Silence en musique
Le silence en musique est un moment d'une œuvre musicale où n'est émis aucun son, tout en faisant partie de l'exécution normale du morceau, en étant intégré au discours[1], à la manière de la ponctuation en littérature. Il permet de séparer des motifs pour laisser à l'auditeur le temps de les apprécier[2], de les laisser résonner en lui[3], et également d'attendre, voire d'imaginer, la suite de l'œuvre[4]. Aussi important que le son, il contribue à la structure, au rythme et à l'émotion de la pièce[5]. Dans certaines œuvres classiques, il permet même de dramatiser un motif, par exemple chez Beethoven ou Chopin[6]. Écrit sur la partition le cas échéant, il est matérialisé par un « soupir » (silence d'un temps), une « demi-pause » (silence de deux temps) ou une « pause » (silence durant toute une mesure)[7],[8].

Certaines œuvres l'explorent à part entière, à l'instar de 4′33″, Tacet for any instruments de John Cage[9],[10],[11] et de la Symphonie Monoton-Silence d'Yves Klein[12] ; néanmoins, Cage compose 4′33″ pour nier l'existence du silence en musique[2],[13]. D'après le compositeur Claude Debussy, « la musique est le silence entre les notes »[14].
Notation dans une partition occidentale
modifierComme pour les notes de musique, chaque durée de silence a son symbole :
| Silence | Note équivalente |
|---|---|
| | |
Les soupirs, pauses et demi-pauses peuvent être utilisées sur toutes les partitions (soliste, ensemble, orchestre) et font partie de la ligne mélodique, alors que le tacet est plutôt réservé aux partitions d'ensemble et d'orchestre, et indique le nombre de mesures pendant lesquelles un instrument (ou un pupitre) ne joue pas avec le reste de l'ensemble.
Soupir
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Le soupir est un silence ayant la même durée que la noire.
Le soupir est parfois représenté sous une autre forme : la forme du demi-soupir, mais avec le crochet à droite.
Liste d'œuvres musicales majoritairement ou entièrement silencieuses
modifier- In Futurum d'Erwin Schulhoff (1919)[15]
- 4′33″ de John Cage (1952)
- Symphonie Monoton-Silence d'Yves Klein (1960)
Bibliographie
modifier- Gilles Tremblay, « Silences, silence », Circuit : musiques contemporaines, Les Presses de l'Université de Montréal, vol. 6, no 1, , p. 9–14 (ISSN 1183-1693 et 1488-9692, DOI 10.7202/902116ar, lire en ligne, consulté le )
- analyse commentée dans Marie-Thérèse Lefebvre, « Introduction à la pensée esthétique de Gilles Tremblay à travers ses écrits », Les Cahiers de la Société québécoise de recherche en musique, Société québécoise de recherche en musique, vol. 12, nos 1-2, , p. 31–43 (ISSN 1480-1132 et 1929-7394, DOI 10.7202/1054198ar, lire en ligne, consulté le )
- François Cotinaud, « Le silence se crée, et sécrète de la musique », Sigila, Gris-France, vol. 29, no 1, , p. 31–41 (ISSN 1286-1715, DOI 10.3917/sigila.029.0031, lire en ligne, consulté le )
- https://www.torrossa.com/en/resources/an/3011392
Notes et références
modifier- Cet article est partiellement ou en totalité issu de l'article intitulé « Soupir (musique) » (voir la liste des auteurs).
- ↑ Édith Lecourt, « Au sortir du bruit », Le Journal des psychologues, Martin Média, vol. 261, no 8, , p. 42–44 (ISSN 0752-501X, DOI 10.3917/jdp.261.0042, lire en ligne, consulté le )
- 1 2 Arthur Morisseau, « Les silences dans la musique chez Proust », Quaderni Proustiani, Padova University Press, vol. 17, no Quaderni Proustiani VOL. 17/1, , p. 241–253 (ISSN 2612-6842, lire en ligne, consulté le )
- ↑ Pascal Terrien, « La création musicale ou le travail de l'artiste, plus évolution et adaptation que rupture, plus recherche scientifique qu'artistique. », Ergologia, Société internationale d'ergologie, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ John Stout et Marie-Claire Bancquart, « Entretien avec Marie-Claire Bancquart », Dalhousie French Studies, Dalhousie University, vol. 37, , p. 101–111 (ISSN 0711-8813, lire en ligne, consulté le )
- ↑ https://webges.uv.es/public/uvEntreuWeb/tesis/tesis-3778719-N85F1FL3N5QNJV0R.pdf
- ↑ Claude Dorgeuille, « Polymorphisme du silence », La revue lacanienne, érès, vol. 3, no 1, , p. 51–56 (ISSN 1967-2055, DOI 10.3917/lrl.091.0051, lire en ligne, consulté le )
- ↑ « Le Silence », sur uqac.ca, .
- ↑ Michel Poizat, « Le silence sourd », Protée, Département des arts et lettres - Université du Québec à Chicoutimi, vol. 28, no 2, , p. 7–15 (ISSN 0300-3523 et 1708-2307, DOI 10.7202/030589ar, lire en ligne, consulté le )
- ↑ Sylvain Brétéché, « Vacance(s) musicale(s) : le temps « présent » d’un espace suspendu », Les chantiers de la création. Revue pluridisciplinaire en Lettres, Langues, Arts et Civilisations, Ecole Doctorale Langues, Lettres et Arts de l’Université d'Aix Marseille, no 4, 2011/avr./02 (ISSN 2430-4247, DOI 10.4000/lcc.388, lire en ligne, consulté le )
- ↑ Alain Vanier, « La musique, c'est du bruit qui pense », Insistance, érès, vol. 6, no 2, , p. 13–21 (ISSN 1778-7807, DOI 10.3917/insi.006.0013, lire en ligne, consulté le )
- ↑ Brigitte Karcher, « La médiation musicale et le traitement de la honte », Cliniques méditerranéennes, érès, vol. 93, no 1, , p. 203–220 (ISSN 0762-7491, DOI 10.3917/cm.093.0203, lire en ligne, consulté le )
- ↑ Christine Esclapez, « ”Silence(s)” », Prétentaine, Prétentaine, silences. Mutismes, Mystères, Musiques, vol. 33/34, no Printemps 2018, , p. 265–277 (lire en ligne, consulté le )
- ↑ Valentine Dechambre, « Le silence de la musique », La Cause du Désir, L'École de la Cause freudienne, vol. 121, no 1, , p. 81–89 (ISSN 2258-8051, DOI 10.3917/lcdd.121.0082, lire en ligne, consulté le )
- ↑ Laurent Poliquin, « Cartographier le silence : évolutions poétiques et coloniales dans les récits d’exploration de l’Ouest et du Nord canadien (1730-1890) », Mouvances Francophones, vol. 11, no 2, (ISSN 2371-7211, DOI 10.5206/mf.v11i2.24620, lire en ligne, consulté le )
- ↑ (en-US) Leo Carey, « Sh-H-H », The New Yorker, (ISSN 0028-792X, lire en ligne, consulté le )