Simca-Chrysler 160 / 180 / 2 litres / 1610

automobile

En , lors du salon de l'Automobile de Paris, Simca présente les Chrysler 160, 160 GT, et 180[1]. Le nom Chrysler sème le trouble auprès de certains clients qui se demandent s'il s'agit bien d'une Simca ou d'une américaine aux dimensions européennes.

Simca-Chrysler 160
Simca-Chrysler 180
Simca-Chrysler 2 litres
Simca-Chrysler 1610
Simca-Chrysler 160 / 180 / 2 litres / 1610
Chrysler 180

Marque Chrysler Corporation
Années de production 1970-1980
Production Environ 275 000 exemplaire(s)
Classe Routière
Moteur et transmission
Énergie Essence
Moteur(s) 4 cylindres en ligne avec arbre à cames en tête
Transmission Propulsion pont AR rigide
Boîte de vitesses Manuelle et auto
Masse et performances
Masse à vide 1 065 à 1 119 kg
Châssis - Carrosserie
Carrosserie(s) berline 4 portes
Dimensions
Longueur 4 530 mm
Largeur 1 730 mm
Hauteur 1 440 mm
Chronologie des modèles

La genèse de ce modèle est compliquée : Chrysler est entré dans le capital du groupe anglais Rootes (Hillman, Humber, Singer, Sunbeam, Talbot, Commer et Karrier) et contrôle, en France, Simca. Les bureaux d'études de ces deux sociétés conçoivent au même moment un nouveau modèle de routière, motorisé par un 1600 et un 1 800 cm3 voire par un six-cylindres.

Pour la marque française, un projet baptisé 929 est présenté comprenant trois prototypes respectivement dessinés par Simca (XA), Bertone (XB) et Chrysler (XC). Le projet est annulé par la direction de Chrysler qui choisit la proposition anglaise de Rootes, la C-Car dont les lignes s'inspirent de l'Hillman Avenger (en) influencé par le style américain « coke-bottle ». Le moteur six-cylindres Humber (malgré les 31 millions de Livres déjà investis) est toutefois écarté au profit des blocs quatre cylindres de Simca. Cette nouvelle mécanique à arbre à cames en tête est entièrement conçue par les bureaux d'études de Poissy et constitue le premier moteur de ce type fabriqué par Simca ; en revanche, faute de temps, la voiture conserve un essieu arrière rigide, seule concession à un cahier des charges par ailleurs marqué par les quatre roues indépendantes, alors indispensable pour lutter à armes égales avec Citroën, Renault et Peugeot[1].

Versions

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  • La 160 est le modèle de base[2],[3]. Dès ce niveau, Simca introduit, par rapport aux Simca 1301 / 1501, un progrès technique sur les motorisations : course super carrée (alésage supérieur à la course), arbre à cames en tête entraîné par chaîne. Cette mécanique est conçue pour subir de futures augmentations de cylindrée. Dotée d'un moteur 1 639 cm3 de 80 ch (9 CV - 155 km/h)[4],[1], la 160 cible particulièrement les propriétaires de Simca 1301/1501 désireux de changer leurs autos pour un modèle de gamme supérieure. L'équipement est bien sûr mesuré, même les butoirs de pare-chocs sont absents laissant seules les simples lames d'acier chromé (ils apparaîtront un peu plus tard). Les freins sont à disques à l'avant et à tambours à l'arrière[4],[5]. Le moteur est alimenté par un carburateur double corps Weber type 34 ICR 8, le réservoir a une contenance de 66 litres et la voiture repose sur des pneumatiques 165 SR13[1].
  • La 180 bénéficie d'un traitement nettement plus flatteur. Le moteur, porté à 1 812 cm3, voit sa puissance passer à 97 ch (10 CV) avec une vitesse de pointe de 170 km/h[6],[1]. L'équipement proposé est plus riche : starter automatique, compte-tours, ornements intérieurs en faux bois, dégivrage de la lunette arrière, feux de recul, et quatre freins à disques[7].
  • La 160 GT est dotée du moteur de la 180 et de l'équipement de la 160. La montre est alors remplacée par un compte-tours[5].

Au catalogue de l'automne 1970, la 160 est proposée à 12 900 F ; la 160 GT et la 180, qui partagent les mêmes caractéristiques mécaniques (moteur 1 812 cm3, alésage/course 87,7 × 75 mm), sont vendues respectivement 13 900 F et 14 900 F[1]. Sur cette première période (fin 1970 à fin 1971), 18 395 exemplaires sont produits entre l'automne et la fin de l'année 1970, puis 63 259 exemplaires au cours des douze mois de l'année 1971[1].

Évolutions

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Pour l'année-modèle 1972, la gamme n'évolue pas, si ce n'est l'apparition en option d'un pavillon gainé de vinyle à gros grain ; la production retombe alors à 41 339 exemplaires, soit un recul de 35 % par rapport à 1971[8].

En 1973, la 160 GT disparaît du catalogue tandis que la 160 peut recevoir en option les enjoliveurs de roues de la 180 ainsi que le toit vinyle ; la 180 voit sa puissance passer de 97 à 100 ch DIN et reçoit de nouveaux enjoliveurs autour des passages de roues ainsi qu'un nouveau pommeau de levier de vitesses façon bois[8],[9]. C'est également au début de 1973 qu'apparaît, en parallèle, un premier réalésage du moteur à 1 981 cm3[10]. La puissance grimpe alors à 110 ch (11 CV). La particularité de cette mécanique est qu'elle est destinée à n'être accouplée qu'à[11] une transmission automatique Chrysler à 3 rapports et donne donc naissance à la Chrysler 2 litres automatique[12],[9]. Il s'agit alors, pour la première fois, d'une voiture française de grande série proposée exclusivement avec une boîte automatique montée d'origine ; le moteur de 1 981 cm3 (alésage/course 91,7 × 75 mm) développe 110 ch DIN à 5600 tr/min pour un taux de compression de 9,45, alimenté par un carburateur double corps Weber type 38 ADS[9]. La vitesse de pointe n'évolue pas par rapport à la 180 à cause du glissement du convertisseur de couple. La boîte automatique offre un grand confort de conduite[13] et une excellente fiabilité (elle a déjà été produite à plusieurs millions d'exemplaires pour équiper des moteurs beaucoup plus puissants que le 2 litres). L'équipement est en hausse : phares longue portée ; pavillon recouvert de vinyle et nouvelles jantes de 14 pouces équipées de nouveaux enjoliveurs. Sur cette évolution, les trois modèles (160, 180, 2 Litres automatique) partagent désormais la même longueur de 453 cm, freinent des quatre roues à disques, chaussent du 175 HR 14 et pèsent environ 1 130 kg pour 170 km/h en pointe[9].

Pour le millésime 1974, la gamme n'évolue pas techniquement et reste organisée en trois versions : la « 160 » (9 CV) à 16 550 F, la « 180 » (10 CV) à 17 750 F et la « 2 Litres Automatique » (11 CV) à 19 750 F ; la production de l'année s'établit à 4 514 exemplaires de « 160 », 8 471 exemplaires de « 180 » et 9 561 exemplaires de « 2 Litres Automatique »[9].

En 1975, la seule modification notable de la gamme est le montage d'un carburateur double corps sur la 160, qui passe ainsi à 90 ch DIN ; la production de l'année atteint 2 240 exemplaires de « 160 », 9 126 exemplaires de « 180 » et 12 390 exemplaires de « 2 Litres »[14].

En 1977, la 160 est supprimée du catalogue et la 180 devient la 1610 ; les modèles de cette année se reconnaissent à leurs nouveaux clignotants avant, désormais placés sur les ailes près des pare-chocs, tout en conservant un monogramme « Simca » sur le coffre arrière[15]. La « 1610 », toujours animée par le 1 812 cm3 de 100 ch DIN et une boîte mécanique, est proposée à 29 280 F tandis que la « 2 Litres », avec son 1 981 cm3 de 110 ch DIN couplé à la boîte automatique, est vendue 31 960 F ; la production de cette gamme s'établit en 1977 à 7 264 exemplaires de « 1610 » et 12 931 exemplaires de « 2 Litres »[15]. Pour l'année-modèle 1978, ces modèles ne connaissent aucun changement, malgré un excellent moteur à arbre à cames en tête qui ne parvient plus à séduire une clientèle en baisse : la production 1978 tombe à 3 013 exemplaires de « 1610 » et 8 706 exemplaires de « 2 Litres »[16].

Une version Diesel est développée en Espagne par Barreiros[17] pour répondre habilement à la fiscalité hispanique[11]. Ce modèle ne franchira jamais la frontière.

Il faut attendre le millésime 1979 pour que Simca associe le moteur 2 litres à une boîte manuelle sur le modèle 1610. La vitesse passe ainsi à 175 km/h. La stratégie de «l'automatisme ou rien» pour le moteur 2 litres pendant plus de 5 ans a vraisemblablement joué en défaveur de la Chrysler sur le marché hexagonal chroniquement allergique à ce type de transmission. Alors que la concurrence propose des équipements de plus en plus fournis (direction assistée, vitres électriques, verrouillage centralisé, voire climatisation), la Chrysler conserve quatre vitres manuelles et sa direction dépourvue d'assistance.

En 1979, la gamme se simplifie fortement : la « 1610 » abandonne son moteur de 1 812 cm3 de 100 ch DIN au profit du 1 981 cm3 de 110 ch DIN jusque-là réservé à la « 2 Litres Automatique », les deux modèles ne se distinguant plus dès lors que par leur boîte de vitesses, restée mécanique sur la « 1610 » ; celle-ci est proposée à 36 100 F, contre 39 000 F pour la « 2 Litres Automatique »[18]. L'écusson Chrysler de ces modèles est désormais placé sur le capot et de nouvelles jantes sont montées en série, une option de jantes spéciales étant également proposée ; la production cumulée des « 1610 » et « 2 Litres » atteint 6 003 exemplaires en 1979[18].

La Chrysler tire sa révérence en , 275 000 exemplaires étant produits en dix ans. Ce volume correspond à la production d'un an de Renault 5. Les stocks continuent à être vendus jusqu'en 1981, alors que sa remplaçante, la Tagora, trône déjà en bonne place dans les halls d'exposition des concessionnaires Talbot.

C'est le que le conseil d'administration de Simca décide d'adopter la marque Talbot pour les modèles produits à Poissy, ce qui met un terme officiel à l'histoire de la marque à la veille du millésime 1980[18]. Les capots des 1100, Horizon et « 2 Litres » échangent alors leur écusson « Simca » contre celui de Talbot, comme ceux des 1307/1308 remplacés par les 1510 LS, GL et GLS, ainsi que par la 1510 SX présentée au printemps 1980[18]. En dernier hommage à la marque disparue, ces voitures conservent toutefois un écusson « Simca » sur leur coffre arrière, une mention qui ne durera pas ; à partir de l'été 1980, le nouvel écusson rond Talbot s'installe définitivement sur les calandres de tous les modèles de Poissy[18].

Le moteur, réalésé à 2,2 litres, poursuit sa carrière dans les Talbot Tagora, Talbot-Matra Murena, Peugeot 505 Turbo et Citroën BX 4TC[19].

Résultats sportifs

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Bibliographie

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  • François Metz, Les Chrysler 160, 180, 2 Litres et 1610 de mon père, ETAI, 2014.
  • Chrysler France, Manuel de réparation, Paris, Chrysler SA, 1974, 1.0221174 éd.
  • Revue technique automobile, Chrysler "161-"180"-2 litres".
  • René Bellu, Toutes les Simca : les dossiers complets de René Bellu, Le Conquet, René Bellu, coll. « Toutes les… », , 30 p. (lire en ligne)

Notes et références

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  1. 1 2 3 4 5 6 7 René Bellu, Toutes les Simca : les dossiers complets de René Bellu, Le Conquet, René Bellu, coll. « Les dossiers complets de l'automobile ancienne », (lire en ligne), p. 21
  2. ↑ J. BARATAUD et B. LOUVIGNE, « Manuel Pratique de Technique Automobile », L'Expert Automobile N° 67,‎ années 70 (lire en ligne Accès libre [txt])
  3. ↑ « CHRYSLER NE VEUT PAS ETRE EN RESTE ET PRODUIT SES NOUVELLES 160 - 160 GT ET 180 », Magazine Virage numéro 10,‎ (lire en ligne [txt])
  4. 1 2 « Simca-Chrysler 160, 180 et 2 Litres : les limites de la rationalisation » Accès libre, sur newsdanciennes.com, (consulté le )
  5. 1 2 Revue technique automobile, Chrysler "160"-"180"-"2 litres", Paris, Édition Techniques pour l'Automobile et l'Industrie, 3e tri 1976, 107 p.
  6. ↑ Daniel Bessmann, « Chrysler 180 », Magazine,‎ années 70
  7. ↑ Chrysler France, Manuel de réparation, Paris, Chrysler SA, , 1.022.1174 éd.
  8. 1 2 René Bellu, Toutes les Simca : les dossiers complets de René Bellu, Le Conquet, René Bellu, coll. « Les dossiers complets de l'automobile ancienne », (lire en ligne), p. 22
  9. 1 2 3 4 5 René Bellu, Toutes les Simca : les dossiers complets de René Bellu, Le Conquet, René Bellu, coll. « Les dossiers complets de l'automobile ancienne », (lire en ligne), p. 23
  10. ↑ PIERRE PLESSIS, « ELLE CHANGE DE VITESSE TOUTE SEULE... », Touring Club de France,‎ (lire en ligne Accès libre [txt])
  11. 1 2 « Chrysler 180 » Accès libre [texte], sur pentastar.free.fr (consulté le )
  12. ↑ Pierre Capart, « Essai Chrysler 2 litres automatique », SPORTMOTEUR numéro 327,‎ (lire en ligne Accès libre [txt])
  13. ↑ « SPECIAL SALON 90 ESSAIS », L'ACTION AUTOMOBILE ET TOURISTIQUE,‎ , p. 100 (lire en ligne Accès libre [txt])
  14. ↑ René Bellu, Toutes les Simca : les dossiers complets de René Bellu, Le Conquet, René Bellu, coll. « Les dossiers complets de l'automobile ancienne », (lire en ligne), p. 24
  15. 1 2 René Bellu, Toutes les Simca : les dossiers complets de René Bellu, Le Conquet, René Bellu, coll. « Les dossiers complets de l'automobile ancienne », (lire en ligne), p. 25
  16. ↑ René Bellu, Toutes les Simca : les dossiers complets de René Bellu, Le Conquet, René Bellu, coll. « Les dossiers complets de l'automobile ancienne », (lire en ligne), p. 26
  17. ↑ Arturos Andres, « Chrysler Diesel », Autopista n°1008,‎ (lire en ligne Accès libre [txt])
  18. 1 2 3 4 5 René Bellu, Toutes les Simca : les dossiers complets de René Bellu, Le Conquet, René Bellu, coll. « Les dossiers complets de l'automobile ancienne », (lire en ligne), p. 27
  19. ↑ « Le 4 cylindres Chrysler : de Chrysler Europe à Peugeot ou l'épopée d'un moteur » Accès libre, sur absolutelycars.fr,