Stéphane Kōsen Thibaut

Stéphane Thibaut, connu sous le nom religieux Kōsen (né à Paris le et mort le à Montpellier)[1], est un moine zen Sōtō français. Disciple de Taisen Deshimaru et détenteur de la transmission du Dharma (shihō) dans la lignée Sōtō japonaise, il est le fondateur du temple Shōbōgenji en Argentine (1999) et du temple Yūjō Nyūsanji en France (2008).

Stéphane Kōsen Thibaut
Biographie
Naissance
Décès
Nom de naissance
Stéphane Jacques Germain ThibautVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
française
Autres informations
Maître
Œuvres principales
  • La Révolution intérieure (1997)
  • Les cinq degrés de l'éveil (2006)
  • Chroniques de la grande sagesse (2017)

Biographie

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Jeunesse et formation

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Stéphane Thibaut naît à Paris le [2],[3]. Il est le fils d'une professeure et psychologue, et du parolier Gilles Thibaut. Baigné dans un milieu artistique, il étudie le théâtre et le mime à l'École internationale Jacques-Lecoq à Paris[2].

À l'âge de dix-neuf ans, il rencontre le maître zen japonais Taisen Deshimaru, qui introduisait alors la pratique du zen Sōtō en Europe. Il reçoit l'ordination monastique et pratique auprès de lui pendant une quinzaine d'années, jusqu'au décès de Deshimaru en 1982[4].

Transmission du Dharma

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En 1984, le maître Niwa Zenji, alors vice-abbé du temple Eihei-ji au Japon et l'une des plus hautes autorités du bouddhisme Sōtō, lui confère la transmission du Dharma (shihō). Stéphane Kōsen Thibaut devient ainsi, selon la tradition de la lignée Deshimaru, le 83e successeur du Bouddha Shakyamuni dans cette lignée[4].

À partir des années 1990, il commence à enseigner en Europe et en Amérique latine, participant à l'implantation du zen Sōtō dans ces régions.

Fondation des temples

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En 1999, avec le soutien de sa sangha, il fonde près de Córdoba, en Argentine, le temple Shōbōgenji, présenté comme le premier temple zen Sōtō d'Amérique du Sud relevant de la lignée Deshimaru et le premier temple zen d'Argentine[5],[6],[7]. Sa fondation s'inscrit dans le prolongement des vœux exprimés par Taisen Deshimaru[5]. Le temple attire des disciples jusque depuis Buenos Aires, parmi lesquels Toshiro Taigen Yamauchi, à qui Kōsen confie le dojo zen après son ordination comme moine.

En 2008, il fonde en France le temple Yūjō Nyūsanji, situé dans le parc naturel régional du Haut-Languedoc (Douch, commune de Rosis, Hérault)[4],[8]. Ce lieu devient le centre principal de la Kōsen Sangha internationale, qui rassemble des pratiquants d'Europe, d'Amérique latine, de Cuba et du Canada[4].

Lignée et disciples

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Tout au long de sa vie, Kōsen Thibaut ordonne de nombreux disciples en tant que bodhisattvas, moines et nonnes. Il transmet le shihō à plusieurs disciples, parmi lesquels Barbara Kōsen Richaudeau, André Ryūjō Meissner, Édouard Shinryū Bagracski, Yvon Myōken Bec, Christophe Ryūrin Desmur, Pierre Sōkō Leroux, Toshiro Taigen Yamauchi, Ingrid Gyū-ji Igelnick, Ariadna Dō Sei Labatte, Françoise Jōmon Julien, Paula Rei Kiku Femenias et Kōshō Loïc Vuillemin qui fut son plus proche élève de 2005 à 2017[2],[9],[10].

Maître Kōsen demande également à son disciple Christophe Ryūrin Desmur de remettre le shihō à trois de ses disciples, nouveaux maîtres de la sangha : Richard Kōsen Féret, Frédéric Senki Gruau et Paul Dokusan Loomans[11].

Décès

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Stéphane Kōsen Thibaut décède le à Montpellier. Son décès est annoncé par la sangha zen sur plusieurs sites officiels[12],[13],[3].

Réception académique

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Les travaux universitaires consacrés à la diffusion du bouddhisme zen en Amérique latine mentionnent Stéphane Kōsen Thibaut parmi les principaux introducteurs de la lignée Deshimaru dans cette région. Dans une étude publiée en 2018 dans l'International Journal of Latin American Religions, C. E. Carini le cite parmi les acteurs ayant contribué à la construction d'une autorité religieuse locale en Argentine, aux côtés d'autres figures issues de l'école Sōtō japonaise[14] :

« un groupe lié à la lignée de Deshimaru dirigé par le Français Stéphane Kōsen Thibaut entreprend alors un travail missionnaire en Argentine. »

Une étude ethnographique publiée en 2021 dans Arxiu d'Etnografia de Catalunya le mentionne également parmi les disciples européens de Deshimaru ayant contribué à la diffusion internationale de la pratique zen[15].

Œuvres

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  • La Révolution intérieure – Éditions de l'Œil Du Tigre, 1997 (ISBN 2951147309)
  • Les cinq degrés de l'éveil : l'enseignement d'un moine zen – Éditions du Relié, 2006 (ISBN 2914916779)
  • Chroniques de la grande sagesse – Éditions de l'Œil Du Tigre, 2017 (ISBN 2951147317)

Notes et références

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  1. ↑ État civil sur le fichier des personnes décédées en France depuis 1970
  2. 1 2 3 (en) AwA Solutions, « Le moine Kosen, Thibaut maitre Zen », sur www.zen-temple.earth (consulté le )
  3. 1 2 « Décès de Monsieur Stéphane THIBAUT (21/09/2025) », sur www.enaos.net (consulté le )
  4. 1 2 3 4 « Le moine Kosen », sur Zen Deshimaru (consulté le )
  5. 1 2 « RADAR Ocio, Cultura y Estilos en Página/12 », sur www.pagina12.com.ar (consulté le )
  6. ↑ « Kosen Thibaut », sur zen-deshimaru.com.ar (consulté le )
  7. ↑ Shūhei Fujii, « The History and Current State of Japanese Zen Buddhism in Europe », Journal of Religion in Japan, vol. 10, nos 2-3,‎ , p. 195–221 (ISSN 2211-8330 et 2211-8349, DOI 10.1163/22118349-01002003, lire en ligne, consulté le )
  8. ↑ « Biterrois : un temple zen Deshimaru au pied du plateau du Caroux », sur midilibre.fr (consulté le )
  9. ↑ (es) Jonathan Rovner, « Zazen: aprender a meditar como en Japón pero en el corazón de Villa Crespo », sur LA NACION, (consulté le )
  10. ↑ « Le maître zen Loïc Kosho Vuillemin », sur Zen Deshimaru (consulté le )
  11. ↑ « La roue du Dharma continue de tourner », sur Zen Deshimaru (consulté le )
  12. ↑ (en) « Passing of Master Kosen », sur Zen Deshimaru (consulté le )
  13. ↑ Frédéric Gruau, « Décès de Maître Kosen – 49 jours de zazen en ligne », sur Dojo zen de Montpellier zen-montpellier.fr, (consulté le )
  14. ↑ (en) Catón Eduardo Carini, « Southern dharma: outlines of Buddhism in Argentina », International Journal of Latin American Religions, vol. 2, no 1,‎ , p. 3–21 (ISSN 2509-9965, DOI 10.1007/s41603-018-0039-4, lire en ligne, consulté le )
  15. ↑ (en) Ismael Apud, « Modern Buddhism and its Cultural Translations. Reflections from a Qualitative Case Study of Two European Zen Monks », Arxiu d'Etnografia de Catalunya, no 23,‎ , p. 207–232 (ISSN 2014-3885, DOI 10.17345/aec23.207-232, lire en ligne, consulté le )