Tabula rasa (Pärt)
Tabula rasa est une œuvre du compositeur estonien Arvo Pärt écrite en 1977 pour un orchestre à cordes, deux violons et un piano préparé. Elle constitue une pièce fondatrice dans la transition de Pärt de la musique sérielle vers le mouvement de musique minimaliste et le style tintinnabuli auquel il est dès lors associé.
Informations essentielles
Historique
modifierLa création de Tabula rasa a lieu en 1977 à Tallinn en Estonie avec Gidon Kremer et Tatjana Grindenko aux violons, Alfred Schnittke au piano préparé et Eri Klas à la direction. La pièce est dédiée à Tatjana Grindenko, Gidon Kremer et Eri Klas.
L'œuvre reste peu connue en Occident jusqu'à ce que le producteur Manfred Eicher du label ECM ne la découvre par hasard à la fin des années 1970[1]. Eicher entend à la radio une œuvre qu'il trouve extraordinaire, sans connaître ni le compositeur, ni le titre, et il met un an à trouver qu'il s'agit d'une retransmission d'un concert de Tabula rasa[1]. Il rencontre alors Pärt à Vienne, et ils décident de collaborer pour produire un album chez ECM. L'album sort en 1984 et comprend notamment deux versions de Fratres, ainsi que Cantus in Memory of Benjamin Britten et Tabula rasa, l'une interprétée par Keith Jarrett au piano et Gidon Kremer au violon, et l'autre par les 12 violoncellistes de l'Orchestre philharmonique de Berlin. Le disque fait l'effet d'un véritable « coup de tonnerre »[1], et contribue largement à faire connaître la musique d'Arvo Pärt en Occident. Tabula rasa est alors fréquemment utilisé au cinéma comme musique de film[2].
Structure
modifierL'œuvre s'inspire de la forme du concerto grosso baroque opposant un petit groupe d'instrument au reste de l'ensemble. Elle est composée de deux parties :
- Ludus, con moto ~10'
- Silentium, senza moto ~16'
Le premier mouvement (au sein littéral con moto) s'articule autour d'une phrase musicale jouée par les deux violons et le piano préparé (jouant dans le registre des cloches) qui va en augmentant dans la durée et la complexité après la juxtaposition d'un moment rythmiquement actif et d'un moment calme. Il se termine par un final intense, presque violent aux forts arpèges.
La seconde partie, Silentium, se veut apaisée, utilisant différents canons, où s'emmêlent les voix des deux violons et des violoncelles de l'orchestre, avec des cascades ponctuelles du piano préparé, qui rythme les effets de crescendo et decrescendo.
Discographie sélective
modifier- Arvo Pärt, Tabula Rasa, avec Gidon Kremer au premier violon, Tatjana Grindenko au second et Alfred Schnittke au piano préparé, chez ECM Records, no 1275, 1984.
- Arvo Pärt, Summa par le Tapiola Sinfonietta dirigé par Jean-Jacques Kantorow, chez BIS Records, no 834, 1997.
Notes et références
modifier- 1 2 3 Entretien avec Manfred Eicher par Bertrand Dermoncourt, Une histoire de musique et de liberté, Classica no 115, septembre 2009, p. 68-70
- ↑ Léopold Tobisch, « La musique d’Arvo Pärt et le tintinnabulisme au cinéma », France Musique, 19 mai 2020.
Articles connexes
modifierLiens externes
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