Simone Évrard
Simone Évrard (Madame Marat), née à Tournus (dans la généralité de Bourgogne, aujourd'hui en Saône-et-Loire) le et morte à Paris, rue de la Barillerie, le , fut la compagne de Jean-Paul Marat.
| Naissance | |
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| Décès | |
| Nom de naissance |
Simone Évrard |
| Nationalité | |
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| Fratrie |
Catherine ; Étiennette |
| Conjoint |
Biographie
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À Paris, Simonne Évrard vivait avec ses deux sœurs au cinquième étage du 243, rue Saint-Honoré[1]. Les trois sœurs travaillèrent dans un magasin de nouveautés et de lingerie tenu par une demoiselle Piot, originaire comme elles de Tournus.
En 1790 commence sa liaison avec Jean-Paul Marat ; Simonne a alors 26 ans et Marat 46 ans[2]. Celui-ci trouve refuge chez les sœurs Évrard, puis, craignant d'abuser de leur hospitalité, se cache quelque temps chez Jacques Roux[2].
Lorsque Marat vivait dans la clandestinité, Simonne participa matériellement à la publication de L'Ami du peuple. Elle transportait notamment des manuscrits entre ses lieux de refuge et les imprimeries, récupérait les feuilles imprimées destinées à la distribution et servait d'intermédiaire avec ceux qui cherchaient à entrer en contact avec lui[3].
Marat lui remit une promesse de mariage, reproduite par la suite dans le no 58 du Journal de la Montagne[2].
Après le 10 Aout 1792
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Après le 10 août 1792, Simonne Évrard quitte le logement de la rue Saint-Honoré qu'elle occupait avec ses sœurs et loue en son nom un appartement au no 30 de la rue des Cordeliers, où elle s'installe avec Marat [2]. Ernest Belfort Bax décrit l'appartement comme composé de cinq pièces et occupé par Marat, Simonne Évrard, sa sœur Catherine, la cuisinière Jeannette Maréchal et le typographe Laurent Bas[5]. L'imprimerie du journal fut installée de l'autre côté de la rue, dans le couvent des Cordeliers [6].
Catherine Évrard épousa par la suite Jean-Antoine Corne, ouvrier imprimeur qui travailla pour Marat [2].
Après la mort de Marat
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Marie-Anne Marat, Albertine Marat et Jean-Pierre Marat publièrent une lettre datée du 22 août 1793, dans laquelle ils reconnaissaient Simonne Évrard comme leur « sœur » [7].
En novembre 1794, elle annonça une nouvelle édition des Œuvres politiques et patriotiques de Marat et en publia un prospectus. Elle ne put cependant faire paraître qu'un volume ; le 6 mars 1795, elle dut restituer à l'État les quatre presses qui avaient été laissées à sa disposition après la mort de Marat [8],[9].
Simonne vécut ensuite avec la sœur de Marat, Albertine. En l'an IX, elles habitaient au 674, rue Saint-Jacques. Lors de l'interrogatoire de Simonne en décembre 1800, celle-ci déclara qu'Albertine travaillait dans l'horlogerie pour Jean-David Ramu [10].
À la suite de l'attentat de la rue Saint-Nicaise du 24 décembre 1800, Simonne fut arrêtée. Le 9 nivôse an IX (30 décembre 1800), elle fut extraite du dépôt de la Conciergerie et interrogée dans le cadre de l'enquête.
Simonne et Albertine s'installèrent par la suite au 33, rue de la Barillerie, sur l'île de la Cité, où elles fabriquaient ensemble des aiguilles de montres pour subvenir à leurs besoins[11]. Elles vivaient à proximité de plusieurs horlogers établis dans la partie occidentale de l'île, notamment autour du quai de l'Horloge, de la rue de Harlay et de la place Dauphine, où travaillaient entre autres Breguet, Berthoud et Lépine [12].
Simonne Évrard mourut le 24 février 1824, à l'âge de 60 ans, à son domicile du 33, rue de la Barillerie. Sa mort fit suite à une chute dans l'escalier.
Notes et références
modifier- ↑ Jacques Roux, Jacques Roux à Marat, Paris, Imprimerie de la Société typographique, 1793, p. 1.
- 1 2 3 4 5 Roger Gil-Baer, « La compagne de Marat : Simone Évrard », La Revue, 1er mars 1907, pp. 79–87, notamment pp. 80–82.
- ↑ Stefania Di Pasquale, Simonne Evrard : l'ange gardien de Marat – Une Tournousienne dans la Révolution française, auto-édition, 2025.
- ↑ https://www.parismuseescollections.paris.fr/fr/musee-carnavalet/oeuvres/paris-historique-maison-de-marat#infos-principales
- ↑ Ernest Belfort Bax, Jean-Paul Marat: The People's Friend, Londres, 1901, pp. 300–302.
- ↑ Laurent Gloaguen, « Rue de l'École de Médecine, c. 1866 », Vergue, 22 novembre 2015, mise à jour le 30 mai 2017.
- ↑ Journal de la Montagne, no 85, 26 août 1793, p. 574.
- ↑ Bibliothèque nationale de France, notice « Jean-Paul Marat (1743-1793) ».
- ↑ Ernest Belfort Bax, Jean-Paul Marat: The People's Friend, chap. X.
- ↑ François Chèvremont, Le Bibliographe de Marat, British Library, Collection de François Chèvremont, p. 23.
- ↑ François Chèvremont, Le Bibliographe de Marat, British Library, Collection de François Chèvremont, pp. 23–24.
- ↑ Breguet, « Le Quai de l'Horloge »
Bibliografie
modifier- Stefania Di Pasquale, Madame Marat. Una vita eroica nella tormenta della Rivoluzione Francese, Rome, Mreditori, 2021, 100 p. (ISBN 9788831251068).
- Stefania Di Pasquale, Simonne Evrard : l'ange gardien de Marat, auto-édition, 2025, 160 p. (ISBN 978238852126[à vérifier : ISBN invalide])
Liens externes
modifier- Ressource relative aux beaux-arts :