Steckrübenwinter
Le Steckrübenwinter, littéralement, l'« hiver des rutabagas » ou, plus exactement « hiver du chou-rave » (en référence aux aliments dont les populations doivent se nourrir pour survivre), aussi appelé en allemand Kohlrübenwinter ou Hungerwinter (hiver de la famine), est, non pas une famine mais une disette qui a frappé l'Empire allemand durant l'hiver 1916-1917 au cours de la Première Guerre mondiale.

Elle a été déclenchée par les mauvaises récoltes, l'efficacité tardive de la guerre économique menée par la France et la Grande-Bretagne, et accessoirement par le blocus maritime britannique en mer du Nord.
Famine et produits de substitution
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Au début de la guerre, l'Empire allemand importait environ un tiers de ses denrées de l'étranger. Il était alors le plus grand importateur de produits agricoles au monde[1].
La France, le Royaume-Uni et la Russie ont, dès , mis en œuvre un embargo commercial contre l'Allemagne et l'Autriche-Hongrie, et mis en place un blocus commercial de plus en plus efficace.
Ce blocus était accessoirement maritime et militaire. Il a surtout été diplomatique et a consisté à faire pression, par des négociations, sur les exportateurs et intermédiaires dans les pays neutres afin de restreindre les importations allemandes.
Dans un deuxième temps, à partir de fin 1915, à l'initiative de la France, une politique de rationnement fut mis en oeuvre. Elle consistait à interdire aux pays neutres frontaliers de l'Allemagne d'importer plus de denrées et de marchandises qu'en temps de paix (1911-1913).
Dans un troisième temps, la France et la Grande-Bretagne pratiquèrent une politique de substitution des achats consistant à acheter des biens alimentaires à la place des importateurs allemands.
En , les États-Unis ont été à l'origine d'une réduction accrue du commerce d'importation de l'Allemagne par des pays neutres, en menaçant ces derniers : les pays neutres devaient cesser d'être neutres et choisir un camp dans le sens où ils devaient choisir soit de continuer d'importer des marchandises venant des E.-U. d'Amérique, soit continuer à commercer avec les Allemands. C'était soit l'un soit l'autre, mais pas les deux. Les Neutres choisirent les E.-U. d'Amérique[2].
Les autres raisons ayant causé la famine en Allemagne étaient la bureaucratie excessive et des mesures contre-productives telle que la politique des prix et de la distribution[3]. Un rationnement alimentaire et une stricte réglementation furent mis en place. De plus, l'agriculture allemande manquait de main-d'œuvre, d'animaux et d'engrais. Il y avait également des problèmes de transport[4],[5],[6].
En Allemagne, environ 800 000 personnes sont mortes de malnutrition entre 1914 et 1918[7]. La plupart étaient des personnes âgées. Les carences en matière de santé ont été exacerbées par le fait que l'hygiène personnelle n'était pratiquement plus possible puisque seuls 50 g de savon par tête et par mois étaient autorisés, lesquels avaient une teneur maximale en graisse de 20 %, contenaient des matières de remplissage telles que l'argile et la pierre à savon et ne pouvaient être obtenus que par le biais de cartes de savon. À partir du printemps 1918, la grippe espagnole s'est manifestée en trois vagues, dont la deuxième (à l'automne 1918) et la troisième (en 1919) ont fait de nombreuses victimes, en plus de la famine causée par le manque d'importations de denrées alimentaires dû à l'embargo commercial britannique toujours en vigueur.
Autres pays affectés
modifierL'Autriche-Hongrie, l'Empire ottoman et les pays occupés par l'Allemagne et ses alliés, Belgique, Serbie, etc., connurent aussi de graves pénuries. L'occupation de la Roumanie et de l'Ukraine permit à l'Allemagne et à l'Autriche-Hongrie de s'emparer d'une grande partie de leur production agricole. La main-mise sur les récoltes roumaines fut principalement causée par les négligences britanniques alors que les autorités françaises avaient alertés du danger.
Notes et références
modifierNotes
modifierRéférences
modifier- (de) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en allemand intitulé « Steckrübenwinter » (voir la liste des auteurs).
- ↑ (de) spiegel.de 30 mars 2004 : Der Kampf in den Küchen.
- ↑ Senger Fabien, La prise en compte de l'Intelligence économique par l'institution militaire française, 1914-1918, Belfort-Montbéliard, Université de Belfort-Montbéliard,
- ↑ (de) Franziska Dunkel : „Versorgung der Zivilbevölkerung.“ In : Fastnacht der Hölle. Der Erste Weltkrieg und die Sinne. Haus der Geschichte Baden-Württemberg. Stuttgart 2014, p. 110.
- ↑ (de) Kohlrübenwinter. Deutsches Historisches Museum (en ligne).
- ↑ (de) Kartoffelversorgung im Ersten Weltkrieg. Deutsches Historisches Museum (en ligne).
- ↑ (de) Die Seeblockade. Deutsches Historisches Museum (en ligne).
- ↑ (de) Gustavo Corni : Hunger in : Gerhard Hirschfeld, Gerd Krumeich, Irina Renz (dir.): Enzyklopädie Erster Weltkrieg. Schöningh (UTB), Paderborn 2009, p. 565.
Voir aussi
modifier- Grande famine du Mont-Liban durant la Première Guerre mondiale, famine provoquée indirectement par le blocus maritime allié, et provoquée directement par la haine raciale et religieuse des islamistes et des ottomans contre les chrétiens du Liban.