Symbio (entreprise)

société française

Symbio est une entreprise française active dans le domaine des systèmes hydrogène pour véhicules, coentreprise entre Faurecia, Michelin et Stellantis. Elle a été fondée en 2010 à Fontaine (Isère), mais depuis son siège est à Vénissieux (Rhône), où se trouve le centre le plus important, jusqu'à la réalisation d'une nouvelle implantation sur la commune voisine de Saint-Fons[3].

Symbio
Création 2010 (sous le nom Symbio FCell), 2018 (Symbio)
Dates clés 2012 : Premier véhicule modifié par Symbio sur la route (Renault Kangoo H2)
Fondateurs Fabio Ferrari
Forme juridique Société par actions simplifiée
Siège social Saint-Fons (69)
Drapeau de la France France
Direction Mcqueen David , Lucas Jean-Baptiste
Actionnaires Faurecia 33,33 %
Michelin 33,33 %
Stellantis 33,33 %
Activité Activités spécialisées, scientifiques et techniques diverses (d)[1]Voir et modifier les données sur Wikidata
Produits Systèmes hydrogène pour véhicules légers et commerciaux, bus, camions et divers
Effectif nc
SIREN 521148890Voir et modifier les données sur Wikidata
Site web Site officiel

Chiffre d'affaires Comptes consolidés

15,6 millions € (2025)[2]
9,91 millions € (2024)

Résultat net 146 millions € (2025) perte
97,2 millions € (2024) perte

Historique

modifier

Entreprise fondée en par Fabio Ferrari[N 1] à Fontaine (Isère) commune de la proche banlieue grenobloise, sous le nom de Symbio FCell, pour mettre en œuvre le concept consistant à adapter des systèmes d'alimentation électrique par pile à combustible à hydrogène sur des véhicules électriques « standards » afin de minimiser les coûts[4],[5]. Sa raison sociale devient « Symbio » en [6].

En , Michelin prend une participation minoritaire mais significative au capital de la société, avant d'en acquérir l'intégralité en [7].

Puis en , Michelin vend la moitié de ses parts à l'équipementier automobile Faurecia. Un communiqué de presse informe alors que « Michelin [...] et Faurecia [...] officialisent la création de “Symbio, a Faurecia Michelin hydrogen company”, une coentreprise regroupant l’ensemble de leurs activités dédiées à la pile à hydrogène », et envisagent d'importants investissements pour en faire une véritable entité industrielle de la branche Mobilité propre[8],[9].

Une nouvelle gouvernance est installée à la rentrée . Fabio Ferrari intègre alors le groupe Michelin[10].

Le groupe Stellantis entre au capital à hauteur de 33,33 % en [11]. Il souhaite en effet produire 5 000 à 10 000 fourgons à hydrogène dès 2024[12],[13].

Le , Symbio, coentreprise de Stellantis, Michelin et Forvia, inaugure son usine SymphonHy à Saint-Fons (Rhône), dont la capacité devrait atteindre 50 000 systèmes de piles à hydrogène destinés au marché des utilitaires, puis à celui des poids lourds à partir de 2027[14].

À l'été 2025, Stellantis indique se retirer du projet, mettant en péril les débouchés de l'entreprise qui envisage en fin d'année de supprimer 70 % de ses effectifs[15],[16],[17].

Production : aspects technologique et économique

modifier

Le système développé s'appuie sur plus de dix brevets français et européens[18].

Couplée à une batterie électrique, la pile à hydrogène double son autonomie, mais elle peut aussi fournir la totalité de l'énergie nécessaire. Le plus souvent, on lui adjoint une batterie tampon[19],[20].

Par rapport au système classique à source d'énergie par batterie d'accumulateurs, le système à pile à combustible et batterie tampon présente le double avantage, à poids embarqué égal, d'une autonomie kilométrique supérieure, et d'un temps de recharge réduit (5 a 10 minutes pour le transfert d'hydrogène vers le réservoir haute pression, contre 15 a 30 minutes pour la recharge électrique des batteries en haute puissance). Le système classique comprend généralement un poids et un volume importants de batteries, pour disposer d'une autonomie acceptable. Sur une base d'égale autonomie, le système à pile à combustible l'emporte nettement quant au poids[21].

Cependant, exception faite de l'aspect économique lié au coût de fabrication, qui dans les deux cas dépend de l'effet de série, le système à pile à combustible a l'inconvénient de nécessiter le développement d'un réseau de stations-services plus coûteux. La technologie et la logistique d'un tel réseau ayant été mises au point en liaison notamment avec le CEA (LITEN), Air liquide, la région Auvergne-Rhône-Alpes et la région Normandie, il s'agit, à partir de , d'en optimiser les coûts[22],[23],[24].

Sous l'aspect environnemental il faut intégrer dans la comparaison le fait que l'hydrogène et l'énergie électrique sont surtout des vecteurs d'énergie, et donc prendre en compte les sources primaires, ainsi que l'impact des technologies et des approvisionnements utilisés.

Développement industriel

modifier

L'entreprise revendique une expertise certaine : les véhicules qu'elle a équipés ont déjà parcouru en plus de trois millions de kilomètres[18].

Elle a participé au salon Fuel-Cell Expo qui s'est tenu au Japon à la fin du mois de [25].

Alors que Symbio est déjà impliquée dans un grand nombre de projets (Zero emission valley, Hyway, STEP, etc.), en Fabio Ferrari, représentant des entreprises du secteur, salue, dans une tribune du Monde, le plan de soutien gouvernemental à l'énergie hydrogène[26].

Symbio affirme avoir pour objectif la production annuelle de 200 000 stackpacks (systèmes hydrogène pré-validés et pré-intégrés)[27],[28].

Pour ce faire, une nouvelle implantation industrielle est prévue en région lyonnaise[29], et à terme deux autres sites sont programmés pour servir l'Asie et les États-Unis[8],[18],[30],[31].

Début 2021, tandis que Renault annonce la conclusion d'un partenariat avec l'américain Plug Power[32], Symbio, au travers de son actionnaire Faurecia, est représentée au sein du nouveau « Conseil national de l'hydrogène », et Michelin confirme compter, entre autres, sur la technologie hydrogène pour assurer sa diversification[33].

En , la Commission californienne de l’énergie (CEC) charge Symbio et ses actionnaires Michelin et Forvia (Faurecia) de présenter d'ici à fin 2023 un poids lourd alimenté par une pile à combustible qui servira de démonstrateur pendant douze mois sur un itinéraire de 650 kilomètres tout en offrant des caractéristiques identiques à celles d'un équivalent thermique, pour un usage intensif. Il utilisera les infrastructures d'hydrogène fournies notamment par Air liquide, Shell et Trillium. La CEC soutient ce plan à hauteur de deux millions d'USD[34].

Notes et références

modifier

Références

modifier
  1. Sirene (registre national des sociétés).Voir et modifier les données sur Wikidata
  2. https://www.pappers.fr/entreprise/symbio-521148890
  3. Laurent Bernard, « Transition énergétique : Filiale de Michelin, Symbio recrute, forme et construit une usine en Auvergne-Rhône-Alpes », La Montagne, (consulté le ).
  4. Société, « Symbio : Identité de l'entreprise », sur societe.com (consulté le ).
  5. Rachida Boughriet, « Le CEA et Symbio FCell optimisent la performance des piles à combustible à hydrogène » Accès payant, sur actu-environnement.com, (consulté le ).
  6. Olivier Pentier, « Symbio embauche et veut déménager », sur ledauphine.com, Le Dauphiné libéré, (consulté le ).
  7. Eric Bergerolle, « Michelin entre au capital de Symbio FCell, spécialiste français de la pile à combustible », sur Challenges via Internet Archive, Challenges, (consulté le ).
  8. 1 2 Dimitri Delmond, « Hydrogène : Michelin accueille Faurecia au capital de Symbo, qui devient leur coentreprise », sur lesechos.fr via Internet Archive, Les Échos, (consulté le ).
  9. Faurecia, « Symbio : Faurecia et Michelin officialisent leur coentreprise et ambitionnent de créer un leader mondial de la mobilité hydrogène », sur faurecia.com, (consulté le ).
  10. Marie Lyan, « Nouveau chapitre pour Symbio, qui accélère et change de président », La Tribune, (consulté le ).
  11. « Pile à hydrogène : Stellantis entre au capital de Symbio », sur www.h2-mobile.fr (consulté le ).
  12. « Stellantis entrera au capital de Symbio, le fabricant de piles à hydrogène », sur moteurnature.com, (consulté le ).
  13. Victor Cazale, « Hydrogène : Stellantis frappe un grand coup », sur entreprendre.fr via Wikiwix, Entreprendre, (consulté le ).
  14. Stéphane Frachet, « Avec sa gigafactory, Symbio vise 50 000 piles à hydrogène par an », Les Échos, (consulté le ).
  15. Marine Cardot, « "Stellantis a cannibalisé nos équipes" : Symbio avait construit la plus grande usine d'Europe de piles à hydrogène et envisage maintenant de supprimer 70 % de ses effectifs (358 postes) » Accès libre, sur bfmtv.com, BFM Business, BFM TV, (consulté le ).
  16. Stéphane Frachet, « Hydrogène : lâché par Stellantis, Symbio veut supprimer 358 postes », L'Usine nouvelle, (consulté le ).
  17. Matthias Colboc, « Après le retrait de Stellantis, les salariés de l'usine Symbio mobilisés contre la "lente agonie" de leur entreprise », franceinfo.fr, (consulté le ).
  18. 1 2 3 « Symbio : À propos », sur symbio.one (consulté le ).
  19. Nathalie Rapuc, « En Isère, l'entreprise Symbio propose des batteries à hydrogène pour les véhicules : une alternative à l'essence », sur francetvinfo.fr, France 3 Auvergne-Rhône-Alpes, (consulté le ).
  20. Éric Bergerolle, « Voitures électriques : Symbio, ce Français qui met la voiture à hydrogène dans les flottes auto », sur Challenges via Internet Archive, Challenges, (consulté le ).
  21. « Le fonctionnement d'une voiture à hydrogène », sur h2-mobile.fr, (consulté le ).
  22. Arnaud de Jubécourt, « Michelin mise sur Symbio pour la voiture électrique », L'Essor, (consulté le ).
  23. TI, « Mobilité hydrogène : Le CEA passe la vitesse supérieure avec l'équipementier Symbio », Place Gre'net, (consulté le ).
  24. Bruno Mouly, « La voiture à hydrogène arrive dans les flottes », Les Échos, (consulté le ).
  25. Julie Thoin-Bousquié, « Le français Symbio veut conquérir l'Asie avec son savoir-faire dans l'hydrogène », L'Usine nouvelle, (consulté le ).
  26. Fabio Ferrari, « Plan hydrogène : Une étape majeure est franchie », Le Monde, (consulté le ).
  27. Anne Feitz, « Symbio, un kit pour plus d'autonomie », Les Échos, (consulté le ).
  28. Clotilde Gaillard, « Symbio choisi pour équiper les premiers VU à hydrogène de PSA », L'automobile & l'entreprise, (consulté le ).
  29. J. T.-B., « [Les 50 de l’hydrogène] La première usine Symbio attendue en 2023 », L'Usine nouvelle, (consulté le ).
  30. Laurent Bernard, « Transition énergétique : L'Union européenne valide Symbio, coentreprise Faurecia-Michelin qui veut être leader mondial de la mobilité hydrogène », La Montagne, (consulté le ).
  31. Valérie Collet et Emmanuel Egloff, « Hydrogène : des entreprises françaises bien placées : Symbio, la pépite des piles à combustible » Accès payant, sur lefigaro.fr, Le Figaro, (consulté le ).
  32. Aline Nippert, « Mobilité hydrogène : Zoom sur le partenariat entre Renault et PlugPower sur les utilitaires légers », Industrie et technologies, (consulté le ).
  33. Elisabeth Studer, « Faurecia, Air Liquide à la tête du Conseil national de l’hydrogène », sur Le Blog Auto, leblogauto.com, (consulté le ).
  34. Nicolas Girault, « Symbio s’attaque au poids lourd à hydrogène : L'État californien a sélectionné des industriels français pour développer son projet de camion à hydrogène », Le Journal de l'automobile, (consulté le ).

Voir aussi

modifier