Simone Benmussa
Simone Benmussa, née le à Tunis et morte le à Paris[1], est une metteuse en scène, dramaturge, scénographe et écrivaine française.
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(à 69 ans) 14e arrondissement de Paris |
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Cahiers Renaud Barrault (d) |
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Biographie
modifierNée à Tunis, dans une famille de religion juive, Simone Benmussa a fait ses études à Paris : Sciences Po et philosophie à la Sorbonne.
Elle devient conseillère littéraire de la Compagnie de Jean-Louis Barrault et Madeleine Renaud[2]. À partir de 1957, elle devient la rédactrice en chef des Cahiers Renaud-Barrault ; tout en dirigeant, depuis l'Odéon-Théâtre de France, le service culturel et les Cahiers de la compagnie Renaud-Barrault, elle met en scène des spectacles à partir de 1976, le premier étant Portrait de Dora d'Hélène Cixous d'après Sigmund Freud[3].
Elle a participé à de nombreux festivals et colloques, dont le Festival du théâtre d'Amérique Latine (Cuba, 1966), où elle était membre du jury ; le Colloque de Venise (Festival de ) ; le Festival universitaire de Parme () ; le Colloque de Strasbourg, où sa communication portait sur L'Insolite au théâtre (Faculté de Strasbourg, 1972) ; le Colloque de Florence sur La Folie et le Théâtre de recherche (université de Florence, 1973) ; le Festival du jeune théâtre italien, en 1974 ; la Conférence à Budapest pour l'Institut Français (mission du ministère des Affaires étrangères) ; le Colloque de l'université de Madison (Wisconsin, États-Unis) sur les Théâtres d'avant-garde (mission du ministère des Affaires étrangères) ; le Colloque de Salerne (Italie).
Simone Benmussa a partagé sa vie pendant de nombreuses années avec son amie Erika Kralik et meurt à l'âge de 69 ans à Paris. Elle est enterrée dans la même ville, au cimetière du Montparnasse (division 27, grand cimetière).
Carrière
modifierThéâtre : mises en scène
modifier- 1976 : Portrait de Dora d'Hélène Cixous, qui s'inspire du cas Dora traité par Freud, avec Nathalie Nell (rôle-titre), Michelle Marquais et la participation de la chorégraphe et danseuse Carolyn Carlson, extraits filmés par Néstor Almendros et Marguerite Duras, Théâtre d'Orsay, Paris[4] ; puis tournée en France, en Suisse et à Vienne (Autriche). Création à Londres (1979) avec Caroline Langrishe et Sheila Gish.
- 1977 : La Plage, adaptation et mise en scène d'après La Playa de Severo Sarduy, avec Jany Holt, Stéphane Fey, Gérard Falconetti, Théâtre d'Orsay, Paris.
- 1977 - 1978 : La Vie singulière d'Albert Nobbs d'après George Moore, avec Juliet Berto. La pièce sera reprise à Londres avec Susannah York, à Rome avec Maddalena Crippa, en Irlande, avec Jane Brennan (en), à New York, avec Glenn Close qui remportera un Obie Award puis, de nouveau à Paris en 1988, avec Aurore Clément, qui remportera le prix de la Révélation Théâtrale décerné par le Syndicat de la Critique Dramatique, et en 1988-1989 avec Elizabeth Bourgine[5].
- 1979 : Apparences d'après la nouvelle La Vie privée ((The Private Life) d'Henry James, traduction et mise en scène, avec Susannah York (Blanche Adney), Sabine Haudepin (lady Mellifont), Sami Frey (lord Mellifont) et Roland Bertin (Henry James), compagnie Renaud-Barrault au Théâtre d'Orsay, Paris[6]. La pièce est reprise en 1980 à Londres en anglais avec Susannah York.
- 1981
- La Mort d'Ivan Illitch, adaptation du roman homonyme de Tolstoï, avec Andréa Ferréol et Jacques Spiesser, Théâtre du Rond-Point, Paris[7].
- Virginia d'Edna O'Brien d'après les textes et lettres de Virginia Woolf, traduction de Guy Dumur, avec Catherine Sellers.
- 1982 : Camera Oscura, adaptation d'après Gertrude Stein et Alice B. Toklas, avec la chorégraphe et danseuse Lucinda Childs, Théâtre du Rond-Point, Paris[8].
- 1982-1984 : Freshwater de Virginia Woolf. L'originalité de cette création qui ne connut que deux représentations à Paris, au Centre National Georges Pompidou - - et le au Théâtre du Rond-Point (les bénéfices de cette représentation iront à Amnesty International), vient du fait qu'elle n'est interprétée que par des écrivains dont Eugène Ionesco, Nathalie Sarraute, Guy Dumur, Jean-Paul Aron, Viviane Forrester, Alain Robbe-Grillet, Florence Delay, Joyce Mansour ou, encore Michel Deguy(et Erika Kralik). Cette pièce a fait l'objet d'une tournée à Londres (), au Festival dei due mondi à Spolète en Italie () et à New York ()[9].
- 1984 : Enfance de Nathalie Sarraute, avec Martine Pascal, Stéphane Fey, Ines Des Longchamps et Erika Kralik et la voix enregistrée de Nathalie Sarraute[10]. La pièce sera mise en scène par Simone Benmussa à New York l'année suivante sous le titre Childhood, avec Glenn Close.
- 1984-1985 : Human Voice, adaptation en anglais de La Voix humaine de Jean Cocteau, avec Susannah York, à Londres, New York, Bucarest, Budapest, Athènes, et au Festival d'Édimbourg.
- 1985
- Retour à Florence d'après Henry James, dans une adaptation de Jean Pavans, avec Arielle Dombasle, Pierre Vaneck, Maxence Mailfort, Théâtre du Rond-Point, Paris.
- 1985 - 2000 : Pour un oui ou pour un non) de Nathalie Sarraute est créé en anglais sous le titre For no Good Reason au Manhattan Theatre Club, New York avec un immense succès ; la pièce est jouée notamment à Barcelone avec José-Maria Flotats et Juanjo Puigcorbé
- en 1986, Pour un oui ou pour un non est joué avec Sami Frey et Jean-François Balmer au Théâtre du Rond-Point, Paris[11],[12]
- reprise à Paris en 1988 à la Comédie des Champs-Élysées et tournée en France jusqu'en 2000.
- 1986 : Le Bain de Diane de Pierre Klossowski, avec Valéria Magli, Pietro Pizzuti et la voix enregistrée de Pierre Klossowski, Théâtre du Rond-Point dans le cadre du Festival d'automne à Paris.
- 1988 : Le Vallon, adaptation et mise en scène d'après le roman policier homonyme d'Agatha Christie, avec Catherine Rich, Anna Nogara, Maxence Mailfort, et les danseurs Michael Popper et Sally Owens, Théâtre du Rond-Point, Paris.
- 1989 : Michelet ou le don des larmes d'Élisabeth de Fontenay d'après les textes de Jules Michelet, avec Bérengère Dautun (la Terre), Catherine Hiegel (l'Histoire), Roland Bertin (Michelet), et la voix off d'Antoine Vitez, Comédie-Française au Petit Odéon, Paris[13].

- 1990 : L'Absolu naturel d'après le roman L'assoluto naturale de Goffredo Parise, réalise également la traduction et la scénographie, avec Arielle Dombasle et Facundo Bo, Théâtre du Rond-Point, Paris[14].
- 1994 : Fièvre romaine et Christopher d'Edith Wharton, avec Danièle Lebrun et Macha Méril, Théâtre de Nice. Les deux pièces seront reprises en 1995.
- 1995 : Les Voyageurs d'après des textes de Nietzsche et Lou Andreas-Salomé, musique de Schoenberg, avec Cyrielle Clair, Espace Pierre-Cardin, Paris.
- 1996
- Scènes de folie, montage de textes de Lautréamont, Maupassant, Strindberg, Nietzsche, Kleist, Shakespeare, à Barcelone.
- Le Peintre et ses modèles, adaptation, décors et mise en scène d'après la nouvelle The Real Thing d'Henry James, Studio des Champs-Élysées, Paris[15],[16].
- 1999 : Feu Sacré de Bruno Villien, d'après la correspondance et le Journal de George Sand et Frédéric Chopin.
- 2000 : Matricule de Luc Bassong, avec Nâzim Boudjenah[17].
Par ailleurs, Simone Benmussa a mis en scène Happy days (Oh les beaux jours) de Samuel Beckett à Londres (1994) avec Angela Pleasence, The Revolt (La Révolte) de Villiers de l'Isle-Adam, Londres 1980 (avec Susan Hampshire) et la pièce de Jane Bowles In the summer house, Barcelone 1992, en catalan.
Elle a également monté, en 1987, un opéra-spectacle : Le Prisme du Chaman, sur l'œuvre picturale de Paul Jenkins à L'Opéra national de Paris (Salle Favart, avec Cyril Atanassoff) et des expositions-spectacles comme La Traversée du temps perdu au musée des Arts décoratifs (Paris) en 1978 ; L'Opéra secret de Maria Callas, au musée Carnavalet, 1979 ; Mozart à Paris, également au musée Carnavalet, 1991 et Maria Callas, une femme, une voix, un mythe à l'Hôtel de ville de Paris, 1998.
Cinéma
modifier- 1978
- Regards sur Nathalie Sarraute, avec Nathalie Sarraute, Juliet Berto et Erika Kralik (Production du Centre national Georges-Pompidou), présenté à Cannes dans le cadre des "Perspectives du cinéma français".
- par amitié, Simone Benmussa accepte de faire de la figuration dans le film de Peter Handke : La Femme gauchère.
Ouvrages
modifier- 1965 - avec Jean-Louis Barrault : Odéon Théâtre de France, Paris, Le Temps, coll. « Les Guides du temps » (no 2).
- 1966 : Eugène Ionesco, Paris, Éditions Seghers, coll. « Théâtre de tous les temps » (no 1), 192 p.
- 1971 : Textes et propos de Ionesco : documents de mise en scène, Paris, Éditions Seghers, coll. « Théâtre de tous les temps », 176 p.-[4] pl.
- 1977 : La Vie singulière d'Albert Nobbs, Paris, éditions Des Femmes, 92 p.-[8] p. de pl. (ISBN 2721001078).
- adaptation théâtrale de la nouvelle The Singular Life of Albert Nobbs de l'écrivain irlandais George Moore.
- 1979
- (en) Benmussa directs (contient : Portrait of Dora et The singular life of Albert Nobbs), Londres, John Calder, et Riverrun Press (ISBN 9780714537641).
- Apparences, Paris, Des Femmes (ISBN 272100168X). (A Erika).
- 1984 : Le Prince répète le prince, roman, Paris, Éditions du Seuil. (Pour E.K.)
- 1987 : Nathalie Sarraute, Lyon, Éditions La Manufacture, coll. « Qui êtes-vous ? », 223 p. (ISBN 2-904638-85-7)[18].
- 1999 : Entretiens avec Nathalie Sarraute, Tournai, La Renaissance du Livre, coll. « Signatures », 238 p. (ISBN 2804603032).
- Catalogue d'exposition
- 1978 : La Traversée du temps perdu, parcours-spectacle au musée des Arts décoratifs (-), Paris, éditions Des Femmes (ISBN 2-7210-0142-6), 13 p.
Archives
modifierErika Kralik, légataire universelle de Simone Benmussa, a déposé deux fonds d'archives de Simone Benmussa :
- le fonds déposé à la Bibliothèque nationale de France au Département des Arts du spectacle contient de la correspondance, des manuscrits, des costumes et une partie de sa bibliothèque personnelle[19].
- le fonds déposé à l'Institut mémoires de l'édition contemporaine (IMEC)[20] contient des lettres et des textes manuscrits envoyés à Simone Benmussa (Samuel Beckett, Jean-Louis Barrault, Marguerite Duras, Nathalie Sarraute, Pablo Neruda, Eugène Ionesco, Pierre Boulez, Jean Cocteau, Luis Buñuel, Jacques Derrida, Michel Foucault, Fellini, Julien Gracq, Vladimir Jankélévitch, Milan Kundera, Félix Labisse, André Malraux, André Pieyre de Mandiargues, Hélène Cixous, ainsi que des carnets, notes et textes manuscrits de Simone Benmussa, des photographies des spectacles et des photographies personnelles, des cassettes audio d'interviews avec et de Simone Benmussa, des entretiens de Simone Benmussa avec Eugène Ionesco, Nathalie Sarraute, André Pieyre de Mandiargues, Octavio Paz, Luca Ronconi, Hélène Cixous, etc., des conférences de Simone Benmussa, des discussions, des cassettes vidéo de ses spectacles, ses dessins et peintures.
Citations
modifier- « Les acteurs devront jouer avec l'irréel comme si c'était une partie concrète de leur vie quotidienne - ce qui est précisément le cas. » (Simone Benmussa)
- « [...] Son art est particulièrement sensible [...]. Simone, avec subtilité, suggère. Elle a le goût de la technique, de la synthèse, du linéaire, du montage soigné, enfin elle a le sens du rythme. Elle a une imagination sinueuse - veut-on la suivre ? [...] elle ne nous lâche plus. » (extrait d'un texte de Jean-Louis Barrault sur Simone Benmussa).
Références
modifier- ↑ Relevé des fichiers de l'Insee
- ↑ Judith G. Miller 1994.
- ↑ Marie-Claire Pasquier 2008.
- ↑ Colette Godard, « Portrait de Dora », Le Monde, (lire en ligne).
- ↑ (en) Sharon Ammen, « Two essays on Simone Benmussa' adaptation of a story by George Moore », Text and Performance Quarterly, vol. 11, no 4, , p. 306-312 (présentation en ligne).
- ↑ Colette Godard, « Apparences, de Simone Benmussa. Susannah et son image », Le Monde, (lire en ligne).
- ↑ Vladimir Jankélévitch, « Retour à ... La Mort d'Ivan Illitch. La vérité de Tolstoï », Le Monde, (lire en ligne).
- ↑ Marcelle Michel, « Lucinda joue », Le Monde, (lire en ligne).
- ↑ Nicole Zand, « Une pièce de Virginia Woolf à New York. Les écrivains s'amusent », Le Monde, (lire en ligne).
- ↑ Colette Godard, « Enfance au Rond-Point. Les mots vrais », Le Monde, (lire en ligne).
- ↑ Daniel Cande, « Photographies de la représentation du », sur Gallica.
- ↑ Michel Cournot, « Trois mots peuvent égorger un frère », Le Monde, (lire en ligne).
- ↑ « Théâtre. De Robespierre à Lumumba », Le Monde, (lire en ligne).
- ↑ Daniel Cande, « Photographies de la représentation du », sur Gallica.
- ↑ Hervé Gauville, « Henry James embourgeoisé malgré lui. Le Peintre et ses modèles, d'après une nouvelle (The Real Thing) d'Henry James », Libération, (lire en ligne).
- ↑ Agence Marée-Breyer, « Photographies de la représentation du ».
- ↑ Brigitte Salino, « Récit d'une incarcération », Le Monde, (lire en ligne).
- ↑ Jean Mambrino, « Suzanne Benmussa Nathalie Sarraute, qui êtes-vous ? [compte-rendu] », Études, , p. 412-413 (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ « Fonds Benmussa, Simone (théâtre) », sur Bibliothèque nationale de France.
- ↑ « Benmussa, Simone (1932-2001) », sur Institut mémoires de l'édition contemporaine.
Bibliographie
modifier- Judith G. Miller, « Les femmes, le théâtre, et la France d’aujourd’hui : entretiens avec Simone Benmussa, Marie-Claire Pasquier et Brigitte Jaque », Jeu, no 71, , p. 110-118 (lire en ligne
[PDF], consulté le ). - (en) Jane Moss, Women's Theater in France, Université de Chicago (20 pages concernent Simone Benmussa).
- Marie-Claire Pasquier, « Benmussa Simone », dans Michel Corvin (dir.), Dictionnaire encyclopédique du théâtre à travers le monde, Paris, Bordas, (ISBN 9782047312957), p. 177.
- Articles nécrologiques :
- Mathilde La Bardonnie, « Le baisser de rideau de Simone Benmussa », Libération, (lire en ligne).
- Colette Godard, « Simone Benmussa », Le Monde, (lire en ligne).
- M. T., « Disparition : Simone Benmussa », Le Figaro, .
- (en) John Calder, « French playwright who dramatised the plight of women, Simone Benmussa », The Guardian, .
- Gilles Costaz, « Une femme d'avant-garde. Hommage à Simone Benmussa », Politis, .
- Armelle Héliot, « Adieu à Simone Benmussa », Le Quotidien du médecin, .
Liens externes
modifier- Archives conservées par :
- Ressource relative au spectacle :
- Ressource relative à l'audiovisuel :
- Notices dans des dictionnaires ou encyclopédies généralistes :
- Hommage à Jean-Louis Barrault, "Le Cercle de Minuit", 24/01/1994 sur le site officiel de L'Ina