Soajo
Soajo est une ville portugaise, chef-lieu de la Freguesia de Soajo, au sein de la municipalité d'Arcos de Valdevez, dans le district de Viana do Castelo, sous-région de l'Alto Minho, dans la région Nord.
| Soajo | |
Héraldique |
Drapeau |
La ville de Soajo. | |
| Administration | |
|---|---|
| Pays | |
| Région | Nord |
| Sous-région | Alto Minho |
| District | Viana do Castelo |
| Concelho | Arcos de Valdevez |
| Code postal | 4970 |
| Démographie | |
| Gentilé | Soajeiros |
| Population | 670 hab. (2021) |
| Densité | 11 hab./km2 |
| Géographie | |
| Coordonnées | 41° 52′ 29″ nord, 8° 15′ 51″ ouest |
| Altitude | Min. 300 m Max. 726 m |
| Superficie | 59,1 km2 |
| Fuseau horaire | Portugal |
| Localisation | |
| Liens | |
| Site web | https://jf-soajo.pt/ |
| modifier |
|
Soajo se situe dans la partie nord-ouest de la province historique du Minho.
Soajo est mentionné dans de nombreux registres et textes medievaux, en tant que municipalité, dès 1258. Entre 1514 et 1852, Soajo fût ville et chef-lieu d'une municipalité. Cette municipalité regroupait les paroisses d'Ermelo, de Gavieira et de Soajo. Elle comptait en 1849, peu avant sa dissolution, 3 159 habitants. En 1960, Soajo a connu son nombre maximum d'habitants avec 2 977 habitants recensés au sein de la ville.
Histoire
modifierMoyen-Âge
modifierLa municipalité de Soajo est mentionnée dans les Enquêtes générales de 1258, ordonnées par le roi Afonso III. De même le Rol dos Besteiros do Couto, daté du règne de Afonso III, ou de celui de Dinis Ier, fait référence à Soajo. Toujours en 1283, durant le règne de Dinis Ier, on trouve un document concernant une solution de litige qui a eu lieu dans la municipalité de Soajo.
En 1320, dans le registre des églises situées entre les fleuves Lima et Minho, que le roi Dinis Ier a fait organiser pour déterminer la taxe à payer par les églises du nord. Saint Martin de Soajo a été taxée à hauteur de 200 livres.
En 1388, au début du règne de João Ier, l’abbé de la paroisse d’Ermelo, alors commune de Soajo, s’adresse au roi en affirmant : « Le monastère d’Ermelo a été construit par D. Teresa, dans le Julgado de Soajo. » En 1401, João Ier confirme l'interdiction aux nobles, dans la continuité d'une décision royale antérieure, de vivre sur la terre et dans le Julgado de Soajo, à la demande des conseillers municipaux de Soajo[3].
Temps modernes
modifierEn 1546, dans le registre de l’évaluation des avantages ecclésiastiques appartenant à la comarque de Valença, l’archevêque D. Manuel de Sousa, l'église Saint Martin de Soajo figure, au sein de la municipalité de Soajo, avec en annexe l'église du Saint Sauveur de Gavieira, avec une rente de 60 000 réis.
Dans la copie de 1580 du recensement de D. Frei Baltasar Limpo, il est mentionné que l'église Saint Martin de Soajo était sous patronnage royal. Elle était rattachée au monastère bénédictin d’Ermelo, qui a disparu au XVIe siècle à l’initiative de l’archevêque de Braga, D. Frei Bartolomeu dos Mártires. À cette occasion, fut fondée la Collégiale de Ponte de Lima, à laquelle le roi Sebastião Ier assigna le tiers des revenus de l’église de Saint Martin de Soajo et de sa dépendance, l'église du Saint Sauveur de Gavieira.
Des documents du début du XVIIe siècle mentionnent déjà Soajo en tant que ville, dans la même période est bâti le Pelourinho de Soajo, le pelourinho (colonne de pierre ornée) étant le symbole de la dignité municipale pour les villes pouvant se réclamer de se statut.
En 1782, est édifié le premier espigueiro de Soajo toujours visible aujourd'hui, bien que l'usage de l'espigueiro à Soajo soit très largement antérieur à cette date.
Révoltes du XIXe siècle
modifierSuite à la victoire des libéraux lors de la guerre civile, les réformes politiques engendrèrent le mécontentement dans les régions les plus conservatrices, et la municipalité de Soajo, alors existante, fut même dissoute entre 1836 et 1837[4]. Les réformes imposées par le cabralisme menèrent en 1846 à la révolte de Maria da Fonte, qui se propagea dans tout le Nord. Le , les habitants de Soajo lancèrent de violentes attaques contre l'administration de d'Arcos de Valdevez : « ils entrèrent armés […] dans le but de contraindre les autorités et les anciens employés déjà suspendus à quitter la ville où […] ils menaçaient de les arrêter et de les assassiner si, dans les 24 heures, les nouvelles autorités ne leur ordonnaient pas de quitter la municipalité. » [5]
Non apaisés par la fin de la révolution, les habitants de Soajo manifestaient depuis 1851 leur opposition à leur conseil municipal, et plus particulièrement à son chef, António Pereira de Amorim. Dans la nuit du 13 au , une bande fit irruption dans les domiciles de plusieurs administrateurs et les agressa. Même les victimes refusèrent de témoigner contre leurs compatriotes, la situation s'enlisa, mais les débordements qui paralysèrent le fonctionnement normal de l'organe municipal entraînèrent la dissolution du conseil. Le , le gouverneur civil de Viana do Castelo décide l'envoi d'une force militaire de 80 hommes à Soajo pour rétablir une situation de paix[4].
Dans le contexte des nouvelles réformes fiscales qui allaient mener au soulèvement de , le nord rural connut de nouveau des révoltes. Ce fut le cas à Soajo où, en avril de cette année-là, menés par un "Brésilien" et le conseil local, des centaines d'habitants des montagnes, armés de piques, de faucilles et de fusils à silex, se soulevèrent contre ceux qui « dilapidaient l'argent de la nation » : non seulement le gouvernement de Lisbonne, mais aussi les administrations régionales d'Arcos de Valdevez et Ponte da Barca, soupçonnées d'exproprier des terres à Soajo. Ils projetèrent de rendre l'impôt impossible en incendiant les archives municipales. Arrivés à Arcos de Valdevez, ils négocièrent un accord avec les autorités. Une fois la situation apaisée, ils retournèrent à Soajo. Ponte da Barca, de son côté, s'était fortifiée par précaution avec du matériel datant de la guerre civile, mais les soajeiros étaient déjà en route pour rentrer chez eux[6].
Démographie
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| ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Âge | 0-14 ans | 15-24 ans | 25-64 ans | > 65 ans |
|---|---|---|---|---|
| 2001 | 95 | 95 | 547 | 422 |
| 2011 | 76 | 47 | 414 | 449 |
| 2021 | 36 | 34 | 244 | 356 |
Élections
modifierConseil paroissial
modifier| Date | % | M | % | M | % | M | % | M | % | M | % | M |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| PPD/PSD | PS | APU / CDU | CDS-PP | AD | IND | |||||||
| 1976 | 48.2 | 6 | 22,8 | 2 | 14.9 | 1 | 7.3 | - | ||||
| 1979 | AD | 19.6 | 2 | 14.3 | 2 | AD | 61.0 | 9 | ||||
| 1982 | 43.1 | 6 | 9.2 | 1 | 27.2 | 4 | 14.4 | 2 | ||||
| 1985 | 41,9 | 4 | 2.8 | - | 40.2 | 4 | 9.3 | 1 | ||||
| 1989 | 29.2 | 3 | 23.3 | 2 | 37.0 | 4 | 5.9 | - | ||||
| 1993 | 37,8 | 4 | 10.3 | 1 | 45.0 | 4 | 3.3 | - | ||||
| 1997 | 42.2 | 4 | 15.6 | 1 | 38,9 | 4 | ||||||
| 2001 | 61.2 | 6 | 5.2 | - | 30.4 | 3 | ||||||
| 2005 | 65,6 | 7 | 18.2 | 1 | 11.6 | 1 | ||||||
| 2009 | 57,5 | 6 | 12.0 | 1 | 6.7 | - | 21,5 | 2 | ||||
| 2013 | 34.3 | 3 | 14.2 | 1 | 46.2 | 5 | ||||||
| 2017 | 40.2 | 4 | 21.4 | 2 | 32.3 | 3 | ||||||
| 2021 | 64,5 | 6 | 31.03 | 139 | ||||||||
Patrimoine
modifierPatrimoine matériel
- Le Pelourinho de Soajo, classé monument national part décret du .
- Les Espigueiros de Soajo, classé bien d'intérêt public par décret de 1983.
- L'église São Martinho de Soajo,


Patrimoine immatériel
Notes et références
modifier- ↑ (pt) « Lei n.º 52/2009, de 5 de agosto », diariodarepublica.pt (consulté le )
- ↑ (pt) Público, « Portugal tem cinco novas cidades e 22 vilas » [archive du ] (consulté le )
- ↑ (pt) « História | Freguesia de Soajo » (consulté le )
- 1 2 (pt) Alexandra Patrícia Lopes Esteves, Conflito e resistência popular contra as elites locais no soajo oitocentista, Viana do Castelo, Centro de Estudos Regionais (CER), (lire en ligne)
- ↑ (pt) « Leis velhas, direitos novos: política popular e politização na revolta da Maria da Fonte », Claves. Revista De Historia., , p. 83 (ISSN 2393-6584, DOI 10.25032/crh.v4i6.194, lire en ligne)
- ↑ (pt) Dabelmireau, « Revolta dos Suajenses », Pero Gallego, Viana do Castelo, agosto de 1882, p. 1-3 (lire en ligne)