Stalag 325

ensemble de camp et sous-camps de concentration pour les prisonniers de guerre soviétiques, belges, français et serbes créé par le commandement militaire allemand pendant la seconde guerre mondiale

Le Stalag 325 (en allemand : Kriegsgefangenen-Mannschafts-Stammlager 325) est un camp de « représailles » pour prisonniers de guerre, situé en Galicie orientale au sein du Gouvernement Général de Pologne -dont le Gouverneur était Hans Franck- et qui fut instauré par l’Allemagne nazie dès 1939 après l'envahissement de la Pologne.

Historique

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De juillet 1941 à avril 1942, entre 18 000 et 24 000 prisonniers de guerre soviétiques - non protégés par les dispositions de la Convention de Genève de 1929 - sont détenus au camp de Rawa-Ruska (Rawa-Rouska) et la plupart y trouveront la mort [2],[3].

En mars 1942, un avis est apposé dans les Stalags en Allemagne, plus particulièrement à l’attention des prisonniers français et belges : sur ordre de l’OKW (Haut Commandement de la Wehrmacht) en date du 21 mars 1942, l’avis stipule que les prisonniers qui ont tenté l’évasion une ou plusieurs fois, ou bien se sont rendus coupables de refus de travail réitérés, seront transférés au camp de Rawa-Ruska et ses sous-camps.

Le 13 avril 1942, le premier convoi de soldats français et belges arrive au camp. Le convoi est parti le 5 avril 1942 avec 2000 prisonniers [4]. D’autres convois - une vingtaine - suivront jusqu’en juin 1943.

Le 28 janvier 1943, le Stalag 325 est déplacé à Lemberg (Lviv) jusqu’en septembre 1943, puis à Stryj (Stryï) de septembre 1943 à janvier 1944.

Environ 24 000 prisonniers français et quelques centaines de prisonniers belges y seront internés avec des peines allant de 3 mois à plus d’un an.

Le camp de Rawa-Ruska aurait été surnommé - lors d’un discours à la BBC -, par Winston Churchill : le « camp de la goutte d'eau et de la mort lente » mais la preuve n’est pas établie. Il n’y eut en effet qu'un seul robinet d'eau non potable pour l’ensemble du camp d'avril à aout 1942, date du passage de la Croix Rouge Internationale (CICR) qui permit d'accélérer les travaux d'adduction d'eau.

Un certain lieutenant-colonel Herr Borck aurait été le commandant du camp et dans une lettre qu’il aurait adressée au Procureur du Tribunal de Nuremberg peu avant son exécution le (soit avant la date de la sentence !), il aurait revendiqué son action et affirmé son intention d'anéantir tous les « terroristes » français[1]. Toutefois, aucune source historique ne permet de confirmer l'authenticité du document ainsi que l'existence de cet individu. Les recherches historiques modernes s'accordent pour démentir l'existence de ce personnage[2].

La vie au Stalag 325

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Le Stalag 325 se trouvait dans une zone à climat continental, hiver très froid et très long et très chaud l'été, une zone également de marécages et de tourbières. Typhus, typhoïde, diphtérie, dysenterie bacillaire y régnaient de façon endémique, conséquences aussi de l’extrême faiblesse des hommes due à une sous-nutrition imposée, aux mauvais traitements quotidiens et aux corvées de travail particulièrement dures. Cependant le taux de mortalité connu à ce jour reste faible.

Quelques prisonniers documentés

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Le camp a interné environ 24 000 Français. L'historiographie relève parmi eux plusieurs personnalités qui deviendront connues après-guerre, comme Pierre Gascar (prix Goncourt 1953), André Méric (futur vice-président du Sénat), Guy Durandin ou Robert Lannoy[3].

Parmi les parcours de « résistant-prisonnier » particulièrement documentés figure Alphonse Sanjorge (1907-1976), du 11e régiment étranger d'infanterie, fait prisonnier en juin 1940 et interné à Rawa-Ruska d'avril 1942 à janvier 1943 comme récidiviste d'évasion. Son dossier illustre la trajectoire type du camp de représailles : affecté ensuite au travail forcé aux usines Schiele à Hornberg (18 avril 1944 - 20 avril 1945), il est certifié en mai 1945 comme « précieux agent de renseignement auprès de ses services » par le Gouvernement militaire français et brièvement désigné représentant français à Hornberg[4]'[5].

Annexes

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Bibliographie

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  • "Rawa-Ruska, 80 ans de mémoire", Fédération Nationale de Ceux de Rawa-Ruska, 2022
  • "Le camp de la goutte d'eau", Daniel Bilalian, Paris, Presses de la Cité, 1998, 215 p. (ISBN 2-258-00709-7)
  • "Dossier Rawa-Ruska", Pierre Jautée, Mémoire vivante, Bulletin de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation, no 51, décembre 2006 (lire en ligne [PDF]).

Articles connexes

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Liens externes

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Références

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  1. « Lettre adressée au procureur général chargé du procès de Nuremberg par l'ancien responsable du camp de Rawa Ruska ».
  2. Martine Reymond-Vaudry, « Un point sur la Recherche historique », Envols, no 296, (lire en ligne [PDF])
  3. « Itinéraires de « résistants-prisonniers » : ceux de Rawa-Ruska », sur Publications de l’Institut de recherches historiques du Septentrion
  4. « Alphonse Sanjorge : Chronologie et archives », sur sanjorge.fr (consulté le )
  5. « SANJORGE Alphonse », sur 11regimentetranger.com (consulté le )
  6. « Dessins de Roger Maire ».