Stablex Canada est une entreprise exploitant, depuis 1983 à Blainville, au Québec (Canada), le seul centre autorisé au Québec de traitement et d'enfouissement final de résidus industriels inorganiques dangereux. L'entreprise reçoit des matières dangereuses résiduelles (MDR), des sols contaminés et des matières non dangereuses préoccupantes (MNDP), qu'elle transforme par un procédé de stabilisation-solidification en un matériau solide appelé « stablex », ensuite enfoui dans des cellules aménagées sur place[1],[2].

Stablex Canada
illustration de Stablex Canada
Vue aérienne comparative entre la Grande Tourbière de Blainville et le site industriel adjacent.

Création 1981 (autorisation gouvernementale)
1983 (début des opérations)
Forme juridique Société par actions
Siège social Blainville (Québec)
Drapeau du Canada Canada
Activité Gestion des déchets dangereux, traitement et enfouissement de matières dangereuses résiduelles
Produits Stabilisation-solidification de résidus industriels (« stablex »)
Site web stablex.com

Autorisée par décret gouvernemental en 1981 dans le contexte de la fermeture de dépotoirs non conformes au Québec, l'entreprise est au cœur de controverses environnementales récurrentes : remise en question de l'inertie de son produit final dès les années 1980 et 1990, avis de non-conformité ministériels, campagnes d'échantillonnage citoyennes faisant état de métaux lourds dans l'environnement, et surtout un projet de sixième cellule d'enfouissement rejeté par le Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE) en 2023, mais rendu possible en 2025 par une loi spéciale du gouvernement du Québec adoptée sous bâillon malgré l'opposition de la Ville de Blainville et de la Communauté métropolitaine de Montréal[3],[4]. En 2026, le dossier atteint une dimension internationale lorsqu'un adolescent de Blainville dépose une communication auprès de la Commission de coopération environnementale et un mémoire auprès du système des Nations unies[5],[6].

Historique

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Origines et création (1979-1983)

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À la fin des années 1970, le Québec procède à la fermeture de nombreux dépotoirs de déchets industriels inorganiques où des produits toxiques étaient enfouis sans traitement préalable, créant un besoin industriel critique : les entreprises devaient stocker sur place des déchets sans destination légale, ce qui générait des contaminations[7]. Le ministère de l'Environnement du Québec, alors nouvellement créé, se tourne vers un procédé de stabilisation et de solidification (S/S) mis au point au Royaume-Uni dans les années 1970 — breveté en 1973 par Crossfield Pollution Services Ltd — et commercialisé sous le nom « Sealosafe »[réf. nécessaire][7].

Après une audience du Bureau d'audiences publiques sur l'environnement en 1981, le gouvernement du Québec autorise la construction de l'usine de Blainville par le décret numéro 1317-81 du 13 mai 1981. L'entreprise débute ses activités en 1983[1],[7].

Les promesses du procédé

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Lors de sa présentation initiale, le procédé est décrit comme capable de transformer des déchets industriels en un matériau solide, stable et inerte, comparable à du béton ou à de la roche. Selon le récit documentaire de Radio-Canada, des promoteurs ont affirmé que le produit fini pourrait servir à construire des autoroutes ou des terre-pleins ; certains auraient déclaré de façon imagée qu'on pourrait « manger le Stablex » tant il aurait été sécuritaire[7]. Dans les documents de la commission du BAPE de 1981, l'entreprise se serait en outre engagée à étudier la possibilité d'utiliser le produit fini pour construire ses propres chemins d'accès sur le site — un engagement qui, selon les critiques, n'aurait jamais été réalisé[réf. nécessaire].

Les années de doute et le rapport de 1990

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Dès les premières années d'exploitation, les enquêteurs du ministère de l'Environnement constatent que l'eau qui s'infiltre dans le stablex en ressort contaminée. Une cause identifiée : l'introduction dans la « recette » de matières organiques, notamment provenant de sols contaminés importés des États-Unis. Or le procédé initial n'était pas conçu pour contenir des matières organiques, qui nuisent à la prise cimentaire et à la solidification[7].

Le 10 juillet 1990, à la suite d'un mandat d'enquête pénale et d'une perquisition, la Direction des enquêtes du ministère — parfois appelée « police verte » — produit un rapport d'enquête dont les conclusions, rapportées par Radio-Canada, établissent que[7] :

  • le produit stablex solide n'est pas inerte ;
  • il n'est pas semblable à du béton conventionnel ou à du roc ;
  • les cellules d'enfouissement ne sont pas étanches ;
  • le ministère n'assure pas de suivi sérieux et efficace ;
  • l'eau interstitielle prélevée dans les puisards de cellules fermées dépasse les normes du Règlement sur les déchets dangereux pour plusieurs substances, dont des composés phénoliques, des hydrocarbures monocycliques aromatiques, du cuivre et du nickel[réf. nécessaire].

Stablex est mise à l'amende pour avoir enfreint son certificat d'autorisation[7].

Le compromis réglementaire de 1991

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Plutôt que de fermer l'usine — dont le modèle d'affaires dépend en partie de sa clientèle américaine —, le ministère modifie son approche en 1991 : il autorise l'intégration d'une quantité limitée de matières organiques dans la recette de stabilisation (un seuil maximal de 5 % est mentionné dans des documents ultérieurs pour préserver la prise cimentaire)[réf. nécessaire], classe le produit stablex comme matière dangereuse résiduelle et oblige l'entreprise à pomper et traiter en permanence ses eaux de lixiviation, des eaux de contact alcalines contenant des traces de métaux[7]. Pour les opposants au projet, ce compromis constitue le moment où le « béton inoffensif » promis en 1981 est officiellement devenu une matière dangereuse nécessitant une surveillance perpétuelle.

Installation et procédé

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Localisation

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L'usine et ses cellules d'enfouissement sont situées dans un secteur industriel de Blainville, dans la MRC de Thérèse-De Blainville, en bordure de la Grande Tourbière de Blainville, un vaste milieu humide présenté par les instances de conservation comme l'un des derniers grands milieux tourbeux relativement intacts de la région métropolitaine. Le terrain d'exploitation appartient au gouvernement du Québec[1].

Le procédé de stabilisation-solidification

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Les matières reçues — poussières d'usine, boues, cendres, résidus de laboratoire, sols contaminés, batteries et autres déchets inorganiques — sont prétraitées (broyage, déchiquetage, criblage) puis mélangées dans l'usine avec d'autres flux liquides et solides ainsi qu'avec des liants cimentaires et pouzzolaniques. Le mélange est ensuite disposé dans des cellules extérieures où il durcit. Le procédé vise à réduire la toxicité, la corrosivité, la réactivité et la mobilité des contaminants. Le site comprend l'usine de traitement, quatre cellules fermées et une cinquième cellule en exploitation[8],[2]. Les cellules, munies de membranes et de systèmes de captage, drainent les eaux de lixiviation, qui sont pompées et traitées en permanence.

Origine des matières

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Stablex sert environ 600 clients — entreprises, municipalités et institutions — situés au Québec, ailleurs au Canada et dans le nord-est des États-Unis[9]. Selon des données de l'entreprise citées par Radio-Canada, 40,6 % des matières traitées et enfouies depuis 1983 provenaient des États-Unis[2]. Pour la période 2023-2065 projetée il est question d'environ 59 % de matières du Québec, 29 % des États-Unis et 12 % d'ailleurs au Canada[9]. Cette part importante de déchets importés alimente l'un des principaux griefs des opposants, qui estiment que le Québec assume des risques pour des déchets produits ailleurs.

Manquements et avis de non-conformité

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Avis ministériels

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Au fil des décennies, l'entreprise a fait l'objet d'avis de non-conformité du ministère de l'Environnement, dont :

  • le 12 octobre 2011, un avis de non-conformité et d'infraction faisant suite à un événement du deuxième trimestre 2010 (30 juin 2010) : dépassement de la concentration maximale autorisée en mercure dans le stablex mûri après un an[réf. nécessaire] ;
  • un avis d'infraction à la suite de la réception d'un rapport hors-norme concernant la perméabilité du stablex, paramètre central de l'étanchéité du produit[réf. nécessaire] ;
  • un avis de non-conformité pour dépassement du niveau maximal autorisé de l'eau interstitielle dans la cellule-mère nº 3 (atteignant 69,00 m), en contravention avec les permis d'exploitation de 1998 et 2003[réf. nécessaire].

Inspections 2015-2023

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Selon le ministère, cité par le média Pivot, Stablex a fait l'objet de 65 inspections entre 2015 et 2023, en grande partie à la suite de plaintes ou de signalements citoyens. Ces inspections ont donné lieu à trois avis de non-conformité et à une sanction administrative pécuniaire ; le ministère indique que les manquements signalés ont été corrigés[10].

Rejets atmosphériques

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En vertu de la Loi canadienne sur la protection de l'environnement, Stablex déclare à l'Inventaire national des rejets de polluants (INRP) des rejets atmosphériques incluant des particules fines (PM2,5 et PM10), de l'acide nitrique, de l'ammoniac, de l'arsenic, du plomb et du mercure. Pour l'année 2024, les déclarations de l'entreprise font notamment état de 47,01 kg de plomb et de 10,68 kg de mercure[réf. nécessaire]. Une modélisation de la dispersion atmosphérique de l'état actuel du site (« scénario 1 ») a montré quatre dépassements des normes du Règlement sur l'assainissement de l'atmosphère — PM2,5, nickel, chrome hexavalent et manganèse — principalement attribuables au ventilateur d'extraction VEN-70[réf. nécessaire]. L'entreprise soutient de son côté que ses systèmes de captation et de filtration sont conformes aux normes et surveillés en continu, et que les vérifications ministérielles de 2024-2025 ont confirmé la conformité de ses émissions[11].

En octobre 2025, l'émission Enquête de Radio-Canada diffuse des témoignages anonymes d'anciens travailleurs faisant état de rejets d'air pollué, de nuages de poussière, de dépôts sur des véhicules et de contacts avec de l'arsenic et du mercure[12].

Incident du camion du 21 août 2025

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Le 21 août 2025, lors d'une manifestation citoyenne devant l'usine, des citoyens filment et photographient un liquide s'écoulant de l'avant de la benne d'un camion quittant Stablex, se répandant sur la voie d'entrée, puis sur le boulevard Industriel, jusqu'à un égout pluvial qui, selon eux, se décharge dans le ruisseau Locke Head, un affluent de la rivière des Mille Îles[13].

Deux versions s'opposent sur la nature et le volume du liquide :

  • Version citoyenne : les témoins estiment la fuite à plus de 1 300 litres. Un échantillon d'environ 350 ml, prélevé sur la chaussée puis transmis par l'intermédiaire de l'écotoxicologue Daniel Green au laboratoire Bureau Veritas, aurait révélé la présence de 17 métaux lourds dépassant les normes de rejet de la Communauté métropolitaine de Montréal : plomb 42 fois la norme, mercure 38 fois, manganèse 8,7 fois, cadmium 4 fois, en plus de concentrations de zinc, de cuivre, de sélénium et d'azote ammoniacal, substance toxique pour les poissons[13].
  • Version de Stablex et des pompiers : le directeur général de Stablex, Michel Perron, et le directeur du Service de sécurité incendie de Blainville, Claude Deschuymer, affirment qu'il s'agissait d'environ une dizaine de litres d'eau de lavage de la benne, après le déchargement de sols contaminés au mercure ; les pompiers auraient prélevé un échantillon et conclu à de l'eau de nettoyage, sans présence de gaz détectée. Stablex conteste aussi la validité des analyses citoyennes, invoquant l'usage de contenants non stériles conservés plusieurs jours avant leur envoi au laboratoire[13],[11].

Cet incident est devenu l'un des « trois constats graves » du signalement environnemental déposé au ministère le 22 octobre 2025 par la Société pour vaincre la pollution, Eau Secours, le Mouvement d'action régional en environnement, Mères au front Basses-Laurentides, la Coalition alerte à l'enfouissement Rivière-du-Nord et la Coalition des citoyens de Blainville contre la cellule nº 6 de Stablex[14],[15].

Le projet de cellule nº 6

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Description

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Le plan d'exploitation original autorisait une capacité d'environ 9 millions de mètres cubes, qui devait être atteinte par l'aménagement d'une sixième cellule sur un terrain appartenant au gouvernement, à environ 300 mètres d'un quartier résidentiel, ce qui aurait permis d'opérer jusqu'en 2040[réf. nécessaire]. Stablex propose plutôt d'acquérir de la Ville de Blainville un terrain de 69,5 hectares — comprenant, selon Radio-Canada, 54 hectares d'habitat forestier et 9 hectares de milieux humides en bordure de la Grande Tourbière — pour y construire une cellule hors terre d'environ 22 mètres de haut, à plus d'un kilomètre des résidences, prolongeant les opérations jusqu'en 2065[16],[9]. L'entreprise présente ce projet comme une façon d'éloigner les activités des citoyens et de sécuriser l'approvisionnement des entreprises québécoises jusqu'au milieu du siècle ; elle soutient aussi que les milieux humides en dehors de l'emprise du projet seraient conservés[17].

Rapport 371 du BAPE (septembre 2023)

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À l'issue d'une audience publique, la commission d'enquête du BAPE conclut dans son rapport 371 que le projet est prématuré et recommande de ne pas l'autoriser[3],[18]. Ses principaux motifs :

  1. la relocalisation n'apporte pas d'avantage suffisant en matière de réduction des nuisances, le bruit et les odeurs n'étant plus, selon la commission, des problèmes majeurs ;
  2. la cellule nº 5 pourrait suffire jusqu'au début des années 2030, et la cellule nº 6 initialement prévue mener jusqu'en 2040 ;
  3. le terrain visé, intégré à un corridor écologique reliant deux grands complexes de tourbières, possède une valeur écologique jugée exceptionnelle et sa conversion fragmenterait ce corridor ;
  4. le Québec ne dispose pas d'un portrait complet de la gestion des matières dangereuses résiduelles — la commission demande au ministère de dresser cet état des lieux ;
  5. les garanties financières à très long terme (surveillance, entretien, post-fermeture) ne sont pas démontrées de manière satisfaisante[3],[8].

Rupture de l'entente avec Blainville

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À la suite du rapport, le conseil municipal de Blainville adopte une résolution unanime pour résilier l'entente de principe de vente du terrain, la mairesse Liza Poulin invoquant l'incompatibilité du projet avec l'intérêt des citoyens. Stablex conteste la validité de cette résiliation[16]. La Communauté métropolitaine de Montréal soutient également la Ville et s'oppose au projet[19].

Loi spéciale (projet de loi 93)

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Le 27 février 2025, le gouvernement du Québec dépose le projet de loi 93, la Loi concernant notamment le transfert de propriété d'un immeuble de la Ville de Blainville, visant à exproprier le terrain municipal, à le transférer à l'État (ministère des Ressources naturelles et des Forêts) et à permettre sa location à Stablex, moyennant un dédommagement d'environ 17 millions de dollars à la Ville[20],[21]. Le gouvernement invoque l'urgence : la cellule nº 5 devait atteindre sa pleine capacité vers 2027 et, Stablex étant l'unique entreprise québécoise offrant l'élimination de ce type de résidus, son interruption créerait une crise pour des centaines de clients industriels[9].

La loi est adoptée sous bâillon le 28 mars 2025 par 61 voix contre 31, l'ensemble des partis d'opposition votant contre[22]. Le texte écarte notamment l'application des règlements et normes d'aménagement de la Ville, de la MRC et de la CMM au projet — une disposition dénoncée par l'Union des municipalités du Québec comme une atteinte à l'autonomie municipale[23]. Les opposants qualifient dans les médias l'initiative de « passage en force ».

Procédures judiciaires

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La Ville de Blainville et la CMM demandent à la Cour supérieure de suspendre l'application de la loi le temps d'en valider la légalité. En avril 2025, la juge Audrey Boctor rejette la demande d'injonction provisoire, estimant que l'intérêt public serait mieux servi par le maintien de la loi pendant l'instance que par son sursis[24]. Le projet est ensuite autorisé conditionnellement par le décret 515-2025, assorti de 24 conditions portant notamment sur les milieux humides, la biodiversité, les eaux souterraines et de ruissellement, les lixiviats, la détection des fuites, la post-fermeture et les garanties financières, conditions que Stablex dit accepter[17].

Travaux et superficies touchées

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Les travaux d'aménagement de la cellule nº 6 commencent en 2025. Selon une étude de la firme Englobe citée dans la presse, la conversion toucherait 278 046 m² de milieux humides, dont 97 237 m² de tourbières[6],[25].

Controverses sur le suivi environnemental

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Le débat sur l'autosurveillance

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Une part importante du régime de suivi repose sur l'autosurveillance : Stablex analyse elle-même ses matières, son produit et ses eaux, le ministère effectuant ensuite un contrôle administratif des résultats. Le rapport du BAPE note que l'efficacité du procédé de stabilisation n'est démontrée que par des tests de laboratoire, non par des prélèvements dans les cellules extérieures exposées aux éléments — le BAPE jugeant néanmoins que le laboratoire de l'entreprise est suffisamment indépendant pour éviter les conflits d'intérêts[26]. Les opposants y voient une « autosurveillance » insuffisante ; l'écotoxicologue Daniel Green parle d'une « déresponsabilisation inquiétante de l'État »[14].

Campagnes citoyennes de 2023-2024

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Le 2 décembre 2023, une trentaine de citoyens encadrés par Daniel Green (Société pour vaincre la pollution), à la demande de groupes dont Mères au front – Rivière des Mille Îles et Eau Secours, prélèvent une centaine d'échantillons d'eau, de sédiments et de sols dans 11 zones autour du site. Les analyses indépendantes font état de concentrations de cadmium atteignant 0,016 mg/L dans un fossé — 320 fois le critère de protection de la vie aquatique — ainsi que de dépassements pour l'arsenic, le chrome et le cuivre. Daniel Green affirme observer un gradient spatial : les concentrations augmentent à mesure que l'on se rapproche de l'usine. « La question était de savoir si Stablex pollue. Oui, et pas juste un peu. La balle est maintenant dans le camp du ministère », déclare-t-il[26],[27]. Le ministère, pour sa part, qualifie certaines anomalies d'« isolées et non inquiétantes » et indique que ses propres campagnes (avril 2024, septembre 2025) donnent des résultats conformes ; les opposants reprochent au ministère d'échantillonner des points différents des leurs et d'appliquer des normes propres aux fossés plutôt qu'aux cours d'eau[26],[28].

L'étude WaterShed Monitoring (2026)

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À l'automne 2025, Climat Québec et la Coalition des citoyens de Blainville mandatent la firme WaterShed Monitoring, dirigée par la limnologue Sonja Behmel, pour une campagne d'échantillonnage structurée ; les analyses sont réalisées par le Centre d'analyse et de caractérisation des nanomatériaux de l'Université de Montréal. Le rapport, publié le 10 juin 2026, fait état de dépassements des critères de protection de la vie aquatique — effets chroniques et aigus — particulièrement par temps de pluie : cadmium (jusqu'à 31,8 fois le critère à la station FS-STB-2), plomb (113,7 fois à la station STB-1 en temps sec ; dépassement du critère chronique à presque toutes les stations), zinc, cuivre, arsenic et chrome. Dans les sédiments, cinq métaux dépasseraient le premier seuil d'alerte (CER)[29],[30].

Stablex répond que le rapport « ne permet pas de conclure » que l'entreprise ajoute des contaminants dans l'environnement, soulignant que certains points d'eau seraient en amont du site et que le ministère, la Ville et la Santé publique n'ont constaté « aucun dépassement en dix ans ». Le rapport des opposants reconnaît lui-même ne pas avoir pu accéder au site pour valider toutes les trajectoires d'écoulement, et la Coalition demande une campagne d'échantillonnage par un « tiers indépendant » avec plein accès au terrain[31].

Recours devant des instances internationales

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Communication SEM-26-003 à la Commission de coopération environnementale

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Le 1er mai 2026, William Guindon, un adolescent de Blainville alors âgé de 14 ans, dépose auprès de la Commission de coopération environnementale (CCE) — organisme trinational créé par l'Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM) — la communication officielle SEM-26-003, « Enfouissement de matières dangereuses à Blainville »[32]. L'auteur y soutient que le Canada omet d'appliquer efficacement ses lois environnementales en lien avec le projet d'enfouissement de matières dangereuses mené par Stablex dans le secteur de la Grande Tourbière de Blainville, et plus particulièrement avec la cellule nº 6[33]. Il allègue notamment des travaux d'excavation dans la Grande Tourbière pendant les périodes de nidification des oiseaux, la destruction d'habitats d'espèces protégées, des taux de cadmium jusqu'à 320 fois les seuils réglementaires dans le secteur et une menace pour l'écosystème des lacs Fauvel. Il soutient en outre que la loi québécoise 93, en verrouillant le projet, prive les citoyens des recours judiciaires qui pourraient forcer l'application des lois fédérales[28],[32].

Instructions d'admissibilité

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Dans une première décision, le 3 juin 2026, le Secrétariat de la CCE conclut que la communication initiale ne satisfaisait pas à certains critères d'admissibilité — les alinéas (c) et (e) de l'article 24.27(2) et l'alinéa (c) de l'article 24.27(3) — notamment parce qu'elle ne contenait pas suffisamment d'informations pour permettre son examen, n'indiquait pas si la question avait déjà été transmise par écrit aux autorités compétentes et ne démontrait pas qu'un recours interne avait été exercé ou était impossible[33]. L'auteur se voit accorder un délai de 60 jours et dépose une communication révisée, reçue le 16 juillet 2026[32],[33].

Dans sa décision du 17 août 2026, le Secrétariat retient aux fins d'analyse des dispositions de trois lois fédérales[33] :

  • l'article 5.1(1) de la Loi de 1994 sur la convention concernant les oiseaux migrateurs (interdiction d'immerger ou de rejeter des substances nocives pour les oiseaux migrateurs dans les eaux fréquentées par ceux-ci) ;
  • l'article 5(1) du Règlement sur les oiseaux migrateurs (interdiction de capturer, tuer, blesser ou harceler un oiseau migrateur, de détruire un œuf ou un nid) ;
  • plusieurs articles de la Loi sur les espèces en péril (dont les articles 32 et 33 interdisant la mise à mort d'espèces inscrites et la destruction de leur résidence) ;
  • plusieurs articles de la Loi sur les pêches (dont les articles 34.4, 35 et 36, encadrant la mort du poisson, la détérioration de son habitat et le rejet de substances nocives).

À l'appui du volet factuel, la décision recense notamment l'étude d'impact du promoteur — établissant un habitat potentiellement favorable à des espèces à statut précaire comme l'engoulevent d'Amérique, la paruline du Canada et le pioui de l'Est, ainsi que la présence possible de chauves-souris en danger —, une demande d'engagements du ministère de l'Environnement du Québec évoquant les obligations fédérales relatives aux oiseaux migrateurs, le rapport d'Eau Secours sur le cadmium mesuré à 320 fois la norme près du site, le rapport WaterShed Monitoring sur les métaux, ainsi que des photographies d'eau turbide et de poissons morts près des berges[33]. Le Secrétariat retient aussi que l'auteur, de nature mineure, plaide ne pas pouvoir ester en justice de façon autonome — une « barrière juridique absolue » — et disposer de ressources financières insuffisantes pour des recours privés ; il avait néanmoins déposé, le 29 juin 2026, une pétition environnementale auprès du Bureau du vérificateur général du Canada intitulée « Application des lois environnementales au site Stablex à Blainville : Loi sur les pêches, habitats aquatiques, oiseaux migrateurs et espèces susceptibles d'être concernées », démarche que le Secrétariat accepte au titre de l'exercice de recours prévus par le droit interne[33].

Décision du 17 août 2026

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Le 17 août 2026, après examen de la communication révisée, le Secrétariat conclut que celle-ci satisfait à tous les critères d'admissibilité de l'article 24.27(1), (2) et (3) de l'ACEUM et qu'elle mérite une réponse de la Partie concernée — le Canada — qui dispose de 60 jours pour la fournir, soit au plus tard le 16 octobre 2026[33],[32]. À la lumière de cette réponse, le Secrétariat décidera si la constitution d'un dossier factuel (une enquête documentaire indépendante) se justifie, auquel cas il en informera le Conseil de la CCE conformément à l'article 24.28(1) ; dans le cas contraire, le processus prend fin[33]. Le processus SEM vise la transparence et la participation du public sans porter de jugement sur les omissions alléguées dans l'application des lois — il ne s'agit donc pas, à cette étape, d'une condamnation du Canada[33].

Démarche auprès des Nations unies

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En mai 2026, le même adolescent transmet un mémoire intitulé « Formal Deposition and Urgent Appeal: Human Rights Violations and Denial of Justice – The Stablex Case and the Imposition of Bill 93 in Quebec » au Rapporteur spécial des Nations unies sur les incidences sur les droits de l'homme de la gestion et l'élimination écologiquement rationnelles des produits et déchets dangereux, Marcos A. Orellana. Le document invoque notamment la résolution 76/300 de l'Assemblée générale des Nations unies reconnaissant le droit à un environnement propre, sain et durable, l'article 7 de la Charte canadienne et l'article 3 de la Déclaration universelle des droits de l'homme[32],[34]. Interrogé par La Presse, l'adolescent justifie sa démarche en affirmant que le gouvernement « a enlevé notre droit de pouvoir manifester nos craintes envers la pollution »[35]. À l'été 2026, aucune de ces instances internationales ne s'est encore prononcée sur le fond.

Stablex, par la voix de son porte-parole Maxime Couture, affirme respecter les normes applicables, soutient que les lacs et points d'eau cités sont en amont de son site, et affirme qu'aucune excavation n'a été faite en période de nidification dans le cadre des travaux de la nouvelle cellule[35].

Enjeux de biodiversité

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Le projet de cellule nº 6 soulève d'importantes questions de protection de la biodiversité, reconnues tant par le BAPE que par des médias d'enquête environnementale :

  • Corridor écologique : le terrain visé relie deux complexes de tourbières de valeur écologique exceptionnelle ; le BAPE juge que le projet fragmenterait ce corridor[3].
  • Habitat du poisson : Le Devoir révèle la présence de cours d'eau servant d'habitat du poisson, protégés par la Loi sur les pêches ; Pêches et Océans Canada a confirmé n'avoir reçu aucune demande d'examen de Stablex à ce moment et a recommandé à l'entreprise d'en soumettre une[36],[37].
  • Oiseaux migrateurs : près de 200 espèces d'oiseaux ont été recensées dans le secteur, dont des espèces en péril comme l'engoulevent d'Amérique, la paruline du Canada et le pioui de l'Est[38].
  • Espèces mentionnées dans les recours : la communication SEM-26-003 invoque entre autres le grèbe esclavon et la salamandre à quatre orteils, espèces signalées vulnérables dont l'habitat serait touché par les travaux[28].
  • Plantes carnivores : la tourbière abrite notamment la droséra à feuilles rondes, la droséra intermédiaire et la sarracénie pourpre, espèces spécialisées des milieux tourbeux documentées par l'organisme Carnivorex[39].

Personnalités liées au dossier

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Michel Perron

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Directeur général de Stablex Canada, Michel Perron est le principal visage public de l'entreprise dans les controverses récentes. De formation en chimie à l'UQAM (1996-1998), il déclare compter environ 25 ans d'expérience en gestion environnementale et a occupé, selon son profil professionnel public, les fonctions de directeur des laboratoires et du secteur des barils, puis de directeur de production chez Stablex avant la direction générale[40]. Aux audiences du BAPE de 2023, il témoigne que sans la cellule nº 6, des centaines d'entreprises québécoises n'auraient plus de destination pour leurs déchets dangereux, présentant Stablex comme « une solution environnementale » permettant d'éviter que les déchets industriels soient rejetés « n'importe comment »[9]. Dans les controverses de 2025-2026, il conteste publiquement la version citoyenne de l'incident du camion (« C'est faux », au sujet du volume de 1 300 litres)[11], déclare que l'entreprise n'a « rien à cacher » et que ses opérations « peuvent supporter le plus rigoureux des examens »[14], et soutient que le rapport WaterShed Monitoring ne permet pas d'attribuer à Stablex l'ajout de contaminants dans l'environnement[31].

William Guindon

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William Guindon (né en 2011 à Sainte-Marthe-sur-le-Lac, selon son site personnel) est un jeune militant environnemental québécois. Selon La Presse, il avait 14 ans lorsqu'il a déposé le dossier Stablex devant des instances internationales[41]. Son site personnel fait état d'une troisième place à la finale régionale de l'Expo-Sciences des Laurentides, de prix Méritas à l'Externat Sacré-Cœur de Rosemère (« curiosité intellectuelle » en 2023 ; « engagement et humanisme » en 2024), d'une implication bénévole auprès des aînés en CHSLD dès l'âge de dix ans et d'un passage au sein des Cadets de l'Armée royale canadienne (niveau Étoile d'argent)[42]. À dix ans, en novembre 2021, il est parmi les premiers enfants québécois de 5 à 11 ans vaccinés contre la COVID-19, recevant les félicitations publiques du premier ministre François Legault rapportées par le Journal de Montréal[43].

Le 8 avril 2025, il publie dans Le Devoir une lettre intitulée « François Legault, vous détruisez notre avenir », dont la phrase « Il est trop tard. La tourbière de Blainville est déjà morte sous vos bulldozers » est reprise dans les médias[44]. En mai 2026, il devient l'auteur de la communication SEM-26-003 à la Commission de coopération environnementale et d'une déposition formelle au Rapporteur spécial des Nations unies sur les substances toxiques et les droits de l'homme, se présentant comme porte-voix des générations futures[32],[41]. Il dépose en outre, le 29 juin 2026, une pétition environnementale auprès du Bureau du vérificateur général du Canada portant sur l'application des lois environnementales au site Stablex, démarche que la CCE retient ensuite comme un recours interne valide au regard de son incapacité, en tant que mineur, à ester en justice[33]. Le 17 août 2026, le Secrétariat de la CCE juge sa communication admissible à tous les critères de l'article 24.27 de l'ACEUM et demande au gouvernement canadien d'y répondre officiellement au plus tard le 16 octobre 2026[33],[32]. Son action est marquante pour avoir internationalisé un conflit autrefois local et pour avoir articulé l'argument intergénérationnel au cœur du débat.

Marie-Claude Archambault

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Résidente de Blainville, Marie-Claude Archambault est la porte-parole de la Coalition des citoyens de Blainville contre la cellule nº 6 de Stablex[45]. Visible à chaque étape du conflit — interventions au conseil municipal pour réclamer des analyses de sols (2024)[46], manifestations devant l'usine dès 2024[47], conférence devant les congressistes de la CSN à Saint-Sauveur (avril 2025) où elle affirme que « depuis 1983, Stablex a exploité cinq cellules […] avec un procédé qui s'avère défaillant »[45], participation aux veillées quotidiennes à l'entrée de l'usine après l'adoption de la loi 93[48] — elle est l'une des voix médiatiques les plus citées du mouvement. Au dépôt du projet de loi 93, elle déclare à Radio-Canada : « Les ministres et le premier ministre, réveillez-vous ! Vous ne pouvez pas détruire l'environnement comme ça : c'est fini, ça ne peut plus durer »[49]. En juin 2026, elle accueille l'étude WaterShed Monitoring comme la confirmation « de ce que les citoyens de Blainville dénoncent depuis des années »[31]. À l'été 2025, la page Facebook de sa Coalition réunissait plusieurs milliers de personnes[45].

Martine Ouellet

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Martine Ouellet (née le 8 avril 1969 à Longueuil) est ingénieure et femme politique québécoise. Députée péquiste de Vachon (2010-2017), ministre des Ressources naturelles dans le gouvernement Pauline Marois (2012-2014), puis cheffe du Bloc québécois (2017-2018), elle fonde le 14 mai 2021 Climat Québec, parti provincial indépendantiste axé sur la crise climatique, dont elle est la cheffe[50]. Dans le dossier Stablex, son parti agit comme allié politique de la Coalition de Blainville : communiqués conjoints dénonçant des travaux jugés précipités (mai 2025)[51], appui public à la mobilisation, et surtout commande conjointe, avec la Coalition, de la campagne d'échantillonnage WaterShed Monitoring publiée en 2026[52].

Daniel Green

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Écotoxicologue et environnementaliste québécois, Daniel Green représente la Société pour vaincre la pollution (SVP). Il est l'architecte scientifique des campagnes citoyennes du dossier : pilotage de l'échantillonnage du 2 décembre 2023 (une centaine d'échantillons, 11 zones, en collaboration avec des groupes comme Mères au front)[53], supervision et interprétation de l'analyse Bureau Veritas de l'échantillon de l'incident du camion de 2025[13], et porte-parole analytique de la plainte environnementale d'octobre 2025 résumant « trois constats graves » : manquements à la protection de l'environnement, pollution des eaux et de l'air, et déversements au sol[14],[54]. Il soutient que le régime actuel revient à faire assurer la surveillance par « Stablex elle-même » (autosurveillance) et dénonce « une déresponsabilisation inquiétante de l'État »[14].

Mathieu Brien

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Écologiste et fondateur de l'organisme Carnivorex, spécialisé dans la protection des plantes carnivores et de leurs habitats, Mathieu Brien est une figure de la défense de la Grande Tourbière bien avant l'éclatement médiatique du conflit : dès mai 2023, il guide La Presse dans la tourbière, y faisant documenter droséras, sarracénie pourpre, orignaux et couleuvres vertes — ainsi que les déchets qui y traînent —, déclarant : « C'est criminel de dévaloriser ce milieu » et présentant les tourbières comme les « reins de la planète »[55]. Il dirige les initiatives du collectif Sauvegardons la Grande Tourbière de Blainville : pétition, campagne de sociofinancement, projet collaboratif sur iNaturalist visant à recenser les espèces rares et menacées pour fonder la protection du site sur des données naturalistes[56],[57].

Organisations impliquées

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  • Coalition des citoyens de Blainville contre la cellule nº 6 de Stablex — regroupement de résidents opposés à l'agrandissement, dirigé médiatiquement par Marie-Claude Archambault ; veillées quotidiennes, mobilisation et co-commande d'études indépendantes[45].
  • Climat Québec — parti provincial fondé par Martine Ouellet ; allié politique de la Coalition, co-commanditaire de l'étude citoyenne 2025-2026[52].
  • Société pour vaincre la pollution (SVP) — organisme représenté par Daniel Green ; pilote des échantillonnages citoyens[26].
  • Sauvegardons la Grande Tourbière de Blainville — collectif de conservation, porté par Mathieu Brien ; pétition, sociofinancement et inventaire iNaturalist[58].
  • Signataires de la plainte d'octobre 2025 — SVP, Eau Secours, Mouvement d'action régional en environnement, Mères au front Basses-Laurentides, Coalition alerte à l'enfouissement Rivière-du-Nord et Coalition des citoyens de Blainville[14].

Chronologie

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AnnéeÉvénement
1973Brevet britannique du procédé de stabilisation-solidification (Crossfield, « Sealosafe »)
Fin des années 1970Fermeture au Québec de dépotoirs de déchets industriels inorganiques non conformes
13 mai 1981Décret 1317-81 : autorisation du projet Stablex à Blainville
1983Début des opérations
Années 1980Le ministère constate que l'eau traversant le stablex en ressort contaminée ; cause : introduction de matières organiques
10 juillet 1990Rapport d'enquête de la « police verte » ; amende à Stablex
1991Compromis réglementaire : matières organiques limitées, produit classé MDR, pompage-traitement permanent des lixiviats
1998 et 2003Permis d'exploitation fixant les conditions des cellules
2010-2011Dépassement de mercure dans le stablex mûri ; avis de non-conformité (12 octobre 2011)
2015-202365 inspections, trois avis de non-conformité et une sanction administrative pécuniaire
Septembre 2023Rapport 371 du BAPE : projet de cellule nº 6 « prématuré », recommandation de refus
Automne 2023Résolution unanime de Blainville résiliant l'entente de vente du terrain
2 décembre 2023Campagne citoyenne d'échantillonnage ; cadmium à 320 fois le critère
2024Campagnes ministérielles jugées conformes ; médiatisation des analyses de sols citoyennes
27 février 2025Dépôt du projet de loi 93
28 mars 2025Loi 93 adoptée sous bâillon (61 voix contre 31) ; expropriation du terrain
Avril 2025Rejet de l'injonction provisoire demandée par la Ville et la CMM
2025Décret 515-2025 (24 conditions) ; début des travaux de la cellule nº 6 ; veillées citoyennes quotidiennes
21 août 2025Incident du camion ; versions divergentes citoyens/Stablex-pompiers
22 octobre 2025Signalement environnemental déposé au ministère par six groupes
1er mai 2026Communication SEM-26-003 déposée à la CCE ; démarche à l'ONU en mai
10 juin 2026Publication du rapport WaterShed Monitoring
16 juillet 2026Communication révisée reçue par la CCE ; dossier ouvert

Notes et références

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  1. 1 2 3 Dossier Stablex, Ville de Blainville.
  2. 1 2 3 Stablex au banc d'essai du BAPE, Radio-Canada, 2023.
  3. 1 2 3 4 Le BAPE recommande le rejet du projet Stablex, Radio-Canada, 22 septembre 2023.
  4. Le projet de loi agrandissant un dépotoir de déchets dangereux adopté sous bâillon, La Presse canadienne, 28 mars 2025.
  5. La CCE reçoit une communication, Commission de coopération environnementale, 13 mai 2026.
  6. 1 2 Le combat d'un adolescent de Blainville à l'ONU, La Presse, 3 juillet 2026.
  7. 1 2 3 4 5 6 7 8 « Déchets de discorde » : le long format de Radio-Canada sur Stablex, Radio-Canada, octobre 2025.
  8. 1 2 Rapport 371 du BAPE, Bureau d'audiences publiques sur l'environnement, septembre 2023.
  9. 1 2 3 4 5 A Quebec toxic waste dump that takes in U.S. material wants to expand, CBC News, mars 2025.
  10. La science citoyenne expose la pollution causée par une entreprise de Blainville, Pivot, 6 mars 2024.
  11. 1 2 3 Stablex visée par une plainte au ministère de l'Environnement, Radio-Canada, 22 octobre 2025.
  12. Épisode du 9 octobre 2025, Enquête, Radio-Canada.
  13. 1 2 3 4 Déversement suspect chez Stablex, Radio-Canada, août 2025.
  14. 1 2 3 4 5 6 Des groupes déposent une plainte contre l'usine Stablex, La Presse, 22 octobre 2025.
  15. Des groupes environnementaux déposent une plainte contre l'usine Stablex, Le Devoir, 22 octobre 2025.
  16. 1 2 Blainville casse l'entente avec Stablex, Radio-Canada, 2023.
  17. 1 2 FAQ Stablex, site de l'entreprise.
  18. Le BAPE recommande le rejet du projet de Stablex, La Presse, 22 septembre 2023.
  19. Communiqué de la CMM, 2025.
  20. Québec dépose un projet de loi encadrant le transfert d'un terrain à Blainville, Gouvernement du Québec, 27 février 2025.
  21. Projet d'enfouissement de Stablex : Québec contourne ses propres lois, dénonce la CMM, Radio-Canada, 27 février 2025.
  22. La Presse canadienne, 28 mars 2025.
  23. Résolution d'appui à la Ville de Blainville, UMQ, 2025.
  24. Rejet de la demande d'injonction provisoire, Radio-Canada, avril 2025.
  25. Poissons protégés, espèces menacées : la situation du futur site Stablex, Le Devoir.
  26. 1 2 3 4 La science citoyenne expose la pollution, Pivot, 6 mars 2024.
  27. Arsenic et métaux dangereux près d'un cimetière de déchets, La Presse, 4 avril 2024.
  28. 1 2 3 La CCE reçoit une communication, 13 mai 2026. Erreur de référence : Balise <ref> incorrecte : le nom « cec » est défini plusieurs fois avec des contenus différents.
  29. Stablex : métaux lourds détectés dans les eaux près du site, NordInfo, juin 2026.
  30. Des métaux toxiques détectés près de l'usine Stablex à Blainville, La Presse, 12 juin 2026.
  31. 1 2 3 NordInfo, juin 2026.
  32. 1 2 3 4 5 6 7 Registre SEM-26-003, Commission de coopération environnementale.
  33. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 Enfouissement de matières dangereuses à Blainville — Décision du Secrétariat en vertu de l'article 24.27(2) et (3) de l'ACEUM (A24.27(2)(3)/SEM/26-003/62/DET), Commission de coopération environnementale, 17 août 2026.
  34. Site personnel de William Guindon.
  35. 1 2 La Presse, 3 juillet 2026.
  36. Le Devoir, « Poissons protégés… ».
  37. Le Devoir, « Le fédéral demande à Stablex de soumettre un examen ».
  38. Le Devoir.
  39. Détruire un écosystème, bientôt un crime contre l'humanité ?, La Presse, 29 mai 2023.
  40. « Stablex se démarque dans la gestion environnementale depuis plus de 40 ans », stablex.com.
  41. 1 2 « Le combat d'un adolescent de Blainville à l'ONU », La Presse, 3 juillet 2026.
  42. Site personnel de William Guindon.
  43. Journal de Montréal, 28 novembre 2021.
  44. « François Legault, vous détruisez notre avenir », Le Devoir, 8 avril 2025.
  45. 1 2 3 4 « La lutte citoyenne s'organise contre Stablex », CSN, avril 2025.
  46. NordInfo, 2024.
  47. NordInfo, mai 2024.
  48. L'Étoile du Nord, avril 2025.
  49. Radio-Canada, 27 février 2025.
  50. « Climat Québec devient officiellement un parti politique », Radio-Canada, 4 août 2021.
  51. Communiqué de Climat Québec, 28 mai 2025.
  52. 1 2 La Presse, 12 juin 2026.
  53. La Presse, 4 avril 2024.
  54. Le Devoir, 22 octobre 2025.
  55. La Presse, 29 mai 2023.
  56. Page de Sauvegardons la Grande Tourbière de Blainville, Carnivorex.
  57. Projet iNaturalist, iNaturalist Canada.
  58. , Carnivorex.

Voir aussi

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Liens externes

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