Suhl
Suhl (prononciation : /zuːl/) est une commune d'Allemagne dotée du statut de ville-arrondissement (Kreisfreie Stadt) du land de Thuringe. De 1949 à 1990, elle faisait partie de la République démocratique allemande. Elle se trouve dans la partie sud-est de la forêt de Thuringe, massif montagneux proche des monts de Thuringe, tous deux parties du massif de Thuringe-Franconie.
| Suhl | |
Armoiries |
Drapeau |
| Administration | |
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| Pays | |
| Land | |
| Arrondissement (Landkreis) |
Suhl (ville-arrondissement) |
| Nombre de quartiers (Ortsteile) |
9 |
| Bourgmestre (Bürgermeister) |
André Knapp |
| Partis au pouvoir | Union chrétienne-démocrate d'Allemagne |
| Code postal | 98501–98529 |
| Code communal (Gemeindeschlüssel) |
16 0 54 000 |
| Indicatif téléphonique | 03681 |
| Immatriculation | SHL |
| Démographie | |
| Population | 33 976 hab. () |
| Densité | 240 hab./km2 |
| Géographie | |
| Coordonnées | 50° 36′ 00″ nord, 10° 42′ 00″ est |
| Altitude | 422 m Min. 429 m Max. 676 m |
| Superficie | 14 162 ha = 141,62 km2 |
| Localisation | |
| Liens | |
| Site web | www.stadtsuhl.de |
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Mentionnée pour la première fois en 1318, Suhl fait partie de différentes principautés féodales du Saint-Empire romain germanique (962-1806), notamment le comté d'Henneberg au Moyen Âge et l'électorat de Saxe à l'Époque moderne. Après la dissolution du Saint-Empire en 1806, elle fait partie du royaume de Saxe, puis, à partir de 1815, du royaume de Prusse. Après la Seconde Guerre mondiale, bien que libérée du nazisme par l'armée américaine, elle fait partie de la zone d'occupation soviétique (1945-1949), puis de la RDA.
Elle a une tradition d'exploitation minière (gisements de minerai de fer) et d'industrie métallurgique (fabrication d'armes à feu) qui remonte au Moyen Âge. Au XIXe siècle, se développent aussi une industrie de la porcelaine et une industrie automobile et de deux-roues (société Simson, qui disparaît en 2003).
En 1952, au sein de la RDA, Suhl devient le chef-lieu d'un district (Bezirk), ce qui entraîne à la fois un réaménagement de l'espace public et un afflux d'habitants. Elle passe en quelques années de 25 000 à plus de 55 000 habitants. Depuis la chute du mur de Berlin (novembre 1989) et la réunification de l'Allemagne (octobre 1990), le district de Suhl est supprimé et Suhl, devenue ville-arrondissement, subit une forte dépopulation, comme la plupart des villes de l'ex-RDA. Au fil des années, la population a diminué jusqu'à son niveau actuel (environ 34 000 habitants en 2025), ce qui pose un nouveau défi de restructuration de la ville face au chômage, à la migration des jeunes et au vieillissement de sa population.
Géographie
modifierSituation et communes limitrophes
modifierAu niveau régional, Suhl est située au sud-ouest d'Erfurt, de Weimar et d'Iéna, au nord-est de Wurtzbourg et au nord-ouest de Bamberg et de Nuremberg. Au niveau local, elle est au sud-ouest d'Arnstadt, chef-lieu de l'arrondissement d'Ilm.
Les communes limitrophes sont (dans le sens anti-horaire) : Zella-Mehlis au nord-ouest, Dillstädt à l'ouest, Schmeheim et Oberstadt au sud-ouest, Schleusingen au sud, Ilmenau et Elgersburg à l'est, Geratal au nord-est.
Relief et hydrographie
modifierLes altitudes à Suhl vont de 430 à 630 mètres[réf. nécessaire]. La commune est arrosée par la Hasel[1], sous-affluent de la Weser par la Werra.
Quartiers urbains et villages
modifierEn dehors du centre-ville de Suhl, on trouve des quartiers en contiguïté, notamment, au sud-ouest : Heinrichs (gare ferroviaire), puis Mäbendorf ; au nord : Suhl-Nord (ou Wohngebiet Nord)[2] ; au sud-est : Friedbergsiedlung.
On trouve aussi des agglomérations non contiguës, notamment vers l'ouest : Dietzhausen (gare ferroviaire) et Wichtshausen ; au nord : Albrechts.
Histoire
modifier| Appartenances historiques
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Appartenances de niveau supérieur
- De 962 à 1806, les États mentionnés font partie du Saint-Empire romain germanique.
- De 1806 à 1813, le royaume de Saxe est membre de la confédération du Rhin, sous la tutelle de l'Empire français de Napoléon.
- De 1815 à 1866, le royaume de Prusse est membre de la Confédération germanique.
- De 1871 à 1918, le royaume de Prusse est le principal État de l'Empire allemand (Deuxième Reich).
Préhistoire et Protohistoire
modifierDes découvertes archéologiques attestent que le territoire de Suhl était habité vers 2000 avant notre ère (fin du néolithique/âge du bronze). Vers 500 avant notre ère (âge du fer), des Celtes s'y sédentarisent, vraisemblablement à cause des gisements de minerai de fer qui s'y trouvent[réf. nécessaire].
Moyen Âge et Époque moderne
modifierSuhl est mentionnée pour la première fois en 1318[réf. nécessaire].
Pendant la guerre de Trente Ans (1618-1648), elle est pillée et détruite[Par qui ?] à plusieurs reprises.
XIXe siècle
modifierAnnexion par la Prusse (1815)
modifierEn 1815, à l'issue du Congrès de Vienne, elle est annexée comme tout le comté d'Henneberg par le royaume de Prusse. Elle y fait partie de l'arrondissement de Schleusingen et du district d'Erfurt.
Développement industriel
modifierBien qu’il y ait encore des mines à Suhl au début du XIXe siècle, l’office des mines de Suhl (Bergamt Suhl) est transféré en 1838 à Kamsdorf[3] près de Saalfeld (actuelle Thuringe).
Avec l’industrialisation de la fabrication des armes au XIXe siècle, de grandes usines d’armement se développent, comme celles des sociétés Sauer & Sohn, Haenel RS et Simson (fondée en 1856). En 1840, un institut de formation pour les armuriers militaires est ouvert.
En 1861, commence la production de porcelaine. Les trois usines fondées en 1861, 1868 et 1882[réf. nécessaire] à Suhl et dans le village de Mäbendorf[4] emploient plus de 1000 ouvriers. Dans les premières années, est produite de la porcelaine cuite et plus tard de la porcelaine décorative.[pas clair]
En 1882, Suhl est raccordée au réseau ferroviaire allemand en direction du Sud (Wurtzbourg). En 1884, une liaison vers le Nord (Erfurt) est ouverte avec l’achèvement du tunnel de Brandleite (entre Gehlberg et Obersdorf).
En 1893, est ouvert le plus ancien stand de tir d'Allemagne.[réf. nécessaire]

En 1896, la société Simson se lance dans la production de bicyclettes. puis, en 1906, dans la production d’automobiles et de motos. Les voitures de course et les voitures de luxe de marque Simson, comme la Simson Supra, acquièrent rapidement une excellente réputation[réf. nécessaire].
XXe siècle
modifierPériode de la république de Weimar (1918-1933)
modifierLes combats de l’armée rouge de la Ruhr contre le putsch de Kapp (1920) sont commémorés par une inscription sur la mairie de Suhl.
Sous la république de Weimar, le Parti communiste (KPD) est la principale force politique à Suhl, dirigée par Guido Heym[5] (1882-1945), natif de Suhl, jusqu'en 1927 (il passe alors à l'opposition trotskiste et est exclu du parti, avant de devenir membre du SPD).
Période du Troisième Reich (1933-1945)
modifierSous le Troisième Reich, Suhl devient un important centre de production d'armes de guerre. Celle-ci atteint son apogée à la fin de la Seconde Guerre mondiale lorsque environ 10 000 prisonniers y travaillent, alors que la population ne s'élève qu'à 20 000 personnes. Sont notamment fabriqués des pistolets mitrailleurs (« mitraillettes ») et des mitrailleuses, notamment la MG42 produite dans les usines Simson.
Période de l'occupation alliée (1945-1949) et de la RDA (1949-1990)
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Au début d'avril 1945, Suhl est prise par les troupes américaines, mais en juin, la ville faisant partie de la zone d'occupation soviétique est occupée par l'Armée rouge.
En 1952, elle devient le chef-lieu du district de Suhl, un des quinze districts alors créés en RDA. Ce district est situé dans le Sud-Ouest de la RDA, à la limite de la RFA (lands de Bavière et de Hesse).
Au cours des années suivantes, la ville change complètement d'apparence. Le vieux centre-ville est en grande partie démoli et de nouveaux bâtiments dans le style de l'« architecture socialiste » remplacent de vieilles maisons. Suhl devient un centre administratif et commercial, notamment avec l'établissement d'un nouvel hôpital et la mise en place d'une section importante du ministère de la Sécurité de l'État (Stasi).
Dans l'Allemagne réunifiée (depuis 1990)
modifierAprès 1990, dans une situation totalement nouvelle (retour à l'économie de marché), la ville est frappée comme toute l'ex-RDA par une faillite partielle de son industrie. L'entreprise Simson, fondée en 1856, arrête définitivement sa production en 2003[6].
Cela entraîne beaucoup de chômage, puis une perte importante de population, effets qui se perpétuent jusqu'à nos jours.
Démographie
modifierVoies de communication et transports
modifierRéseau routier
modifierSuhl est située au croisement des autoroutes fédérales 71 (Erfurt–Wurtzbourg) et 73 (Suhl–Nuremberg), ouvertes dans les années 2000. Ces autoroutes comportent des ponts et tunnels impressionnants, comme le tunnel du Rennsteig[7] situé au nord de la commune près d'Oberhof et le viaduc Haseltalbrücke (« pont de la vallée de la Hasel »), haut de 82 mètres, situé dans le quartier de Heinrichs.
Suhl est aussi desservie par l'ancienne route fédérale 247, reliant Gotha au nord à Schleusingen au sud, devenue une route secondaire. D'autres routes secondaires notables mènent à Meiningen à l'ouest et à Ilmenau à l'est.
Réseau et transports ferroviaires
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En ce qui concerne le chemin de fer, Suhl a été reliée au réseau assez tardivement, en raison du relief accidenté de cette région. La ligne Neudietendorf–Ritschenhausen a en effet été inaugurée seulement en 1882 vers le Sud (Wurtzbourg) et en 1884 vers le Nord (Erfurt). C'est alors une des rares lignes de montagne du royaume de Prusse, comportant un tunnel long de 3 039 mètres, le tunnel de Brandleite, situé au nord de la commune, entre Gehlberg et Oberhof. Cette ligne est un axe majeur entre Berlin et le sud-ouest de l'Allemagne, jusqu'à son interruption par l'établissement de la frontière interallemande en 1949. Depuis cette époque, elle ne supporte plus qu'un trafic régional, sauf pendant une brève période dans les années 1990 avec des trains longue distance.
Une ligne de chemin de fer de Suhl à Schleusingen, ouverte en 1911, a été fermée en 1997. Elle figurait parmi les lignes régulières les plus pentues d'Allemagne (près de 7 %).
Outre la gare centrale de Suhl, il existe des gares secondaires à Heinrichs et à Dietzhausen. Les gares de Suhler Neundorf et de Friedberg, situées sur l'ancienne ligne de Schleusingen sont aujourd'hui désaffectées.
La gare de Suhl est actuellement desservie par un train express (ligne RE 7 de la DB Regio, secteur Südost), qui circule toutes les deux heures entre Erfurt et Wurtzbourg, villes où passent des trains longue distance[8].
Des trains régionaux desservent également Erfurt et Meiningen, avec un départ toutes les deux heures, assurant ainsi une liaison par heure dans chaque sens.[réf. nécessaire]
Transports en commun locaux (autobus)
modifierLes transports en commun sont assurés par un réseau de lignes de bus reliant le centre-ville à la périphérie, à Zella-Mehlis et aux villages voisins[pas clair].
À la fin des années 1980, un réseau de trolleybus était prévu, mais il n'a pas vu le jour après la réunification.
Pistes cyclables et sentiers VTT
modifierLa bicyclette connaît une popularité croissante depuis le début de la construction de pistes cyclables de bonne qualité dans les années 1990.
La piste cyclable de la Hasel (Haseltal-Radweg), qui relie Oberhof à Meiningen via Zella-Mehlis et Suhl par la vallée de la Hasel , d'une longueur de 36 kilomètres, est un atout touristique[9].
On trouve également des sentiers VTT dans la forêt de Thuringe[10].
Monuments
modifier- L'église Ste-Marie
- Kreuzkirche
- La mairie
- La mairie de Heinrichs
- Le musée des armes (Waffenmuseum), à l'arrière plan la colline Domberg. Juillet 2020.
- La Ottilienkapelle dominant la ville.
- L'église St-Marien (édifiée 1487–1491, après des incendies en 1590, 1634 et 1753 reconstruite), censée être la plus grande église du style rococo de l'Allemagne de l'Est
- Kreuzkirche (édifié en 1731–1737)
- La mairie (édifié en 1590, réaménagée en 1910 en style baroque)
- Le Malzhaus édifice à colombages, qui abrite également le musée des armes (Waffenmuseum)
- Un ensemble de maisons à colombages dans le quartier de Heinrichs
Personnalités liées à la ville
modifierNées à Suhl
modifier- Maximilian Arndt (1987-), bobeur, champion du monde 2013 et 2015.
- Sascha Benecken (1990-), lugeur médaillé aux Jeux Olympiques de 2018 et 2022.
- Wilhelm Cuno (1876–1933), chancelier du Reich.
- Toni Eggert (1988-), lugeur médaillé aux Jeux Olympiques de 2018 et 2022
- Merle Fräbel (2003-), lugeuse championne d'Europe 2026.
- Jens Filbrich (1979-), fondeur.
- Corinna Harfouch (1954-), actrice.
- Guido Heym (1882-1945), homme politique et résistant.
- Stephan Hocke (1983-), sauteur à ski, champion olympique par équipe Jeux Olympiques de 2002.
- Sandra Hüller (1978-), actrice.
- Christiane Huth (1980-), rameuse médaillée aux Jeux Olympiques de 2008.
- Mario Kummer (1962-), coureur cycliste, champion olympique en 1988.
- Erik Lesser (1988-), biathlète, champion du monde de la poursuite en 2015 et médaillé aux Jeux Olympiques de 2014.
Divers
modifier- Jean-Sébastien Bach (1685–1750), inaugure en 1713 le nouvel orgue de l'église St-Marien
- Johann Wolfgang von Goethe (1749–1832), inspecte en 1780 les mines près de Suhl
- Napoléon Ier (1769–1821), censé avoir logé à Suhl après sa défaite lors de la Bataille de Leipzig
Sport
modifierEn volleyball, le VfB Suhl évolue en 1.Bundesliga.
La ville compte également un club de football, le 1. Suhler S, évoluant en Kreisoberliga (8ème division).
Curiosités
modifier- En 2001 l'administration de Suhl oublia de payer ses droits pour son adresse web, si bien que Norbert Suhl en profitai pour l'acheter pour son propre site web. Malgré une plainte que la ville a portée contre lui, il a pu la garder. C'est la raison pour laquelle vous trouverez le site web officiel de Suhl sous le lien www.suhltrifft.de.
- D'après une blague régionale, Suhl est située si près du bord du monde que l'on peut voir Zella-Mehlis.
- La ville a accueilli la convention furry annuelle Eurofurence entre 2007 et 2009[11].
Jumelages
modifierSport
modifierLe VfB 91 Suhl est le club de Volley-Ball de la ville, dont l'équipe première féminine évolue en Bundesliga 1[13].
Le club a obtenu son meilleur classement en Bundesliga en 2007, en atteignant la troisième place de la compétition.
Le club a remporté deux fois la compétition européenne de la DVV Cup en 2008 et en 2011.
Notes et références
modifier- ↑ Il existe une page allemande Hasel (Werra) concernant ce cours d'eau.
- ↑ Suhl-Nord sur le site Grosswohnsiedlungen
- ↑ « Bergamt Kamsdorf » sur le site Archiv Portal (vu le 9 octobre 2026). L'office des mines de Suhl y est mentionné.
- ↑ Page allemande Mäbendorf.
- ↑ (de) "Heym, Guido", Handbuch der Deutschen Kommunisten
- ↑ (en) « SIMSON Models, Photos, Specs & Engines (1935-1990) », sur autoevolution (consulté le )
- ↑ Le Rennsteig est un sentier de randonnée qui suit la ligne de crête de la forêt de Thuringe.
- ↑ (de) « Bahnhof Suhl », sur www.bahnhof.de (consulté le )
- ↑ (de) « Haseltal-Radweg » (consulté le )
- ↑ Radtouren im Thüringer Wald sur le site Thüringer Wald. (consulté le 10 octobre 2026).
- ↑ « Eurofurence », sur Wikifur (consulté le )
- ↑ « Partnerstädte » [archive du ], sur suhltrifft.de via Internet Archive.
- ↑ (de) « Https : //volleyball-suhl.de/ », sur volleyball-suhl.de (consulté le )
Liens externes
modifier- (de) Site officiel de Suhl.
- (de) Suhler Ortsteile im Überblick sur le site de Suhl.
- « Les ortsteil de Suhl en un coup d'oeil »
- « Gehlberg Ortsteil von Suhl » sur le site Thüringen Info
- « Gehlberg, ortsteil de Suhl »
- « Gehlberg: Mehrheit stimmt für Wechsel nach Suhl », sur le site inSüdthüringen.de, 28 octobre 2018 (accès public limité).
- « Gehlberg : majorité en faveur du transfert vers Suhl » (article sur les résultats du référendum local du dimanche 28 octobre 2018 pour ou contre le rattachement à Suhl)
