Six4Three est une startup technologique californienne, créée fin 2012 par Ted Kramer. Cette entreprise éditrice de logiciels, qui avait créé un outil (une application, baptisée Pikinis), lancée en version bêta au printemps 2013, et présentée comme permettant de trouver des photos de personnes en bikini (« en bikini ou en monokinis ou tout autre vêtement de plage idiot » selon le magazine d'art et de culture The Bold Italic)[1] parmi les photos de ses amis de la plateforme (dans la liste de contacts de Facebook)[2].

En 2015, Six4Three a poursuivi en justice Facebook qui avait bloqué son accès à l'API nécessaire au fonctionnement de cette appli et elle a obtenu des documents internes. Ces documents, étudiés (partiellement) en 2018 par le Parlement britannique, ont révélé au public comment Facebook gérait les données des utilisateurs, monétisait l'accès à sa plateforme et à certaines données, et traitait ses concurrents.

Histoire

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Après que Facebook lui ait fermé l'accès aux données en 2014, la société a, en 2015 poursuivi le GAFAM pour avoir détruit cette branche d'activité, et pour avoir cassé son modèle d'entreprise ; Six4Three espérait au moins récupérer l'argent investi (investi 250.000 $) dans l'application[3],[4]

L'entreprise a finalement perdu son procès.

Le procès

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De nombreux procès de ce type existent, mais celui-ci a eu un retentissement particulier, car au cours de la procédure de découverte Six4Three a obtenu du tribunal que Facebook produise un certain nombre de courriels et/ou des documents internes, qui montreraient, selon le plaignant, à quel point le fondateur de Facebook, Mark Zuckerberg, était au courant des failles de confidentialité de l'API partenaire de Facebook. Et il se trouve que ces documents alors entré dans la sphère publique après avoir été requis par le parlement britannique, via Damian Collins en sa qualité de président de la Commission parlementaire (DCMS) qui au Royaume-Uni enquêtait sur Facebook[4] ont permis, avec d'autres (dont 8 pages de mémo classé highly confidential de juillet 2012, à priori produit par Marne Levine, alors vice-président de Facebook, en charge de la politique publique mondiale de l'entreprise)[5], et avec les témoignages de lanceurs d'alerte, de faire émerger ce qu'on a appelé le scandale Facebook-Cambridge Analytica-AggregateIQ[6]. D'autres documents non caviardés ont aussi circulé en ligne (dont sur GitHub en février 2019)[7].

Fin de 2015, quand un journaliste du journal The Guardian interroge Facebook sur le fait que la start-up « Global Science Research LTD », créée et dirigée par Aleksandr Kogan a partagé avec Cambridge Analytica (et indirectement avec AggregateIQ) des données personnelles secrètement aspirées dans 87 millions d'utilisateurs Facebook[8], le GAFAM semble découvrir le problème ; Facebook répondant qu'après avoir appris ceci, il a demandé à Cambridge Analytica de supprimer ces données, et a révoqué l'accès qu'avait Kogan à cette API

Facebook semble s'être contenté de croire sur parole Cambridge Analytica quand elle a dit avoir détruit ces données.

Les documents internes mis au jour grâce à Six4Three ont ensuite parfois été considérées comme des prémisses aux Facebook Files, qui sont plutôt les documents utilisés plus tard par une série d'enquêtes journalistiques publiées à partir de septembre et octobre 2021 par le Wall Street Journal, fondées sur des dizaines de milliers de documents internes soustraits à l'entreprise par la lanceuse d'alerte Frances Haugen (Fuite de données Facebook de 2021). Ils ont confirmé que des données personnelles pouvaient être volées, vendues par des courtiers en données ou réutilisées sans le consentement des internautes[9] (ces preuves seront ensuite utilisés dans diverses enquêtes, dont à propos de l'affaire Cambridge Analytica au Royaume-Uni)[10].

Damian Collins, un député britannique enquêtant sur Cambridge Analytica, s'est intéressé aux documents et a forcé leur publication en novembre 2018 en menaçant d'emprisonnement le fondateur de Six4Three alors qu'il se trouvait au Royaume-Uni pour d'autres affaires[11].

Références

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  1. ↑ (en) « Pikinis App Speeds Up Your Search For Friends’ Bikini Photos », sur The Bold Italic, (consulté le )
  2. ↑ « Un «détecteur de bikinis» fait enrager Facebook », sur L'essentiel, (consulté le )
  3. ↑ (en) Donie O'Sullivan, « Internal documents Facebook has fought to keep private obtained by UK Parliament », CNN,
  4. 1 2 (en-GB) Carole Cadwalladr, « Parliament seizes cache of Facebook internal papers », The Guardian,‎ (ISSN 0261-3077, lire en ligne, consulté le )
  5. ↑ (en-GB) Alex Hern, « Facebook discussed cashing in on user data, emails suggest », The Guardian,‎ (ISSN 0261-3077, lire en ligne, consulté le )
  6. ↑ (en) « Digital, Culture, Media and Sport Committee - Older evidence - Committees - UK Parliament », sur committees.parliament.uk, (consulté le ).
  7. ↑ (en-GB) Julia Carrie Wong, « Confidential emails sent by Facebook executives leaked online », The Guardian,‎ (ISSN 0261-3077, lire en ligne, consulté le )
  8. ↑ (en) Olivia Solon, « Facebook says Cambridge Analytica may have gained 37m more users' data », sur the Guardian, (consulté le ).
  9. ↑ (en) « Six4Three v. Facebook (Cal. Ct. App. 2025) », sur Justia Law (consulté le )
  10. ↑ (en) « Digital, Culture, Media and Sport Committee - Older evidence - Committees - UK Parliament », sur committees.parliament.uk, (consulté le )
  11. ↑ (en) Carole Cadwalladr, « Parliament seizes cache of Facebook internal papers », the Guardian,