Séguéla

ville ivoirienne

Séguéla est une ville du nord-ouest de la Côte d'Ivoire, située à 482 km d'Abidjan. Elle est le chef-lieu de la région du Worodougou, du département de Séguéla, et la capitale du district du Woroba[1]. Elle est limitrophe des régions du Kabadougou et de la Bagoué au nord, la région du Haut-Sassandra au sud, les régions du Bafing et du Tonkpi à l'ouest, ainsi que la région du Béré à l'est[2]. Considérée comme la capitale du pays koyaka, la ville de Séguéla est ponctuée par des cérémonies traditionnelles telles que le Kpass, le Wèwè, le Dagbê ou encore le Kouroubi. En 2021, sa population est estimée à 103 980 habitants[3].

Séguéla
Administration
Pays Drapeau de la Côte d'Ivoire Côte d'Ivoire
Région Worodougou
Maire M'BAHIA BamBa Maferima Fouetay
Démographie
Gentilé Séguélais, Séguélaise
Population 103 980 hab. (2021)
Densité 16 hab./km2
Géographie
Coordonnées 7° 57′ 36″ nord, 6° 40′ 22″ ouest
Superficie 649 000 ha = 6 490 km2
Divers
Langue(s) parlée(s) Koyaka, Séguélakan, Français
Localisation
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Séguéla
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Séguéla

Toponymie

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La ville de Séguéla a été bâtie par les descendants de Soundiata Keïta, surtout de la lignée de Massa Woulé (le roi rouge ou roi de teint clair). Arrière-arrière-petit-fils des fondateurs de la ville de Séguéla qui sont les Keita ou Binaté nous rapporterons que le nom «Séguéla» est lié à une position géographique prédite avant le voyage des fondateurs qui devaient s’installer dans une zone bien précise où il y avait des Ségué, arbres bien connus dans la région du Worodougou. D’où le nom « Sèguèla » et par déformation « Séguéla ».

Géographie

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Rose des vents Boundiali Rose des vents
Biankouma N Mankono
O    Séguéla    E
S
Daloa

Géographie de la ville

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Séguéla est une ville riche d’une histoire ancestrale, marquée par la coexistence harmonieuse de plusieurs grandes familles traditionnelles, dont les noms ont donné naissance à de nombreux quartiers.

Parmi les lignées fondatrices, on retrouve les Kéita, parfois appelés Fouétai (déformation linguistique de Kéita) ou encore Binanté, terme mandingue signifiant « notre présence ne date pas d’aujourd’hui ». Ces appellations renvoient toutes à une même origine : celle des premiers fondateurs de la ville.

  • les Konaté situés vers l'aéroport sont rattachés aux Kéita par ce lien généalogique de « Makan Konfata Konaté » qui a été le père du premier « Keita Sogolon Djata » par conséquent de tous les Keita ;
  • les Diomandé et les Bamba famille à laquelle les Kéita ont attribué le titre et la fonction perpétuelle de chef de village assorti d'un arbitrage des Keita en cas de litiges dans les choix des prétendants ;
  • les Bakayoko, famille à laquelle les Kéita ont attribué le titre et la fonction perpétuelle de guide religieux assorti d'un arbitrage des Keita en cas de litiges dans les choix des prétendants ;
  • les Soumahoro et les Timité de par leur passé de guerriers, de féticheurs, ou de marabouts se sont vu attribuer les rôles d'ambassadeurs et de médiateurs ;
  • les Dosso, les Fofana, les Traoré et autres noms de spécialistes de la chasse, de la forge ou d'autres métiers artisanaux, complétaient de par leurs spécialisations le tableau de l'harmonie de la vie quotidienne de ce village de Séguéla ;
  • au regard de l’histoire de cette période et les agressions pour les diverses raisons d’extension d’influence ou d’assujettissement de peuples entre eux, toutes les entrées géographiques de la ville de Séguéla avaient leur protection assurée dans les composantes comme suit :
    • l’entrée « nord » de la ville était protégée par la force d’intervention des Soumahoro en garde avancée devenue le village de « Gniangorô » faisant que les 99 % de la composante des habitants de ce village sont des Soumahoro,
    • l’entrée « sud » de la ville était protégée par la force d’intervention des Timité et Méité en position de garde avancée devenue le village de « Gbalo » qui a pour composante majoritaire de ses habitants les Timité et Méité,
    • l’entrée « est » de la ville était protégée par la force d’intervention des Keita, des Bakayoko et des Konaté avec pour poste avancée de garde devenue le village de « Fisanikorô » dont les habitants sont composés en majorité de Konaté, Bakayoko et de Binaté (Keita),
    • l’entrée « ouest » de la ville était protégée par les Diomandé avec pour poste de garde avancée le village de «Gbolô» dont les habitants sont à 99 % des Diomandé.

Histoire

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Histoire pré-coloniale

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La ville de Séguéla a été fondée par les Keita à la suite de la dislocation de l’empire des Mandingues après le règne de Mansa Oulé (surnommé "l'empereur rouge", en raison de son teint clair) fils et successeur de Soundiata Keïta de 1255 à 1270.

  • Les fondateurs de Séguéla sont des descendants directs de Mansa Oulé qui, s'étant converti à l’islam, suscita plus tard l'abdication de ses propres enfants qui cédèrent le trône à la grande famille Konaté qui tenta d’assurer la survie en pérennisant le nom Keita dans l’appellation des différents rois qui se succédaient.

À Séguéla aujourd’hui, la plupart se font appeler « Binaté » (Bi Na Té soit (Bi = aujourd’hui), (Na = Nan = venue), (Té = pas)) qui est la réponse des fondateurs aux colons qui leur demandaient leur nom : Bi Nan Té = « Notre venue, ou notre présence, ne date pas d’aujourd’hui ».

XIXe siècle

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Samory Touré

À la fin du XIXe siècle, toute la région sera sous la domination de l'Almamy Samory Touré[Note 1], fondateur de l'Empire wassoulou vers 1881, empire qui s'étendait de Kankan à Dabakala et Kong, et résistant à la conquête coloniale jusqu'à sa capture en 1898 et sa déportation au Gabon. Ses troupes, qui auraient été armées de fusils britanniques, l'Angleterre occupant alors la Sierra Leone, massacrèrent les militaires français de la mission du capitaine Charles Ménard en 1892 dans les environs de Séguéla[4].

Administration

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Une loi de 1978[5] a institué 27 communes de plein exercice sur le territoire du pays.

Liste des maires successifs
Date d'électionIdentitéPartiQualitéStatut
1980Soumahoro GaoussouPDCI-RDAHomme politiqueélu
1985Traoré MamadouPDCI-RDAHomme politiqueélu
1990Bakayoko YoussoufPDCI-RDAHomme politiqueélu
1995Amadou SoumahoroRDRHomme politiqueélu
2001Amadou Soumahoro[6]RDRHomme politiqueélu
2013Lassana DiomandéIndépendantHomme politiqueélu
2023 BAMBA MAFERIMA FOUETE EPSE M'BAHIA RHDP Femme politique élue

Après les événements de 2002, la ville a été placée sous l'administration du MPCI puis des Forces nouvelles de Côte d'Ivoire[7] comme toutes les localités du nord du pays et se trouvait sous l'autorité unique d'un « commandant de zone » (« com-zone »). Ce « commandant de zone » est désigné par le secrétaire général des Forces nouvelles de Côte d'Ivoire, Guillaume Soro, comme pour chacun des 10 secteurs de la zone nord ivoirienne, Séguéla étant désignée depuis 2006 sous le terme de Zone no 4[8]. Depuis le , il s'agit de Issiaka Ouattara, dit Wattao, nommé après le limogeage de Zacharia Koné. Cette autorité existe toujours en 2008 et cohabite avec les fonctionnaires de l'État, préfet et sous-préfet, revenus dans la région.

Représentation politique

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Députés de Séguéla
Date d'électionIdentitéPartiQualitéStatut
2001Bakayoko YoussoufPDCI-RDAHomme politiqueélu
2011 Hamed Bakayoko RDR Homme politique élu
2016 Hamed Bakayoko RHDP Homme politique élu
06 Mars 2021 Hamed Bakayoko RHDP Homme politique élu
08 juin 2021 Zoumana Bakayoko RHDP Homme d'affaires (politique) élu

Le mandat de l’Assemblée nationale élue en 2001 s'achevait le . Mais, en raison de la crise politico-militaire de 2002, les élections législatives n'ont pas eu lieu et l’Assemblée nationale en place est demeurée en fonction et a conservé ses pouvoirs.

Société

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Démographie

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Évolution démographique
Rec. 1975Rec. 1988Est. 2010 2021[9]
12 69229 00363 557 103 980

Éducation

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Le département compte 533 écoles primaires, 2 établissements secondaires et 2 établissements secondaires techniques.

Enseignement primaire
Public

  • École primaire publique

Enseignement secondaire
Lycée public

  • Lycée moderne

Collège public

  • Collège moderne

C'est à Elima, au sud du pays, que sera créée la première école officielle le avec pour instituteur Fritz-Emile Jeand'heur venu d'Algérie. Elle comptait alors 33 élèves africains qui seront les premiers lecteurs en langue française. Elle fonctionnera pendant trois ans avant d'être transférée en 1890 à Assinie par Marcel Treich-Laplène, le nouveau résident de France. Le , il y avait 896 élèves en Côte d’Ivoire pour une population estimée un peu supérieure à 2 millions d'habitants. Séguéla accueillera l'une des 18 écoles de village créées en 1903. Elle comportait 40 élèves encadrés par un instituteur.

Langues

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Depuis l'indépendance, la langue officielle dans toute la Côte d'Ivoire est le français. La langue véhiculaire, parlée et comprise par la majeure partie de la population, est le dioula, une langue mandée. Toutefois, la langue locale de la région est le koyaka.

Le département de Séguéla compte un centre hospitalier régional, vingt-cinq centres de santé et sept officines de pharmacie.

Au plan sanitaire, Séguela possède un CHR, des centres médicaux scolaires, un district sanitaire, un INHP, un centre urbain, un centre de santé CIFIM[10].

La ville compte un club de football, le Siguilolo FC de Séguéla qui joue actuellement en Championnat de Côte d'Ivoire de Ligue 2.

A Séguéla, se trouvent de nombreuses activités culturelles telles que le Guineman, le Djouanigbê de Bingoro et de Wahi, le Dagbê, le Kouroubi, le Doh et le Djodjan. Certaines de ces danses apparaissent dans les grandes cérémonies[11].

Le centre culturel de Séguéla, le foyer des jeunes de Béna, les jardins publics et l'espace meeting constituent les infrastructures culturelles[12].

Économie

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Bien que l'extraction industrielle du diamant soit arrêtée en Côte d'Ivoire, une exploitation artisanale se poursuit à Séguéla et Tortiya. Les résultats restent très controversés. Jugés dérisoires par certains[13], ils sont évalués par d’autres au chiffre record de 300 000 carats et le revenu annuel du trafic lié à cette activité, estimé à plus de 40 milliards de FCFA[14]. En 2009, la Côte d'Ivoire reste toutefois le seul pays sous embargo de l'ONU pour l'exportation du diamant en raison de la crise que connaît ce pays[15],[16]

Depuis 2023, l'économie de Séguéla est également marquée par l'exploitation de la mine d'or de Séguéla. Inaugurée le 15 septembre 2023, cette mine constitue un investissement d'environ 78 milliards de FCFA. Elle contribue à la création d'emplois et au développement économique de la région du Worodougou.www.economie-ivoirienne.ci[17]

Personnalités

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Notes et références

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  1. ↑ L'ancien président de Guinée, Ahmed Sékou Touré, se disait descendant de Samory Touré.

Références

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  1. ↑ Direction Générale de l'Economie, « Région du Worodougou | Portail d'Informations et de Promotion l'Economie de Côte d'Ivoire », sur www.economie-ivoirienne.ci (consulté le )
  2. ↑ « Rezo-Ivoire .net | la ville de seguela », sur rezoivoire.net (consulté le )
  3. ↑ https://plan.gouv.ci/assets/fichier/RGPH2021-RESULTATS-GLOBAUX-VF.pdf
  4. ↑ Jean Noël Loucou, Côte d’Ivoire : les résistances à la conquête coloniale, Abidjan, Éditions CERAP, , 150 p. (ISBN 2-915352-31-3).
  5. ↑ Loi no 78-07 du 9 janvier 1978.
  6. ↑ Amadou Soumahoro est ancien ministre du commerce.
  7. ↑ « Le site officiel des Forces nouvelles de Côte d'Ivoire » [archive du ], sur fninfo.ci via Internet Archive.
  8. ↑ « Organisation des 10 secteurs du nord ivoirien sous la tutelle du MPCI »(Archive.org • Wikiwix • Que faire ?).
  9. ↑ https://www.ins.ci/RGPH2021/RGPH2021-RESULTATS%20GLOBAUX_VF.pdf
  10. ↑ fondation ATEF OMAÏS, Le FATOM Côte d'Ivoire, Abidjan Côte d'Ivoire, MALIKA, , 367 p., p. 82
  11. ↑ fondation atef Omaïs fatom côte d'Ivoire, fatom côte d'Ivoire, fatomcôte d'Ivoire, malika édition, , 367 p., p. 282
  12. ↑ Fondation ATEF OMAÏS, Le FATOM Côte d'Ivoire, Abidjan, Malika Éditions, , 367 p., p. 82
  13. ↑ [(fr) Côte d’Ivoire : à la recherche du dernier diamant (page consultée le 23 août 2008)].
  14. ↑ [(fr) Côte d'Ivoire, les diamants de la guerre des Forces nouvelles (page consultée le 23 août 2008)].
  15. ↑ [(fr) Résolution 1643 (2005) Adoptée par le Conseil de sécurité à sa 5327e séance, le 15 décembre 2005 (page consultée le 23 août 2008)].
  16. ↑ [(fr) Diamants de conflit et processus de paix en Côte d'Ivoire (page consultée le 23 août 2008)].
  17. ↑ « Côte d'Ivoire - Portail officiel du Gouvernement :: Actualités - Économie », sur www.gouv.ci (consulté le )