Stefan Adam Zamoyski

Aristocrat polonais (1904-1976)

Stefan Adam Zamoyski, né le à Racewo et mort le à San Francisco, est un aristocrate polonais et docteur en droit. Pendant la Deuxième Guerre mondiale, il était l’aide de camp du général Władysław Sikorski, Premier ministre du gouvernement polonais en exil d’abord en France puis en Grande-Bretagne.

Stefan Adam Zamoyski
Biographie
Naissance
Décès
(à 72 ans)
San Francisco
Sépulture
Nom dans la langue maternelle
Stefan Adam Zamoyski
Nationalité
polonaise
Activité
Famille
Zamoyski
Père
Władysław Zdzisław Zamoyski (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Conjoint
Elżbieta Czartoryska
Enfant
Adam Stefan Zamojski
Autres informations
Distinctions
Blason.

Biographie

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Après trois ans au Corps des Pages à Saint-Petersbourg et des études secondaires au sein de Downside School à Stratton-on-the-Fosse en Grande-Bretagne, Stefan Adam Zamoyski, fils du comte Władysław Zamoyski (1873–1944) et de Maria Zamoyska née Mężyńska (1905-1989), retourne en Pologne en 1922 et s'installe avec ses parents à Cracovie. Il étudie à la faculté de droit de l'université Jagellonne et décroche son doctorat en 1931. Pendant ses études, il effectue son service militaire au sein du prestigieux 8e Régiment de uhlans du Prince Józef Poniatowski[1].

Mariage princier

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À partir de 1928, Stefan Zamoyski s'occupe du domaine familial de Wysock, dont il devient propriétaire après le décès de son oncle Zygmunt Zamoyski en 1931. Il y élève des chevaux de remonte pour l'armée polonaise et supervise la reconstruction du palais, détruit pendant la Grande Guerre.

En 1929, Zamoyski épouse la princesse Elżbieta Czartoryska, fille de Adam Ludwik Czartoryski et de Ludwika, née Krasińska. La cérémonie de mariage a lieu dans le domaine familial de cette lignée Czartoryski, à Gołuchów. Les nombreux frères et sœurs d'Elżbieta rapprochent la nouvelle famille de l'aristocratie européenne. Maria Czartoryska par son mariage avec le prince Gabriel de Bourbon-Siciles et le prince Augustyn Józef par son mariage avec la princesse María de los Dolores de Borbón y Orleans.

Le mariage consolide également la situation financière du couple, le domaine de Jedlec, s'ajoutant au domaine de Wysock. Le couple hérite également de l’hôtel Lambert à Paris.

Trois enfants naissent de cette union : Maria Helena, Zdzisław Klemens et Adam Stefan.

La guerre

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Mobilisé en août 1939, Stefan Zamoyski est affecté au service de renseignement de l'état-major du maréchal Rydz-Śmigły et participe à la défense de la Pologne lors de l'invasion allemande. Après l'invasion soviétique le 17 septembre 1939, il est parmi les militaires polonais qui, pris en étau entre les armées allemandes et soviétiques, se replient en Roumanie pour rejoindre la France et s'enroler aux forces armées polonaises qui se reconstituent en France.

Affecté à la Brigade autonome de chasseurs de Podhale, il participe à la bataille de Narvik et il reçoit la Croix d'argent de Virtuti Militari pour avoir mené avec héroïsme l'attaque contre des nids de mitrailleuses allemandes. En 1940, il est transféré sur le front allemand en France. Encerclé et porté disparu avec son unité, il réussit à percer les lignes allemandes et à gagner l'Angleterre avec ses hommes. Pour ses actes de bravoure en France, il reçoit la Croix de la Valeur polonaise et la Croix de Guerre française.

Après l'évacuation des troupes polonaises vers l'Angleterre, il devient aide de camp du général Władysław Sikorski, poste qu'il occupe jusqu'à la fin du mois de mai 1942. Il participe activement à l'organisation de l'armée polonaise en Angleterre.

En janvier 1941, Zamoyski, mandaté par le commandement militaire polonais, demande au chef du Bomber Command de la RAF de mener des frappes aériennes sur le camp de concentration d'Auschwitz, dans le but de percer son périmètre et de faciliter l'évasion des prisonniers politiques polonais qui y étaient détenus ; la RAF rejette la proposition, invoquant des priorités opérationnelles[2].

En 1942, il est nommé attaché militaire à Washington, puis se forme à l'École de commandement et d'état-major de Fort Leaveworth, au Kansas. Après la chute de l'Insurrection de Varsovie en 1944, au cours de laquelle il perd son jeune frère Władysław Ignacy (son autre frère Zdzisław Franciszek, pilote du 301e escadron de bombardiers, meurt en action an 1942), il est affecté, à sa demande, à l'armée polonaise combattant en France comme officier de liaison auprès de la 1re division blindée du général Stanisław Maczek. Il termine sa carrière militaire avec le grade de lieutenant-colonel. Les autorités britanniques lui décernent la Croix militaire de l'Ordre de l'Empire britannique pour ses actes de bravoure durant la guerre.

Recherche des chevaux polonais volés par l'Allemagne nazie

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De 1945 à 1948, il est affecté à l'armée britannique du Rhin avec pour mission de localiser et de récupérer les chevaux arabes volés par les Allemands en Pologne. L'idée de récupérer les chevaux d'élevage polonais spoliés par l'Allemagne nazie est née au camp de prisonniers de guerre de Grossborn, où étaient détenus, entre autres, le colonel Władysław Rozwadowski et le commandant Henryk Harland, éminents spécialistes de l'élevage et des sports équestres polonais. Libérés en mai 1945, ces officiers polonais fondent le Conseil des haras polonais, dont le siège se trouve à Grabau. Le lieutenant-colonel Stefan Zamoyski prend la tête du Conseil[3]. Grâce aux efforts de Zamoyski et de son équipe, 1 719 chevaux reproducteurs sont retrouvés puis transportés en Pologne entre août 1946 et août 1947 pour rejoindre les haras d'État polonais en cours de création[4].

Après la guerre, Stefan Zamoyski demeure en exil. Après l'occupation soviétique de la Pologne en 1945 et l'instauration d'un régime communiste, il se heurte à des obstacles insurmontables pour rentrer chez lui. Les accords de Yalta et de Potsdam placent la Pologne dans la sphère d'influence soviétique, permettant ainsi l'installation du Comité polonais de libération nationale soutenu par Moscou, qui met en œuvre des répressions contre les personnes perçues comme des ennemis de classe, notamment la noblesse et les anciens combattants des forces alliées occidentales. Zamoyski décide de s'installer en Angleterre, mais refuse d'acquérir la nationalité britannique, persuadé de vivre assez longtemps pour voir la Pologne libre.

Travail auprès de la diaspora polonaise

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À Londres, Stefan Zamoyski est l'un des initiateurs de la création de l'Institut Polonais et du Musée Sikorski et siège à leur conseil d'administration commun pendant de nombreuses années. L'Institut sert de centre d'archives, de recherche et de mémorial pour les Forces armées polonaises en exil, le Gouvernement polonais en exil et la vaste diaspora polonaise qui a trouvé refuge au Royaume-Uni après l'installation du régime soviétique à Varsovie. Il préside longtemps la Bibliothèque polonaise et figure parmi les fondateurs du Centre social et culturel polonais. En 1967, il organise la défense de la Bibliothèque polonaise contre sa dispersion par les autorités britanniques. Usant de son influence, il porte la question de Katyn au premier plan des débats à la Chambre des Lords britannique et initie l'érection du premier monument londonien dédié aux victimes du massacre de Katyn.

À Paris, il est un fervent défenseur de l'Institut Saint-Casimir et de la Bibliothèque polonaise. Il supervise la rénovation de l'Hôtel Lambert et aide Jerzy Giedroyc à obtenir les conditions et le financement nécessaires à la publication de sa revue Kultura[5].

En Turquie, il régularise le statut juridique du village polonais d'Adampol, obtenant ainsi le droit de vote pour ses habitants.

Poursuite des biens polonais spoliés

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Stefan Zamoyski participe aux efforts de la communauté polonaise qui aboutissent au retour des trésors du château royal de Wawel à Cracovie. En 1963, grâce à ses propres fonds et à une collecte de fonds organisée par la communauté émigrée, il acquiert l'épée de couronnement offerte par le pape Clément VII au roi Sigismond Ier en 1525, dérobée au Trésor royal par les Prussiens en 1794, et il en fait don au musée de Wawel. Pendant de nombreuses années, il maintient des contacts réguliers avec les professeurs Stanisław Lorentz et Jerzy Szablewski, qu'il aide de diverses manières à localiser et à récupérer des œuvres d'art et des objets commémoratifs polonais volés ou perdus pendant la guerre.

Pour son travail social, Stefan Zamoyski reçoit la Croix d'or du Mérite (1965) et le titre de Commandeur avec étoile de l'Ordre de Polonia Restituta (1970).

La mort

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L'élevage et les courses de chevaux restent sa passion. Fréquemment invité comme juge à des compétitions équestres, il engage avec succès ses propres chevaux sur les hippodromes anglais. Peu après la guerre, il publie une version révisée et augmentée des Tables généalogiques des chevaux de course, initialement parues en Pologne en 1932 sous l'égide de la Société polonaise pour l'encouragement de l'élevage équin. Il joue un rôle déterminant dans la popularisation des chevaux arabes polonais à travers le monde après la Seconde Guerre mondiale.

Il participe à la création du Bloodstock for Israel Fund à Londres, dont le baron Edmund de Rothschild est le trésorier. Il est l'un des fondateurs de l'Organisation mondiale du cheval arabe (WAHO)[6]. Alors qu'il représente Israël à la conférence de la WAHO à San Francisco en octobre 1976, il décède le lendemain de l'approbation du Stud-Book du cheval d'Israël par les autorités de la WAHO.

Bibliographie

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Notes et références

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  1. Tadeusz Kondracki, Stefan Adam Zamoyski (1904-1976). Ziemianin-żołnierz-działacz emigracyjny,, Warszawa, IH PAN, , 248 p. (ISBN 978-83-65880-44-4, lire en ligne), p. 13-17
  2. « Pilecki, Catalog to the Permanent Exhibition », sur Instytut Pileckiego
  3. Hanna Sztuka, « Are horses in Poland Arabian horses? »,
  4. Hanna Sztuka, « Po jasnej stronie: Stefan Zamoyski – (nie)zapomniany bohater. », sur PolskieAraby.com, 28 grudnia 2018
  5. Andrzej Szustak, « Kultura, cœur de la Pologne à Maisons-Laffitte [2/3] »
  6. William Claiborne, « An Israeli Restores the Arabian Horse to Its Ancestral Home », Washington Post, (lire en ligne)

Liens externes

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