Tango queer
Le tango queer est une façon de danser le tango argentin qui ne tient pas compte des rôles hétéronormatifs traditionnels. Le mouvement du tango queer permet non seulement un accès au tango pour la communauté LBGTQ, mais soutient également les adeptes de cette danse, quelle que soit leur orientation sexuelle ou leur identité de genre. Les pratiquant·e·s apprennent les mouvements des deux partenaires de tango.
Présentation
modifierAujourd'hui, dans le tango « traditionnel », un partenaire, pratiquement toujours un homme cisgenre, guide l'autre, pratiquement toujours une femme cisgenre[1]. Dans le tango queer, les danseu·reuse·s ne tiennent pas compte de ces rôles hétéronormatifs, les échangent et peuvent évoluer en couple de même genre[2],[3].
Si dans les années 1880, le tango se danse entre deux hommes dans les ruelles de Buenos Aires parmi la population immigrée de la capitale, cette pratique s'est rapidement perdue. Dès que le préjugé selon lequel les femmes ne pouvaient pas danser le tango s'est dissipé, les couples de couple de partenaires du même sexe ont été effacés[4]. Dans la société argentine qualifiée de machiste[5],[6], la remise en question des normes genrées s'est transposée, dans la danse, par une remise en question de ces codes et la naissance du tango queer.
Néanmoins, c'est en Allemagne que le mouvement est né, lorsqu'un groupe de femmes lesbiennes, pratiquant le tango entre elles, a décidé de créer le tout premier festival de tango queer du monde à Hambourg, en 2001[5],[6]. Le choix du terme queer, par rapport à « lesbien » ou « gay » s'est fait dans une volonté d'inclusion des différentes identités des danseu·reuse·s. Aujourd'hui, différentes cours et milongas queer sont apparus à Buenos Aires comme à l'étranger, majoritairement organisés par des membres de la communauté LGBTQ[7]. Le mouvement a gagné en importance et en visibilité dans l'espace public, notamment avec la légalisation des mariages homosexuels en Argentine en 2010, et la prolifération des festivals à l'international. Malgré des critiques de la part des milieux conservateurs, le tango queer est reconnu comme un biais positif de modernisation de la danse argentine, tout en ouvrant ses espaces de pratique à des corps et des identités nouvelles[8].

En 2014, le couple composé de Germán et Nicolás Filipeli, deux frères jumeaux, a atteint pour la première fois la finale du Mondial de Tango de Buenos Aires[9].
Liste des festivals
modifierAmérique
modifier- Encuentro de Tango Queer y Roles Libres, Valparaiso
- Intimamente, Queer Tango Marathon, Philadelphie
- The DC Queer Tango Weekend, Maryland
- Queer Tango Camp, Plymouth
- Montréal Festival de Tango Queer, Montréal
- ConeXion, Miami
- Festival Internacional de Tango Queer, Buenos Aires
- Festival International de Tango Queer de Mexico, Mexico
- Festivalito de Tango Queer de Montevideo, Montevideo
Europe
modifier- Light in Darkness, Helsinki
- Queer Tango Marathon, Götheborg
- Geneva Queer Tango Marathon, Genève
- DeGenere, Rome
- Queer Tango Marathon, Oldenbourg
- Chamuyo Queer Tango Meeting, Valence
- El Contrapunto, Berlin
- Queer Tango IN London, Londres
- Se dice de mi, Marseille
- Alma de Bohemia, Stockholm
- Au Cœur du Dance Fleur, Lyon
- La Vie en Rose, Paris
- L’Isula Feminist and Queer Tango Marathon, Catane
- Friends, Fjord and Tango, Oslo
- Mutinatango, Modène
- Queer Tango Marathon München, Munich
- Queertangomarathon Hamburg, Hambourg
- Warsaw queer tango meeting, Varsovie
Bibliographie
modifier- Sofia Cecconi, « Tango Queer: territorio y performance de una apropiación divergente », TRANS - Revista Transcultural de Música - Transcultural Music Review, n° 13, 2009, disponible.
- Marissa E. Guillén, « The Performance of Tango: Gender, Power and Role Playing » Master of Arts, College of Fine Arts of Ohio University, Ohio, USA, 2008, disponible.
- Arno Plass, Queer tango. A transformative artifact, Edizioni ETS, 2023, (ISBN 978-3-9807383-8-5).
- Magali Saikin, Tango y género: identidades y roles sexuales en el tango argentino, Stuttgart, Abrazos Books, 2004, (ISBN 978-3-9807383-8-5).
- Émilie Tollet, « Le tango queer à Buenos Aires. Défendre ses droits par l’art de visibiliser les corps invisibilisés », Sciences de l'Homme et Société, 2024, p. 201, disponible.
- Elizabeth Wartluft, « Who’s Leading? Gender Role Transformation in the Buenos Aires Community.’ », Master’s thesis, University of Oregon, Oregon,USA, 2002, Google Scholar.
Notes et références
modifier- ↑ « Un tango d'un genre nouveau vient bousculer les codes machos », sur LExpress.fr, (consulté le )
- ↑ « Quand le tango queer vient bousculer les codes machos », sur L'Orient-Le Jour, (consulté le )
- ↑ Alexandra Parachini, « En Argentine, le tango “queer” casse les codes machistes | Le Quotidien » (consulté le )
- ↑ (en-GB) « A queer dance champion's guide to experiencing queer tango in Buenos Aires », sur www.bbc.com, (consulté le )
- 1 2 « ARGENTINE. Le succès des “milongas queer” », sur Courrier international, (consulté le )
- 1 2 Rosita Boisseau, « Tango, l’éternelle revanche », Le Monde, (ISSN 1950-6244, lire en ligne, consulté le )
- ↑ (en-US) Stefan Arestis, « Our experience learning to dance queer tango as a gay couple », sur Nomadic Boys, (consulté le )
- ↑ (en) Erica Davis, « Tango Queer: Argentina’s famous dance has a new surname », sur Buenos Aires Times, (consulté le )
- ↑ « Tango et homosexualité, un pas de deux provocant en Argentine », sur TV5MONDE, (consulté le )
Voir aussi
modifierArticles connexes
modifierLiens externes
modifier- The Tango Queer Project, site de ressources sur le tango queer (en)
- Se dice de mi, festival de tango queer de Marseille
- La Vie en Rose, festival de tango queer de Paris
- Au Cœur du Dance Fleur, festival de tango queer de Lyon