Station de recherche des Nouragues

station scientifique en Guyane française

La station de recherche des Nouragues est une base scientifique permanente du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) dans la forêt amazonienne. Fondée en 1986, elle est située dans une zone réservée à l'étude scientifique, au coeur de la réserve naturelle nationale des Nouragues, sur la commune de Régina, à 100 km au sud de Cayenne.

Station de recherche des Nouragues
Aérostat monoplace à la station des Nouragues,
Dany Cleyet-Marrel, 2004
Histoire
Fondation
Cadre
Type
Pays
Coordonnées
Organisation
Site web
Carte

Description

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Carbets du site d'Inselberg, juin 2011.

La station est aujourd'hui composée de deux camps scientifiques, aménagés à huit kilomètres l’un de l’autre. Ils ne sont accessibles que par pirogue ou hélicoptère[1]. Chacun permet d'héberger 25 scientifiques. Le camp de Pararé est situé au bord de la rivière Arataye. Il permet l’étude physique et biologique des rivières et des forêts riveraines. Le camp d'Inselberg est situé au pied d'un inselberg, un piton de granit monolithique, dans les montagnes Balenfois[2].

Un troisième camp, Arataï, est site éco-touristique à but éducatif. Il est situé à l’entrée de la réserve, dans une zone dédiée à l’accueil du public[3].

Recherche

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Caracara à gorge rouge (Ibycter americanus) sur une branche près du camp de Pararé, avril 2011.

La station a pour objet l'étude de la grande forêt primaire de basse altitude, des pinotières (marécages à palmier Euterpe), des forêts de lianes et des cambrouzes (formations à bambous lianescents), ainsi que de l’inselberg proche où des taches de savanes-roches côtoient des forêts basses à myrtacées. La partie centrale de la réserve est sur une zone rectangulaire carroyée de layons qui permettent une étude détaillée de la région.

Histoire

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En 1976, le site de Pararé est fondée par des zoologistes du Muséum national d'histoire naturelle, Jean-Pierre Gasc, Gérard Dubost et Christian Érard[4],[5]. En 1986, la station devient un site de recherche commun au CNRS, au MNHN et à l’ORSTOM.

En , une équipe mixte identifie le site d'Inselberg. Elle est composée de Jean-Pierre Gasc (MNHN), Pierre Charles-Dominique (CNRS), Daniel Sabatier (ORSTOM), Olivier Tostain (étudiant de l'ENS), Marc Théry (doctorant Paris-VI[6]), Pierre-Michel Forget (doctorant Paris -VI[7]) et deux assistants piroguiers Saramankas,. Ils marchent pendant deux journées depuis l'embouchure de la crique Nouragues. Vingt-cinq militaires du 9e régiment d'infanterie de marine défrichent une zone d'atterissage (DZ) pour hélicoptère et un premier carbet est construit à la tronçonneuse. Le site est opérationnel en 1987[8].

En 1989, la station de recherche, ses deux sites, devient pérenne. Elle entre dans le cadre des activités de l’URA 1183 (MNHN/CNRS), soutenue par le Programme Environnement Vie et Sociétés du CNRS (ex PIREN) et du Département des Sciences de la Vie du CNRS.

En 1990 est créée une zone d'étude de 40 hectares. Le , elle devient officiellement la Réserve naturelle nationale des Nouragues, sur près de 1 000 km2[9],[10]. Son nom vient d'une ancienne tribu amérindienne disparue au XVIIIᵉ siècle. En 1995, la recherche scientifique dans la station fait l’objet d’un film documentaire, réalisé par Jean-François Ternay et Marcel Dalaise. Il est consultable en ligne[11].

En 1997, la station devient une unité propre de service du CNRS (UPS 656). Le MNHN se retire de l'organisation, mais ses chercheurs continuent d'étudier sur les deux sites.

En juin 2004, la station de recherche est pillée par des garimpeiros, des orpailleurs d'or clandestins. L'équivalent de 75 000 euros de matériel est volé[12]. En 2006, Capi et Domingo, deux guides du camp d’écotourisme d'Arataï sont assassinés. Les chercheurs sont évacués en hélicoptère et le camp fermé[13],[14],[15],[16].

En 2021, la station des Nouragues est gérée par le Laboratoire Ecologie, Evolution et Interaction des Systèmes Amazoniens (LEEISA) du CNRS[17].

Notes et références

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  1. Stéphane Foucart, « La pollution aux phtalates atteint aussi les réserves naturelles présumées vierges », Le Monde, (ISSN 1950-6244, lire en ligne, consulté le )
  2. Juliette Demey, « Naufragés volontaires au cœur de l'enfer vert », sur lejdd.fr, (consulté le )
  3. Mathurin Levis, « Renaissance pour la réserve des Nouragues », sur franceguyane.fr, (consulté le )
  4. Jean-Pierre Gasc et Jean Jacques De Granville, Tropiques du chercheur, Paris, Sépia, , 220 p. (ISBN 979-10-334-0523-8)
  5. Enzo Dubesset, « Les veilleurs de l’Amazonie : la station CNRS des Nouragues, un labo au cœur de la forêt depuis 40 ans », sur La Croix, (consulté le )
  6. Marc Théry, « Ecologie et comportement des oiseaux Pipridae en Guyane : leks, frugivorie et dissémination des graines », theses.fr, Paris 6, (lire en ligne, consulté le )
  7. Pierre-Michel Forget, « Dissémination et régénération naturelle de huit espèces d'arbres en forêt guyanaise », theses.fr, Paris 6, (lire en ligne, consulté le )
  8. Robert Belleret, « Les Nouragues : un radeau des cimes en Guyane », Le Monde, (ISSN 1950-6244, lire en ligne, consulté le )
  9. Laurent Marot, « En Guyane, une "forêt témoin " pour étudier biodiversité et climat », Le Monde, (ISSN 1950-6244, lire en ligne, consulté le )
  10. Roger Cans, « Le difficile arbitrage entre l'or vert et l'or jaune de Guyane », Le Monde, (ISSN 1950-6244, lire en ligne, consulté le )
  11. « Chercheurs en paradis | Le blob, l'extra-média », sur leblob.fr (consulté le )
  12. Hervé Morin, « La quête de l'or menace l'Amazonie », Le Monde, (ISSN 1950-6244, lire en ligne, consulté le )
  13. Frédéric Farine, « La France perd le contrôle de sa forêt amazonienne », sur RFI, (consulté le )
  14. Laurent Marot, « Guyane : la malédiction de l'or jaune », Le Monde, (ISSN 1950-6244, lire en ligne, consulté le )
  15. « Capi et Domingo : 10 ans », sur www.nouragues.fr,
  16. Laurent Marot, « Assassinat de Capi et Domingo au camp Arataï, 10 ans après », sur Outre-mer La 1ère, (consulté le )
  17. Enzo Dubesset, « Jérôme Chave, directeur de recherche au CNRS : « La science ne se fera jamais à distance » », sur La Croix, (consulté le )

Annexes

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Bibliographie

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  • Pierre-Michel Forget et Julien Norwood, 12 mois en forêt guyanaise, Paris, Bélin, , 348 p. (EAN 9782410029055)

Liens externes

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