Souverain (1819)
Souverain est un vaisseau de ligne de premier rang de la Marine française, de la classe Océan, mis sur cale à Toulon en 1813 et lancé le . Bien que lancé peu après la fin des guerres napoléoniennes, il n’est armé pour la première fois qu’en 1840, devenant l’un des plus puissants bâtiments de la flotte de guerre française au milieu du XIXᵉ siècle.
| Souverain | |
Souverain en réserve à Toulon | |
| Type | Vaisseau de ligne |
|---|---|
| Classe | Classe Commerce de Marseille |
| Histoire | |
| A servi dans | |
| Lancement | |
| Équipage | |
| Équipage | 1 079 hommes |
| Caractéristiques techniques | |
| Longueur | 65,18 m |
| Maître-bau | 16,24 m |
| Tirant d'eau | 8,12 m |
| Déplacement | 5 095 t |
| Propulsion | Voiles, puis voiles et machine à vapeur (à partir de 1853)[1] |
| Caractéristiques militaires | |
| Armement | 118 canons (puis 110 après conversion)[2] |
| Pavillon | France |
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Conception et caractéristiques
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Le Souverain est un vaisseau de ligne à trois ponts armé à l’origine de 118 canons selon l’organisation traditionnelle des grandes unités de bataille. Il représente l’une des dernières réalisations de la marine à voile française conçues sous l’ancien système de construction des trois-ponts.
Après sa transformation en navire mixte, il conserve une artillerie importante malgré l’installation d’une machine à vapeur de 600 ch conformes aux plans d’Henri Dupuy de Lôme[1],[3].
Construction et lancement
modifierLe Souverain est mis sur cale à l’arsenal de Toulon en 1813, durant les dernières années de l’Empire. Sa construction est ralentie par les difficultés matérielles et financières liées à la fin des guerres napoléoniennes. Il est finalement lancé le , sous la Restauration, comme vaisseau de ligne de premier rang de 118 canons appartenant à la classe Océan[4].
Carrière opérationnelle
modifierLong désarmement et entrée en service (1819–1840)
modifierAprès son lancement, le Souverain demeure désarmé pendant plus de vingt ans dans la rade de Toulon. Cette situation s’explique par la réduction des effectifs de la Marine royale après 1815 et par le coût élevé de l’armement des grands trois-ponts. Il n’est armé pour la première fois qu’en 1840, sous la monarchie de Juillet, dans le cadre de la reconstitution d’une flotte de haute mer[5].
Service actif en Méditerranée (1840–1848)
modifierEntre 1840 et 1845, le Souverain effectue plusieurs campagnes d’exercices et de représentation en Méditerranée. En 1846, il est armé comme navire amiral de l’« escadre d’évolutions », placée sous le commandement du prince de Joinville. L’année suivante, l’escadre est déployée en Méditerranée orientale et stationne notamment devant Tripoli et les côtes du Levant dans un contexte de tensions diplomatiques[6].
À la suite des événements révolutionnaires de 1848, le Souverain est désarmé et placé en réserve à Toulon, mettant fin à sa première période de service actif comme vaisseau de ligne à voiles[7].
Transformation en navire mixte (1853–1856)
modifierDans les années 1850, le Souverain est choisi pour être transformé en bâtiment mixte, équipé d’une machine à vapeur à hélice, sans modification majeure de la coque. Cette transformation s’inscrit dans la politique de transition technologique menée par la Marine impériale face à l’obsolescence croissante des grands vaisseaux à voiles[8].
Missions secondaires et transport de troupes (1856–1870)
modifierAprès sa conversion, le Souverain n’est plus engagé comme bâtiment de ligne. En 1862, il est employé comme transport de troupes lors de la seconde intervention française au Mexique, avec une artillerie fortement réduite. Il effectue plusieurs traversées transatlantiques avant de revenir à Toulon[9].
Navire-école et fin de carrière (1877–1905)
modifierÀ partir de 1877, le Souverain est affecté comme navire-école de canonnage à Toulon. Il sert à la formation pratique des canonniers jusqu’en 1885, date à laquelle il est remplacé par des bâtiments plus modernes. Par la suite, il est utilisé comme ponton-caserne avant d’être définitivement rayé des listes et vendu à la démolition en 1905[10].
Bibliographie
modifier- Alain Demarliac, Les Trois-Ponts français, Éditions Ancre, 2003.
- Alain Demarliac, La Marine de Napoléon III, Éditions Ancre, 1996.
- Jean-Michel Roche, Dictionnaire des bâtiments de la flotte de guerre française de Colbert à nos jours, vol. 1 (1671–1870), 2005.
- Revue maritime et coloniale, article « Le vaisseau Souverain (1819–1885) », 1883.
Voir aussi
modifierRéférences
modifier- 1 2 Alain Demarliac, Les Trois-Ponts français, Éditions Ancre, , 181-205 p.
- ↑ Jean-Michel Roche, Dictionnaire des bâtiments de la flotte de guerre française de Colbert à nos jours, vol. 1 : 1671–1870, Group Retozel-Maury Millau, , 434-436 p.
- ↑ Jean-Michel Roche, Dictionnaire des bâtiments de la flotte de guerre française, vol. 1, , 434-436 p.
- ↑ Jean-Michel Roche, Dictionnaire des bâtiments de la flotte de guerre française de Colbert à nos jours, vol. 1, Group Retozel-Maury Millau, , 435 p.
- ↑ Alain Demarliac, La Marine de la Restauration et du roi Louis-Philippe Ier, Éditions Ancre, , 112-114 p.
- ↑ « Le vaisseau Souverain (1819–1885) », Revue maritime et coloniale, , p. 257-262 (lire en ligne)
- ↑ Jean-Michel Roche, Dictionnaire des bâtiments de la flotte de guerre française, vol. 1, , 435 p.
- ↑ Rif Winfield, French Warships in the Age of Steam 1850–1914, Seaforth Publishing, , 27-28 p.
- ↑ Étienne Taillemite, Dictionnaire des marins français, Tallandier, , 507 p.
- ↑ Alain Demarliac, Les Trois-Ponts français, Éditions Ancre, , 198-200 p.