Siège de Ceuta (1419)

1419

Le Siège de Ceuta de 1419, est le deuxième siège, après celui de 1418, mené par les forces mérinides du sultan Abû Saïd Uthmân III, alliées aux troupes de l'émir de Grenade, face à la garnison portugaise commandée par Pierre de Meneses, 1er comte de Vila Real [3].

Siège de Ceuta (1419)
Description de cette image, également commentée ci-après
Siège de Ceuta en 1419.
Informations générales
Date 1419
Lieu Ceuta, Afrique du Nord
Issue Victoire portugaise
Belligérants
Empire portugais Sultanat Mérinide
Émirat de Grenade
Commandants
Pierre de Meneses  (b)
Henri le Navigateur
Jean de Portugal
Abu Said Uthman III
Zaide † [1]
Abderrahmane [1]
Mohammed IX al-Aysar
Forces en présence
Inconnues 120 000 hommes [2]
Pertes
Inconnues 3 000 morts[2]

Maroc portugais

Coordonnées 35° 53′ 12″ nord, 5° 18′ 00″ ouest

Contexte

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Ceuta est conquise par les Portugais en 1415, et trois ans plus tard a lieu le siège de Ceuta (1418), au cours duquel le sultan mérinide et l'émir de Grenade attaquent conjointement la ville, mais sont repoussés. En 1419, l'émir de Grenade décide de lancer une nouvelle attaque [4]. Le capitaine de Ceuta, Pierre de Meneses, 1er comte de Vila Real, est averti en août 1419 par Rui Gomes da Silva, emprisonné à Tarifa, qu'une nouvelle attaque se prépare, et écrit au roi Jean Ier de Portugal pour demander des renforts [4],[1]. Le roi envoie le prince Édouard à Lisbonne pour préparer une flotte de secours. Bien que ses fils lui aient demandé de participer à l'expédition, le roi n'autorise à partir que le prince Henri le Navigateur et le prince Jean [4]. Le comte de Barcelos se joint également à l'expédition [4]. Six cents hommes de Porto, Lisbonne et de l'Algarve, rejoints par de nombreux étrangers, font voile vers l'Afrique du Nord et arrivent trois jours plus tard avec une importante quantité de matériel de guerre [4].

Bataille

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Les renforts restent à Ceuta pendant un mois. Alors qu'ils s'apprêtent à rentrer au Portugal à l'approche de l'hiver, ils aperçoivent un immense incendie qui dure quatre heures, signe d'une attaque musulmane [4]. Une armée de Mérinides et de Grenadins, commandée par Zaide, neveu de l'émir de Grenade, attaque la ville où les premiers combats ont lieu. Les Portugais font une sortie mais sont contraints de se replier à l'intérieur des remparts [1]. Les musulmans tentent de percer les murailles avec deux canons [1],[4]. Les Portugais ripostent aux tirs et tuent la garnison de l'un des canons [1].

Les musulmans lancent une attaque féroce et une nouvelle flotte portugaise, renforcée par des troupes, arrive en passant par le Détroit de Gibraltar. L'émir de Grenade, présent sur place, ordonne immédiatement l'envoi de signaux aux assiégeants de l'autre côté du détroit, semant ainsi la confusion. Les musulmans sont repoussés de Ceuta et nombre d'entre eux s'enfuient vers les navires, s'entretuant faute de place. Voyant le désordre qui règne chez les musulmans, les Portugais passent outre les ordres de leurs supérieurs et lancent une sortie [4]. Le capitaine Pierre de Meneses y participe personnellement; son cheval est tué au combat et il est blessé par une pierre qui le laisse inconscient. Au même moment, l'escadre du prince Henri le Navigateur et du prince Jean attaque les navires musulmans en fuite et en capture un grand nombre. Le commandant musulman, Zaide, y trouve la mort [1].

Après la fin des combats, les renforts portugais débarquent et participent à une procession à travers la ville, où ils sont acclamés par la population. Ils visitent les principaux sites d'affrontements et terminent la procession à l'église Santa Maria de África [1] .

Zaide étant mort, les musulmans choisissent Abderrahmane comme nouveau commandant et reprennent leurs attaques contre Ceuta. Abderrahmane part recruter des guerriers et lance une nouvelle attaque contre Ceuta mais est repoussé grâce à une escadre portugaise commandée par Ferdinand de Noronha, 2e comte de Vila Real, envoyé pour chasser les corsaires du détroit de Gibraltar [1].

Conséquences

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Les musulmans abandonnent le siège de la ville et l'émir de Grenade, qui envisage une nouvelle attaque, est dissuadé par ses conseillers [4].

La flotte de secours rassemblée par les Portugais, sous le commandement des princes Henri le Navigateur et Jean de Portugal, pour secourir Ceuta s'avère superflue. En effet, Pierre de Meneses mène la garnison portugaise à l'assaut des assiégeants musulmans et obtient la levée du siège avant même l'arrivée des secours [5].

Reconnu coupable de la perte de Ceuta, le sultan Abû Saïd Uthmân III est assassiné lors d'un coup d'État à Fès, en 1420, ne laissant qu'un enfant pour héritier. Le Sultanat mérinide sombre dans l'anarchie et la crise politique relâche la pression sur Ceuta pour les années suivantes [6].

Notes et références

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  1. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 (pt) Affonso De Dornellas, De Ceuta a Alcacer Kibir em 1923, Casa Portugueza, , 90-92 p. (lire en ligne)
  2. 1 2 (en) E. McMurdo, The History of Portugal: The history of Portugal from the reign of D. Diniz to the reign of D. Alfonso V, London, S. Low, Marston, Searle, & Rivington, , 367–368 p.
  3. ↑ (pt) Tomada de Ceuta na Infopédia, Porto Editora (lire en ligne)
  4. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 (pt) Isabel, M. R. Mendes Drumond Braga et Paulo Drumond Braga, Ceuta Portuguesa (1415-1656), Instituto de Estudos Ceutíes, , p. 33-35
  5. ↑ (pt) Quintella, Annaes da Marinha Portugueza, vol. 1,
  6. ↑ Charles-André Julien, Histoire de l'Afrique du Nord, des origines à 1830, Paris, Payot, édition originale 1931, réédition 1961, 195-96 p.