Tamerlan (Gérôme)
Tamerlan ou Timour est un groupe équestre réalisé en 1898 par le peintre et sculpteur français Jean-Léon Gérôme. L'œuvre est présentée au Salon de Paris de 1898 et appartient à une collection particulière.
La sculpture polychrome représente l'émir Tamerlan en conquérant, assis sur une selle d'or, les poings posés sur les cuisses. Le personnage porte une armure orientale richement ornée et un casque surmonté d'un motif recourbé. Son visage présente un teint de cuivre vert. À ses côtés, une hampe est plantée dans le sol près de l'encolure du cheval.
Le cheval, avance la tête tendue vers l'avant et les dents découvertes. Son harnachement est abondamment décoré de franges et d'ornements. L'animal se tient sur un monticule composé de têtes coupées et de crânes, évocation des conquêtes et de la violence associées à Tamerlan dans l'imaginaire orientaliste de la fin du XIXe siècle.

Avec cette œuvre, Gérôme continue une série de sculptures consacrées aux grands conquérants de l'histoire, exécutées dans des matériaux précieux comme l'or, l'argent et les gemmes. Cette série comprend notamment Bonaparte entrant au Caire (1897), Frédéric le Grand (1899) ainsi que la statue équestre du duc d'Aumale (1899) à Chantilly[1]. Gérôme explique son projet en déclarant : « Comme j'avais commencé la statuette équestre de Bonaparte (qu'entre parenthèse j'avais déjà faite en peinture), j'ai pensé qu'on pourrait exécuter aussi d'autres meneurs de peuples, comme Frédéric II, Timour-Leng et César, quatre types bien différents au point de vue du caractère personnel et aussi au point de vue de la nationalité[2]. »
Gérôme fait un usage important de la photographie, à la fois comme source d'inspiration et comme moyen de diffusion de ses œuvres. Dans son atelier, il fait photographier des têtes en plâtre patiné réalisées comme études pour la statue équestre de Tamerlan. Les caractères des figures sont rendus avec vigueur et les détails témoignent d'un grand souci de précision[3]. Les fontes, produites en tirages limités, sont commercialisées à des prix élevés. En 1900, certaines de ces figures équestres figurent encore dans le catalogue de Tiffany & Co. à New York.