Synchronisation des États baltes au réseau synchrone d'Europe continentale
La synchronisation des États baltes au réseau synchrone d'Europe continentale survient lorsque les trois États baltes (Lituanie, Lettonie et Estonie) entreprennent la synchronisation (en) de leur infrastructure de transport d'énergie électrique avec le réseau synchrone d'Europe continentale, un projet connu sous le nom de Baltic Synchro. Gérée par le réseau européen des gestionnaires de réseau de transport d'électricité (ENTSO-E), cette initiative vise à se déconnecter du système IPS/UPS, précédemment régi par l'accord BRELL de 2001 avec la Biélorussie et la Russie[1]. Le projet s'achève avec succès le [2].

Histoire
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Au début des années 1960, pendant l'occupation soviétique des États baltes, les systèmes électriques de l'Estonie, de la Lettonie et de la Lituanie sont technologiquement intégrés dans le réseau IPS/UPS[3]. En 2001, l'accord BRELL est signé entre la Biélorussie, la Russie, l'Estonie, la Lettonie et la Lituanie sur la gestion technique de la synchronisation de leurs réseaux électriques dans le cadre du système de distribution d'énergie IPS/UPS[4]. Néanmoins, IPS/UPS est en grande partie géré de manière centralisée depuis Moscou[5].
En 2007, les trois États baltes demandent à adhérer à l'ENTSO-E (alors UCTE) et entament des études de faisabilité technique sur l'adhésion au réseau synchrone d'Europe continentale[6]. Le projet de synchronisation permet aux trois États baltes de reprendre le contrôle total de leurs réseaux électriques et de renforcer leur sécurité énergétique[7],[8]. Selon la Commission européenne, la synchronisation des États baltes est une priorité politique et financière et elle alloue donc plus de 1,2 milliard d'euros au financement du projet[9]. Certaines des installations comprennent de nouvelles lignes électriques, des batteries et neuf condenseurs synchrones[10],[11].
Chronologie
modifierEn 2007, les premiers ministres des trois États baltes confirment leur objectif stratégique de faire partie du réseau européen continental. En , une demande officielle d'extension de la zone synchrone est soumise à l'ENTSO-E[12]. Le , un accord est signé pour le raccordement des États baltes à la zone d'exploitation du réseau électrique synchrone d’Europe continentale.
Propositions pour accélérer le processus
modifierLe besoin de synchronisation devient plus pressant après l'invasion russe de l'Ukraine en 2022. La Première ministre lituanienne, Ingrida Šimonytė, annonce que la Lituanie cherche à accélérer le processus de transition et à quitter le système de transmission IPS/UPS avant 2025, le plan finalisé devant être rendu public d'ici la fin de 2023[13].
Le , un test de résistance est programmé dans les États baltes pour tester l'infrastructure et fonctionner pendant une journée en dehors du réseau IPS/UPS[14]. La Lettonie et l'Estonie se retirent des essais, tandis que la Lituanie mène avec succès les tests et conclut que le pays est prêt à rejoindre le réseau synchrone d'Europe continentale en 2024[15]. L'Estonie et la Lettonie proposent que la synchronisation avec le réseau européen soit retardée à 2025 en raison de l'incapacité des infrastructures[16]. Le président lituanien Gitanas Nausėda continue de faire pression sur l'Estonie et la Lettonie pour qu'elles se synchronisent avec l'Europe continentale en 2024, sans attendre jusqu'en 2025. Finalement, les pays conviennent de synchroniser au plus tard en [17].
Retrait de BRELL
modifierLe , les trois États baltes, représentés par leurs gestionnaires de réseau de transport Elering (Estonie), AST (en) (Lettonie) et Litgrid (en) (Lituanie), notifient officiellement à la Russie et à la Biélorussie leur décision de se retirer de l'accord BRELL[18]. À Vilnius, une horloge de 9 mètres de haut commence le compte à rebours le [19]. L'accord doit expirer légalement le et les États baltes doivent se déconnecter technologiquement d'IPS/UPS le .
Synchronisation
modifierLe samedi à 9 h 9 (UTC+2), les États baltes se déconnectent définitivement d'IPS/UPS. Pendant une journée, ils fonctionnent en mode isolé et effectuent divers tests de fréquence, de stabilité de tension et de résilience du système. Suite à la déconnexion, Kaliningrad devient un îlot de puissance, déconnecté des États environnants[20]. Au cours des essais en Lituanie, la centrale électrique d'Elektrėnai est brièvement mise hors service de manière imprévue, mais est rapidement reconnectée. Le dimanche , à 14 h 5, les États baltes se synchronisent avec succès avec le réseau synchrone d'Europe continentale[21].
Connexions
modifierLe , la Pologne et la Lituanie mettent en service LitPol Link, qui est la première connexion directe entre les États baltes et le réseau européen[22]. En 2018, une autre proposition de liaison avec la Pologne via la mer Baltique est annoncée, appelée Harmony Link (en)[23]. L'investissement total prévu pour le projet Harmony Link s'élève à environ 680 millions d'euros, dont 493 millions d'euros proviendront du mécanisme pour l'interconnexion en Europe (en)[24]. Les États baltes sont également connectés au réseau électrique nordique (en) via les systèmes de câbles électriques sous-marins HVDC NordBalt[25] et Estlink[26], bien qu'Estlink2 n'est pas en service au moment du basculement du réseau (en)[27].
Notes et références
modifier- (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Baltic states synchronization with CESA » (voir la liste des auteurs).
- ↑ (en) « Lithuanian president hopes Baltic countries will withdraw from BRELL, synchronize together », sur The Baltic Times,
- ↑ (en) « ENTSO-E confirms successful synchronization of the Continental European electricity system with the systems of the Baltic countries », sur ENTSO-E,
- ↑ (lt) Lietuvos energetika 1944–1962, Trys žvaigždutės, 2019 (ISBN 978-609-431-107-9)
- ↑ (en) « Electricity grids and geopolitics: A game-theoretic analysis of the synchronization of the Baltic States’ electricity networks with Continental Europe », sur Energy Policy,
- ↑ (en) « Baltics disconnect from Russian power grid, start isolated operation », sur Lithuanian National Radio and Television,
- ↑ (lt) « Elektros tinklų sinchronizavimas su Europa: svarbiausi įvykiai », sur LRT,
- ↑ (en) « The Synchronization of the Baltic States’: Geopolitical Implications on the Baltic Sea Region and Beyond », sur Enseccoe,
- ↑ (en) « Questions and answers on the synchronisation of the Baltic States' electricity networks with the continental European network (CEN) », sur European Commission,
- ↑ (en) « Lithuania continues attempts to convince colleagues to connect Baltic and European networks faster », sur BNN,
- ↑ (en) « Baltic states synchronise transmission grid with continental Europe », sur Smart-energy,
- ↑ (en) « The Baltics join the European grid – a successful integration story », sur Eurelectric,
- ↑ (en) « Significance of the project », sur AST
- ↑ (en) « Next year Lithuania will announce when electric power system will be synchronised with West », sur Delfi,
- ↑ (lt) « „Litgrid“ pirmą kartą veikė visiškai savarankiškai – atliko izoliuoto darbo bandymą », sur Delfi,
- ↑ (lt) « „Litgrid“ baigė šalies elektros sistemos izoliuoto darbo bandymą », sur LRT,
- ↑ (lt) « Nausėda: tikiuosi, kad Baltijos šalys pasitrauks iš BRELL ir sinchronizuosis kartu », sur LRT,
- ↑ (lt) « Baltic ministers agree to synchronise power grids with Europe by early 2025 », sur LRT,
- ↑ (en) « Baltic states give Russia notice of electricity grid switch-off date », sur LSM,
- ↑ (en) « Baltic nations count final hours to ending electricity ties to Russia », sur NPR,
- ↑ (et) « Balti riigid lülituvad Vene elektrivõrgust Euroopa omasse veebruari algul », sur ERR,
- ↑ (en) « Historic moment: Baltic states synchronize with European electricity grid », sur ERR,
- ↑ (en) « Russia's Power Grip Over Baltics Ending With Billion-Euro Cables », sur Bloomberg,
- ↑ (lt) « Harmony Link », sur Litgrid
- ↑ (en) « ABOUT THE PROJECT », sur Litgrid
- ↑ (en) « UPDATE 1-ABB wins $580 mln Nordic-Baltic power order », sur Reuters,
- ↑ (en) « Estlink-2 to tie Baltic power producers closer to the Nordic markets », sur Nordic Investment Bank,
- ↑ (fi) « Estlink 2 -kaapelin korjaustyöt tulevat maksamaan kymmeniä miljoonia », sur Mtvuutiset,