Siège de Gallardon

siège en 1421

Le siège de Gallardon, en juin 1421, est un épisode de la guerre civile entre Armagnacs et Bourguignons. L'armée dauphinoise, composé de Français armagnacs, Bretons, Écossais, a lancé une vaste campagne militaire sur le sud-ouest de Paris dans la Beauce pour reprendre des places fortes aux mains des Bourguignons. Parmi ces cibles, la majeure étant Chartres, mais, avant d'assiéger cette ville, le dauphin veut assiéger celle de Gallardon. Ville fortifiée servant d'avant-poste et de garnison subsidiaire en liaison avec Paris pour, en cas de siège, venir en renfort aider Chartres. Après une semaine de siège et de combats dans des assauts, Gallardon est occupée par les forces dauphinoises.

Siège de Gallardon
Description de cette image, également commentée ci-après
Le château de Gallardon en 1610, dessiné par C. Chastillon
Informations générales
Date 23 juin - 29 juin 1421
Lieu Gallardon
Issue

Victoire dauphinoise

  • Massacre de la population
  • Destruction du donjon
  • Pillage de la ville
Belligérants
Royaume de France

Royaume d'Écosse

Duché de Bretagne
État bourguignon
Commandants
Dauphin Charles
Charles de Montfort
Le Rousselet
Gilles Cousin
Forces en présence
  • Armées bretonnes, françaises, écossaises (plusieurs milliers)
  • Garnison de la ville
  • Milice bourguignonne
Pertes
  • Pertes importantes lors de l'assaut finale
  • Massacre des habitants et défenseurs de Gallardon
  • Pillage des richesses de la ville
  • Destruction du donjon

Guerre civile entre Armagnacs et Bourguignons

Batailles

Coordonnées 48° 31′ 43″ nord, 1° 41′ 52″ est
Géolocalisation sur la carte : France
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Siège de Gallardon
Géolocalisation sur la carte : Centre-Val de Loire
(Voir situation sur carte : Centre-Val de Loire)
Siège de Gallardon
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(Voir situation sur carte : Eure-et-Loir)
Siège de Gallardon

Contexte

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Depuis , Gallardon est occupée par les Bourguignons après une campagne de conquête menée par le capitaine Élyon de Jacqueville en ayant chassé les hommes du Duc d'Alençon[1],[2],[LMG 1].

Alors que la nouvelle de la victoire française et écossaise de la bataille de Baugé atteint le dauphin Charles, les forces coalisées françaises, écossaises et bretonnes (ayant signé une alliance à Sablé avec le duc de Bretagne) décident de prendre l'avantage en préparant une offensive dans la région de Chartres[LMG 2].

Plusieurs affrontements ont lieu dans le but d'encercler Chartres. Alors que des renforts anglais de Normandie et bourguignons de Paris viennent à la rescousse à Chartres[3], le dauphin veut sécuriser la route menant vers Paris via la ville de Gallardon pour couper la ligne de communication et d'éventuels renforts[4],[LMG 2].

Gallardon étant une ville fortifié avec un donjon (Tour de l'Épaule) et servant d'avant-poste, le dauphin Charles amène une armée importante pour l'assiéger avant d'envoyer le gros des troupes sur Chartres[3],[2].

Déroulement

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Arrivée du dauphin

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Le [5], le dauphin Charles arrive avec son armée sous les murs de Gallardon[6]. Des renforts bourguignons étaient venus renforcer la garnison de la ville, qui est sous la défense du capitaine et bailli nommé Le Rousselet venu de Paris, et assisté par Gilles Cousin, avocat de Chartres[5],[2],[1].

Plusieurs tentatives ont eu lieu de l'armée assiégeante de sommer l'armée bourguignonne et ses habitants de se rendre mais toutes ont été refusées[3]. Le siège est installé sous les ordres d'un capitaine breton du nom de Charles de Montfort[4],[5].

Plan de Gallardon en 1750 avec ses remparts toujours présents à cette époque

Brèche

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Deux jours après l'arrivée de l'armée, le soir du [7] une fissure est créée[style à revoir] dans le rempart de la ville libérant un passage menant à l'intérieur où l'armée dauphinoise prend d'assaut immédiatement[5].

Une lutte générale se déroule dans la ville où la garnison est mise en déroute, en moins d'un quart d'heure d'après le dauphin Charles dans une lettre[7], jusqu'au château pour s'y réfugié[2]. Le reste de la garnison et de la milice capturées dans la ville ont été exécutées comme traitres[3].

Siège du château

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Tour de l'Épaule de Gallardon, restes du donjon.

Le capitaine Le Rousselet et son assistant Gilles Cousin se sont retranchés avec le reste de la garnison dans le donjon du château de Gallardon[2],[8].

Le lendemain, le , le dauphin Charles fait rédiger une lettre adressé aux habitants de Tours sur l'évolution de la campagne militaire en mentionnant Gallardon. Il explique la destruction totale apporté dans le siège et qu'il doit être un exemple[3] pour tous ceux qui se refusent à l'obéissance, il appelle les habitants à venir aider son armée en apportant du ravitaillement[7].

Pendant ce siège, un assaut est donné sur le château, le seigneur et capitaine breton Charles de Montfort se fait tuer[5] par un tir d'arbalète[4],[9],[10].

Église de Gallardon.

L'armée assiégeante étant en colère, il pille la ville[3] et massacre la population dont ceux qui s'étaient réfugiés dans l'église[5],[4] et menaçant brutalement la destruction totale du château sur ordre du dauphin [6].

La garnison avec le capitaine se rendent à l'armée assiégeante après avoir été emporté d'assaut[2]. La garnison est défaite et le capitaine Le Rousselet avec Gilles Cousin sont tous deux décapités par le dauphin[5],[2].

Conséquences

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Après la prise totale de la ville, le dauphin Charles met en place la destruction du château avec le travail de sape des fondations : un tunnel étayé est creusé jusque sous les fondations. Le feu est mis aux étais laissant ainsi s’écrouler le bâti[6].

La mise en place du siège complet de Chartres peut commencer à la fin de juin après la sécurisation de la région, la ville étant sous la défense des soldats anglo-bourguignons du capitaine Jean, bâtard de Thiant, un capitaine bourguignon connu pour avoir participé à la défense de Senlis et Rouen entre 1418 et 1419[3] lors de la guerre de Cent Ans.

Cependant, après la tentative sur Chartres, Gallardon a été reprise par les anglo-bourguignons pendant la retraite des dauphinois[LMG 2].

Après une tentative de siège en 1442 par les Chartrains (Chartres a été reprise en 1432[11]), c'est en 1443 que la ville et le château ont été repris aux Anglais par les troupes du comte de Dunois, Jean de Dunois, qui le détruisent entièrement donnant sa forme actuelle[12]. Le château a été soumis à des tirs de bombardes tellement puissants que la plus grande partie des murs ont été abattus et la tour a été minée.

Notes et références

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  • Bertrand Schnerb, Armagnacs et Bourguignons - La maudite guerre 1407-1435, Perrin, (lire en ligne)
  1. Schnerb 2009, p. 179.
  2. 1 2 3 Schnerb 2009, p. 225.
  • Autres Références
  1. 1 2 Doublet de Boisthibault, L'ÉPAULE DE GALLARDON (EURE-ET-LOIR), Revue Archéologique, (lire en ligne), p. 417
  2. 1 2 3 4 5 6 7 Louis-Joseph Fret, Antiquités Et Chroniques Percheronnes, Ou Recherches Sur L'Histoire Civile, Religieuse, Monumentale, Politique Et Littéraire, De L'Ancienne Province Du Perche, Et Pays Limitrophes, Glaçon, (lire en ligne)
  3. 1 2 3 4 5 6 7 Jonathan Sumption, Hundred Years War Vol 4, Faber & Faber, (lire en ligne), p. 78%
  4. 1 2 3 4 Valérie Toureille, Azincourt, (lire en ligne), p. 21
  5. 1 2 3 4 5 6 7 Vallet de Viriville, Histoire de Charles VII, roi de France, et de son époque, (lire en ligne), p. 268 - 269
  6. 1 2 3 Françoise Ramon, Département d’Eure-et-Loir, commune de Gallardon, (lire en ligne), p. 104
  7. 1 2 3 Dauphin Charles, Lettre de Charles, dauphin de Viennois, futur Charles VII, aux habitants de Tours pour les tenir informés de l’évolution de la situation face aux Anglais, (lire en ligne)
  8. [https://plu.france-cadastre.fr/plu/28168_PL/Pieces_ecrites/1_Rapport_de_presentation/28168_rapport_20170330.pdf Ce donjon complétait le système de défense général du château fortifié et de l’enceinte féodale, avec cinq portes, ses murailles, ses  fossés et ses douves, dont l’ensemble avait une superficie de 9 800 m2.]
  9. Dans une source plus ancienne, d'après l'historien Pierre Hyacinthe Morice, Charles de Montfort s'est fait grièvement blesser par un boulet de canon et a ensuite été emmené en charrette à Orléans où il meurt le 18 juillet 1421. Son corps aurait été emmené à l'abbaye de Saint-Jacque-de-Monfort et inhumé devant le grand autel, à droite dans l’église, près de la tombe de sa mère, Jeanne de Kergorlay www.google.fr/books/edition/Memoires_pour_servir_de_preuves_a_l_hist/ttlOAAAAcAAJ?hl=fr&gbpv=1&pg=RA1-PA1097&printsec=frontcover
  10. J.Forest ainé, Revue de Bretagne et de Vendée, (lire en ligne), p. 420
  11. portail.biblissima.fr/ark:/43093/ifdatae9f4078ab28534f25754f7a952dbfb1757e42ab8
  12. « Tour dite de L’Épaule », notice no PA00097119, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Mérimée, ministère français de la Culture.

Annexes

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Bibliographie

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  • Bertrand Schnerb, Armagnacs et Bourguignons - La maudite guerre 1407-1435, Perrin, (lire en ligne)
  • Jonathan Sumption, Hundred Years War Vol 4, Faber & Faber, (lire en ligne)
  • Valérie Toureille, Azincourt, (lire en ligne)
  • Doublet de Boisthibault, L'Épaule de Gallardon (Eure-et-Loir), Revue Archéologique, (lire en ligne)
  • Louis-Joseph Fret, Antiquités et chroniques percheronnes, ou Recherches sur l'histoire civile, religieuse, monumentale, politique et littéraire, de l'ancienne province du Perche, et pays limitrophes, Glaçon, (lire en ligne)
  • Vallet de Viriville, Histoire de Charles VII, roi de France, et de son époque, (lire en ligne)

Articles connexes

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Liens externes

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