Simon-Edme Monnel
Simon-Edme Monnel, né le à Bricon (généralité de Châlons, actuel département de la Haute-Marne), mort le à Constance (grand-duché de Bade, actuelle Allemagne), est un prêtre catholique et un homme politique de la Révolution française.
Entre 1789 et 1795, il est député de la Haute-Marne à l'Assemblée nationale constituante puis à la Convention nationale, où il vote la mort de Louis XVI.
Biographie
modifierMandat à la Constituante
modifierEn 1789, Simon-Edme Monnel, alors curé de Valdelancourt, est élu représentant du clergé pour le bailliage de Chaumont-en-Bassigny aux États généraux[1].
Il siège à gauche dans l'Assemblée nationale constituante. Le 4 , il vote en faveur du rattachement du Comtat Venaissin à la France[2]. Le 12 mai, il vote en faveur de l'égalité entre les hommes blancs et les hommes libres de couleur dans les colonies[3].
Mandat à la Convention
modifierLa monarchie constitutionnelle, mise en application par la constitution du 3 septembre 1791, prend fin à l'issue de la journée du 10 août 1792 : les bataillons de fédérés bretons et marseillais et les insurgés des faubourgs de Paris prennent le palais des Tuileries. Louis XVI est suspendu et incarcéré, avec sa famille, à la tour du Temple.
En septembre 1792, Simon-Edme Monnel est élu député du département de la Haute-Marne, le deuxième sur sept, à la Convention nationale[4].
Il siège sur les bancs de la Montagne. Lors du procès de Louis XVI, il vote la mort, et rejette l'appel au peuple et le sursis à l'exécution de la peine[5],[6] :
Je déclare, au nom du peuple français, que Louis a encouru la mort.
Le 13 avril 1793, il vote contre la mise en accusation de Jean-Paul Marat[7] :
Jusqu'à ce que Marat ait été entendu, jusqu'à ce que les pièces de conviction qu'on lui oppose lui aient été représentées, jusqu'à ce que le rapport du comité qui l'inculpe ait été discuté, je dis non.
Le 28 mai, il vote contre le rétablissement de la Commission des Douze[8]. Le 29 brumaire an II (le 19 novembre 1793), au nom du Comité des décrets, il dénonce la conduite de Marc-Antoine Bernard (député des Bouches-du-Rhône), remplaçant de Charles Barbaroux, décrété d'accusation[9] :
La Convention ne saurait scruter trop sévèrement la conduite de ceux qui sont appelés à remplacer des députés traîtres à la patrie, si elle ne veut pas voir au milieu d'elle la faction anéantie renaître de ses cendres.
Le 16 ventôse (le 6 mars 1794), il est élu secrétaire aux côtés de François Bézard (député de l'Oise) et de Jean-Lambert Tallien (député de Seine-et-Oise) sous la présidence de Philippe Rhül (député du Bas-Rhin)[10].
Du Directoire à l'exil
modifierSous le Directoire, Simon-Edme Monnel n'est pas réélu député au Corps législatif.
Le 21 floréal an IV (le 10 mai 1796), Simon-Edme Monnel et cinq autres anciens conventionnels sont admis à siéger au Conseil des Cinq-Cents pour le compléter, mais le décret n'est pas validé par le Conseil des Anciens[11].
Il retourne alors dans sa région natale, et devient au moment du Concordat de 1801 le curé de Villiers-le-Sec.
Durant les Cent-Jours, Simon-Edme Monnel signe l'Acte additionnel aux Constitutions de l'Empire. Lors de la Seconde Restauration, il est frappé par la loi du 12 janvier 1816 qui bannit hors de France les anciens conventionnels régicides qui ont soutenu le retour de Napoléon Bonaparte.
Simon-Edme Monnel s'exile à Constance dans le grand-duché de Bade. Il survit grâce à une pension que lui adresse sa famille. En 1819, ses anciens paroissiens envoient au roi Louis XVIII une pétition demandant son retour, mais ils ne sont pas entendus.
Il meurt trois ans plus tard, après s'être repenti de son régicide[réf. nécessaire].
Publications
modifierNotes et références
modifier- ↑ « Liste des noms et qualités de messieurs les députés et suppléants à l'Assemblée nationale », Archives Parlementaires de la Révolution Française, vol. 8, no 1, , p. 5–34 (lire en ligne, consulté le )
- ↑ « Liste des membres avant répondu à l’appel nominal dans l'affaire d'Avignon, en annexe de la séance du 4 mai 1791 », Archives Parlementaires de la Révolution Française, vol. 25, no 1, , p. 577–584 (lire en ligne, consulté le )
- ↑ « Liste des députés qui ont voté oui dans l’affaire des colonies, en annexe de la séance du 12 mai 1791 », Archives Parlementaires de la Révolution Française, vol. 26, no 1, , p. 25–26 (lire en ligne, consulté le )
- ↑ Louis Claveau, André Jean Ducom, Lodoïs Lataste et Constant Pionnier, « Archives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 52, Liste des députés par départements »
, sur gallica.bnf.fr, (consulté le ) - ↑ Louis Claveau, André Jean Ducom, Lodoïs Lataste et Constant Pionnier, « Archives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 57, séance du 16 et du 17 janvier 1793 »
, sur gallica.bnf.fr, (consulté le ) - ↑ Jacques-François Froullé et Thomas Levigneur, « Liste comparative des cinq appels nominaux. Faits dans les séances des 15, 16, 17, 18 et 19 janvier 1793, sur le procès et le jugement de Louis XVI [...] »
, sur gallica.bnf.fr, (consulté le ) - ↑ Louis Claveau, André Jean Ducom, Lodoïs Lataste et Constant Pionnier, « Archives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 62, séance du 13 avril 1793 »
, sur gallica.bnf.fr, (consulté le ) - ↑ Louis Claveau, André Jean Ducom, Lodoïs Lataste et Constant Pionnier, « Archives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 65, séance du 28 mai 1793 »
, sur gallica.bnf.fr, (consulté le ) - ↑ Gaston Barbier, Louis Claveau, Lodoïs Lataste et Constant Pionnier, « Archives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 79, séance du 29 brumaire an II (19 novembre 1793) »
, sur persee.fr, (consulté le ) - ↑ Marc Bouloiseau, Georges Lefebvre et Marcel Reinhard, « Archives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 86, séance du soir du 16 ventôse an II (6 mars 1794) »
, sur persee.fr, (consulté le ) - ↑ Gazette nationale ou le Moniteur universel n°237, « Conseil des Cinq-Cents, séance du 21 floréal (10 mai) »
, sur gallica.bnf.fr, 27 floréal an 4 (16 mai 1796) (consulté le )
Source
modifier- « Simon-Edme Monnel », dans Adolphe Robert et Gaston Cougny, Dictionnaire des parlementaires français, Edgar Bourloton, 1889-1891 [détail de l’édition]
Liens externes
modifier- Ressources relatives à la recherche :
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