Système bancaire suisse
Le secteur bancaire suisse figure parmi les principaux centres bancaires mondiaux[1]. Cette réputation est souvent attribuée à la stabilité politique et économique de la Suisse[2] et sur le secret bancaire suisse[3].
La croissance du secteur bancaire au XXe siècle découle des activités financières internationales des banques suisses et du rôle du pays comme place financière internationale qui se voit accru par la Première Guerre mondiale. En 1929, les capitaux étrangers représentent entre 5 % et 7 % du total des dépôts du pays mais entre 13 % et 17 % des dépôts des grandes banques[4]. Durant la Seconde Guerre mondiale[5], la Suisse rend particulièrement service à l'Allemagne en lui rachetant de l'or et en le convertissant en francs suisses que l'Allemagne utilise pour s'approvisionner en matériel stratégique auprès des pays neutres[4]. Dans les années 1960, la Suisse devint l'une des places financières les plus importantes du monde. Entre 1947 et 1971, le total du bilan des banques suisses est multiplié par six en francs courants en raison de leurs transactions avec l'étranger[4].

Le domaine bancaire et de gestion de fortune participe encore de la réputation du pays à l'étranger. La neutralité de la Suisse, notamment durant les deux guerres mondiales, avait déjà favorisé l'arrivée de capitaux étrangers dans les banques suisses. Le secteur bancaire suisse est caractérisé par sa stabilité et sa discrétion découlant du secret bancaire remontant au Moyen Âge et codifié pour la première fois dans une loi de 1934[7],[8]. Il est garanti par l'article 47 de la Loi fédérale sur les banques et les caisses d'épargne qui interdit à un représentant d'une banque de divulguer la moindre information (bancaire ou non) sur l'un de ses clients. Il s'agit en quelque sorte d'un secret professionnel au même titre que le secret médical. Toutefois, ce secret peut être levé lors d'une procédure d'entraide judiciaire internationale[9]. Cette « discrétion » a pendant longtemps favorisé l'arrivée de nouveaux capitaux, tout comme la stabilité du franc suisse ou la stabilité politique du pays[10]. Cependant, en raison de l'entrée en vigueur de l'échange de renseignements, le secret bancaire est désormais limité et ne s'oppose plus au partage d'informations avec des autorités fiscales étrangères.

Même si la Suisse n'est généralement pas considérée comme un paradis fiscal, quelques milliers de personnes choisissent de vivre en Suisse pour bénéficier du forfait fiscal payé en lieu et place des impôts ordinaires sur le revenu et la fortune et calculé sur les dépenses du contribuable. En pratique, l'administration suisse considère que ce forfait doit représenter au minimum cinq fois le montant du loyer annuel de la personne assujettie ou de la valeur locative du logement dont elle a la jouissance. Les personnes bénéficiant d'un forfait fiscal ne peuvent pas travailler et donc percevoir une rémunération en Suisse.
Grandes banques suisses
modifierLe classement ci-dessous est effectué par somme du bilan 2005[réf. nécessaire].
| Rang | Nom | Siège social | Somme du bilan (Mio. CHF) | Bénéfice (Mio. CHF) | Employés | |
| 1. | UBS | Zurich et Bâle | 2 060 250 | 14 690 | 69 569 | |
| 2. | Credit Suisse Group | Zurich | 1 339 052 | 5 850 | 63 523 | |
| 3. | Groupe Raiffeisen | Saint-Gall | 108 187 | 608 | 6 549 | |
| 4. | Banque cantonale de Zurich | Zurich | 85 914 | 810 | 4 276 | |
| 5. | Banque cantonale vaudoise | Lausanne | 34 875 | 457 | 2 349 | |
| 6. | Vontobel | Zurich | 29 146 | 206 | 2 274 | |
| 7. | Julius Bär | Zurich | 28 648 | 144 | 3 427 | |
| 8. | Banque Migros | Zurich | 28 000 | 87 | 1 124 | |
| 9. | Banque cantonale de Bâle | Bâle | 24 654 | 263 | 1 348 | |
| 10. | Banque cantonale bernoise | Berne | 20 724 | 85 | 1 441 | |
| 11. | Banque cantonale de Saint-Gall | Saint-Gall | 19 117 | 168 | 957 | |
| 12. | Banque cantonale de Lucerne | Lucerne | 18 879 | 120 | 951 | |
| 13. | Neue Aargauer Bank | Aarau | 17 526 | 138 | 797 | |
| 14. | Valiant Holding | Lucerne | 17 138 | 122 | 960 | |
| 15. | Union bancaire privée | Genève | 15 901 | 326 | 1 168 | |
| 16. | Banque cantonale d'Argovie | Laufenbourg | 15 546 | 84 | 641 |
Cf. Liste de banques en Suisse.
Les résultats de Vontobel proviennent du rapport annuel 2023[11].
Protection des déposants sur les avoirs bancaires
modifierEn cas de faillite d'une banque ou d’un négociant en valeurs mobilières, les dépôts bénéficient d'un traitement privilégié jusqu’à concurrence de 100 000 francs suisses par client. Ce privilège vaut pour l'ensemble des dépôts, y compris ceux effectués par des clients auprès d'agences à l’étranger de la banque ou du négociant en valeurs mobilières. Dans les faits, cela signifie que si une personne possédait, par exemple, une fortune de 300 000 frs auprès d'une banque, elle devrait, pour avoir plus de garantie de récupérer ses 300 000 frs, en cas de crise financière ou de faillite de banque, ouvrir au minimum trois comptes bancaires, auprès de trois banques différentes avec au maximum 100 000 frs dans chacune des banques. Avant la crise bancaire et financière de l'automne 2008, et les mesures adoptées par le conseil fédéral et l'Assemblée fédérale, la garantie des déposants sur les avoirs bancaires était de 30 000 frs. Ce passage de 30 000 à 100 000 frs s'est effectué d'abord dans le cadre d'une procédure d'urgence en 2008[12], puis de manière définitive en 2011[13],[14]. Cette protection des déposants sur les avoirs bancaires est inscrite dans la Loi fédérale sur la garantie des dépôts bancaires (LGDB)[15].
Liens internes
modifierÉvasion fiscale
modifierDe nombreux États souverains n'obligent pas légalement les banquiers privés à confirmer si un client a payé ou non ses impôts, à quelque titre que ce soit[16].
Notes et références
modifier- ↑ « La place bancaire suisse: un pilier de l’économie nationale à rayonnement mondial », sur L'Association suisse des banquiers (consulté le )
- ↑ « Suisse : Politique, Relations avec l'UE, Géographie, Economie, Histoire... », sur Touteleurope.eu (consulté le )
- ↑ Ralf Beyeler, « Qu’est-ce que le secret bancaire suisse? », sur www.moneyland.ch (consulté le )
- 1 2 3 « La Suisse, place financière » dans le Dictionnaire historique de la Suisse en ligne
- ↑ [Marc Perrenoud : Banquiers et diplomates suisses (1938-1946), 2011, éd.: Antipodes, (ISBN 2889010309)
- ↑ (de) « 880 Milliarden Schwarzgeld in der Schweiz », SF Tagesschau, Schweizer Fernsehen, 8 février 2010
- ↑ (en) Peter Gumbel, « Silence Is Golden », Time Magazine, 8 septembre 2002
- ↑ Kurt Mueller, « The Swiss Banking Secret: From a Legal View », The International and Comparative Law Quarterly, vol 18, 2, 1969, pp. 361-362
- ↑ (en) [PDF] Secret bancaire suisse (Ambassade de Suisse aux États-Unis)
- ↑ « Secret professionnel du banquier (Association suisse des banquiers) » (consulté le )
- ↑ (fr-CH) « Full year 2023 net profit of CHF 214.7 million », sur Vontobel Holding AG, (consulté le )
- ↑ Adoption de deux messages sur des mesures destinées à renforcer le système financier, message du département fédéral des finances du 5 novembre 2008
- ↑ Renforcement de la protection des déposants
- ↑ Garantie des dépôts effectués auprès de banques et de négociants en valeurs mobilières, Autorité fédérale de surveillance des marchés financiers (finma)
- ↑ Loi sur la garantie des dépôts bancaires, LGDB
- ↑ (en) « A Swiss Banker Helped Americans Dodge Taxes. Was It a Crime? », sur The New York Times (consulté le )
