Spéculation à prime

La spéculation à prime, ou « marchés conditionnels », est un système de spéculation très ancien à la Bourse de Paris, décrit par les textes officiels qui parlent d'un « jeu de primes ». Il consistait en un jeu d'options d'achat et de vente, permettant d'acheter ou vendre des obligations, mais de renoncer finalement à la transaction si le cours n'était pas parvenu au niveau espéré.

Histoire

modifier

Les marchés conditionnels, à terme ou à prime, font leur retour officiel à la Bourse de Paris en 1844[1] après avoir déjà été répertoriés au XVIIIe siècle puis interdits en 1787[2].

Comme les techniques du marché à terme, celles du marché à prime, ont été introduites en France par le banquier écossais John Law[3] dans les années 1710 et utilisées à grande échelle lors de la vaste spéculation créée par le Système de Law. Le , le Régent exige que la Compagnie du Mississippi lui reprenne ses actions à 9 000 livres. John Law alors invente un instrument financier de plus, « les primes » : déposer 1 000 livres, donne le droit d'acheter l'action pour 10 000 livres pendant six mois[4]. Les spéculateurs préfèrent les primes aux actions, la rumeur espérant que ces dernières montent à 18 000 livres[5]. Vendre à 10 000 livres permettait d’acheter 10 "primes" [6], qui sont devenues l’objectif principal des spéculateurs.

Après une nouvelle vague de spéculations amorcée au début des années 1780, Loménie de Brienne renvoie la spéculation à prime devant les tribunaux, par l'arrêté du , met des bornes strictes à la cotation des emprunts royaux et exclut les compagnies privées de la Bourse, à l’exception de la Caisse d'escompte.

Alphonse Courtois en donne la définition suivante dans son Traité des opérations de Bourse[7] publié en 1862 : « C'est l'acte par lequel l'acheteur renonce au marché en consentant à payer la prime s'appelle abandon de la prime. Dans le cas contraire, on dit que l'on lève, et alors le marché à prime devient ferme et se traite comme toute opération ferme ».

Notes et références

modifier
  1. "Les marchés à terme ou conditionnels au XIXe siècle", par Alex Viaenne, dans Le marché financier français au XIXe siècle: Aspects quantitatifs des acteurs et des instruments à la Bourse de Paris, Publications de la Sorbonne, 14 juin 2007, page 577
  2. "Les marchés à terme ou conditionnels au XIXe siècle", par ALex Viaenne, dans Le marché financier français au XIXe siècle: Aspects quantitatifs des acteurs et des instruments à la Bourse de Paris, Publications de la Sorbonne, 14 juin 2007, page 571
  3. "Le mercantilisme au XVIIe siècle : Les banques et les billets de monnaie sous la Régence", page 49, par Jean-Marie Thiveaud, dans la Revue d'économie financière, 1998
  4. Le Régent, par Jean-Christian Petitfils
  5. "Une brève histoire des crises financières: Des tulipes aux subprimes", par Christian CHAVAGNEUX
  6. Antoin E. Murphy, "John Law et la bulle de la Compagnie du Mississippi",sur Cairn.info.
  7. "Traité élémentaire des opérations de Bourse", par Alphonse Courtois - 1867 -