Simeon Bavier

ingénieur suisse, pionnier du chemin de fer, homme politique et diplomate

Simeon Bavier, né le à Coire (originaire du même lieu) et mort le à Bâle, est une personnalité politique suisse, membre du Parti radical-démocratique.

Simeon Bavier
Illustration.
Portrait réalisé vers 1890 à Rome par le photographe Henri Le Lieure.
Fonctions
Conseiller fédéral

(deux mandats)
Président lui-même en 1882
Département politique
Département Postes et chemins de fer (1880-81)
Finances et douanes (1879)
Prédécesseur Joachim Heer
Successeur Adolf Deucher
Conseiller national
Législature 6e à 11e
Député au Grand Conseil grison
Ministre de la Suisse à Rome
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Coire
Date de décès (à 70 ans)
Lieu de décès Bâle
Nationalité suisse
Parti politique Parti radical-démocratique
Père Johann Baptista Bavier (de)
Profession ingénieur en génie civil

Il est conseiller fédéral de 1879 à 1883, d'abord à la tête du Département des finances et des douanes puis de celui des postes et des chemins de fer de 1880 à 1881. Il préside le collège gouvernemental en 1882 et dirige à ce titre le Département politique.

Biographie

modifier

Origines et famille

modifier

Simeon Bavier naît le à Coire, dans le canton des Grisons, en Suisse[1]. Il est originaire du même lieu[1]. Son père est le conseiller national et banquier Johann Baptista Bavier (de) ; sa mère, née Katharina Roffler, est la fille du landamman de la Ligue des Dix-Juridictions[1].

Il épouse Barbara von Salis-Seewis, fille du vice-landamman de la Ligue des Dix-Juridictions[1].

Études et parcours professionnel

modifier

Après des études en génie civil aux écoles polytechniques de Karlsruhe et Stuttgart de 1841 à 1844, Simeon Bavier collabore à la construction de routes alpestres dans le canton des Grisons[1]. À partir de 1853, il se consacre surtout au chemin de fer, en Suisse et à l'étranger[1]. Il plaide, plusieurs décennies durant, en faveur de la ligne des Alpes orientales, ce qui s'explique par sa profession et par son appartenance à une grande famille de négociants grisons[1]. Après l'abandon du projet de ligne ferroviaire en Suisse orientale, il soutient cependant loyalement celle du Gothard[1].

Parcours politique

modifier

Simeon Bavier entame sa carrière politique en 1853-1854 comme landamman et député du cercle de Jenaz au Grand Conseil du canton des Grisons[1].

Il est conseiller national radical de 1863 à 1878[1]. Commissaire fédéral lors des troubles du Tessin en 1876-1877, il mène avec succès une médiation, ce qui accroît le crédit dont il bénéficiait déjà du fait de son expertise en matière ferroviaire[1]. À l'Assemblée fédérale, il se range parmi les modérés[1]. Il reste sceptique à l'égard de la révision de 1874 de la Constitution[1]. En 1878, il faillit à sa réputation d'inconditionnel de la ligne orientale en appuyant la subvention de la ligne du Gothard[1].

Le [2], Simeon Bavier est élu conseiller fédéral à une forte majorité, réunissant les forces du centre libéral et de la gauche[1]. En 1879, il dirige le Département des finances et des douanes, en 1880-1881, celui des postes et des chemins de fer, où il s'efforce de clarifier les tarifs et de renforcer la surveillance fédérale des vingt-quatre administrations ferroviaires[1]. Élu président de la Confédération pour l'année 1882, il dirige à ce titre le Département politique et inaugure en mai la ligne du Gothard[1].

Après sa démission pour raison de santé en janvier 1883, Simeon Bavier est ministre (chef de la légation) de Suisse à Rome jusqu'en 1895[1]. Ses racines familiales et sa formation font de lui un expert de la politique des transports, sa connaissance du monde et des langues, un négociateur et un diplomate. Son influence est celle d'un spécialiste plutôt que d'un homme de parti[1]. Preuve de sa clairvoyance, il reconnaît que l'essor du transit alpin profite bien plus aux centres lointains qu'aux régions de montagne[1].

Simeon Bavier meurt le à Bâle[1], où il était en visite[2], à l'âge de 70 ans.

Notes et références

modifier
  1. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 Jürg Simonett (trad. Pierre-G. Martin), « Simeon Bavier » dans le Dictionnaire historique de la Suisse en ligne, version du
  2. 1 2 (de) « Nekrologie », Schweizerische Bauzeitung, , p. 33 (lire en ligne)

Liens externes

modifier