Symétrie non inversible

concept mathématique employé en physique quantique

Une symétrie non inversible est une transformation d'un système telle que l'état final est indiscernable de l'état initial (compte tenu éventuellement d'une symétrie géométrique), mais qui n'est pas inversible (qui n'a pas de réciproque). Les symétries non inversibles ne relèvent pas de la théorie des groupes mais de celle des catégories[1].

Les symétries non inversibles interviennent en physique quantique, où elles sont liées à la notion de superposition.

Histoire

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Les symétries non inversibles ont été étudiées pour la première fois en 2014, dans le cadre de la théorie conforme des champs à deux dimensions où les règles de fusion (en) sont régies par des catégories de fusion (en) au lieu de l'être par des groupes[2],[3].

Exemples

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Ferromagnétisme

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Dans le modèle d'Ising du ferromagnétisme (à une dimension)[1] :

  • en dessous de la température critique, l'inversion de tous les spins () est une symétrie inversible (si l'on applique la transformation une seconde fois, on revient à la disposition initiale des spins), et l'état démagnétisé () est symétrique (au sens ordinaire) vis-à-vis de cette transformation ;
  • à la température critique, il apparaît la transformation et , qui agit identiquement sur les états nord et sud, mais qui n'est pas inversible : si l'on applique la transformation une seconde fois, on obtient une superposition quantique : .

Transitions de phase

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L'exemple précédent est un cas particulier de la transformation de Kramers-Wannier (en), qui conserve l'hamiltonien sans être inversible[4]. Cette transformation s'applique à une large classe de modèles reliés à celui d'Ising, notamment à deux dimensions. Dans ces modèles l'aimantation et la désaimantation peuvent coexister mais avec une intrication, et la symétrie limite le nombre des états fondamentaux (ce qui ne serait pas possible si cette symétrie était inversible)[1]. La transformation de Kramers-Wannier a été généralisée à trois dimensions et plus[5],[6].

De nouvelles symétries non inversibles ont été découvertes dans divers systèmes systèmes physiques, notamment la physique des particules[1], le calcul des amplitudes de diffusion[7], la gravité quantique[1], la théorie des cordes[1], les modèles en réseau (en) de la physique des états condensés[1] et l'information quantique[1].

Notes et références

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  1. 1 2 3 4 5 6 7 8 (en) Shu-Heng Shao, « Noninvertible symmetries: What’s done cannot be undone », Physics Today, vol. 78, no 7, , p. 30-35 (DOI 10.1063/pt.fspd.veje Accès libre).
  2. (en) Davide Gaiotto, Anton Kapustin, Nathan Seiberg et Brian Willett, « Generalized global symmetries », Journal of High Energy Physics, vol. 2015, , article no 172 (DOI 10.1007/JHEP02(2015)172 Accès libre).
  3. (en) Sakura Schäfer-Nameki, « ICTP lectures on (non-)invertible generalized symmetries », Physics Reports, vol. 1063, , p. 1-55 (DOI 10.1016/j.physrep.2024.01.007).
  4. (en) H. A. Kramers et G. H. Wannier, « Statistics of the Two-Dimensional Ferromagnet. Part I », Physical Review, vol. 60, , p. 252- (DOI 10.1103/PhysRev.60.252).
  5. (en) Yichul Choi, Clay Córdova, Po-Shen Hsin, Ho Tat Lam et Shu-Heng Shao, « Noninvertible duality defects in 3+1 dimensions », Physical Review D, vol. 105, , article no 125016 (DOI 10.1103/PhysRevD.105.125016 Accès libre).
  6. (en) Justin Kaidi, Kantaro Ohmori et Yunqin Zheng, « Kramers-Wannier-like Duality Defects in (3+1)⁢D Gauge Theories », Physical Review Letters, vol. 128, , article no 111601 (DOI 10.1103/PhysRevLett.128.111601 Accès libre).
  7. (en) Christian Copetti, Lucía Córdova et Shota Komatsu, « Noninvertible Symmetries, Anomalies, and Scattering Amplitudes », Physical Review Letters, vol. 133, , article no 181601 (DOI 10.1103/PhysRevLett.133.181601 Accès libre).