Station radio de Kamina
La station radio de Kamina est une ancienne station de télégraphie sans fil implantée près de Kamina, dans le Togoland, alors colonie allemande correspondant à l'actuel Togo.
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Elle constitue, avant sa destruction en août 1914, l'un des principaux relais radio de l'Empire colonial allemand en Afrique de l'Ouest.
Contexte
modifierLa station est construite par Telefunken près du village de Kamina, à environ 5 km d'Atakpamé[1],[2]. Elle répond à une demande du gouvernement impérial allemand, qui cherche à renforcer ses communications militaires et diplomatiques en cas d'interruption des liaisons filaires[3].
Le projet s'inscrit dans un réseau de relais radio à longue portée. Les stations doivent permettre des communications sur environ 4 000 km[4]. Kamina est conçue comme émetteur principal et comme relais pour les autres stations des colonies allemandes d'Afrique[5]. Elle doit aussi relier les postes africains à l'Allemagne, située à environ 3 700 km[6].
La décision d'installer une station au Togo est prise en [7]. La construction se déroule entre 1911 et 1914[8]. Dès 1913, les signaux d'un émetteur allemand de 100 kW, situé à 5 200 km, sont captés à Kamina[9]. La qualité du signal atteint son niveau optimal en [10].
La station dispose de sa propre centrale électrique[1],[2]. Son antenne en T mesure environ 3 800 m de longueur totale. Elle est portée par quatre pylônes métalliques de 100 m et trois pylônes de 75 m[10].
Première Guerre mondiale
modifierAu début de la Première Guerre mondiale, la station sert à transmettre des instructions aux navires marchands allemands présents dans les Antilles et l'océan Atlantique sud. Ces messages leur demandent de rejoindre les ports neutres les plus proches[11].
Son rôle militaire reste cependant limité. Selon Michael Friedewald, les autorités allemandes n'ont pas organisé de dispositif précis pour défendre les colonies africaines en cas de guerre[12].
Dès août 1914, les forces françaises et britanniques attaquent le Togoland depuis la colonie du Dahomey et la Côte-de-l'Or britannique. Cette offensive marque le début de la campagne du Togoland.
La station de Kamina est détruite dans la nuit du 24 au par ses opérateurs allemands, afin d'empêcher sa prise par les troupes alliées[1],[2]. L'ingénieur allemand Abraham Esau est arrêté et détenu jusqu'à l'armistice de 1918.
Notes et références
modifier- 1 2 3 Azamédé 2015.
- 1 2 3 Azamédé 2014.
- ↑ Friedewald 2001, p. 3-4.
- ↑ Friedewald 2001, p. 5.
- ↑ Friedewald 2001, p. 4-5.
- ↑ Friedewald 2001, p. 6.
- ↑ Friedewald 2001, p. 7.
- ↑ Friedewald 2001, p. 3-9.
- ↑ Friedewald 2001, p. 8.
- 1 2 Friedewald 2001, p. 9.
- ↑ Friedewald 2001, p. 10.
- ↑ Friedewald 2001, p. 11.
Voir aussi
modifierBibliographie
modifier- Kokou Azamédé (trad. Sophia Bigus), Vestiges allemands au Togo, Lomé, Goethe-Institut Togo, (OCLC 965625722).
- (de) Kokou Azamédé, « Die Funkstation von Kamina », sur Goethe-Institut Togo, (consulté le ).
- (de) Michael Friedewald, « Funkentelegrafie und deutsche Kolonien : Technik als Mittel imperialistischer Politik » [PDF], (consulté le ), p. 1-12.
- (de) Abraham Esau, « Die Großstation Kamina und der Beginn des Weltkrieges », Telefunken Zeitung, vol. III, no 16, , p. 31-36 (OCLC 465338637, lire en ligne [PDF], consulté le ).
- (de) Reinhard Klein-Arendt, Kamina ruft Nauen! : die Funkstellen in den deutschen Kolonien, 1904-1918, Cologne, Wilhelm Herbst Verlag, (ISBN 978-3-923925-58-2).
Articles connexes
modifierLiens externes
modifier- (de) « Le poste de Kamina », sur Goethe-Institut Togo
- (en) [vidéo] « WW1: The crucial battle for Togo », sur BBC World News