Stop Killing Games

initiative

Stop Killing Games (SKG) est un mouvement de consommateurs qui vise à préserver les jeux vidéo après la fermeture de leurs serveurs. Il a été créé en 2024 par Ross Scott suite à la fermeture de The Crew, un jeu de course publié par Ubisoft nécessitant une connexion internet permanente malgré son mode solo. SKG utilise différents recours politiques et juridiques pour contraindre les éditeurs de jeux vidéo à rendre leurs titres jouables même après l'arrêt de leur support. Ce mouvement remet en question la tendance du secteur à vendre les jeux sous forme de « licence » ou de service révocable.

Stop Killing Games
Adresse https://www.stopkillinggames.com
Commercial non
Langue Français, anglais, allemand
Créé par Ross Scott
Lancement
État actuel En activité

Stop Killing Games a rapidement gagné en popularité, faisant l'objet de discussions de la part de nombreux YouTubeurs et médias . Le mouvement a été salué par plusieurs célébrités, personnalités politiques et développeurs de jeux vidéo pour s'être attaqué à un problème persistant de l'industrie du jeu vidéo, même si certains restaient sceptiques, évoquant des problèmes liés aux contenus sous licence et aux droits d'auteur, ainsi qu'à l'augmentation des coûts de développement dus aux efforts de préservation.

Stop Killing Games a lancé plusieurs pétitions gouvernementales, dont la plus importante est l'initiative citoyenne européenne appelée Stop Destroying Videogames, qui a reçu environ 1,3 million de signatures valides[1]. En outre, une pétition auprès du Parlement britannique a réussi à obtenir suffisamment de voix pour un débat officiel, bien qu'il ait finalement été décidé qu'aucun amendement à la loi ne serait apporté[2].

Contexte

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Message d'erreur lors du lancement de The Crew après le 31 mars 2024

The Crew est un jeu de course développé par Ubisoft Ivory Tower et Ubisoft Reflections, publié par Ubisoft en 2014. En raison de ses DRM permanents, le jeu nécessitait une connexion Internet constante pour jouer, y compris en mode solo[3]. Le , Ubisoft retire le jeu et ses extensions des plateformes de vente numériques, suspend les ventes de microtransactions et annonce que les serveurs du jeu seront fermés le , citant « les contraintes à venir liées aux infrastructures des serveurs et aux licences »[4]. Les serveurs ont été fermés comme prévu à cette date. Lorsque la fermeture a été annoncée le , Ubisoft a offert des remboursements aux personnes ayant "récemment" acheté The Crew, bien que cette durée pour un remboursement admissible n'ait pas été spécifiée[5]. Début , quelques jours après la fermeture, Ubisoft a révoqué les licences des joueurs qui avaient acheté The Crew[6],[7],[8].

Ross Scott en 2025

Ross Scott est un youtubeur principalement connu pour sa série de machinima Freeman's Mind[9] et le propriétaire de la chaîne Youtube Accursed Farms[10]. Dans ses vidéos il critique la suppression des jeux nécessitant une connexion permanente, qualifiant cette pratique « d'atteinte aux droits des consommateurs et à la préservation des médias »[11] et la comparant aux studios de l'époque du cinéma muet qui « brûlaient leurs propres films après leur projection pour récupérer l'argent contenu », tout en soulignant que « la plupart des films de cette époque ont disparu à jamais »[12]. En 2019, Scott a critiqué le modèle du jeu en tant que service, le qualifiant d'« escroquerie »[13].

Aperçu et revendications

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L'objectif principal de Stop Killing Games est d'empêcher les éditeurs de jeux vidéo de rendre les jeux achetés injouables de manière unilatérale, ce qui arrive principalement en fermant les serveurs de jeux nécessitant une connexion permanente. Le mouvement n'exige pas que les jeux soient maintenus éternellement, mais plutôt qu'ils soient soient laissés dans un état raisonnablement fonctionnel après leur fermeture (en introduisant par exemple un mode hors ligne ou la possibilité d'héberger des serveurs privés[12]). Scott a également précisé que cela ne concernait pas les jeux retirés de la vente qui sont toujours jouables après leur fermeture ni les jeux pouvant subir une forme de censure financière[14]. Le problème principal de Stop Killing Games est que les jeux en ligne et le contenu téléchargeable sont listés en magasins en tant qu'achat, plutôt que comme location ou bail, malgré la possibilité pour l'acheteur de se voir refuser l'accès (sans date d'expiration au moment de l'acquisition) par l'éditeur sans aucune raison; une pratique généralisée dans le secteur du jeu vidéo et non testée dans les tribunaux[3],[11].

Historiquement, les jeux vidéo ont souvent été considérés comme des jouets pour enfants et associés à la culture geek depuis leur création jusqu'à environ le milieu des années 2000. En conséquence, les politiciens ont largement négligé les questions liées à la préservation des jeux vidéo et le fait qu'ils soient une forme d'art légitime. Stop Killing Games cherche à informer les législateurs sur la valeur artistique des jeux vidéo et sur leur importance en tant que produit. Le mouvement souligne la nécessité d'efforts de préservation et répond à des préoccupations concernant la notion de propriété des utilisateurs de jeu vidéo et les violations potentielles des lois sur la consommation par les éditeurs[15].

Stop Killing Games utilise des initiatives et pétitions gouvernementales et d'autres moyens juridiques pour promouvoir une réglementation en faveur de la préservation des jeux[3]. Les pays dotés de lois strictes sur la protection des consommateurs, comme la France et l'Allemagne, sont prioritaires dans la actions du mouvement. D'autres pays le sont moins, comme le Brésil, en raison du manque de données de vente de The Crew, ou les États-Unis, que Scott a écarté de toute initiative en raison du précédent établi par la décision de jugement ProCD, Inc. c. Zeidenberg[14],[16].

Notes et références

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Références

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  1. Benoit Baylé, « La pétition Stop Killing Games dépasse largement le seuil européen avec 1,3 million de signatures désormais validées », Gamekult, (lire en ligne, consulté le )
  2. (en) Mark Warren, « Stop Killing Games' UK petition has been debated in parliament: "The law works, but companies may need to communicate better" », Rock, Paper, Shotgun, (lire en ligne, consulté le )
  3. 1 2 3 Reilly, « Delisting The Crew Makes Sense, Preventing It From Ever Being Played Again Does Not » [archive du ], IGN, (consulté le )
  4. Ed Nightingale, « Ubisoft delists The Crew, with servers shutting next year », Eurogamer, Gamer Network, (lire en ligne, consulté le )
  5. (en-US) Carpenter, « Ubisoft sued for shutting down The Crew », Polygon, (consulté le )
  6. Bonk, « Ubisoft is deleting The Crew from players' libraries, reminding us we own nothing », Engadget,
  7. Ferdinand, « Ubisoft Reportedly Removing Access to The Crew From Buyers' Accounts », GameRant,
  8. Andy Chalk, « The Crew removed from sale, will become unplayable after April 1: 'We understand this may be disappointing for players still enjoying the game' », PC Gamer, (lire en ligne [archive du ], consulté le )
  9. Tom Francis, « Community heroes: Ross Scott for Freeman's Mind », PC Gamer, (lire en ligne [archive du ], consulté le )
  10. (en) « 'Stop Killing Games' YouTuber Says Someone's Filing False Claims Against EU Initiative », Kotaku, (consulté le )
  11. 1 2 Graham Smith, « Stop Killing Games hopes to petition regulators to stop developers from shutting down games », Rock, Paper, Shotgun, (lire en ligne [archive du ], consulté le )
  12. 1 2 Christopher Livingston, « If 1 million people sign a petition, a ban on rendering multiplayer games unplayable has a chance to become law in Europe », PC Gamer, (lire en ligne [archive du ], consulté le )
  13. Tyler Wilde, « Gamers seek legal win that would stop developers from rendering online games unplayable: 'It is an assault on both consumer rights and preservation of media' », PC Gamer, (lire en ligne [archive du ], consulté le )
  14. 1 2 (en) Jankowski, « One man vs the games industry: Stop Killing Games pushes governments to act, then burns out », Notebookcheck, (consulté le )
  15. (en) « 'It's all of us against apathy, entropy, and loss of art' - Stop Killing Games has reached the EU Parliament, but what happens now? », Eurogamer.net, (lire en ligne, consulté le )
  16. (en) Lyles, « How Stop Killing Games Ups the Ante in the Fight for Video Game Preservation », IGN, (consulté le )

Liens externes

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