Sinus paranasal
Les sinus paranasaux sont un groupe de quatre paires de cavités remplies d'air où l'orifice d'entrée de l'air et celui de sortie ne font qu'un, autour des cavités nasales et contenues dans les os crâniens.
Anatomie
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Il existe quatre types de sinus paranasaux :
- Les sinus maxillaires : Ce sont les sinus les plus volumineux et les plus sujets aux pathologies. Chaque sinus a la forme d'une pyramide couchée dont la base répond à la paroi latérale de la cavité nasale, le sommet au processus zygomatique du maxillaire, la face supérieure au plancher de l'orbite, la paroi postérieure à la fosse infra-temporale et le bord inférieur à la région alvéolaire du maxillaire (en rapport étroit avec les racines dentaires).
- Les sinus frontaux : cavités paires et le plus souvent asymétriques[1], creusées dans l'os frontal au-dessus des orbites. Les sinus frontaux (droite et gauche) sont entièrement séparés par un septum osseux étanche (le septum intersinusien), et se drainent de manière indépendante dans le méat nasal moyen via le conduit fronto-nasal (ou récessus frontal), qui s'abouche à la partie antérieure du hiatus maxillaire.
- Les sinus ethmoïdaux : Au nombre de 10 à 20, ils sont présents à la naissance. Il ne s'agit pas d'une cavité unique comme les autres sinus mais de plusieurs cloisonnements qui forment un labyrinthe au niveau de la masse latérale de l’ethmoïde. On les décrit en 2 parties : cellules ethmoïdales antérieures et postérieures. La partie antérieure des cellules ethmoïdales s’ouvre au niveau du méat nasal moyen et la partie postérieure au niveau du méat nasal supérieur. Les cellules ethmoïdales constituent la paroi médiale de l’orbite ;
- Le sinus sphénoïdal : A l’intérieur du corps du sphénoïde. Rapports : Au-dessus : loge hypophysaire - selle turcique, Latéralement : sinus caverneux, En dessous : les fosses nasales. Il communique avec les fosses nasales par le récessus sphéno-ethmoïdal.
Fonctions
modifierLes sinus paranasaux remplissent probablement plusieurs fonctions :
- Diminution relative du poids de la partie antérieure du crâne, en particulier des os de la face ; leur forme est importante du point de vue de l'attache des muscles de la face ;
- Amélioration du réchauffement et de l'humidification de l'air inhalé avant qu'il n'atteigne les poumons ;
- Augmentation de la résonance de la voix ;
- Amortissement des éventuels coups reçus au visage ;
- Participation à la clairance mucociliaire, processus d'épuration par lequel les particules des aérocontaminants sont piégées dans le mucus sécrété par les muqueuses sinusales ciliées, mucus qui s'écoule dans les cavités nasales par les méats nasaux, puis est envoyé en direction de l'hypopharynx (élimination dans le système digestif via la déglutition) ou de l'extérieur (mouchage, éternuement, expectoration sous forme de crachats et de glaires)[2].
- Participation au « cycle nasal » : les muqueuses des sinus (ainsi que celles des cornets nasaux) gonflent alternativement d'un côté puis de l'autre de la boîte crânienne toutes les 1 à 5 heures en moyenne. Ce cycle, constaté chez 80 % de la population adulte, explique qu'une fosse nasale est bouchée tandis que l'autre est dégagée, ce qui favoriserait la perception d'un panel plus large d'odeurs. Lorsqu'on est allongé, ce cycle expliquerait aussi en partie le changement de côté pendant le sommeil[3].
Développement
modifierÀ la naissance, seuls le labyrinthe ethmoïdal (partiellement pneumatisé) et le sinus maxillaire (à l'état rudimentaire) sont présents.[4] lls se développent tous par pneumatisation, un processus au cours duquel la muqueuse de la cavité nasale s'évagine et résorbe progressivement la matière osseuse adjacente. Cette croissance s'effectue principalement au cours de deux poussées majeures, durant la première enfance lors de l'éruption des dents définitives puis à la puberté[4].
Le sinus frontal dérive d'une cellule ethmoïdale antérieure colonisant l'os frontal. Il apparait vers l'âge de deux ans[5], mais ne devient radiologiquement visible que vers 6 ans[4].
Le sinus sphénoïdal débute généralement son développement vers deux ou trois ans. Sa période d'expansion s'étale ensuite sur plusieurs années, avec des phases clés de progression s'observant entre 3 et 5 ans puis entre 6 et 10 ans[6].
Chez l'adolescent, le développement des sinus maxillaires est intimement associé au type de déglutition salivaire (déglutition atypique).
Pathologie
modifierLes sinus paranasaux sont reliés aux fosses nasales par des petits orifices appelés ostia. Ces derniers peuvent s'obstruer facilement par l'inflammation allergique ou le gonflement causé par un rhume. Le drainage normal du mucus sinusal est alors interrompu, et une sinusite (littéralement: inflammation des sinus) peut apparaître.
Notes et références
modifier- ↑ (en) Ayhan Kanat, Ugur Yazar, Bulent Ozdemir et Zerrin O. Coskun, « Frontal sinus asymmetry: Is it an effect of cranial asymmetry? X-ray analysis of 469 normal adult human frontal sinus », Journal of Neurosciences in Rural Practice, Medknow Publications & Media Pvt Ltd, vol. 6, no 4, , p. 511–514 (ISSN 0976-3147, DOI 10.4103/0976-3147.168436, lire en ligne, consulté le )
- ↑ (en) A. Wanner, M. Salathé & T. G. O'Riordan, « Mucociliary clearance in the airways », American Journal of Respiratory and Critical Care Medicine, vol. 154, no 6, , p. 1868-1902 (DOI 10.1164/ajrccm.154.6.8970383).
- ↑ J.M. Klossek, « La physiologie naso-sinusienne », Revue Française d'Allergologie et d'Immunologie Clinique, vol. 38, no 7, , p. 579-583
- 1 2 3 Brandi Henson, Taylor M. Drake et Mary Ann Edens, « Anatomy, Head and Neck, Nose Sinuses », dans StatPearls, StatPearls Publishing, (PMID 30020644, lire en ligne)
- ↑ Asma Sulaiman Al Hatmi, Eiman Al Ajmi, Halima Albalushi et Meetham Al Lawati, « Anatomical variations of the frontal sinus: A computed tomography-based study », F1000Research, vol. 12, , p. 71 (ISSN 2046-1402, PMID 37811203, PMCID 10556568, DOI 10.12688/f1000research.129498.2, lire en ligne, consulté le )
- ↑ Kanika Sekhri Sethi, Subham Choudhary, Prem Kumar Ganesan et Neha Sood, « Sphenoid sinus anatomical variants and pathologies: pictorial essay », Neuroradiology, vol. 65, no 8, , p. 1187–1203 (ISSN 1432-1920, PMID 37202536, PMCID 10195661, DOI 10.1007/s00234-023-03163-4, lire en ligne, consulté le )