Smenkhkarê Imyramesha

pharaon

Smenkhkarê Imyramesha est un roi de la XIIIe dynastie.

Smenkhkarê Imyramesha
Image illustrative de l’article Smenkhkarê Imyramesha
Statue de Smenkharê au musée égyptien du Caire.
Période Deuxième Période intermédiaire
Dynastie XIIIe dynastie
Fonction principale Roi
Prédécesseur Ouserkarê Khendjer
Successeur Sehotepkarê Antef IV

Attestatons

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Attestations contemporaines

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Le roi n'est connu de manière certaine que par trois documents contemporains[1],[2].

Les deux principales attestations sont une paire de colosses dédiés à Ptah Celui qui est au sud de son mur, Seigneur d'Ânkhtaouy (rsy-snb=f nb ˁnḫ-tȝ.wy), une épithète memphite indiquant que les statues doivent avoir été installées à l'origine dans le temple de Ptah à Memphis[1],[3],[4]. Les colosses ont ensuite été usurpés par Aqenenrê Apopi, dirigeant Hyksôs de la XVe dynastie, qui a fait inscrire son nom sur l'épaule droite de chaque statue avec une dédicace à Seth, Seigneur d'Avaris et a fait placer les statues à Avaris. Plus tard, les colosses ont été déplacés à Pi-Ramsès par Ramsès II, qui a également fait inscrire son nom sur les colosses, ainsi qu'une nouvelle dédicace à Seth. Enfin, les statues ont été déplacées à Tanis au cours de la XXIe dynastie où les colosses sont restés jusqu'aux fouilles de 1897 sous la direction de Flinders Petrie[5]. Les deux statues se trouvent maintenant au Musée égyptien du Caire et portent les numéros JE 37466 et JE 37467[1],[3].

La seule autre attestation contemporaine de Smenkhkarê Imyramesha est une perle de stéatite blanche portant l'inscription Le bon dieu, Smenkhkarê, bien-aimé de Sobek, Seigneur de Shedyt. La perle se trouve actuellement au British Museum, sous le numéro BM EA74185[6],[1],[3],[4]. Bien que la provenance de la perle soit inconnue, les égyptologues Darrell Baker et Kim Ryholt proposent que la référence à Shedyt sur la perle pourrait indiquer que la perle provient de cet endroit[1],[4].

Enfin, W. Davies a proposé que le torse d'une statuette découverte dans les ruines d'une pyramide de la XIIIe dynastie au sud de Saqqarah et datant d'un proche successeur de Khendjer pourrait appartenir à Smenkhkarê Imyramesha. Le fragment n'est cependant pas inscrit et l'identification par Davies du propriétaire de la statuette comme étant ce roi est basée uniquement sur des conjectures[4],[7]. La statuette se trouve actuellement au Musée égyptien du Caire, JE 54493.

Attestations ultérieures

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Smenkhkarê Imyramesha est également attesté sur le Canon royal de Turin (7.21), sous son nom : [Smenkh]karê Imyramesha[8],[9].

Une statue de Smenkhkarê Imyramesha photographiée par Flinders Petrie lors des fouilles de Tanis en 1897.

Le nom d'Imyramesha est un nom bien attesté en usage pendant la Deuxième Période intermédiaire et signifie Commandant des troupes ou Général. Pour cette raison, il a été supposé sans autre preuve qu'Imyramesha était un général avant de devenir roi. À la suite de cette hypothèse, les égyptologues Alan Gardiner et William Hayes ont traduit le nom inscrit sur le Canon royal de Turin se référant à Smenkhkarê Imyramesha par Smenkhkarê le Général, c'est-à-dire comprenant Imyramesha comme un titre plutôt qu'un nom[4]. Jürgen von Beckerath propose qu'Imyramesha était d'origine étrangère et avait un nom étranger qui ne pouvait être compris par les Égyptiens et il s'est donc fait connaître par son titre militaire[10]. Kim Ryholt, à la suite de Stephen Quirke, penche plutôt vers un nom traditionnel dans la famille du roi car le nom est présent de manière occasionnel pour des personnes extérieures à la famille royale[11]. Ainsi, les chercheurs ont suggéré qu'il pourrait être arrivé au pouvoir en orchestrant un coup d'État militaire contre son prédécesseur[4].

Baker et Ryholt contestent cette hypothèse. Ils soulignent l'absence de preuves d'un coup d'État militaire, car on ne peut exclure une usurpation par des moyens politiques. En outre, ils notent que Smenkhkarê Imyramesha était un nom personnel occasionnel à l'époque. Des noms communs similaires basés sur des titres incluent Imyrikhou (littéralement gardien de bétail), Imyreper (intendant) et Imyrekhenret (gardien de l'enceinte)[11]. Pour ces raisons, Stephen Quirke, Kim Ryholt et Darrell D. Baker suggèrent que le nom d'Imyramesha pourrait simplement refléter une tradition familiale, Ryholt ajoutant par ailleurs que ce nom pourrait indiquer une famille ayant un passé militaire[4],[12],[11]. Kim Ryholt, Smenkhkarê Imyramesha n'a pas utilisé de nom de filiation (théorie qui n'est pas acceptée par l'ensemble de la communauté scientifique [13]), ce qui voudrait dire qu'il n'était pas apparenté à ses prédécesseurs et n'était donc pas de naissance royale[14].

Julien Siesse conteste la possibilité d'une tradition familliale car les premières occurrences du nom chez les particuliers semblent dater de la période qui suit le règne d'Imyramesha, ce qui pourrait signifier qu'ils aient été nommés en l'honneur du roi. Ainsi, Julien Siesse penche plutôt pour un titre de fonction que le roi a occupée avant sa montée sur le trône, comme Ougaf, proche prédécesseur d'Imyramesha et peut-être attesté par un scarabée datant de la période avant sa montée sur le trône où il est qualifié de général[3].

Durée du règne

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La durée exacte du règne de Smenkhkarê Imyramesha est en grande partie perdue dans une lacune du Canon royal de Turin et ne peut être retrouvée, sauf pour la fin : [et] 4 jours. Ryholt propose que les règnes combinés de Smenkhkarê Imyramesha et de ses deux successeurs Sehotepkarê Antef IV et Meribrê Seth s'élèvent à environ dix ans. Un autre élément de preuve concernant le règne d'Imyramesha se trouve dans le Papyrus Boulaq 18 qui rapporte, entre autres, la composition d'une famille royale comprenant dix sœurs du roi, un nombre indéterminé de frères du roi, trois filles du roi, un fils nommé Redienef et une reine nommée Aya. Même si le nom du roi est perdu dans une lacune, l'analyse du papyrus par Ryholt ne laisse que Smenkhkarê Imyramesha et Sehotepkarê Antef comme possibilités[15], ce qui est significatif car le papyrus rapporte deux dates pour ce roi : Année 3 et Année 5. De plus, une date 5e année, 4e mois du Chémou, 18e jour est connue à partir de la pyramide inachevé voisine de celle de Khendjer, pyramide qui pourrait donc avoir été construit par la même personne, peut-être Smenkhkarê Imyramesha[15].

Début et fin de règne

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Les circonstances exactes du début et de la fin du règne de Smenkhkarê Imyramesha sont inconnues, mais, selon Ryholt et sa théorie des « noms filiaux », le fait qu'Imyramesha et son successeur Sehotepkarê Antef IV n'ont pas utilisé de « noms filiaux » indique peut-être une naissance non royale[14]. Par conséquent, Ryholt propose qu'Imyramesha puis Sehotepkarê Antef aient pu usurper le trône[16]. Julien Siesse s'oppose à cette théorie des noms filiaux (il souligne que les noms doubles étaient courants à cette époque[13]), les noms des rois ne disent donc rien des relations entre ceux-ci, et on ne peut donc conclure à des usurpations. De plus, il constate qu'un fils royal nommé Antef est attesté par trois scarabées datés de la période de son règne ; Siesse suggère donc qu'il pourrait être le fils d'Imyramesha, même s'il reconnaît que le nom Antef est courrant à cette époque[3].

Titulature

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Notes et références

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  1. 1 2 3 4 5 Ryholt 1997, p. 342.
  2. Siesse 2019, p. 380.
  3. 1 2 3 4 5 Siesse 2019, p. 135.
  4. 1 2 3 4 5 6 7 Baker 2008, p. 134.
  5. Petrie 1897, p. 209-210.
  6. (en) « BM EA74185 »
  7. Davies et Turner 1981.
  8. Ryholt 1997, p. 73 et 342.
  9. Siesse 2019, p. 27 et 380.
  10. von Beckerath 1964, p. 52.
  11. 1 2 3 Ryholt 1997, p. 221-222.
  12. Quirke 1991, p. 131.
  13. 1 2 Siesse 2019, p. 65-67.
  14. 1 2 Ryholt 1997, p. 208-209.
  15. 1 2 Ryholt 1997, p. 194.
  16. Ryholt 1997, p. 284.

Bibliographie

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  • (en) K. S. B. Ryholt, The Political Situation in Egypt during the Second Intermediate Period, c. 1800–1550 BC, Copenhague, Museum Tusculanum Press, , 463 p. (ISBN 87-7289-421-0, lire en ligne) ;
  • Julien Siesse, La XIIIe dynastie : Histoire de la fin du Moyen Empire égyptien, Paris, Sorbonne Université Presses, coll. « Passé Présent », (ISBN 9791023105674) ;
  • (en) Darrell D. Baker, The Encyclopedia of the Pharaohs : Volume I : Predynastic to the Twentieth Dynasty 3300–1069 BC, Stacey International, , 587 p. (ISBN 978-1-905299-37-9) ;
  • (en) Jürgen von Beckerath, Untersuchungen zur politischen Geschichte der zweiten Zwischenzeit in Ägypten, Glückstadt,  ;
  • (en) Stephen Quirke, Middle Kingdom Studies, New Malden, Surrey, SIA publishing, (ISBN 9781872561028) ;
  • (en) William Matthew Flinders Petrie, A history of Egypt from the earliest times to the 16th dynasty, (lire en ligne) ;
  • (en) W. V. Davies et I. K. Turner, « A royal statue reattributed », British Museum, no 28, .