alain)
- Loïc Ervoan
- Claude Esve
- Giuseppe Fanciulli
- Friedrich Feld
- Georges Ferney
- Luce Fillol
- Liselotte Flade
- Jean-Louis Foncine
- Mik Fondal (= Jean-Louis Foncine + Serge Dalens)
- Christiane Fournier
- Jean-Paul Foussat
- Dany François
- Pierre Fuval
- Eric Gali
- François Gastal
- Isabelle Gendron
- Serge Golon
- Salvator Gotta
- Stéphane Goury
- Ernest A. Gray
- Michel Grimaud
- Roland Habersetzer
- Alfred Hageni
- Jean-Louis Haussaire
- Adolf Hechelmann
- Kurt Held
- Paul Henrys
- Carl G. Hodges
- Werner Hörnemann
- Florence Houlet
- Pierre Huard
- Gero Hylmar
- Jean d'Izieu
- Jean-Paul Jacques
- Alain Jamot
- Michel Jansen (= Alain Arvel)
- Helmut Junker
- Ellis Kaut
- Rudyard Kipling
- Hermann Klingler
- Herbert Kranz
- Pierre Labat
- Gie Laenen
- Boris Lalande
- Fernand Lambert
- Guy de Larigaudie
- Jean-Louis Larochette-Prost
- François Le Douarec
- Herbert Léger
- Le Gor
- Ludwig Lenzen
- X. B. Leprince
- Edith Lesprit
- Jacky Lohat
- Kurt Lütgen
- Jean Lozi
- Dominique Mauries
- Pierre-Alain Mayol
- Fritz Meisnitzer
- Dominique Ménager
- Bertrand Mezieres
- Nicolaï von Michalewsky
- Eric Michel
- Marc Michon
- Hélène Montardre
- Hugues Montseugny
- Marie Moreau-Bellecroix
- Fritz Mühlenweg
- Eric Muraise (= X.B. Leprince)
- Carlo Nada (= Alain Arvel)
- Jenö Nagy
- Kindengvé N'djok
- Yan Nielsen
- Theodore V. Olsen
- Geoffrey X. Passover (= Georges Ferney)
- Jean-François Pays
- Jean Perilhon
- Peter Perkins
- Gilles Phabrey
- François Pichette
- Henri Pourrat
- Théodore Pratt
- Claude Preryme (Marc Corcy)
- Otfried Preussler
- S.L. Prevost
- Didier Rance
- Claude Raucy
- Philippe V. Rivages
- Jean Rivane
- John Robb
- Bruno Robert des Douets
- Patrick Robin (= Georges Ferney)
- Henriette Robitaillie
- Aimé Roche
- Roland-Denis
- Thierry Rollet
- Alberta Rommel
- Bruno Saint-Hill
- Gabrielle Salzy
- Lothar Sauer
- Michèle Savary
- Georges Schönauer
- Jean de Sécary
- Aude Segond
- Jean Serza
- Karl Rolf Seufert
- Jean Séverin
- David Severn
- Michel Sicard
- Boris Simon
- Louis Simon
- Serge Sir
- Wilhelm Speyer
- Martha Bennett Stiles
- Rudolf M. Stoiber
- Henri Suquet
- Thomas Szabo
- Alain Tersen (= Jean-Claude Alain)
- Bernard Top
- John Rowe Townsend
- Geoffrey Trease
- Henry Treece
- Ferdinand Trentinaglia
- Buna Valamu
- Jean Valbert
- Daniel Valiant
- Claude Vallette
- Charles Vaudémont (= Jean-Louis Foncine)
- Maurice Vauthier
- Jean Vergriete
- Gine Victor
- Victor-Pierre
- Gérard Viguié
- Alfred Weidenmann
- John Wingate
- Camille Alby
- Frédéric Argès
- Erik Arnoux
- Cyril Arnstam
- Igor Arnstam
- Rolland Barthélémy
- Emmanuel Beaudesson
- Francis Bergèse
- Werner Bürger
- Catherine Chion
- Marc Dekeister
- G.Y.S. Delbord
- Luc Favreau
- Frédéric Flom
- René Follet
- Pierre Forget
- Bernard Fosse
- Robert Gaulier
- Noël Glosner
- Michel Gourlier
- Claude Guion
- Pierre Joubert
- Jacques Laval
- Jérôme Lo Monaco
- Fabienne Maignet
- Grégoire Mathieu
- MiTacq
- Agathe Mougne
- François Mougne
- Alain d'Orange
- Christian Papazoglakis
- André Paul
- Patrice Pellerin
- Wilfrid Perraudin
- Pierdec
- Marion de Prigny
- Walter Rieck
- E.A. Schefer
- Sven Sainderichin
- Olivier Terrier
- Jean-Jacques Vayssières
Collections
modifierLa collection originale est créée par Alsatia en 1937 sous le nom Signe de Piste. Elle s'adresse principalement aux adolescents. Au départ, les romans n'étaient pas numérotés, ils le seront par la suite sans souçi chronologique pour les premiers volumes avec plus de titres que de numéros attribués, d'où des numéros bis, auxquels s'ajoutent d'autres numéros bis au fil du temps par transfert de volumes des collections satellites ou sœurs vers la collection principale.
En effet, à la suite du succès des Signe de Piste, des collections sœurs apparaissent chez Alsatia avec différents noms tel que Prince Éric, devenu Signe de Piste Junior, qui cible un public plus jeune, Rubans Noirs qui cible un public plus âgé, la Collection Joyeuse plus féminine qui s’adresse aux guides, ou encore les recueils La Fusée régulièrement édités sous les différentes appellations de la collection, jusqu'à la collection Nouveau Signe de Piste chez l'éditeur EPI. C'est ainsi que des romans des différentes collections sœurs sont aussi édités ou réédités dans les collections Signe de Piste et inversement.
À partir de 1971, toujours éditée par Alsatia, la collection change de nom pour s’appeler Safari Signe de piste, le logo est remanié et la numérotation des romans repasse à un.
En 1978, les éditions EPI changent le nom en Nouveau Signe de piste, le logo est remanié et la numérotation repasse de nouveau à un.
Sous les Editions Universitaires en 1986 et à partir du n°126 la collection redevient Signe de Piste en gardant la numérotation de la collection Nouveau Signe de Piste. La présentation change aussi : le logo disparait de la couverture et Signe de Piste apparait en gros en tête de couverture.
Depuis 1986, la collection conserve le nom Signe de Piste avec différentes présentations[27] et des logos plusieurs fois remaniés.
Collections internationales
modifierLa collection a fait l'objet de tentatives, plus ou moins réussies, de diffusion à l'international (essentiellement à partir de traductions des succès français).
Allemagne
modifierDès 1948, les éditions Alsatia publient la collection en Allemagne sous le nom SpurBücher et à partir de 1959 également par sa succursale Alsatia Freiburg, jusqu'au début des années 1960. Une grande partie des romans de cette collection sont traduits du français, mais comportent aussi des titres inédits en France d'auteurs allemands qui seront ensuite pour certains traduits en français. Les visuels et logos reprennent ceux de la collection française.
La collection réapparait ensuite en 1982 sous le nom Deutscher Spurbuchverlag puis simplement Spurbuchverlag par les éditions Spurbuchverlag à Baunach qui les publient toujours. Les premiers volumes publiés sous le nom Deutscher Spurbuchverlag reprennent un visuel identique à la collection Nouveau Signe de piste en remplaçant Nouveau Signe de piste du logo par Deutscher Spurbuchverlag. Les dix premiers titres de la collection Deutscher Spurbuchverlag sont des succès des collections françaises, tel que la série Prince Éric. Cet éditeur conserve un logo de Signe de piste proche de celui de la collection Nouveau Signe de piste, mais aujourd'hui marqué Spurbuchverlag[28].
Canada
modifierLa collection a été exportée au Canada et brièvement éditée par les Editions Variétés[29]. Elle a été lue par plusieurs auteurs canadiens dont Daniel Sernine[30] et Lucie Bergeron[31] et a inspiré leurs écrits.
Notes et références
modifierNotes
modifier- ↑ Christian Guérin indique : « En résumé, le héros « SDP » est un beau garçon, orphelin ou dans la proximité d'un orphelin ; il est titré, ou c'est un « élu » sans qu'il le sache toujours ; il est scout, dans la mouvance du scoutisme ou d'un groupe de pairs organisé comme des scouts, et, dans tous les cas ou presque, il est traversé par un système représentationnel hérité du scoutisme catholique de l'avant et de l'immédiat après-guerre. L'aventure est son espace de réalisation »
- ↑ Christian Guérin indique : « les illustrations donnent ce couple à voir à travers une large palette de situations qui rythment les développements romanesques : moment de la rencontre, du plaisir partagé de la presque nudité et des sports de plein air, de la confidence, de l'effusion, de la confrontation, de la séparation aussi. ».
Références
modifier- ↑ Cantier 2019, p. 163.
- ↑ Catherine d’Humières, « Les ressorts du romanesque dans la collection « Rubans Noirs » (1957-1970) », Acta fabula, (ISSN 2115-8037, lire en ligne, consulté le )
- 1 2 3 Pascal Ory, « "Signe de piste" - le pays perdu de la chevalerie », La Revue des livres pour enfants, , p. 73-74 (lire en ligne)
- ↑ Pierre Joubert, Souvenirs en vrac, Editions universitaires, , p. 180-181
- ↑ « Les éditions de l'EPI » sur Societe.
- ↑ Benoît Collombat et David Servenay, Histoire secrète du patronat de 1945 à nos jours : Le vrai visage du capitalisme français, La Découverte, (ISBN 9782707178930), p. 428
- 1 2 3 Charline Avrillault, « Signe de Piste » : histoire et analyse d’une collection octogénaire de romans scouts (1937-2020) (Mémoire de Master 2), Enssib, coll. « Mémoires Master "Culture de l'écrit et de l'image" », , 128 p. (présentation en ligne, lire en ligne [PDF])
- ↑ « Reprise des Signe de Piste édités par les éditeurs précédents », sur Editions Delahaye (consulté le )
- ↑ https://signedepiste.fr
- 1 2 3 Daniel Compère, Dictionnaire du roman populaire francophone, Nouveau-monde, (ISBN 9782847362695, présentation en ligne), p. 387
- 1 2 Daniel Compère, Dictionnaire du roman populaire francophone, Nouveau-monde, (ISBN 9782847362695, présentation en ligne), p. 401-402
- ↑ Christian Chelebourg, Les Fictions de jeunesse, Paris, PUF, , 236 p. (ISBN 9782130591849, lire en ligne), p. 22-23
- 1 2 Marie-José Chombart de Lauwe, Vigilance: vieilles traditions extrémistes et droites nouvelles, Editions de l'Atelier, (ISBN 978-2-85139-084-4, lire en ligne), p. 116
- ↑ Philippe Laneyrie, « Les mouvements scouts de France », Revue d'histoire de l'Église de France, vol. 73, no 191, , p. 266 (DOI 10.3406/rhef.1987.3417, lire en ligne, consulté le )
- ↑ Isabelle Jan et Paul Lidsky, « Faux roman scout ? Vrai roman de classe ? », Combat, (lire en ligne)
- ↑ Gabriel Matzneff, « Signe de Piste », Combat, , p. 1 et 7 (lire en ligne)
- ↑ Pascal Ory, « Signe de piste, le pays perdu de la chevalerie », La revue des livres pour enfants, , p. 78-79 (lire en ligne)
- ↑ Guérin 1993, p. 51.
- 1 2 Guérin 1993, p. 53.
- ↑ Guérin 1993, p. 55.
- ↑ Guérin 1993, p. 55-57.
- ↑ Guérin 1993, p. 58.
- ↑ « L'historien de l'art Jean Clair prononce son discours de réception à l'Académie française », Le Monde.fr, (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ « Aspects nouveaux de la littérature pour enfants », Le Monde.fr, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ Michel Bonvalet, « L'ABBAYE DES EFFRAYES - fiche de lecture », sur www.jeuxdepiste.com, (consulté le )
- ↑ Michel Sicard sur auteurs.romans-scouts.com.
- ↑ « Des romans pour les 10-12 ans (et davantage) », Le Monde.fr, (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ (de + en) « Start - Spurbuchverlag », sur www.spurbuch.de (consulté le ).
- ↑ « Le Signe de Piste au Canada - Les Echos de Nampilly », sur nampilly.canalblog.com, (consulté le ).
- ↑ Monique Noël-Gaudreault, « Comment Daniel Sernine a écrit certains de ses livres », Québec français, no 133, , p. 109–110 (lire en ligne [PDF]).
- ↑ Monique Noël-Gaudreault, « Comment Lucie Bergeron a écrit certains de ses livres », Québec français, no 126, , p. 109–110 (lire en ligne [PDF]).
Annexes
modifierBibliographie
modifier- Charline Avrillault, Le roman scout et le succès de la collection « Signe de Piste » (Mémoire du Master 1), Université de Lyon - Université Lumière Lyon 2, (présentation en ligne)
- Charline Avrillault, « Signe de Piste » : histoire et analyse d’une collection octogénaire de romans scouts (1937-2020) (Mémoire de Master 2), Université de Lyon - Université Lumière Lyon 2, (présentation en ligne, lire en ligne)
- Nathalie Boitel, Écrits et chuchotements autour d'une collection pour la jeunesse, Signe de piste, maîtrise, 1991.
- Jacques Cantier, Lire sous l'occupation, Paris, CNRS éditions, , 381 p. (ISBN 9782271093325).
- Laurent Déom, Le Roman scout : Du texte à la réception : Essai de psychosociologie d’un imaginaire littéraire : Dalens, Foncine, Leprince, Valbert, Vauthier (1937-2000), université catholique de Louvain-la-Neuve (thèse de doctorat), 2007.
- Florence Fourquier, Littérature enfantine et idéologie, Safari-Signe de Piste : trente huit ans au service de l'encadrement politique de l'adolescence, mémoire d'IEP, sous la direction de Mlle de Luze, IEP de Bordeaux, 1974.
- Agathe Georges-Picot, Analyse historique de la collection Signe de Piste, maîtrise d'histoire, sous la direction de Philippe Levillain, université de Paris X, 1988.
- Alain Gout, La littérature pour adolescents: analyse de la collection "signe de piste", maîtrise de lettres modernes, université de Paris VIII, 1970.
- Alain Gout, Signe de piste : Étude structurale et socio-thématique d'une collection de romans pour adolescents, université de Paris VIII (thèse de troisième cycle), 1973.
- Christian Guerin, Éclaireurs, scouts de France et Signe de piste : histoire d'un système de représentations (1920-1964), Université Paris 10, 1993, 3 vol. (thèse d'Histoire)
- Christian Guérin, « La collection "signe de piste". Pour une histoire culturelle du scoutisme en France », Vingtième Siècle. Revue d'histoire, vol. 40, , p. 45–61 (DOI 10.3406/xxs.1993.2999, lire en ligne, consulté le )
- Michel Menu, Raiders scouts, presses d'Île de France, 1955.
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- Jacques Scheer, Signe de piste et scouts de France, université de Paris VIII (mémoire de maîtrise en sciences de l'éducation), 1983.