Zikhron Moshe ou Zichron Moshe (en (זיכרון משה), « mémoire de Moïse ») est un quartier historique du centre de Jérusalem, en Israël. Il est situé dans le secteur compris entre la rue des Prophètes et la zone de Kikar HaShabbat, à proximité des quartiers de Gueoula, Méa Shéarim et Mekor Baruch.

Fondé au début du XXe siècle, généralement daté de 1905 ou 1906 selon les sources, le quartier porte le nom de Moïse Montefiore. Il fait partie des quartiers juifs créés hors des murailles de la vieille ville de Jérusalem pendant la période ottomane tardive, dans le mouvement d’expansion urbaine de Jérusalem vers l’ouest et le nord-ouest.

Rue du quartier de Zikhron Moshe.

Histoire

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Zikhron Moshe est créé dans les premières années du XXe siècle. Le musée de la Tour de David indique que le quartier fut fondé en 1906 grâce à des fonds liés à la fondation Moïse et Judith Montefiore, et qu’il fut nommé en l’honneur de Moïse Montefiore[1]. L’article hébreu donne pour sa part l’année 1905 ; en raison de cette variation entre les sources, la datation est généralement présentée comme se situant autour de 1905-1906.

Le quartier est associé à un milieu d’enseignants, d’intellectuels et de militants de la culture hébraïque. Parmi les personnalités liées à ses débuts figurent notamment David Yellin, éducateur, linguiste et personnalité publique du Yichouv, ainsi que Yehiel Mikhal Pines. Le musée de la Tour de David présente Zikhron Moshe comme un quartier d’enseignants et de lettrés, où vécurent notamment David Yellin et le géographe et historien Yeshayahu Press[1]. La Bibliothèque nationale d’Israël présente David Yellin comme un éducateur, chercheur en langue et littérature hébraïques et l’un des dirigeants du Yichouv[2].

À ses débuts, Zikhron Moshe est considéré comme un quartier moderne et relativement prestigieux. Le Conseil pour la conservation des sites du patrimoine en Israël le décrit comme l’un des quartiers les plus modernes et les plus recherchés de Jérusalem lors de sa fondation, ainsi qu’un centre important pour les milieux éduqués de la ville[3].

Éducation et institutions culturelles

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L’un des établissements les plus importants du quartier est l’école Lämel, installée rue Yeshayahu, à l’angle de la rue David Yellin. Le bâtiment, inauguré en 1903, se trouvait alors dans une zone encore peu bâtie, entre Méa Shéarim et la rue des Prophètes[3]. L’établissement joua un rôle important dans l’histoire de l’éducation juive à Jérusalem. Selon le Conseil pour la conservation des sites du patrimoine en Israël, il proposait un enseignement moderne, comprenant aussi bien des matières juives que des langues, des travaux manuels, des arts et de la gymnastique[3].

L’école Lämel fut aussi liée à la « guerre des langues », controverse éducative du début du XXe siècle autour de la place de l’allemand et de l’hébreu dans l’enseignement juif en Palestine ottomane. Après la Première Guerre mondiale, le bâtiment passa à des institutions liées au mouvement sioniste, et David Yellin joua un rôle central dans la formation des enseignants hébraïsants[3].

Le quartier a également accueilli des institutions culturelles et éducatives telles que le premier emplacement de l’école d’art Bezalel, ainsi que la bibliothèque Abarbanel, qui est généralement considérée comme l’un des noyaux ayant précédé le développement de la Bibliothèque nationale d’Israël[1]. La Bibliothèque nationale d’Israël conserve par ailleurs des cartes et documents d’archives consacrés à Zikhron Moshe[4].

Théâtre Edison

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Un autre lieu marquant du quartier fut le théâtre-cinéma Edison, situé rue Yeshayahu, à proximité de l’école Lämel. Il est inauguré en 1932 et devient l’une des principales salles de spectacle de Jérusalem. Selon News1, l’édifice est construit par M. Y. Mizrahi et ses fils, d’après les plans des architectes Dan et Raphael Ben-Dor ; il s’agit du troisième cinéma construit à Jérusalem après les cinémas Zion et Eden[5].

L’Edison sert à la fois de cinéma, de théâtre, de salle de concerts et de lieu de rassemblements publics. News1 indique que la salle comptait environ 1 200 places et accueillit des représentations théâtrales, des concerts et des réunions publiques[5]. Le journal local Kol Ha’ir souligne également que le bâtiment fut nommé en hommage à Thomas Edison et que son inauguration eut lieu le 5 janvier 1932[6].

Au fil du temps, la salle perd son rôle central dans la vie culturelle de Jérusalem, notamment après l’ouverture d’autres institutions culturelles dans la ville et l’évolution démographique du secteur. Le cinéma cesse ses activités dans les années 1990, puis le site est transformé en complexe résidentiel[5].

Évolution contemporaine

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Avec les transformations sociales de Jérusalem au cours du XXe siècle, Zikhron Moshe devient progressivement un quartier à forte population haredi. Le musée de la Tour de David le présente aujourd’hui comme l’un des quartiers haredim de Jérusalem, intégré à l’ensemble urbain de Gueoula[1].

Le quartier est notamment connu pour la synagogue Zikhron Moshe, fonctionnant comme un ensemble de petits offices, ou shtieblach, où des prières ont lieu à de nombreuses heures de la journée. Cette caractéristique contribue à la notoriété du quartier dans la Jérusalem religieuse contemporaine.

Notes et références

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(he) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en hébreu intitulé « זיכרון משה » (voir la liste des auteurs).
  1. 1 2 3 4 (he) « אל זכרון משה » [« Vers Zikhron Moshe »], sur מגדל דוד מוזיאון ירושלים, Musée de la Tour de David (consulté le ).
  2. (en) « David Yellin (1864-1941) », sur The National Library of Israel (consulté le ).
  3. 1 2 3 4 (he) « בית הספר למל » [« L’école Lämel »], sur המועצה לשימור אתרי מורשת בישראל, Conseil pour la conservation des sites du patrimoine en Israël, (consulté le ).
  4. (en) « Zikhron Moshe (Jerusalem, Israel) », sur The National Library of Israel (consulté le ).
  5. 1 2 3 (he) Eli Alon, « סיפורו של קולנוע אדיסון » [« L’histoire du cinéma Edison »], sur News1 (consulté le ).
  6. (he) « הפינה ההיסטורית: עלייתו ונפילתו של בית התרבות המרכזי של ירושלים » [« Le coin historique : ascension et chute du principal centre culturel de Jérusalem »], sur Kol Ha’ir (consulté le ).

Voir aussi

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