ULM Petrel
Hydroplum I, Hydroplum II, SMAN Petrel, Petrel X
| Constructeur |
Société Morbihannaise d’Aéro-Navigation (SMAN), puis Splash-in Aviation |
|---|---|
| Type | Hydravion amphibie ULM |
| Nombre construit | Environ 70 |
| Nombre de places | 1 pilote + 1 passager |
|---|
| Masse à vide | 280 puis 310 kg |
|---|---|
| Masse maximum | n.c. puis 510 kg |
L'ULM Petrel est un ULM commercialisé par la société morbihannaise Splash-In Aviation.
Cet avion est l'évolution commerciale des prototypes d'hydravions Hydroplum I et II, conçus par Claude Tisserand. En 1987, celui-ci cède la licence de fabrication, le prototype et les moules à la Société Morbihannaise d’Aéro-Navigation (SMAN). Il est alors commercialisé sous le nom SMAN Petrel. En 2019, après le dépôt de bilan de la société SMAN, Splash-In Aviation reprend la fabrication d'une version modernisée, dénommée Petrel X.
Genèse et évolutions
modifier| Hydroplum I | Hydroplum II | Hydroplum I bis | SMAN Petrel | Petrel X | |
|---|---|---|---|---|---|
| Constructeur | Claude Tisserand | SMAN | Splash-in Aviation | ||
| Date premier vol | 1984[1] | 1986[2] | 1992[3] | 2022[4] | |
| Motorisation | Rotax 532 (en) (65 ch)[2] |
Rotax 912 (80 ch) |
Rotax 912 ULS (100 ch) | ||
| Envergure x Longueur (m) | 13,72 x 11,58 | 8,80 x 6,40[5] | |||
| Masse à vide / maximum (kg) | 155 / n.c. | 179[2] / n.c. | 155[3] / n.c. | 280 / n.c. | 265 / 595[5] |
| Vitesse de croisière / maximum (km/h) | 90 / 110[3] | n.c. / 110[2] | 110 / 130[3] | 160 / 200[5] | |
| Nombre construits | 1 | 1 | 1 | Environ 70[2] | |
LʼHydroplum I
modifierEn 1982, Claude Tisserand entreprend la construction de lʼHydroplum, un ULM multi-axes en contreplaqué[6], dans un garage au centre d’un village Corse. Il s'agit d'un monoplan monomoteur à aile haute contreventée, équipé d'un moteur propulsif et de flotteurs latéraux pour assurer la stabilité à flot, s'inspirant d'hydravions comme le Dornier Wal.
Le prototype est achevé le [1]. Le premier décollage a lieu le à Ghisonaccia. LʼHydroplum est présenté au salon du Bourget en 1985[1], mais ne connaît pas de succès commercial, essentiellement parce que l'appareil est un pur monoplace. Quelques plans sont toutefois vendus, et un autre exemplaire est construit[7].
En 1992, une version modifiée, connue sous le nom dʼHydroplum I bis, est réalisée, en parallèle de la commercialisation du SMAN Petrel. La surface alaire est réduite, les flotteurs sont remplacés et divers ajustements sont effectués pour améliorer les performances[3].
LʼHydroplum II
modifierLors du Salon du Bourget en 1985, Claude Tisserand décide de transformer lʼHydroplum I en un biplace pour optimiser sa commercialisation. Le concept adopte une construction en matériaux composites facilitant une production en série sous forme de kits, conformément aux régulations ULM françaises de l'époque[2].
Le prototype de lʼHydroplum II est achevé en . Le premier vol a lieu le depuis Ghisonaccia sans incident majeur, bien que des améliorations au système de relevage du train d'atterrissage soient encore nécessaires[2].
En , des négociations sont engagées avec la société SMAN pour sa commercialisation[2].
Le SMAN Petrel
modifierLa SMAN, implantée à Auray[8] et appartenant à André Wydauw, commercialisait déjà un planeur ULM d’origine britannique, le DUET, trois axes carénés et un ULM suisse, le X99. Elle entendait produire et commercialiser en kit l’Hydroplum II, qui fut rebaptisé SMAN Petrel et reçut certaines modifications. En particulier un système hydraulique de relevage du train, devenu tricycle, qui ne sera monté que sur le premier exemplaire de série. Le prototype était peu élaboré et nécessitait un gros travail de recherche pour alléger les matériaux utilisés, changer la motorisation et faire face aux contraintes de structures liées à l'amerrissage. Il fallut plus de deux ans à la SMAN pour mettre au point un produit fini commercialisable.
Le SMAN Petrel allait profiter d’une publicité aussi spectaculaire qu’inattendue grâce à Nicolas Hulot qui utilisa le Petrel pour réaliser quatre émissions télévisées : deux enregistrées en France sur la Côte d’Azur et à Belle-Île-en-Mer et deux en Guyane[9].
Le Splash-In Aviation Petrel X
modifierDéveloppement industriel
modifierLa Société Morbihannaise d’aéro-navigation
modifierAlors que la SMAN enregistre quelque 70 commandes, la production démarre laborieusement, avec de continuelles modifications améliorant l’hydravion (poste de pilotage fermé, allongement de la proue…) pour répondre aux demandes spécifiques de la clientèle. La masse à vide passe sur cette période de 190 kg sur le prototype à 280 kg en produit fini avec des améliorations sur la structure trop légère de l'appareil. L'armée française passe d'ailleurs une commande pour plusieurs appareils basés en Guyane. Ces appareils permettent une intervention rapide dans les marigots sans besoin de chercher un terrain ferme pour se poser. Par ailleurs, l'appareil rencontre un engouement croissant chez les amateurs d'aviation légère.
Le prix de vente de l'appareil est alors un frein important au développement de sa commercialisation, avec notamment un nombre important d'heures de main-d’œuvre pour la réalisation de la cellule et des plans d'ailes. André Wydauw cherche une solution pour faire baisser ce coût de fabrication et donne des sous-licences au Brésil et en Inde.
Transfert de licences et autres constructeurs
modifierEn 1995, l'armée française annule une commande de 40 machines en phase de constitution, sans compensation financière pour la SMAN. La SMAN, qui avait déjà investi beaucoup d'argent dans la recherche et le développement du Petrel, se retrouve en grandes difficultés financières, à cause de cette annulation de commande. Elle vend une licence de fabrication et d'exploitation la société brésilienne Edra qui devait fabriquer plus de cent machines pour le marché brésilien[13]. En 2008 est apparue une version modernisée, Edra Super Petrel, également commercialisé au Canada sous l’appellation AAC SeaStar. Toutefois, Edra n'ayant jamais payé la licence, la SMAN est placée en liquidation judiciaire en 2000. Elle est rachetée par la société Billie Aéromarine, créée pour l'occasion. Billie Aéromarine fabrique une trentaine de machines en 2005. Cette société est liquidée le [14].
En 2019, la société Splash In Aviation récupère les droits et entreprend la modernisation sous le nom de Petrel X. En 2022, elle commence la commercialisation de cet ULM, suite à un appel de fond[15].
Notes et références
modifier- 1 2 3 « ULMaG », sur ulmag.fr (consulté le ).
- 1 2 3 4 5 6 7 8 Claude Tisserand, « La puce du Ciel - L' Hydroplum II », sur puceduciel.free.fr (consulté le ).
- 1 2 3 4 5 Claude Tisserand, « La puce du Ciel - L'Hydroplum I bis », sur puceduciel.free.fr (consulté le ).
- 1 2 « Production », sur Petrel X (consulté le ).
- 1 2 3 David Dagouret, « Mondial de l'ULM : première présentation en vol du Pétrel X », (consulté le ).
- ↑ Auteur Fred Monsonnec, « Au revoir Claude », sur Foilers !, (consulté le ).
- ↑ Claude Tisserand, « L’Hydroplum I », sur puceduciel.free.fr, (consulté le ).
- ↑ « Monterblanc. Le nouvel hydravion ULM, un projet 100 % breton », sur Ouest-France, (consulté le ).
- ↑ La rédaction, « Nicolas Hulot aime l’aérien »
, sur aviation-pilote.com, (consulté le ). - ↑ « L’ULM hydravion Petrel X va bientôt s’envoler dans le ciel vannetais », sur Le Télégramme, (consulté le ).
- ↑ « Hydro ULM : un projet 100% breton à Vannes », sur ffplum.fr (consulté le ).
- ↑ David Dagouret, « Actualité aéronautique - Le Pétrel X a été homologué par la DGAC »
, sur aeroweb-fr.net, (consulté le ). - ↑ « Aviation photos & history: PH-2T2 S.M.A.N. Petrel »
, sur avia-dejavu.net (consulté le ). - ↑ « Jean Bernard : Billie Aero Marine »
, sur pappers.fr (consulté le ). - ↑ Stanislas du Guerny, « Vannes : Splash-In-Aviation va fabriquer un ULM hydravion »
, sur lesechos.fr, (consulté le ).
Voir aussi
modifierLiens externes
modifier- Petrel X
- « Aéronautique L’hydravion-ULM de Splash-in Aviation homologué par la DGAC », sur Agence API avec Ouest-France, (consulté le )