Tamás Sulyok
Tamás Sulyok, né le à Kiskunfélegyháza, est un juriste, avocat et homme d'État hongrois. Il est président de la République du au .
| Tamás Sulyok | |
Portrait officiel de Tamás Sulyok (2024). | |
| Fonctions | |
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| Président de la République de Hongrie | |
| – (2 ans, 4 mois et 15 jours) |
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| Élection | 26 février 2024 |
| Premier ministre | Viktor Orbán Péter Magyar |
| Prédécesseur | László Kövér (intérim) Katalin Novák |
| Successeur | Ágnes Forsthoffer (intérim) András Baka |
| Président de la Cour constitutionnelle | |
| – [N 1] (7 ans, 10 mois et 11 jours) |
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| Élection | 22 novembre 2016 |
| Prédécesseur | Barnabás Lenkovics |
| Successeur | László Salamon (intérim) Imre Juhász |
| Biographie | |
| Date de naissance | |
| Lieu de naissance | Kiskunfélegyháza (Hongrie) |
| Nationalité | Hongroise |
| Parti politique | Indépendant |
| Conjoint | Zsuzsanna Nagy |
| Diplômé de | Université de Szeged |
| Profession | Avocat Consul |
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| Présidents de la République de Hongrie | |
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Vice-président puis président de la Cour constitutionnelle à partir de 2015, il est choisi comme candidat à la présidence de la République par le Fidesz-KDNP en 2024, à la suite de la démission de Katalin Novák. Il est élu dès le premier tour par l'Assemblée nationale.
Après la large victoire du parti d'opposition Tisza lors des élections législatives de 2026, il refuse de démissionner malgré les injonctions du nouveau Premier ministre Péter Magyar, qui conteste vivement sa légitimité en raison de sa proximité avec Viktor Orbán, et le fait destituer.
Situation personnelle
Tamás Sulyok naît le à Kiskunfélegyháza, dans le comitat de Bács-Kiskun, au sud de la Hongrie.
Son père, László József Sulyok (Székesfehérvár, – ), est un avocat qui, selon les dires de son fils, aurait été condamné à mort par coutumace en pour avoir défendu les intérêts de l'épouse d'un dignitaire local du Parti communiste qui souhaitait divorcer. Tamás Sulyok a déclaré que son père n'avait évité l'exécution qu'en vivant dans la clandestinité pendant une dizaine d'années[1].
Selon les historiens László Karsai et Krisztián Ungváry, les déclarations de Tamás Sulyok au sujet de son père ne sont pas exactes : László József Sulyok aurait en fait été un sympathisant nazi et antisémite, chef d'une section locale du Parti national socialiste hongrois dirigé par László Baky[2].
Peu après l'élection de Tamás Sulyok à la présidence de la République, sur la base de recherches menées par l'historienne Anna Gergely, le bimensuel satirique Hócipő publie plusieurs documents prouvant que László József Sulyok et d'autres membres de son parti avaient réclamé l'acquisition de biens immobiliers confisqués à des Juifs persécutés pour y installer leur organisation. Cette demande avait alors été satisfaite par les autorités compétentes[3].
Carrière professionnelle
Études et enseignement
En 1980, il obtient son diplôme de droit à l'université de Szeged. Il commence sa carrière en tant que greffier au tribunal du comitat de Csongrád-Csanád. En 1982, il passe l'examen de qualification en droit, puis travaille en tant que conseiller juridique jusqu'en 1991.
Entre 1991 et 1996, il travaille chez Sulyok-Japport, puis à partir de 1997, en tant qu'avocat dans le cabinet Sulyok et Ádám jusqu'à sa nomination comme juge constitutionnel. Il assure la représentation juridique de la municipalité de Szeged de 1998 à 2002. De 2000 à 2014, il est en outre consul honoraire d'Autriche.
En 2004, il décroche une qualification de spécialiste en droit européen à l'Institut de formation continue en droit de l'université Loránd-Eötvös.
À partir de , il enseigne le droit constitutionnel tout en animant des séminaires et des colloques en tant que conférencier invité à la faculté de droit de l'université de Szeged. Il y soutient une thèse de doctorat en 2013. Ses domaines de recherche incluent la situation constitutionnelle des avocats en Hongrie, la réglementation du marché intérieur de l'Union européenne et les liens entre les services juridiques et les services d'avocats.
Juge constitutionnel
En 2014, Tamás Sulyok est élu membre de la Cour constitutionnelle par l'Assemblée nationale ; il prend ses fonctions le . Le , il est désigné vice-président de la Cour. À partir du , il exerce la présidence de la Cour par intérim en tant que vice-président.
En , le bureau de presse de l'Assemblée nationale annonce que son président, László Kövér, compte recommander Tamás Sulyok comme président en exercice de la Cour[4]. L'Assemblée nationale l'élit à ce poste le lors d'une session plénière[5].
Sous sa présidence, la Cour statue sur des sujets controversés comme le droit de grève des enseignants[6]. Tamás Sulyok et ses pairs ont été critiqués pour avoir agi, en tenant seulement compte des intérêts de l'exécutif nationaliste et conservateur de Viktor Orbán[7]. D'après le politologue Balázs Vető, « sous la présidence de Sulyok, la Cour constitutionnelle est finalement devenue un instrument au service du gouvernement »[8].
Président de la République
Élection présidentielle de 2024
Le , près de deux semaines après l'annonce de la démission de la présidente Katalin Novák, le député Máté Kocsis annonce que le Fidesz et le KDNP ont décidé de proposer la candidature de Tamás Sulyok pour l'élection présidentielle anticipée[9]. Compte tenu de la configuration politique à l'Assemblée nationale, sa victoire paraît alors assurée. Il est effectivement élu président de la République le dès le premier tour, en recueillant 134 voix sur 139 suffrages exprimés. Les députés de l'opposition, qui n'ont pu s'entendre sur un candidat commun, s'abstiennent massivement au moment du vote.
Très réservé, sans expérience politique et dépourvu d'une affiliation à un parti, le nouveau chef de l'État contraste avec Katalin Novák, très active sur les réseaux sociaux[10].
Dans la foulée de son élection, il renouvelle son intention d'être à l'écart de la politique partisane pendant sa présidence et critique les sanctions décidées par l'Union européenne contre la Hongrie pour des atteintes répétées contre l'État de droit ; il exprime ainsi son souhait que les États membres de l'UE puissent conserver leur souveraineté nationale juridique[11].
Débuts et controverses
Le quinquennat de Tamás Sulyok commence officiellement le [12], sa cérémonie d'investiture n'ayant lieu cependant que cinq jours plus tard, devant le palais Sándor à Budapest. Son premier acte présidentiel est la promulgation de la loi portant sur la reconnaissance de l'adhésion de la Suède à l'OTAN, ce qui constitue la dernière étape technique avant l'accession formelle du pays nordique au sein de l'organisation transatlantique[13].
Alors que le Premier ministre Viktor Orbán fait l'objet d'une vive polémique pour avoir comparé ses opposants à des « punaises » lors d'un discours à l'occasion de la fête nationale du [14], Tamás Sulyok refuse de condamner ces propos dont il conteste même la teneur ce qui lui vaut d'essuyer de nombreuses critiques, son impartialité se trouvant sérieusement remise en cause[8],[15],[16].
Le , le Parlement approuve un projet de loi compliquant les modalités d'une procédure de destitution visant le chef de l'État, celle-ci devant être dorénavant validée par la Cour constitutionnelle. L'opposition dénonce alors ce vote qui viserait à limiter les marges de manœuvre du prochain gouvernement dans l'éventualité d'une alternance, à l'approche des élections législatives de 2026[17].
Cohabitation avec Péter Magyar
À la suite des élections législatives du qui voient le parti d'opposition Tisza remporter une large majorité des sièges à l'Assemblée nationale, Tamás Sulyok ouvre une série de consultations pour procéder à la formation du prochain gouvernement.
Trois jours après le scrutin, il reçoit notamment le chef du parti vainqueur, Péter Magyar, qui lui suggère de démissionner dans les semaines suivant l'installation du nouvel exécutif puisqu'il le juge « indigne d'incarner l’unité de la nation hongroise [et] incapable de veiller au respect de la loi »[18]. Dès le soir du , Péter Magyar avait sommé le chef de l'État de partir au plus vite, le qualifiant de « marionnette » au service de « l'ancien système » au même titre que d'autres titulaires de charges institutionnelles éminentes[19],[20],[21]. Le , Tamás Sulyok inaugure la nouvelle législature puis propose formellement aux députés d'élire Péter Magyar, qui prend ses fonctions dans la foulée non sans avoir appelé de nouveau le chef de l'État à se démettre[22].
Le président Sulyok refuse toutefois de se retirer, malgré l'ultimatum fixé au par Péter Magyar[23]. Ce dernier déclare par la suite qu'il compte le faire destituer par la nouvelle majorité parlementaire dans les plus brefs délais[24],[25],[26]. Le Monde présente alors Tamás Sulyok comme le « symbole de la résistance opposée par les responsables de l’ancienne majorité » aux projets du nouveau Premier ministre hongrois[27]. Le Parlement hongrois examine, à partir du une série d’amendements constitutionnels prévoyant la destitution du président[28].
Destitution
Le , le Parlement vote la fin du mandat du président de la République[29]. Tamás Sulyok dispose de cinq jours pour promulguer le texte qui met fin à ses fonctions au lendemain de cette promulgation. Il peut également démissionner ou renvoyer le texte à la Cour constitutionnelle qui ne dispose plus du contrôle de constitutionnalité depuis une réforme votée par Viktor Orbán qui a réduit ses pouvoirs. Péter Magyar indique que si le président sortant ne démissionne pas ou renvoie le texte à la Cour constitutionnelle, une procédure de destitution sera lancée à son encontre. Bien que la destitution soit décidée par la Cour constitutionnelle, le président de la République est suspendu de ses fonctions par l'Assemblée nationale en attendant cette décision, ce qui permet à sa présidente, devenue présidente de la République par intérim, de promulguer le texte à la place du président sortant[30],[31],[32],[33].
Finalement, Tamás Sulyok accepte le de signer le texte de loi, provoquant effectivement la fin de ses fonctions à compter du lendemain de son entrée en vigueur, soit le 20 juillet[34]. Il est remplacé, à titre intérimaire par la présidente de l'Assemblée nationale, Ágnes Forsthoffer, en attendant une nouvelle élection présidentielle[35].
Finalement, le juriste András Baka est élu le et prend ses fonctions le , mettant fin à l'intérim exercé par Ágnes Forsthoffer.
Notes et références
Notes
- ↑ Par intérim en tant que vice-président, du au .
Références
- ↑ (hu) « Sulyok Tamás Kolozsváron: az Alkotmánybíróság elnöke szerint az egykori meghurcoltak példája a szabadság vállalásáról szól », sur kronikaonline.ro, (consulté le ).
- ↑ (hu) « Ungváry Krisztián: Miért mondott valótlant az apja múltjáról a köztársaság elnöke? », sur telex.hu, (consulté le ).
- ↑ (hu) « Zsidólakás, zsidóbútor egy nap alatt Sulyok filoszemita apjának », sur hocipo.hu, (consulté le ).
- ↑ (hu) « Sulyok Tamás lehet az Alkotmánybíróság új elnöke », Magyar Idők, (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ (hu) « Megválasztották az Alkotmánybíróság új tagjait és elnökét », sur 444.hu, (consulté le ).
- ↑ (hu) « Ennél üresebb már nem is lehetne a tanárok sztrájkjoga », sur 24.hu, (consulté le ).
- ↑ (hu) « Sulyok Tamás, a NER-ben fogant közjogi méltóság », sur telex.hu, (consulté le ).
- 1 2 (hu) « Mondjon le Sulyok Tamás? – a köztársasági elnök mércéje », sur jelen.media, (consulté le ).
- ↑ (hu) « Sulyok Tamás, az Alkotmánybíróság elnöke a Fidesz-KDNP államfőjelöltje », sur telex, (consulté le ).
- ↑ « Hongrie : après une grâce controversée dans une affaire pédocriminelle, le Parlement élit un nouveau président », Le Parisien, (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ (en) « Hungarian parliament elects new president after predecessor resigned in scandal », sur apnews.com, (consulté le ).
- ↑ (hu) « Fű alatt vette át hivatalát az új államfő, Sulyok Tamás », Népszava, (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ « Le nouveau président hongrois Tamas Sulyok promulgue la loi sur l'adhésion de la Suède à l’Otan », Le Figaro, (lire en ligne, consulté le ).
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- ↑ (hu) « Sulyok Tamás szerint Orbán Viktor poloskás beszéde nem a nemzet megosztásáról szól », sur telex.hu, (consulté le ).
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- ↑ « En Hongrie, les députés approuvent une loi compliquant une destitution du président », sur franceinfo.fr, (consulté le ).
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- ↑ (hu) « Közjogilag aggályos, hogy Magyar Péter lemondásra szólította az államfőt », Magyar Nemzet, (lire en ligne, consulté le ).
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- ↑ « En Hongrie, le Premier ministre Péter Magyar menace le président de destitution », sur france24.com, (consulté le ).
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- ↑ Rulers, 13 juillet 2026.
- ↑ (hu) Tóth Hajni, « Elfogadták az Alaptörvény-módosítást, megszűnik Sulyok Tamás megbízatása, létrejön a vagyonvédelmi hivatal », sur 10perc.hu, 10perc.hu, (consulté le ).
- ↑ (hu) /szerzo/cseke-balazs, « Négy út áll Sulyok Tamás előtt az Alaptörvény módosítása után », sur telex, (consulté le ).
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- ↑ Jean-Baptiste Chastand, « En Hongrie, le Parlement vote la destitution du président de la République », Le Monde, (ISSN 1950-6244, lire en ligne, consulté le )
- ↑ (hu) /szerzo/nemeth-halasz-nikolett, « Kihirdették a Magyar Közlönyben a 17. Alaptörvény-módosítást », sur telex, (consulté le ).
- ↑ « Soutien de Viktor Orbán, le président hongrois Tamás Sulyok va finalement démissionner », sur Le Figaro, (consulté le )
Liens externes
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