Talève sultane

espèce d'oiseaux gruiformes de la famille des Rallidae

Porphyrio porphyrio

Porphyrio porphyrio
Description de cette image, également commentée ci-après
Talève sultane.
Classification COI
Règne Animalia
Embranchement Chordata
Sous-embr. Vertebrata
Classe Aves
Ordre Gruiformes
Famille Rallidae
Genre Porphyrio

Espèce

Porphyrio porphyrio
(Linnaeus, 1758)

Statut de conservation UICN

( LC )( LC )
LC  : Préoccupation mineure

La Talève sultane (Porphyrio porphyrio) ou poule sultane[1], est une espèce d'oiseaux de la famille des Rallidae.

Description

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Une Talève sultane en Espagne.

La Talève sultane mesure de la tête à la queue de 38 à 50 cm et pèse de 500 g à 1,5 kg[2].

Elle a un plumage foncé bleu et noir, un bec et de grandes pattes rouges.

Selon Jacques Christophe Valmont de Bomare, « les Anciens estimaient si fort la beauté de cet oiseau qu'ils en faisaient un des ornements de leurs palais et de leurs temples »[3]. De cet oiseau qu'il nomme porphyrion, Polémon d'Ilion, rapporte Athénée de Naucratis, dit qu'il « garde scrupuleusement les femmes mariées. Il a même la faculté de sentir la femme adultère au point que lorsqu'il s'en aperçoit, il commence par la faire connaître au mari, et finit sa vie en se pendant »[4]. Armand Gaston Camus, qui relève la même anecdote, a cependant contesté que la talève et le porphyrion soient le même animal[5], la talève n'ayant pas la caractéristique remarquable du porphyrion, signalée par Aristote[6], de « boire comme l'ours »[5], c'est-à-dire en mordant. Buffon, qui tient pour l'identité des deux espèces, précise que le porphyrion des Grecs et des Romains venait de Libye, de Comagène et des Baléares[7].

Habitat

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C'est un oiseau qui vit dans les marécages, les mares et au bord des cours d'eau.

Répartition et sous-espèces

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Selon AviList[8] :

  • P. p. porphyrio (Linné, 1758) — péninsule Ibérique, pourtour du golfe du Lion, Maghreb 45-50 cm ;
  • P. p. madagascariensis (Latham, 1801) — vallée du Nil, Afrique subsaharienne, Madagascar 39 cm ;
  • P. p. seistanicus Zaroudny & Härms, 1841 — du sud-est de l'Anatolie au Pakistan ;
  • P. p. poliocephalus (Latham, 1801) — Asie du Sud et nord de l'Indochine 39 cm ;
  • P. p. viridis Begbie, 1834 — sud de l'Indochine ;
  • P. p. indicus Horsfield, 1841 — Sumatra, Java, Bali, Bornéo et sud-ouest de Célèbes 39 cm ;
  • P. p. pulverulentus Temminck, 1826 — Karakelong et Philippines 38 cm ;
  • P. p. melanopterus Bonaparte, 1856 — nord de Célèbes, Moluques, petites îles de la Sonde et Nouvelle-Guinée 50 cm;
  • P. p. pelewensis Hartlaub & Finsch, 1872 — Palaos ;
  • P. p. melanotus Temminck, 1820 — nord/est de l'Australie ;
  • P. p. bellus Gould, 1841 — sud-ouest de l'Australie ;
  • P. p. samoensis Peale, 1849 — Mélanésie, Samoa.

Alimentation

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La Talève sultane mange principalement des graines et des feuilles vertes mais aussi des insectes, des petits invertébrés et parfois des œufs d'oiseaux.

Reproduction

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Œuf de Talève sultane — MHNT.

Le couple de Talèves sultanes construit un grand nid avec des morceaux de feuilles. La femelle pond de 4 à 8 œufs gris jaune pâle avec des taches brunes ou violettes puis le couple les couve pendant environ 22 jours. Ensuite les deux parents nourrissent pendant quelques jours leur progéniture.

Protection

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La Talève sultane bénéficie d'une protection totale sur le territoire français depuis 1976. Elle est inscrite à l'annexe I de la directive Oiseaux de l'Union européenne[9].

Il est donc interdit de la détruire, la mutiler, la capturer ou l'enlever, de la perturber intentionnellement ou de la naturaliser, ainsi que de détruire ou enlever les œufs et les nids et de détruire, altérer ou dégrader leur milieu. Qu'elle soit vivante ou morte, il est aussi interdit de la transporter, colporter, de l'utiliser, de la détenir, de la vendre ou de l'acheter.

Toutefois depuis 2006, ces interdictions ne s'appliquent pas aux sujets nés et élevés en captivité.

Galerie

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Taxinomie

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Selon la classification de référence du Congrès ornithologique international (version 15.1, 2025)[10], c'est une espèce monotypique (non subdivisée en sous-espèces), mais la majorité des autorités taxonomiques regroupent six espèces (la Talève sultane, la Talève d'Afrique (Porphyrio madagascariensis), la Talève à tête grise (Porphyrio poliocephalus), la Talève de la Sonde (Porphyrio indicus), la Talève des Philippines (Porphyrio pulverulentus) et la Talève australe (Porphyrio melanotus)) pour n'en faire qu'une. La Talève sultane est alors une espèce polytypique représentée par douze sous-espèces[11],[8].

Références

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  1. ↑ Jiří Felix (trad. Jean et Renée Karel), Faune d'Asie, Paris, Gründ, , 302 p. (ISBN 2-7000-1512-6), Poule sultane p. 208.
  2. ↑ Collectif (trad. Marine Bellanger), Le règne animal, Gallimard Jeunesse, , 624 p. (ISBN 2-07-055151-2), Talève sultane page 300.
  3. ↑ Jacques Christophe Valmont de Bomare, Dictionnaire raisonné universel d'histoire naturelle, .
  4. ↑ Athénée de Naucratis (trad. Lefebvre de Villebrune), Le Banquet des savants, t. III, (lire en ligne), p. 458-459.
  5. 1 2 Armand Gaston Camus, Note sur l'Histoire des animaux d'Aristote, t. II, (lire en ligne), p. 692.
  6. ↑ Aristote, Histoire des animaux.
  7. ↑ Georges-Louis Leclerc de Buffon et Gueneau de Montbeillard, Histoire naturelle des animaux, (lire en ligne).
  8. 1 2 (en) AviList Core Team. 2025, « AviList: The Global Avian Checklist, v2025 », sur avilist.org, (consulté le )
  9. ↑ Le statut juridique des oiseaux sauvages en France, Ligue pour la protection des oiseaux
  10. ↑ Congrès ornithologique international, version 15.1, 2025.
  11. ↑ Avibase, consulté le .

Voir aussi

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Bibliographie

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  • (en) P. B. Taylor, « Family Rallidae (Rails, Gallinules and Coots) », dans Josep del Hoyo, Andrew Elliott et Jordi Sargatal, Handbook of the Birds of the World, vol. 3 : Hoatzin to Auks, Barcelone, Lynx edicions, , 821 p. (ISBN 978-84-87334-20-7, lire en ligne Inscription nécessaire), p. 197 & planche 17 p. 196.

Références taxinomiques

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Liens externes

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