Stéphane Hardouin
Stéphane Hardouin, né le 28 septembre 1971 à Rennes, est un magistrat français. Il est directeur de l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) depuis février 2025.
| Stéphane Hardouin | |
Stéphane Hardouin à Créteil, le 15 mars 2023 | |
| Fonctions | |
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| Directeur de l'Inspection générale de la police nationale | |
| En fonction depuis le (1 an, 6 mois et 22 jours) |
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| Prédécesseur | Agnès Thibault-Lecuivre |
| Procureur de la République près le tribunal judiciaire de Créteil | |
| – (3 ans et 28 jours) |
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| Prédécesseur | Laure Beccuau |
| Successeur | Damien Savarzeix |
| Conseiller justice au cabinet du Premier ministre | |
| – (1 an, 6 mois et 15 jours) |
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| Prédécesseur | Charlotte Caubel |
| Successeur | Amélie Rodrigues |
| Directeur de l'École nationale des greffes | |
| – (2 ans, 8 mois et 10 jours) |
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| Prédécesseur | Geneviève Liotard |
| Successeur | Michaël Janas |
| Biographie | |
| Date de naissance | |
| Lieu de naissance | Rennes (France) |
| Nationalité | Française |
| Profession | Magistrat |
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Il a exercé successivement des fonctions au parquet, à l’administration centrale du ministère de la Justice, en cabinet ministériel et auprès du Premier ministre, avant d’être nommé procureur de la République près le tribunal judiciaire de Créteil en 2022.
Formation
modifierAprès des études de droit à l’université de Rennes puis à l’Université Paris-Panthéon-Assas, Stéphane Hardouin intègre l’École nationale de la magistrature en 1997 au sein de la promotion Paul Didier[1]. Il est nommé magistrat en 1999.
Parcours professionnel
modifierDébuts au parquet et administration centrale
modifierStéphane Hardouin commence sa carrière comme substitut du procureur au tribunal de grande instance de Pontoise[2], où il exerce au sein de la section chargée des mineurs et de la famille.
En 2002, il rejoint la direction des affaires criminelles et des grâces du ministère de la Justice[3].
Il est ensuite nommé au parquet de Paris en 2005, où il exerce au pôle financier[4]. En mars 2007, Stéphane Hardouin requiert deux ans d’emprisonnement ferme et 150 000 euros d’amende contre l’ancien PDG d’Elf Loïk Le Floch-Prigent dans le volet de l’affaire Elf consacré aux emplois fictifs[5]. En septembre 2006, il intervient au procès de Xavier Niel, fondateur de Free, poursuivi pour recel d’abus de biens sociaux. Stéphane Hardouin requiert notamment deux ans d’emprisonnement avec sursis et 375 000 euros d’amende à son encontre, ainsi que la confiscation de ses biens à hauteur des détournements[6].
Fonctions au ministère de la Justice
modifierAprès un passage au cabinet du secrétaire général du Ministère de la Justice (France), il est chargé du déploiement du système d’information pénale Cassiopée au sein de la direction des services judiciaires[7]. Il devient directeur de l’École nationale des greffes de 2011 à 2014[8].
Nommé procureur de la République près le tribunal judiciaire de Compiègne en 2014[9], il rejoint ensuite la direction des affaires criminelles et des grâces comme sous-directeur de la justice pénale spécialisée[10].
Fonctions auprès du garde des Sceaux et du Premier ministre
modifierEn 2017, Stéphane Hardouin est nommé directeur adjoint du cabinet du garde des Sceaux François Bayrou. Il est alors présenté comme un spécialiste du numérique dans la justice, notamment en raison de son expérience dans le déploiement du logiciel Cassiopée, dont il avait été directeur de projet à l’administration centrale de la justice de 2008 à 2011[11],[12]. Au départ de François Bayrou du gouvernement, il rejoint l’Inspection générale de la justice[13].
En 2018, il est nommé secrétaire général adjoint du Ministère de la Justice (France)[14]. Il participe notamment à la coordination de projets liés à la transformation numérique de la justice[15].
En juillet 2020, il devient conseiller justice auprès du Premier ministre français Jean Castex[16]. Dans ces fonctions, il suit notamment des dossiers relevant du ministère de la Justice. Le 10 novembre 2023, Stéphane Hardouin est entendu comme témoin au procès d’Éric Dupond-Moretti devant la Cour de justice de la République, en sa qualité d'ancien conseiller justice du Premier ministre[17].
Procureur de la République près le tribunal judiciaire de Créteil
modifierPar décret du 4 janvier 2022, Stéphane Hardouin est nommé procureur de la République près le tribunal judiciaire de Créteil à compter du 31 janvier 2022[18].
Dans cette fonction, il intervient sur les questions relatives à l’activité du parquet du Val-de-Marne, à l’exécution des décisions de justice et à la politique pénale du ressort[19].
Il s'exprime également sur l’organisation de la justice et les moyens nécessaires au fonctionnement des juridictions[20].
À l’approche des Jeux olympiques de 2024, Stéphane Hardouin place la lutte contre le trafic de stupéfiants au premier rang des priorités du parquet de Créteil à Orly, avec la volonté de dissuader les passeurs et de perturber les réseaux de commanditaires[21]. Sa feuille de route prévoit également de renforcer la réponse pénale face au blanchiment, à l’immigration clandestine, aux taxis et VTC clandestins ainsi qu’aux atteintes à la sûreté aérienne, notamment les intrusions sur les pistes, les drones et l’usage de lasers visant les pilotes[22].
Directeur de l’Inspection générale de la police nationale
modifierPar décret pris en Conseil des ministres le 19 février 2025, Stéphane Hardouin est nommé directeur des services actifs de la Police nationale et directeur de l’Inspection générale de la police nationale (IGPN), succédant à Agnès Thibault-Lecuivre[23],[24],[25].
Il devient ainsi le deuxième magistrat à diriger l’IGPN. Sa nomination intervient dans un contexte de débats sur le fonctionnement et l’indépendance de ce service chargé du contrôle de l’activité des forces de sécurité.
Dans cette fonction, il est notamment chargé de diriger le service d’enquête et de contrôle interne de la Police nationale. Le 15 octobre 2025, Stéphane Hardouin annonce le lancement, pour la première fois depuis la création de l’IGPN, d’enquêtes d’initiative, notamment dans les affaires de corruption du « haut du spectre » et de consultations illégales de fichiers. Il présente cette évolution comme une priorité pour l’année à venir et évoque le recours possible à des techniques d’enquête telles que l’infiltration[26].
Le 18 novembre 2025, alors que des critiques portent sur le fonctionnement des cellules de déontologie, il reconnaît que leur activité « n’est pas assez connue » et souhaite disposer d’un état plus complet de leur activité dans le rapport annuel de l’IGPN[27]. Stéphane Hardouin annonce vouloir renforcer le contrôle de ces cellules afin de prévenir les conflits d’intérêts et plaide pour que l’IGPN dispose d’un rôle accru de coordination, d’évaluation et de contrôle[28]. Il se prononce également en faveur du dépaysement des enquêtes lorsqu’il existe un risque de conflit d’intérêts, après la publication d’une enquête de Flagrant Déni, révélée par l'Humanité, sur l’indépendance de l’IGPN[29]. Il conteste par ailleurs les conclusions de ce rapport, qu’il juge « peu documentées » et fondées sur des « interprétations biaisées », et qualifie la démarche de l’association d’« action militante »[30].
En juin 2026, Stéphane Hardouin présente un premier bilan de son action à la tête de l’IGPN et fait de la lutte contre la corruption l’une de ses priorités. Dans un entretien accordé à Libération, il souligne que « plus on travaille dessus, plus on trouve des affaires »[31]. Le bilan qu’il dresse fait notamment état de 235 enquêtes ouvertes en 2025 pour des atteintes à la probité visant des policiers, dont plus de la moitié pour des consultations illégales de fichiers. Le nombre de ces affaires est passé de 75 en 2024 à 136 en 2025, soit une hausse de 81 %[32].
Controverses
modifierSa nomination comme procureur de la République près le tribunal judiciaire de Créteil en 2022 a suscité des critiques de la part de certaines organisations syndicales et de certains observateurs, notamment en raison de son parcours auprès du gouvernement[33]. Ce choix est également discuté au regard de son ancienneté dans le grade. Parmi les dix-sept candidats de grade équivalent, il est celui qui dispose de la plus faible ancienneté, classé hors hiérarchie depuis août 2020. Cette situation alimente les interrogations de plusieurs magistrats sur les critères ayant présidé au choix de sa candidature[34].
À Créteil, Stéphane Hardouin recourt à la comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité (CRPC) avec incarcération immédiate, notamment pour les transporteurs de cocaïne interpellés à l’aéroport d’Orly, une pratique qui conduit le barreau à demander à ses avocats de permanence de ne plus participer à ces procédures[35]. En 2024, cette politique pénale fait toujours l’objet d’une vive contestation du barreau, tandis que Stéphane Hardouin en défend le recours comme une réponse aux contraintes auxquelles est confronté le tribunal[36].
Sa désignation à la direction de l’Inspection générale de la police nationale en 2025 a également fait l’objet de réactions critiques de la part de certaines organisations, qui ont questionné le choix d’un magistrat à la tête de ce service[37],[38].
Décorations
modifierNotes et références
modifier- ↑ « Liste par ordre de mérite des candidats déclarés admis à l'issue des épreuves du premier concours d'accès à l'École nationale de la magistrature », Journal officiel de la République française, (lire en ligne)
- ↑ « Décret du 20 juillet 1999 portant nomination de magistrats », Journal officiel de la République française, (lire en ligne)
- ↑ « Décret du 28 juin 2002 portant nomination de magistrats », Journal officiel de la République française, (lire en ligne)
- ↑ « Décret du 27 juin 2005 portant nomination (magistrature) », Journal officiel de la République française, (lire en ligne)
- ↑ « Dossier Elf : deux ans de prison ferme requis contre Loïk Le Floch-Prigent », Le Monde, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ « Le fondateur de Free, accro à la caisse noire », Libération, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ « Rapport d'information sur les carences de l'exécution des décisions de justice pénale concernant les personnes majeures », Assemblée nationale, (lire en ligne)
- ↑ « Arrêté du 20 décembre 2011 portant nomination du directeur de l'École nationale des greffes », Journal officiel de la République française, (lire en ligne)
- ↑ « Décret du 24 juin 2014 portant nomination (magistrature) », Journal officiel de la République française, (lire en ligne)
- ↑ « Décret du 1er juillet 2016 portant détachement (magistrature) », Journal officiel de la République française, (lire en ligne)
- ↑ Jean-Baptiste Jacquin, « À la justice, François Bayrou nomme un cabinet très numérique », Le Monde, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ AFP, « Bayrou s’entoure de fidèles et de spécialistes du numérique », L’Express, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ « Décret du 11 juillet 2017 portant nomination (magistrature) », Journal officiel de la République française, (lire en ligne)
- ↑ « Décret du 24 janvier 2018 portant nomination », Journal officiel de la République française, (lire en ligne)
- ↑ « La Semaine juridique — Édition générale, n° 50 », La Semaine juridique,
- ↑ « Arrêté du 17 juillet 2020 relatif à la composition du cabinet du Premier ministre », Journal officiel de la République française, (lire en ligne)
- ↑ Mathieu Delahousse, « Au procès Dupond-Moretti, les missions de Matignon et de l’Elysée pour « protéger le GDS » », Le Nouvel Obs, (lire en ligne)
- ↑ « Décret du 4 janvier 2022 portant nomination (magistrature) », Journal officiel de la République française, (lire en ligne)
- ↑ Sylvain Deleuze, « Stéphane Hardouin, procureur de la République de Créteil, a « deux priorités, les violences intrafamiliales et les trafics de drogue » », Le Parisien, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ Paule Gonzalès, « Stéphane Hardouin : « L'exécution des peines doit être la tour de contrôle de nos politiques pénales » », Le Figaro, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ « JO 2024 : la feuille de route du parquet de Créteil contre les infractions à Orly », Les Échos, (lire en ligne)
- ↑ Paule Gonzalès, « À Orly, opération coup de poing contre la délinquance en vue des JO », Le Figaro, (lire en ligne)
- ↑ Arthur Carpentier, « L'IGPN, la « police des polices », restera dirigée par un magistrat de l'ordre judiciaire », Le Monde, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ « IGPN : qui est Stéphane Hardouin, le nouveau patron de la police des polices ? », CNews, (lire en ligne)
- ↑ Sophie Michelin-Mazéran, « Stéphane Hardouin, nouveau patron de l’IGPN », La Semaine juridique – Édition générale, (lire en ligne)
- ↑ Ismaël Halissat, « Pour lutter contre la corruption des policiers, l’IGPN lancera des enquêtes d’initiative », Libération, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ Arthur Carpentier, « Les limites des « cellules de déontologie », juges et partie des manquements au sein de la police », Le Monde, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ AFP, « Le patron de l’IGPN veut renforcer le contrôle des cellules de déontologie », L’Express, (lire en ligne)
- ↑ Alexandre Fache, « Après les révélations de l’Humanité et Flagrant Déni, le patron de l’IGPN admet qu’il faut « dépayser » les enquêtes en cas de « conflit d’intérêts » », L’Humanité, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ « Violences policières : le rapport de l’ONG Flagrant Déni est « une action militante », réagit le patron de l’IGPN », Franceinfo, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ « Stéphane Hardouin, directeur de l’IGPN : « Sur la corruption dans la police, plus on travaille dessus, plus on trouve des affaires » », Libération, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ Bruno Rieth, « Corruption : l’IGPN constate une hausse des atteintes à la probité dans la police », L’Humanité, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ Michel Deléan, « Nominations de procureurs : Éric Dupond-Moretti ose tout », Mediapart, (lire en ligne)
- ↑ « Info Franceinfo. Éric Dupond-Moretti propose le conseiller justice de Matignon au poste de procureur de Créteil, au grand dam de plusieurs magistrats », Franceinfo, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ « Justice : le plaider-coupable avec prison immédiate divise parquets et avocats », L’Express, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ « Créteil : le barreau vent debout contre la politique du parquet concernant les transporteurs de cocaïne », Actu-Juridique, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ « Communiqué de presse — Nomination de M. Stéphane Hardouin, magistrat, au poste de chef de l'IGPN », sur UN1TÉ,
- ↑ « Police des polices : pourquoi il faut tout changer ? », sur Flagrant Déni,
- ↑ « Décret du 13 juillet 2026 portant promotion et nomination dans l'ordre national de la Légion d'honneur », Journal officiel de la République française, (lire en ligne)
- ↑ « Décret du 30 novembre 2019 portant promotion et nomination », Journal officiel de la République française, (lire en ligne)
- ↑ « Bulletin officiel des décorations, médailles et récompenses du 1er septembre 2025 », Ministère de la Justice,