Escalade en solo intégral
L'escalade en solo intégral, également appelée free solo, est un type d'escalade libre et en solitaire, dans lequel le grimpeur n'utilise aucun système d'assurage (ni corde, ni équipement de protection), alors que ces équipements seraient nécessaires, se fiant uniquement à sa capacité à ne pas chuter[1].

À la différence de la pratique de bloc[2], l'escalade en solo intégral, qui s'effectue au-delà d'une hauteur de sécurité, entraîne toujours des blessures graves ou la mort en cas de chute et nécessite donc un solide équilibre moral et nerveux. La pratique du solo en psicobloc permet de réduire les risques de chute mortelle.
Caractéristiques
modifierDerrière l'exploit, une longue préparation, parfois sur une année, permet de le réaliser notamment avec des repérages[3]. Certains grimpeurs ont une connaissance parfaite de la voie, pour l'avoir parcourue plusieurs fois, avec un enchaînement des longueurs sans interruption privilégiant l'esthétique de l'escalade et des mouvements[pas clair]. D'autres grimpeurs de l'élite mondiale y exposent « une philosophie de l'escalade où se mêlent hédonisme, respect et amour de la nature, dépassement de soi (physique et mental) et goût du risque » (Patrick Edlinger). Il convient de distinguer le solo intégral de l'escalade en solo au cours de laquelle le grimpeur a recours à des procédés d'auto-assurage.
Cas du srambling
modifierLe scrambling (en) est un sport de nature, très prisé aux États-Unis, mêlant randonnée, escalade et alpinisme[4]. Parfois qualifié de randonnée alpine[5], sa définition pourrait être : "satisfaction d’atteindre un sommet loin des foules, sans toutefois recourir à l’équipement ou à l’expertise technique de l’alpinisme ou de l’escalade"[6].
Pratiqué seul ou en groupe, Il ne dépasse normalement pas la classe 4 dans le système de cotation YDS qui en comporte 5[7],[8], à savoir :
passages en escalade facile, parfois exposée, un encordement étant recommandé. Toutefois, certains pratiquants abordent les difficultés 4, voire 5 , sans assurage (assimilable à du solo intégral), prenant le risque de chutes graves à mortelles.
Records et ascensions célèbres
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- :Torre Winkler aux tours du Vajolet (passages de IV+) par Georg Winkler.
- 1911 : face est du Campanile Basso (passages de V) par Paul Preuss
- : première en solo intégral de la Directe Américaine en face ouest des Drus (1 000 m, ED-, 6c) par Christophe Profit (il répétera la voie à plusieurs reprises en 1985 pour le documentaire Christophe de Nicolas Philibert)
- 1985 : Antoine Le Menestrel réalise Revelations (8a) à Raven Tor dans le Peak District[9]
- 1986 : Separate Reality (7a+) par Wolfgang Güllich (avec une célèbre photo de Heinz Zak[10])
- 1987 : ascension solo intégral du Rêve de gosse, (8a+ - Roche des Arnauds) par Jean-Christophe Lafaille. C'est, à l'époque, le plus dur solo jamais réalisé.
- 1989 : ascension en solo intégral de Orange Mécanique (8a), au Cimaï, par Patrick Edlinger.
- 1989 : ascension en solo intégral du Privilège du serpent (7c+) à Céüse par Jean-Christophe Lafaille.
- 1990 : pilier Bonatti en face ouest des Drus par Catherine Destivelle (sauf la fissure des Autrichiens).
- 1991 : La nuit du Lézard (8a+ aléatoire) à Buoux par Alain Robert.
- Octobre 1996 : Pol Pot (7c+) aux Gorges du Verdon par Alain Robert[11].
- 2002 : directissime Brandler-Hasse (500 m, 7a+) à la Cima Grande di Lavaredo par Alexander Huber.
- : Kommunist (8b+) à la Schleierwasserfall par Alexander Huber.
- 2008 : Darwin Dixit (8b+) à Margalef par Dave MacLeod[12].
- : El Sendero Luminoso, à El Toro del Portrero Chicopar (7c+, 760 m), par Alex Honnold.
- : Freerider à El Capitan (7c+, 900m) par Alex Honnold.
- 2017 : Chiaro di Luna en Patagonie (6c) par Brette Harrington (en)[13].
- : Panem et Circenses à Muro di Pizarra (8c, 15 m) près d'Arco en Italie, par Alfredo Webber[14],[15].
- août 2026 : Alfredo Alfredo (7a, 200 m) à Monte Oddeu, en Sardaigne par Aleksandra Taistra[13].
Grimpeurs célèbres
modifierVoir aussi
modifierArticles connexes
modifierBibliographie
modifier- Alex Honnold (trad. de l'anglais), Solo intégral, Paris, Paulsen, , 341 p. (ISBN 978-2-35221-294-2)
- Gilles Chappaz, En solo : Alpinistes et grimpeurs racontent, Grenoble, Glénat, , 336 p. (ISBN 978-2-344-01384-7)
Notes et références
modifier- ↑ Jouty, Odier, Dictionnaire de la montagne
- ↑ La limite entre le solo intégral et le bloc est débattue dans le cas des blocs de grande hauteur (high ball).
- ↑ Sébastien Lopoukhine, « Grimpe ou meurs : les 914 mètres en "solo intégral" d'Alex Honnold », sur France Culture.fr, (consulté le ).
- ↑ https://www.ffrandonnee.fr/s-informer/actualites/le-scrambling-un-sport-entre-randonnee-et-escalade
- ↑ « Le scrambling, un sport entre randonnée et escalade - Fédération Française de la Randonnée Pédestre », sur www.ffrandonnee.fr (consulté le )
- ↑ https://www.espaces.ca/articles/activites/camping-et-randonnee-01/randonnee-pedestre/12353-randonner-jusquau-sommet-une-introduction-au-scrambling
- ↑ Arnaud Houde, « Connaissez-vous le scrambling ? La rencontre entre la randonnée et l'escalade de rochers sans matériel », sur Mapetiterando.fr, (consulté le )
- ↑ Cotation en escalade
- ↑ « Raven Tor, Derbyshire - Peak District, England climbing », sur www.planetmountain.com (consulté le )
- ↑ (en) « Heinz Zak solos Yosemite's Separate Reality », Planetmountain.com, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ Bernard Vaucher , Les Fous du Verdon, Guérin, 2014
- ↑ (en) Jack Geldard, « Dave Macleod - 8c Solo - Interview », Ukclimbing.com, (lire en ligne, consulté le )
- 1 2 Nicolas Mattuzzi, « 200 mètres en solo : Aleksandra Taistra signe l’un des free solos féminins les plus durs de l’Histoire ! », sur PlanetGrimpe, (consulté le )
- ↑ Dominik Osswald, « Entretien avec le grimpeur solo libre Alfredo Webber », La Crux, 2 avril 2021.
- ↑ Bennett Slavsky, Alfredo Webber, Age 52, Free Solos 5.14b, 12 mars 2021, Outside.
- ↑ « Solo, Part I: Alex Honnold - Alpinist.com », sur www.alpinist.com (consulté le )
- ↑ « Solo, Part IV: Alexander Huber - Alpinist.com », sur www.alpinist.com (consulté le )