Séna Alouka

activiste environnemental et du développement durable togolais

Séna Alouka, né le et mort le à Créteil (France), est un militant environnemental togolais. Il est connu pour avoir fondé en 2001 l'organisation Jeunes Volontaires pour l'Environnement (JVE) et pour son engagement en faveur de la protection de l'environnement, de l'agroécologie, de la justice climatique et de la participation des jeunes aux politiques environnementales.

Sena Alouka
Fonction
Directeur exécutif
Jeunes volontaires pour l'environnement
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Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 51 ans)
CréteilVoir et modifier les données sur Wikidata
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Biographie

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Jeunesse et débuts dans l'engagement environnemental

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Séna Alouka commence son engagement environnemental à la fin des années 1990. Selon l'Alliance pour la souveraineté alimentaire en Afrique (AFSA), un incendie survenu en 1999 sur une montagne située à proximité de son village natal de Kpélé Tsiko, au Togo, constitue un événement déterminant dans son orientation vers la protection de l'environnement[1].

Durant son adolescence, il s'intéresse également aux médias communautaires et participe à la création d'une radio locale baptisée « Radio Hakuna Matata  », réalisée à partir de matériel de récupération[1].

En 2001, il fonde au Togo l'association Jeunes Volontaires pour l'Environnement (JVE). Initialement organisée autour de jeunes engagés dans la protection de leur environnement local, JVE étend progressivement ses activités à d'autres pays africains[2]. L'organisation intervient dans la protection des ressources naturelles, la biodiversité, la lutte contre les changements climatiques, les énergies renouvelables, l'agroécologie et la participation citoyenne[1],[3],[4].

Séna Alouka en devient le directeur exécutif et dirige pendant plusieurs années le développement du réseau[5],[6],[7]. En 2021, à l'occasion du vingtième anniversaire de JVE, il indique que l'organisation est alors implantée dans plus de 28 pays africains et annonce comme objectif de son extension à l'ensemble des États du continent[8],[4].

Engagement panafricain et action climatique

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L'engagement de Séna Alouka s'étend progressivement aux questions climatiques et aux négociations internationales sur l'environnement[9],[2]. En 2005, lors d'une réunion internationale sur le climat à Montréal, il constate la faible représentation des jeunes Africains francophones. Il contribue l'année suivante à la création de l'Initiative des jeunes Africains sur le changement climatique, destinée à renforcer la participation de la jeunesse africaine aux négociations internationales sur le climat[1],[4].

Il participe également au développement de YOUNGO, la circonscription officielle de la jeunesse dans le cadre de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC). Son engagement vise à faciliter la participation des jeunes Africains aux processus internationaux de décision sur le climat[8],[1].

Au fil de son parcours, Séna Alouka exerce des responsabilités dans plusieurs réseaux environnementaux africains[9] et internationaux[1],[3],[4].

Il devient président du groupe de travail « Climat et agroécologie  » de l'Alliance pour la souveraineté alimentaire en Afrique (AFSA)[6]. Il est également facilitateur du groupe de travail « Énergie  » de Climate Action Network International (CAN International) et exerce des fonctions de conseiller stratégique auprès de l'Alliance mondiale pour l'avenir de l'alimentation[1].

Il est par ailleurs administrateur du Réseau africain pour la biodiversité et coordinateur mondial du programme de nutrition ICON d'Ashoka Afrique. Il participe également à l'accompagnement de jeunes engagés dans les négociations et politiques environnementales, notamment comme parrain de l'Académie des jeunes négociateurs environnementaux[1],[4].

Promotion de l'agroécologie

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L'agroécologie constitue progressivement un axe important de son action. Séna Alouka défend l'idée que les pratiques agricoles durables doivent être davantage intégrées aux politiques publiques africaines et associe cette question à la protection de la biodiversité, à la souveraineté alimentaire et à l'adaptation au changement climatique[1],[3],[4].

Dans ses interventions publiques, il insiste également sur la nécessité de renforcer l'éducation environnementale et de faire participer davantage les jeunes aux politiques de développement durable[1],[4].

Son action au sein de JVE et de l'AFSA contribue à inscrire ces questions dans les réseaux africains consacrés à la justice climatique[9] et à la souveraineté alimentaire[1],[4],[2].

Reconnaissance

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En 2014, Séna Alouka est sélectionné comme Ashoka Fellow, une distinction attribuée par l'organisation Ashoka à des entrepreneurs sociaux considérés comme des acteurs du changement[1].

Au cours des années suivantes, il intervient régulièrement dans les débats consacrés au changement climatique, à la biodiversité, à l'agroécologie et à la participation de la jeunesse africaine. En 2021, lors du vingtième anniversaire de JVE à Lomé, il défend le renforcement de l'éducation environnementale et la création d'une génération de jeunes capables de proposer des solutions aux pouvoirs publics[1],[4].

Séna Alouka meurt le à Créteil, en France, à l'âge de 51 ans[3],[2].

Hommages

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Sa mort est annoncée au début du mois de par des organisations de la société civile et suscite des hommages au Togo et dans plusieurs pays africains[1],[2].

Des responsables et militants environnementaux mettent en avant son rôle dans la création et le développement de JVE ainsi que son engagement en faveur de la participation de la jeunesse africaine aux politiques climatiques[1],[2].

Le responsable de la branche sénégalaise de JVE, Djibril Niang, souligne l'importance du réseau de jeunes développé autour de l'organisation. Le Camerounais Augustine Njamnshi, cofondateur de l'Alliance panafricaine pour la justice climatique, rappelle quant à lui son engagement pour que l'Afrique participe davantage aux décisions internationales relatives au climat[2].

Le diplomate malien Seyni Nafo, porte-parole des négociateurs africains à l'ONU sur le climat, compare sa disparition à la chute d'un « baobab »[2].

Ces hommages mettent principalement en avant trois dimensions de son parcours : la création et le développement de JVE, son engagement pour la protection de l'environnement et son action en faveur de la représentation de la jeunesse africaine dans les politiques climatiques internationales[1],[4],[2].

Notes et références

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  1. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 « Hommage à Sena Alouka : un don de Dieu | AFSA », (consulté le )
  2. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 « Togo: pluie d'hommages après la mort de Séna Alouka, militant infatigable pour la défense de l'environnement », sur RFI, (consulté le )
  3. 1 2 3 4 « Décès de Séna Alouka, figure pionnière de l’écologie togolaise et panafricaine - Le Nouveau Reporter », (consulté le )
  4. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 « Togo : Décès de Séna Alouka, figure de la défense de l’environnement », (consulté le )
  5. « Sena ALOUKA, Directeur Exécutif de l'ONG JVE - VERT TOGO | Au coeur de l'information », VERT TOGO | Au coeur de l'information, (lire en ligne, consulté le )
  6. 1 2 (en-GB) FairPlanet, « Sena Alouka », sur FairPlanet (consulté le )
  7. « Interview avec Sena Alouka, directeur des Jeunes volontaires pour l'environnement », sur dw.com (consulté le )
  8. 1 2 « Sena Alouka, Monsieur climat d’Afrique - Agridigitale », sur www.agridigitale.net (consulté le )
  9. 1 2 3 « Séna Alouka s’est éteint, l’environnement prend un choc - Agridigitale », sur agridigitale.com (consulté le )

Voir aussi

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Articles connexes

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Liens externes

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