Soleil vert (roman)

Roman de science-fiction de Harry Harrison publié en 1966

Soleil vert (titre original : Make Room! Make Room!) est un roman de science-fiction de Harry Harrison publié aux États-Unis en 1966 puis traduit en français par Emmanuel de Morati et publié en 1974 aux Presses de la Cité. Une nouvelle traduction de Sébastien Guillot est publiée en 2014 par J'ai lu dans la collection Nouveaux Millénaires.

Soleil vert
Auteur Harry Harrison
Pays Drapeau des États-Unis États-Unis
Genre Roman
Science-fiction
Dystopie
Version originale
Langue anglais américain
Titre Make Room! Make Room!
Éditeur Doubleday
Lieu de parution New York
Date de parution 1966
Nombre de pages 213
Version française
Traducteur Emmanuel de Morati
Éditeur Presses de la Cité
Collection Futurama
Lieu de parution Paris
Date de parution 1974
Type de média livre papier
Nombre de pages 192

Une adaptation cinématographique sort en 1973 ; le film, réalisé par Richard Fleischer, porte le même intitulé. Si le roman est principalement centré sur la surpopulation et le danger de l’explosion démographique, la version cinématographique se focalise surtout sur le secret de fabrication de la nourriture et sur un système officiel d'euthanasie, éléments du récit qui ne sont pas dans l'histoire originale.

Résumé

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Remarque : le résumé qui suit est fondé sur la traduction d'Emmanuel de Morati pour les publications du roman en France de 1974 à 2014, notamment aux Presses de la Cité et chez Pocket.

Après un prologue d'une page qui évoque la surpopulation et la consommation frénétique des ressources naturelles, le roman est composé d'une première partie comportant 15 chapitres, puis d'une seconde partie comportant 12 chapitres.

Première partie

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On est en [1], dans la ville de New York surpeuplée qui compte 35 millions d'habitants. Andy Rusch, inspecteur de police de 30 ans, vit dans une pièce d'un logement étriqué qu'il partage avec Salomon Kahn, dit « Sol », un ingénieur à la retraite. Lorsque Andy fait la queue pour leur ration d'eau qui ne cesse de diminuer, il assiste à un discours public des Eldsters, des personnes âgées mises à la retraite d'office. Une émeute éclate lorsqu'un magasin d'alimentation voisin propose une vente surprise de steaks « soylent » (soja et lentilles). Le magasin est pillé par la foule (chapitre 1).

Pendant l'émeute, Billy Chung, 18 ans, un Américain d'origine chinoise, s'empare d'une boîte de steaks de soylent. Il en mange une partie et vend le reste afin de réunir assez d'argent pour trouver un emploi de messager de la Western Union. Sa première livraison le conduit dans un immeuble d'habitation fortifié, doté des rares luxes de la climatisation et de l'eau courante pour les douches. Il livre son message à Michael « Mike » O'Brien, un racketteur en accointance avec la mafia locale. Billy aperçoit Shirl Greene, 23 ans, la maîtresse de Mike, allongée sur le lit (chapitre 2).

Après avoir quitté l'appartement, Billy Chung s'organise pour pouvoir rentrer à nouveau dans l'immeuble plus tard sans être vu. Il s'introduit ainsi chez Mike afin de commettre un cambriolage et envisage l'espoir de revoir Shirl, alors absente, mais lorsque Mike le surprend en flagrant délit de tentative de vol, Billy le frappe à la tempe avec le pied-de-biche et quitte précipitamment l’appartement sans rien avoir volé. Son forfait n'a eu aucun témoin et il a quitté les lieux sans être vu et regagne son logement dans le bateau qui l'héberge, sur l'Hudson (chapitres 3 et 4).

On a retrouvé les empreintes digitales du voleur, ce qui permet d'écarter de la liste des suspects Shirl et Tab (le garde du corps de Mike). L'affaire semble donc être un cambriolage qui a mal tourné. Mais on a aussi trouvé, près du soupirail de la cave par où est entré l'agresseur, un cœur dessiné sur le mur. Ce qui semble n'être qu'un détail met en alerte la mafia locale : est-ce le signe d'une tentative de Nick Cuore (dont le nom signifie « cœur » en italien), le gangster de Newark, de s'implanter à New York ? Les mafieux locaux invitent l'un des leurs, le juge Santini, à superviser l'enquête : il ne s'agit pas de déterminer « qui » a tué O'Brien, mais de savoir « pourquoi ». Le juge Santini contacte l'inspecteur Andy Rusch et lui demande de poursuivre l'enquête. Andy interroge une nouvelle fois Shirl, à qui la sœur du défunt a donné un délai expirant à la fin du mois d'août pour quitter le logement. Andy éprouve une certaine attirance pour la jeune femme, qui éprouve un sentiment réciproque à son égard. Ils finissent par avoir une relation sexuelle (chapitres 5 à 8).

Andy continue son enquête. Il découvre que le jour des faits, un coursier ayant un visage chinois s'était présenté pour remettre un message à O'Brien. Il réussit à déterminer l'identité de ce coursier (William « Billy » Chung) et à retrouver ses empreintes digitales. Bingo, les empreintes digitales de Billy et celles du cambrioleur sont les mêmes. Une perquisition à l'adresse de Billy connue de la police échoue de peu à l'interpellation : voyant la police perquisitionner le bateau dans lequel il habite, il s'en échappe de justesse. Billy sait désormais que son identité est connue et que son arrestation est, sans être certaine, du moins possible. Concernant Andy et sa nouvelle amie, Shirl déménage du domicile d'O'Brien et emménage chez Andy, sur la proposition de celui-ci (chapitres 9 à 12).

Shirl fait la connaissance de Salomon Kahn, dit « Sol ». Celui-ci a adapté un vélo pour produire de l'énergie pour un vieux téléviseur et un réfrigérateur. Andy est déjà parti pour le travail. Plus tard, il passe au logement en coup-de-vent : il demande à Sol et à Shirl de remplir immédiatement le maximum de jerrycans et de gourdes avec de l'eau de la fontaine. Sol et Shirl obtempèrent, et au moment où le second jerrycan est rempli, on apprend que l'eau est désormais encore plus rationnée qu'avant : toute distribution d'eau est interdite jusqu'à nouvel ordre. Pendant ce temps, Billy Chung, pour échapper à la capture, quitte Manhattan et, arrivé à Brooklyn, s'introduit dans le Brooklyn Navy Yard abandonné. Il y fait la connaissance de Peter, un extrémiste et millénariste chrétien qui attend avec impatience l'arrivée de l'An 2000 et la fin du monde concomitante annoncée dans l'Ancien Testament (chapitres 13 à 15).

Seconde partie

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Six semaines ont passé. On est en . La liaison d'Andy et Shirl a évolué : Shirl est déçue du peu de temps qu'Andy, surmené, peut lui consacrer. Au rationnement de la nourriture puis de l'eau s'est rajouté le rationnement de l'électricité. Un matin, en revenant de la corvée d'eau, Shirl est attaquée par des adolescents qui veulent voler son jerrycan d'eau et celle de sa voisine ; cette dernière les fait fuir. Plus tard, les policiers sont réunis : on attend des émeutes le lendemain, lorsque les gens connaîtront les nouvelles mesures de restrictions. Quand Andy rentre tard le soir au logement, alors qu'il est blessé aux yeux par suite des gaz lacrymogènes projetés sur les émeutiers, il découvre que Shirl a découché. Il apprend qu'elle a passé la nuit avec un homme qui lui a payé un bon repas. Le jour d'après, en l’absence d'Andy parti au travail, Sol révèle à Shirl ses pensées malthusiennes : la population a augmenté plus rapidement que la croissance de nourriture ; il faut instaurer la régulation des naissances, empêcher l'augmentation infinie de la population et même envisager à long terme la décroissance démographique. Il décide de se rendre à une manifestation anti-gouvernementale. Le soir, Andy le ramène : Sol est blessé, il a la hanche cassée, et cela est assez grave pour un homme de 75 ans (chapitres 1 à 4).

On est en . Billy Chung et Peter sont délogés de leur refuge à Brooklyn par une famille qui porte des armes. Ils trouvent à se loger dans une vieille voiture abandonnée. Quelques jours après, Billy en a assez de la promiscuité avec Peter. Supposant que la police a abandonné toute traque à son égard, il se sépare de Peter et retourne voir sa sœur à Manhattan. Pendant ce temps, l'état de Sol a empiré. Refusé de l'hôpital bondé, il est retourné dans sa chambre. Il est soigné par Shirl qui reçoit des bons de nourriture supplémentaires en sa qualité de garde-malade. Mais Sol vient d'attraper une pneumonie aiguë. Sa santé décline rapidement et il meurt. Le lendemain de sa mort, les époux Belicher se présentent : ils bénéficient d'un « ordre de récupération » qui leur permet de résider avec leurs sept enfants dans la chambre de Sol. La situation devient vite intenable pour Andy et Shirl (chapitres 5 à 8).

Shirl enjoint à son compagnon de trouver une solution très rapidement ; Andy lui répond qu'il y pensera le soir, à son retour. Grâce à un indicateur, on vient de localiser Billy Chung au domicile de sa sœur, et le commissaire de police lui a ordonné de s'y rendre. Quand il arrive au domicile de la famille Chung, il se trouve nez-à-nez avec Billy. Ce dernier sort un coutelas et Andy, pour l'intimider, tire une balle en direction du parquet. Mais Billy, qui s'est baissé, prend la balle en pleine tempe, mourant sur le coup. Lorsque Andy rentre très tard à la chambre, c'est pour découvrir que Shirl a quitté définitivement les lieux (chapitre 9).

Lorsque le juge Santini apprend qu'on a retrouvé Billy Chung et que le policier l'a accidentellement tué, il s'en moque : on sait désormais que Nick Cuore n'a jamais eu l'intention de s'implanter à New York et qu'il n'a pas commandité le meurtre d'O'Brien. Il demande qu'on étouffe l'affaire et qu'on sanctionne pour le principe le policier. L'ordre est répercuté et Andy se voit infliger un blâme. Quinze jours après, c'est la nuit du au . Andy est en patrouille à Times Square. Il croise Peter, le millénariste dingue, qui est bouleversé par le fait que la fin du Monde n’a pas eu lieu. Andy entrevoit aussi fugacement Shirl qui sort d'un hôtel de luxe et qui s'engouffre dans un taxi pour personnes de la classe sociale supérieure. La dernière phrase du roman indique une annonce sur un écran lumineux géant situé à Times Square : « Nous sommes 344 millions de citoyens ! Vive le nouveau siècle ! Vive la nouvelle année ! » (chapitres 10 à 12).

Adaptation cinématographique

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Si le roman est principalement centré sur la surpopulation et le danger de l’explosion démographique, sa version cinématographique se focalise surtout sur le secret de fabrication de la nourriture, élément d'intrigue qui n'est pas dans l'histoire originale[N 1],[2].

Par ailleurs le film insiste sur l'euthanasie volontaire (particulièrement celle de Sol) des personnes qui souhaitent mourir, alors que dans le roman, Sol meurt des suites d'une pneumonie aiguë attrapée en raison de son affaiblissement résultant d'une blessure à la hanche à la suite d'une émeute à laquelle il a participé (le thème de l'euthanasie n'est pas abordé dans le roman).

Autour du roman

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Lorsque le roman a été publié en 1966, les États comptaient environ 190 millions d'habitants (le recensement de 1960 faisant état d'une population de 180 millions d'habitants, et le recensement de 1970 estimant la population à 203 millions d'habitants).

Le roman évoque une population de 344 millions d'habitants à la date du .

Selon les statistiques officielles de 2020, les États-Unis comptaient 331 millions d'habitants le .

Éditions

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Notes et références

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  1. Dans le roman, il s'agit pour le « soleil vert » d'un aliment issu d'une synthèse de viande bovine, de soja et de lentilles. Dans le film, il s'agit de chair humaine que l'on fait passer pour du plancton, à une époque où il n'y a plus de plancton dans les océans.

Références

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  1. La date du début du récit est explicitement mentionnée : le lundi 9 août 1999. Le récit se déroule donc trente-trois ans après la publication du roman.
  2. Nicolas Gary, « Boeuf cultivé en laboratoire, nourriture de synthèse : Soleil vert est là », sur Actualitté, (consulté le ).

Voir aussi

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Articles connexes

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Liens externes

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