Siège de Châteauneuf-sur-Epte

Le siège de Châteauneuf-sur-Epte est une opération militaire menée en 1119 par le roi de France Louis VI le Gros contre le Châteauneuf-sur-Epte, forteresse normande située sur la frontière de l'Epte. Le siège s'inscrit dans la guerre opposant le royaume de France au duché de Normandie dirigé par Henri Ier Beauclerc. Après quinze jours d'opérations, Louis VI abandonne le siège lorsqu'il apprend l'incendie d'Évreux par les troupes anglo-normandes. Quelques temps plus tard, la campagne se poursuit jusqu'à la bataille de Brémule[1].

Siège du Châteauneuf-sur-Epte en 1119
Informations générales
Date été 1119
Lieu Châteauneuf-sur-Epte, Vexin Normand, Normandie
Belligérants
Armée du roi de France Garnison normande
Commandants
Louis VI le Gros Gautier Riblard
Forces en présence
estimées à 400 chevaliers inconnues
Pertes
Enguerrand de Trie décède et de nombreux blessés sont mentionnés inconnues

Campagne militaire de Louis VI le Gros contre Henri 1er Beauclerc

Contexte politique

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Le paysage politique dans lequel évoluent les anglo-normands depuis la fin du XIème siècle et qui perdurera jusqu'au milieu du XIIème siècle, est très touché par des conflits de succession et une profonde instabilité dans les rapports entre le pouvoir Anglais et le pouvoir Normand, nourrie par la couronne de France qui souhaite affaiblir ses adversaires[2].

Ainsi, après plusieurs années marquées par les raids de ses alliés sur la Normandie[2], Guillaume Cliton est ouvertement soutenu par la couronne de France dans l'optique d'en faire le nouveau Duc de Normandie à la place de Henri Beauclerc. Louis VI lance donc une campagne militaire entre 1118 et 1119[2].

Intérêt stratégique

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Le Vexin, et notamment le Vexin Normand sont des territoires frontaliers entre les deux grandes puissances en présence, et le Châteauneuf-sur-Epte fait partie intégrante du réseau de défense de la vallée de l'Epte côté Normand. Il est le maillon central de la chaîne defensive que Louis VI vient d'attaquer : en descendant depuis le Nord, il s'en est notamment pris au château de Gisors, et a détruit l'ancien château de Dangu[1].

Mais le Châteauneuf-sur-Epte ne défend pas que la frontière orientale du duché de Normandie, car il contrôle également un très important axe de circulation reliant Paris à Rouen, la Chaussée Jules Caesar[3].

Déroulement

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En 1119, après une série de victoires militaires sur les places fortes en amont de l'Epte, le roi de France, Louis VI le Gros, s'attaque au Châteauneuf-sur-Epte défendu par les troupes normandes commandées par Gautier Riblard[4].

La composition des forces en présence n'est pas connue, mais l'armée française qui participera à la bataille de Brémule peu de temps après est dite compter 400 chevaliers alors[1]. On ignore si des engins de siège sont présents car les chroniques ne le mentionnent pas, et il n'est pas fait mention de la férocité des assauts ou de la méthode employée par les assiégeants. Il peut toutefois être compris, du récit qu'il en est fait, que les troupes françaises ne mènent pas un siège passif attendant la rédition des défenseurs, et qu'elles sont bien actives et combattent, car les chevaliers de Louis VI sont affligés de nombreuses blessures reçues des mains des normands[1].

La confrontation durera au moins une quinzaine de jours, comme en fait état Gabriel du Moulin dans un passage écrit en 1631 depuis une source originale d'Orderic Vital :

« Sur ces entrefaites Louys le Gros aſſiege le Chaſteau de Dangu […]. Dangu bruſlé, le Gros porte ſes armes deuant le Neuchaſtel, que Guillaume le Roux auoit fait baſtir à Fauſelmont prés d'Epte, ce deſſein ne fut regardé de la fortune, car le Capitaine Gautier Riblard & ses soldats, luy reſiſterent genereuſement & l'offencerent à coups de fléches, Enguerrand de Trie, en receut vne au deſſus de l’œil, laquelle luy oſta l'vsage de raiſon, puis en fin la vie. Quinze iours s'eſtoient paſſez en ces exercices de Mars, quand le Gros aduerty du malheur d'Eureux & ſollicité par Amaurry, leue le ſiege & retourne en France faire leuée de nouuelles forces, puis reuient à Andely. »

— Gabriel du Moulin, Histoire générale de la Normandie [5]

« Sur ces entrefaites Louis le Gros assiège le Château de Dangu […]. Dangu brûlé, le Gros porte ses armes devant le Neuchaftel [Château-sur-Epte], que Guillaume le Roux avait fait bâtir à Fuscelmont près d'Epte ; ce dessein ne fut pas regardé de la fortune, car le Capitaine Gautier Riblard et ses soldats lui résistèrent généreusement et l'offensèrent à coups de flèches, Enguerrand de Trie en reçut une au-dessus de l’œil, laquelle lui ôta l'usage de raison, et enfin la vie. Quinze jours s'étaient passés en ces exercices de Mars, quand le Gros averti du malheur d'Evreux et sollicité par Amaury, lève le siège & retourne en France faire lever de nouvelles forces, puis revient aux Andelys. »

— Transposition au français moderne, Histoire générale de la Normandie [5]

Au quinzième jour, apprenant qu'Henri Ier aurait brûlé la ville d'Evreux, le roi de France abandonne le siège précipitamment, ne laissant que les huttes enflammées de ses soldats pour couvrir sa retraite[6],[7].

Le siège du Châteauneuf-sur-Epte est un échec, marqué par le décès dans les rangs français d'Enguerrand de Trie[1].

Conséquences

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La campagne militaire française est brutalement interrompue et la chronique mentionne que le roi Louis VI retourne rapidement sur ses terres pour renforcer sa troupe, probablement après les pertes subies lors du siège et des escarmouches y ayant mené[1].

Vers une lourde défaite française

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C'est au retour d'Etampes avec un prompt renfort de chevaliers que Louis VI reprend sa campagne militaire interrompue par la fin du siège du Châteauneuf-sur-Epte, et le 20 août 1119, nourrissant le dessein de prendre dans la journée le château de Noyon, son armée est repérée par les sentinelles du roi d'Angleterre qui vient à sa rencontre, c'est la bataille de Brémule[1].

Notes et références

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  1. 1 2 3 4 5 6 7 Orderic Vital, Historia Ecclesiastica
  2. 1 2 3 C. Warren Hollister, « William (1102–1128) », Oxford Dictionary of National Biography, Oxford University Press, 2004.
  3. ↑ Bruno Lepeuple, « Un bourg castral du Vexin Normand : Château-sur-Epte », Château Gaillard, vol. 22,‎ , p. 237-241
  4. ↑ Gabriel du Moulin, Histoire générale de la Normandie,
  5. 1 2 Moulin 1631, p. 314.
  6. ↑ Société historique et archéologique du Gatinais 1912, p. 3 - 4.
  7. ↑ Dergny 1896, p. 185.