Simone Monnier

enseignante et directrice d'école française et Juste parmi les Nations

Simone Monnier, née le 19 août 1913 à Cormondrèche en Suisse et morte le 17 avril 2010 à Aix-les-Bains[1], est une pédagogue française, directrice de l'École de Beauvallon à Dieulefit. Elle est reconnue « Juste parmi les nations » en 1969.

Biographie

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Simone Monnier est la fille du pasteur Daniel Monnier, né en 1872 au Mazet-Saint-Voy (Haute-Loire) et mort à Dieulefit (Drôme) le 7 décembre 1956). Daniel Monnier est lui-même fils d'un colporteur évangéliste, Matthieu Monnier (1818-1909). Sa mère Madeleine Frey (née à Bâle en 1884 - Dieulefit, 1979) est issue d'une grande famille bâloise, les Frey-Bernoulli[2]. Marié en 1912, à Corcelles Cormondrèche (canton de Neuchâtel), le couple a trois filles : Simone ; Geneviève, femme de théâtre et romancière, épouse de Jean-Marie Serreau et mère de Coline Serreau, et Antoinette Monnier[2].

Simone Monnier a grandi à Charleville près de Mézières (Ardennes) et Paris[3]. Après une licence de psychologie à la Sorbonne à Paris, elle poursuit ses études à Genève à l'Institut Jean-Jacques-Rousseau[2].

L'école de Beauvallon

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En 1936, Catherine Krafft et Marguerite Soubeyran recrutent Simone Monnier en troisième directrice, car l'École de Beauvallon, fondée en 1929, se développe et accueille de plus en plus d'enfants « caractériels »[4]. Selon l'historien Bernard Delpal, qui fait une intervention à la journée d'étude[5] sur Protestantisme et éducation, en 2018, Marguerite Soubeyran la présente ainsi : « Mademoiselle Monnier, très différente de Mademoiselle Krafft et de moi-même, s'intéresse spécialement à la psychologie, au dessin, à la peinture, la musique, l'art dramatique. Elle va donc s'attacher particulièrement à toutes ces activités jusque-là un peu négligées, et qui pourtant sont primordiales dans toute éducation. Nous visitons, en 1939, Mademoiselle Monnier et moi-même, les Écoles Decroly en Belgique et des Écoles nouvelles en Angleterre, pour voir sur place les méthodes pédagogiques que nous allons essayer d'appliquer. »

L'historien Bernard Delpal, professeur d'histoire contemporaine, membre de l'Institut d'histoire du christianisme (Université Jean-Moulin-Lyon-III) et chercheur au LAHRA, explique les répartitions entre les trois femmes : « Marguerite Soubeyran est la pédagogue et l’autorité de référence. Tous la nomment « Tante » ou « Mamie » Marguerite. Catherine Kraftt, « Atie » pour tous les Beauvallonnais, a la charge de l’administration et du réconfort des tout petits. Simone Monnier, en plus des activités artistiques et d’éveil, assure le soutien psychologique des enfants (et parfois des adultes) avec une spécialité, l’interprétation des rêves. »

Expérimentations pédagogiques

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Simone a accepté « d’importantes responsabilités qui me permettaient d’essayer tous les moyens pédagogiques et éducatifs susceptibles d’épanouir et développer les enfants » et « grâce à ma collaboration avec les fondatrices j’ai appris quelque chose de beaucoup plus important à savoir : comment l’amour était la seule manière d’aider les enfants à guérir[6] ».

Sauvetage d'enfants juifs

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Pendant la Seconde Guerre mondiale, l'école de Beauvallon a accueilli des enfants juifs envoyés par l'Œuvre de secours aux enfants. Pour ces sauvetages d'enfants juifs[7][8], Simone Monnier est désignée pour ces actions comme « Juste parmi les nations » en 1969 avec Catherine Krafft et Marguerite Soubeyran.

Direction et départ

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Simone Monnier sera directrice de l'École entre 1974 et 1981. Elle la quittera en 1981 pour se rendre à Paris où elle exerce comme psychologue clinicienne. Elle meurt en avril 2010 à Aix-les-Bains où elle réside dans une maison de retraite. Un service funèbre se déroule à la chapelle de Comps, commune où elle est inhumée[9].

Distinctions

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Elle est nommée Juste parmi les nations en 1969[10] et elle reçoit la Légion d'honneur en 2002[9].

Notes et références

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  1. ↑ « matchID - Moteur de recherche des décès », sur deces.matchid.io (consulté le )
  2. 1 2 3 Patrick Cabanel, « Monnier Simone », dans André Encrevé et Patrick Cabanel (dir.), Dictionnaire biographique des protestants français de 1787 à nos jours : M-Q, t. IV, Paris, Max Chaleil, (ISBN 978-2-8462-1358-5), p. 355
  3. ↑ « Vidéo Simone Monnier » Accès libre [vidéo], (consulté le )
  4. ↑ (en) Yad Vashem, « Dossier Simone Monnier Yad Vashem » Accès libre (consulté le )
  5. ↑ Philippe Meirieu, « Protestantisme, Éducation et Pédagogie, Journée d’études – Dieulefit –  » Accès libre, (consulté le )
  6. ↑ Manuel Munoz-Pons, « Éditorial », Antirouille no 10, .
  7. ↑ Comité français Yad Vashem, « Témoignage de Simone Monnier, Juste parmi les Nations » Accès libre, (consulté le )
  8. ↑ Robert Serre, « Fiche Simone Monnier, Marguerite Soubeyran et Catherine Krafft », sur Musée de la Résistance (consulté le )
  9. 1 2 Philippe Chassepot, « Beauvallon et Dieulefit se souviennent », La Tribune,‎ (lire en ligne Accès libre)
  10. ↑ Comité français Yad Vashem, « Comité français Yad Vashem » Accès libre [https://yadvashem-france.org/dossier/nom/493/], sur https://yadvashem-france.org

Voir aussi

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Bibliographie

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Liens externes

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