Silex (IA)
Silex est une plateforme suisse d'intelligence artificielle juridique développée par la société Ex Nunc Intelligence. Destinée aux professionnels du droit, elle vise principalement la recherche juridique, la rédaction de documents juridiques, l'analyse de sources et l'exploitation de connaissances juridiques dans le contexte du droit suisse[1].
| Développé par | Ex Nunc Intelligence |
|---|---|
| Première version | 2025 |
| État du projet | Actif |
| Environnement | Application web |
| Type | Intelligence artificielle juridique, legaltech |
| Site web | https://silex.legal |
La solution est présentée comme un outil spécialisé dans le droit suisse, par opposition aux assistants conversationnels généralistes. Des médias suisses ont notamment décrit Silex comme une alternative juridique à ChatGPT pour les questions de droit suisse[2].
Historique
modifierEx Nunc Intelligence est une legaltech basée à Lausanne, en Suisse. Selon Startupticker, l'entreprise a été cofondée par Kyriaki Bongard, Thomas Sèze et Zoé Berry, et est installée à l'EPFL Innovation Park[3].
Le projet est associé à plusieurs distinctions et programmes suisses d'innovation. Startupticker mentionne notamment le Prix PERL, Venture Kick 1 & 2, FIT Digital Seed & Grant et EPFL Booster parmi les soutiens ou reconnaissances obtenus par l'entreprise[3].
En septembre 2025, Startupticker rapporte le lancement de Silex auprès de professionnels du droit, avec plusieurs centaines de cabinets d'avocats et de juristes parmi ses utilisateurs réguliers[3]. En janvier 2026, ICTjournal indique qu'Ex Nunc Intelligence a annoncé une levée de fonds pré-amorçage de 2,15 millions de dollars, menée par Spicehaus, afin d'accélérer le développement de Silex et d'ouvrir un bureau à Zurich, au sein de l'AI Startup Center du Technopark[4].
Fonctionnalités
modifierSilex est conçu pour permettre aux utilisateurs de formuler des questions juridiques en langage naturel. Selon Legaltech Hub, la plateforme analyse le contexte de la demande et fournit une réponse documentée avec des citations vers des sources juridiques suisses pertinentes[1].
La plateforme couvre notamment des sources de droit fédéral et cantonal, de la jurisprudence, de la doctrine et des matériaux réglementaires. Legaltech Hub indique que Silex indexe plus de 800 000 sources juridiques suisses et internationales, avec des mises à jour quotidiennes, et permet l'utilisation de filtres par canton, domaine juridique, format de document ou type de source[1].
Silex propose également des fonctions d'organisation des recherches par dossiers ou sessions, afin de permettre aux utilisateurs de structurer leurs travaux par client, affaire ou thème[1]. La plateforme prend aussi en charge l'intégration de documents internes dans des silos de données isolés, de manière à permettre une recherche assistée par IA sur des documents publics et privés sans mélange des données[1].
Positionnement
modifierLe positionnement de Silex s'inscrit dans le développement des outils d'intelligence artificielle appliqués au droit. Contrairement à des modèles généralistes, l'outil est présenté comme spécialisé dans les sources juridiques suisses et dans les besoins de la pratique juridique locale[2].
Selon 20 minutes, l'un des objectifs de Silex est de réduire les erreurs et les réponses inventées que peuvent produire des modèles généralistes lorsqu'ils sont utilisés sur des questions de droit suisse[2]. Legaltech Hub décrit également la plateforme comme fondée sur des réponses liées à des sources explicites et sur des techniques destinées à réduire les hallucinations dans un contexte de recherche juridique[1].
Dans un article consacré aux outils d'IA pour juristes, Outilia présente Silex comme une solution suisse destinée aux juristes, avocats et notaires, permettant de poser des questions en langage naturel et d'obtenir des réponses structurées, sourcées et contextualisées[5].
Données, sécurité et confidentialité
modifierLa confidentialité des données est un élément important du positionnement de Silex. Selon 20 minutes, les fondatrices d'Ex Nunc indiquent que Silex ne stocke ni n'analyse les données de ses utilisateurs et que les échanges sont chiffrés[2].
Legaltech Hub mentionne pour sa part l'intégration de documents privés dans des silos de données sécurisés et isolés, afin d'éviter le mélange entre données internes et sources publiques[1]. Ces éléments s'inscrivent dans les exigences propres à la pratique juridique, notamment en matière de secret professionnel et de traitement des données de mandat.
Développement et financement
modifierEn janvier 2026, Ex Nunc Intelligence a annoncé une levée de fonds de 2,15 millions de dollars. Selon ICTjournal, ce financement doit soutenir le développement de la plateforme Silex, notamment le déploiement d'agents d'intelligence artificielle spécialisés par domaine juridique et l'intégration d'un module d'édition doctrinale numérique natif[4].
La même source indique que l'entreprise a annoncé l'ouverture d'un bureau à Zurich, avec l'objectif de renforcer ses liens avec l'écosystème juridique suisse et les milieux académiques[4].
Utilisateurs et marché
modifierSilex s'adresse principalement aux professionnels du droit, notamment aux cabinets d'avocats, juristes d'entreprise, notaires, assurances de protection juridique, services juridiques d'institutions financières et étudiants en droit[3]. Legaltech Hub cite comme publics cibles les cabinets d'avocats de différentes tailles ainsi que les directions juridiques d'entreprise[1].
L'entreprise opère dans un marché suisse où plusieurs solutions d'intelligence artificielle juridique se développent, avec des usages couvrant la recherche, l'analyse documentaire, la rédaction, la gestion de connaissances et l'automatisation de tâches juridiques. Outilia classe Silex parmi les outils suisses d'IA pour juristes, aux côtés d'autres solutions spécialisées[5].
Réception
modifierLa couverture médiatique de Silex s'est principalement concentrée sur son lancement, son positionnement face aux assistants généralistes et son financement. 20 minutes présente l'outil comme une tentative de répondre aux limites de ChatGPT dans le contexte du droit suisse[2]. Startupticker rapporte des retours d'utilisateurs lors de démonstrations clients et décrit Silex comme un produit destiné à accélérer les recherches juridiques[3]. ICTjournal met davantage l'accent sur le financement, l'ouverture du bureau zurichois et les développements prévus[4].
Notes et références
modifier- 1 2 3 4 5 6 7 8 (en) « Silex », sur Legaltech Hub (consulté le ).
- 1 2 3 4 5 « IA juridique: Silex défie ChatGPT sur le droit suisse », sur 20 minutes, (consulté le ).
- 1 2 3 4 5 « Un lancement réussi qui donne des ailes à Ex Nunc », sur Startupticker, (consulté le ).
- 1 2 3 4 Yannick Chavanne, « 2,15 millions pour l’IA juridique romande Silex », sur ICTjournal, (consulté le ).
- 1 2 « 3 Outils IA pour les juristes », sur Outilia (consulté le ).
Voir aussi
modifierArticles connexes
modifierLiens externes
modifier- (de) Site officiel
- (en) « Silex Legal AI », sur Wikidata (consulté le )
- (en) « Silex », sur Legaltech Hub (consulté le )